‹ Lettres de madame de Maintenon (volume 4)Chapitre 64 sur 243 · LETTRE L X X · texte numérisé non relu

LETTRE L X X

&97» à St. Cyr, ce 26 février.

JE luis bien fâchée d'être Ci long-tems fans vous voir : mais vous ne l'auriez pu fans venir à Trianon : éc il ne faut pas qu'un faint paroiiîè dans le lieu où nous ferons tous nos defordres. Je ne fuis point en fcrupule du plaifir que j'y aurai. Mais je vous affure que les autres n'en auront gueres davantage* Ces divertiflèmens me paroiflfent plus mauvais par 'î'exempie qu'ils donnent à ceux qui les poufïènt plus loin , qu'ils ne le font en eux-mêmes : car on n'y fent gueres que de la trifteflfe, de la fatigue , & de l'ennui : ck le plaifir fuit à proportion qu'on le cherche. Nos princes n'ont plus rien de nouveau à voir, parce qu'ils voient tout dans leur enfance : dès le berceau on leur prépare leur ennui : aufïi ils font punis parfaite-

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ment de cette envie continuelle d'avoir de la joie : & je vous affure qu'on en a moins avec eux que Ton en trouve avec celui que vous dites n'être pas un vifage de carnaval. J'ai fait lire votre ordonnance au réfectoire : elle renverra plufieurs de nos filles à une féconde confultation à M. Dodard. J'en ai mis une pour notre fainte reine, à qui j'e'crivois quand j'ai reçu votre paquet. J'ai envoie à Paris porter ma lettre à M. le D. de Richelieu : car il faut vous l'avouer , je l'avois oubliée : & vous verrez par-là que la mémoire fe fent de l'âge Ôc de la diffipation de la vie. J'avois reçu des complimens de ma foeur Marie-Conftance , qui m'avoient perfuadée que l'affaire des religieufes de Strafbourg étoit entièrement finie. J'en parlerai à M. de Chamillard : les grandes chofes lui font oublier les petites. On me demande fouvent des demoiielles de St. Cyr : elles ont de la peine à aller fi loin : j'en ai pourtant fait offrir deux, qui font de faintes filles. Je prie fouvent pour vous : il n'y a que votre charité & le grand befoin que j'en ai qui puifïènt vous obliger à me rendre «s prières.

$6 Lettres de M & d*

XETTRE LXXI.

à Marli, le 7 mars.

J'Ai lu & relu votre approbation , Monfeigneur : & je comprends bien que M.

oe M. en fera content. Rien n'efr plus édifiant dans la religion que ce concert entre ceux qui l'annoncent ou la maintiennent. Vous voiez, Monfeigneur, la peine que cette réflexion donne. A l'égard de M. de C, il me mande qu'il ne faut point chercher d'adoucilTement dans fon affaire ck qu'il faut qu'il fe rétrafte, ou qu'on fe taife. Je crains bien que cette décifion ne foit difficile , puifque ceux , qui trouvent le moins à reprendre à fon livre , difent qu'il ieroit à defirer qu'il n'eut jamais paru , & que cela étant, cette manière de flétritTure lui demeurera toujours. Votre aprobation eft forte. Il eit impcfîibie que nos amis , penfant comme ils penfent , n'en foient pas bleffes. Le roi a renvoie l'affaire de Me. Tabbeffè de Juvigny au P. de la Chaife.

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