‹ Lettres de madame de Maintenon (volume 4)Chapitre 74 sur 243 · LETTRE LXXXIII · texte numérisé non relu

LETTRE LXXXIII

J°97« à Marly, 19 juillet.

L eft très vrai , Monfeigneur , que le remède que vous propofcz fera bien plus prompt que celui qu'on peut attendre de Rome , & vous juiîiflera entièrement en prouvant d'une manière invincible que vous êtes bien loin d'excufer le livre de M. d^ Cambrai , & de tolérer une mauvaife doctrine.

Le père de la C . . . m'eft venu voir ce inatin. Il avoit dans fa main une lettre de M. de C. qu'il m'a dit n'avoir pas encore lue : & comme il n'a rien de fecret pour moi , il m'en a fait la lefture. M. de Cambrai lui mande qu'il a eu une conférence de trois heures avec vous en préfence de M. Tronfon , Pirot, Boileau , & de Beaufort : que vous êtes tous convenus des points 4e do&rine qui y ont été traités : & que

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fî vous continuez ces fortes de conférences , l'affaire fe terminera & bien vite & bien heureufement. Le bon père a ajouté qu'il montreroit cette lettre au roi , ÔC qu'il faloit pourfuivre un examen fans rien faire à Rome. J'ai répondu, & peut-être avec trop d'ouverture , que la chofe n'étoit plus en ces termes : que vous aviez fait , Monfeigneur , toutes les constations , que M. de €. avoit defirées : que toutes condamnoient le livre : & que vous ne pouviez plus différer à rendre cette réponfe au R. Enfuite le bon père eft entré dans le fond de la doftrine : & je n'ai plus eu qu'à l'écouter & à me taire. M. de M. travaille à dreflèr la déclaration, & me paroit bien content du parti que vous prenez de faire une ordonnance. Je ne fuis pas furprife , Monfeigneur , de ce que M. le D. de Beauvilliers ne vous a pas fatisfait fur le livre de M. de C. Mais pour lui , ne fe foumettra-t'il pas à votre décifion ? Et quand vous cenfurerez le livre , ne le condamnera- t'il pas comme ceux de Me. G. dont il fe défit , dès que fon archevêque les eut défendus ? Celui que nous avons préfentement ne diminue pas la déférence due à l'autorité du fiége. Auffi fuis-je perfuadée de la docilité entière de M. de Beauvilliers. Je ferai lundi à Verfailles , prête à vous recevoir dès

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fept heures , fi vous le voulez. Vous trouverez le roi tout prêt à vous féconder, ôi bien content de vous voir joindre la fermeté à la douceur. Je lui ai lu votre lettre.

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