LETTRE CCXL
de Me. de Maintenu n.
LA lettre des évêques efl infoutenable. Vous devez venir recevoir la réponfe du roi fur la réparation que vous demandez : & dans l'intervale vous faites on mandement. On difoit hier tout haut dans le falon de Marli que jufque-là vous fêliez pitié , mais qu'on ne pouvoir plus vous excufer. J'avois déjà vu le mandement : ck je croiois bonnement qu'il ménageoit les évêques : on fe moque de moi : & l'on prétend qu'ils en feront très offenfés. Tout cela me palïe : mais encore une fois , Monfeigneur , ne vous brouillez pas avec le roi : vous connoiiïèz fa religion , fa bonté pour toute votre famille y fon amitié particulière pour vous : eft-il pofïîble que vous vouliez augmenter fes peines , & qu'un intérêt perfonel vous fdffe rompre avec lui ?
LETTRE CCXLI.
DE M. L E C. de No ailles.
ZI
M. Voifin, & moi, Madame, avons di&uté l'affaire : & je
21 mai.
nous je veux.
DE M A I N T b N O N. 3OI
bien facrifier au roi & à la paix cette inftruftion que j'ai promife dans mon mandement. Je vous prie d'être attentive à la manière dont ce miniitre me juftifiera. Vous verrez, Madame, par le compte qu'il doit vous rendre , que le falon de Marli ne raifonnoit pas jufte : & j'ai lieu de croire que les mêmes perfonnes parloient ailleurs autrement. Le loi fe charge de la réparation qui m*eft die : je n'ai plus qu'à le remercier & à arttendre : moyennant cela , tous les procédés finiront de ma part : mais finiront-ils de la part des jéfuites : & de ceux qui me persécutent depuis fi long-tems ? Je ne puis Pefpérer , à moins que S. M. n'emploie toute fon autorité pour leur impofer fïlence. Ils veulent me perdre , à quel prix que ce foit : que dis- je ? ils fe font mis en tête d'avilir l'épifcopat : il s'en rendent les maitres , en le divifant & en y fefant entrer les fujets les plus minces Se les plus dépendans d'eux. Le père le Tellier eft dans ce goût , plus qu'aucun autre : & tout eit à craindre de fon caractère : vous n'en doutez pas , Madame : & je juge combien vous foufTruz ae ne pouvoir le dire tout haut.
LETTRE CCXLII,' de Me. de Mainte non.
Î7IT. IjJKMl,
NE penfez à rien, Monfeigneur, de ce qui vous regarde jufqu'à la fin de TalT-mblée. Voilà la dernière fois que je vous écrirai de cette malheureufe affaire : j'ai trop de raifons de ne m'en pas mêler. Je reprendrai le perfonnage que je dois faire, qui eft de prier Dieu que tout fe palTe à fa gloire , au bien de l'églife , & au votre particulier, Monfeigneur , qui m'intéreffe toujours vivement.
Réponse.
Je fais , Madame , prendre mon parti : je' ne manquerai point de me rendre le mercredi auprès du roi , & ne m'excuferai point de préfider à i'aiïèmblée. Je pourrai y effiiyer quelques l les ,
mais je m'/ expoferai volontiers po : le fervice du roi .. . AiTure2-le donc, Madame , que je ne veux plus fo : 1 ion affaire , ck que je ne lui dirai pas , mercredi , un mot de la mienne.