LETTRE LXIV
àMeudon, ce 14 novembre,
DEfaut prefque général, que celui de ne trouver de bon que ce qui vient de nous. Il y a long - tems que je m'aperçois que ces Meilleurs font fort difficiles fur les ouvrages d'efprit. On ne peut trop admirer leur (implicite & leur orgueil. Et il faut, Monfeigneur , qu'ils vous croient mort à vous-même.
Je vais famedi à St. Cyr. Mais fi vous pouvez être ici à 7 heures & 'demie, nous pourrons être une heure enfemble. J'ai vu i'afFaire des d'Effrée prefque faite. Elle étoit hier au foir prefque manquée. Demandez pour moi la patience : j'en ai fouvent befoin.
15 novembre.
J'efpérois avoir l'honneur de vous voir demain. Mais M. le D. de Noailles m'a apris que vous avez la goutte. Ce n'eft pas un mal dangereux : cependant il n'y en a point qui vous convienne. Et votre tems eft trop rempli pour en avoir à donner aux menagemens. Je fouhaite au moins qu'elle ne foit pas trop douloureufe , & qu'elle vous laitfè la tête libre. Il me paroit qu'il y a bien long-tems que je n'ai
eu l'honneur de vous voir. Et quoique vous m'ayez menacée de reprendre des matières défagréables , à notre première converfation , je vous aïïùre, Monfeigneur, que j'y voudrois être.