LETTRE CCLXXV
De M. le Ml. de Noailles
a Me. de Ma in tenon.
M. Manfèau va vous offrir, Madame, un préfent * qui ne vous déplaira point , puifque vos dames de St. Louis le
* Le portrait de Me. de Maintenon en tailledouce.
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partageront avec vous : elles ne peuvent avoir rien de plus cher que l'image de celle qui les a formées : •& ce don leur fera d'autant plus précieux, qu'elles le- recevront de votre main. La {implicite y eft toute entière & par égard pour leurs reglemeas , & par refpect pour votre perfonne, qui, pour plaire & pour étonner , n'a pas befoin des rjchefîès de l'art. J'aurois voulu graver au bas de ce portrait tout ce que ces dames connoiiîènt de vos vertus & tout ce que j'en vois. Mais il a fallu vous obéir , & céder à votre modeftie qui m'impofe filence : j'aime encore mieux , Madame , vous plaire que vous louer.
LETTRE CCLXXVI.
De Me. la M l e. de No ailles*
a M e. de Mai n t e n o n.
ME. ia maréchale de Boufflers eft vivement touchée de vos bontés, Madame : je me fuis chargée de vous en affurer : elle a grand befoin de confolation :
* Marie Françoife de Boumonviile • fille unique clu duc de Boumonviile , & de Lucrece-Françcife de la Vieuxviile , varice le i$ août 167 1, morte ïe
de Maintenu n. 341
fa douleur ne fe peut exprimer: & fon état qu'elle ne connoit pas encore dans toutes fes circonstances , fait compaffion : quelque foumifïion qu'elle ait à la volonté de Dieu, fa perte eft fi complète qu'elle la fentira lon-tems. Mais ne la fentirons-nous pas aufïî , nous qui aimions tant M. de Boufflers , & qui avions tant de raifons de l'aimer ? J'en fuis véritablement affligée : un pareil ami eft bien digne de mes regrets : mon fils perd beaucoup : le roï perd un excellent fujet : & vous , Madame , vous perdez un homme que vous honoriez de votre confiance. Paris le pleure comme nous : & jamais un particulier ne fut plus regretté. Vous connoiifez , Me. mon refpect infini & mon tendre attachement.
P. S. M. d'Armenonville 5 qui traite depuis fix mois avec mon fils la vente des biens qu'il a près de Maintenon pour des~ rentes de ma belle-fille fur la ville dont il feroit bon qu'elle fut défaite, me pria hier de vous écrire pour vous fupplier très-humbiement d'engager le roi à lui accorder .... Je vous avoue y Madame , que je n'ai ofé le refufer , de peur qu'un refus ne rompit notre marché, auquel je crois que l'efpérance de votre
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protection a beaucoup de part. M. dArmenon ville defire fur tout ceci un grand fecret : hélas ! Madame , c'eft ce que vous accorderez le plus aifément-
Fin du Tome quatrième*
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Échéance
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