‹ Lettres de madame de Maintenon (volume 4)Chapitre 242 sur 243 · Tome IV. P · texte numérisé non relu

Tome IV. P

3 ? S Lettres de Mad.

deftinée eft de mourir par les évêques : vous lavez ce que M. de Cambrai m'a fait fouffrir : c'eft bien pis d'être mal avec fon archevêque : il fera défait dans peu de tems de l'évêque qui a le malheur de lui déplaire. J'ai toujours le cœur ferré : Dieu le veut , ou le permet : c'eft à nous à nous y foumettre.

LETTRE CCLXXIV.

DE LA MEME A U . M E M fc .

22 cïlcbre.

IL n'y a pas de milieu dans mon état : il faut en être ennivrée . ou accablée: vous lavez ce qui en eft. Je ne m'accoutume point à être néceffitée à chercher un azile hors de moi : je m'ennuie ici à la mort , parce que je n'y ai ni repos ni occupation , ckque le triftrac , ni le piquet ne peut remplacer ce que je trouve à St. Cyr. Si j'avois plus de vertu, je me piaincrois moins. Demandez-la pour moi à ceiui qui peut la donner. Je n'entends plus parler de notre abbeftè , fans que je puifîe en comprendre laraifon.

Je n'ai fçu le mal de M. le cardinal qu'en apprenant fa guerifon.

DE M A l N T E N O N. 339

Par où pourriez-vous me déplaire , mon cher duc , dans l'affaire que vous allez traiter avec Me. de Monterpan ? Je l'approuve , je la defîre , je n'ai point à m'en mêler. Vous voiez que l'on ne fonge point à me voir. C'étoit le feul embarras que je pouvois craindre : car il n'eft ni facile , ni néceiTaire de nous rapprocher : ck je crois même qu'il eft convenable pour l'une & pour l'autre de demeurer comme nous femmes. Je ne vois donc rien qui doive vous faire de la peine. Il ne vous feroit pas aifé de me fâcher , car je fuis très perfuadée de votre amitié : je n'en aurois pas été tout à fait indigne autrefois: mais je ne fuis plus qu'une trifte vieille , à charge aux autres & à elle-même.

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