A LA MEME
Paris , 4 feptemore.
'Ai cm , Madame , devoir laiiïèr pafifèr les premiers jours de votre douleur, ivant que devons rendre ce trifte devoir , jarce que je ne fuis pas en pouvoir de :onfribuer à votre confoiation. Plut à Dieu que je le puiïè faire ! avec quel ?niprelïement ne m'y porterons ~ je pas? e ferois certainement plus propre qu'un lutre, s'ii ne ralloit pour cela que le defir , k être très fenfible à votre état. La perte ?ft publique, je la feus en mon particulier rès vivement: car aiTurément ma difgra- :e n'a rien diminué de mon attachement k de ma reconnoiiïànce pour le roi : ainfi e fuis véritablement affiigé de fa mort, &
de n'avoir pu lui rendre mes devoirs: mais cela ne m'empêche pas , Madame , de' fentir la vôtre ôcd'y prendre une très grau-.' de part. Je prie du meilleur de mon cœur Je Dieu de toute confolation de vous donner toutes celles que vous pouvez defirer, de fandifier votre folitude, d'y répandre for vous à pleines mains fes grâces, & de me faire trouver les moyens de vous prouver le refpect très fincére & l'attache* ment inviolable &c.
LETTRE CCLXXI.
de Me. de Maintenons a m. le m. de noailles.
ON m'avoit appris l'emportement de Madame fur les évêques dévots : & effectivement , c'eft un grand abus de mettre dans de pareilles places des gens qui croient un peu plus qu'en Dieu. Mais .
mon cher Duc , nous fommes tombés dans cet inconvénient : & il faut prendre patience. Comptez donc que notre cher paf leur fera blâmé , quoi qu'il faiïè : s'il attaque les fpectaçles, tous ceux qui le.
aiment fe déchaîneront : s'il ne les attaqua pas , tous les dévots en feront fcandalifés , & quoi qu'il puiiTe faire , il ne par-
DE M i 1 N T E N O N,
viendra pas à contenter tout le monde î il contentera Dieu : & fa confcience lui rendra témoignage : il fera mille biens par l'on exemple : fon ombre feule fera difparoitre mille maux : tout ce qui eft à Dieu fe joindra à lui : & ce petit nombre fera fa couronne & fa joie.
M. Brifacier m'avoit conté ce qu'on avoit dit fur le chapitre de Notre Dame : tout cela n'eft rien : il n'y a qu'à bien faire, & laiiïer dire. Je crois que notre archevêque tiendra ferme fur les régies de l'églife.
Le père Alléaume * a été chaffé, avant que M. Tév. de C. fut nommé. Je ne doute pas que tout le quiétifmene tombe fur M. de Paris : il s'eit déclaré contre , avant d'être en place : & il ne le favorifera pas étant dans celle qui doit donner l'exemple aux autres. Je fais qu'on a dit qu'il ne fe mêlera que de fon diocèfe : ce feroit bien affèz : mais vous verrez croître tous les jours la confiance du roi pour lui.
Je ne doute pas que l'archevêché ne foit rétabli & entretenu madeftement , & que Conflans ne fe trouve un peu négligé : tout eft à fa place. Je fors aufîi d'une violente migraine : mais quand quelque chofe me fâche , je rappelle dans ma mémoire que M. l'évêque de Châlons eit- ar-
* Jéfuite , aceufé de quictifme.
chevêque de paris. Je tir- un bon augure de ce que vous ne me dites rien de la D. de Guiche. Adieu , mon cher Duc.
LETTRE CCLXXIL