LETTRE VIII
à Verfailles, ce 18 mai.
JE fuis très aife, Monfieur, de voir votre ordonnance publique * : il me femble que fi j'avois été aufli bien avertie, qu'on le fera déformais , je n'aurois point commis toutes les fautes que vous favez, Monfieur , qui fe font faites à St. Cyr. Je n'ai pu encore montrer au roi ce que vous m'avez envoie : il eft tout occupé à faire partir fes généraux , à les inltruire avant qu'ils partent. Celui auquel nous prenons tant
* Elle eft datée du 25 avril , & ne parur qu'au mois de mai. Celle de M, de Meaux eft datée dut »6 avril,
de Mainte non. 1 1
d'intérêt a certainement une mauvaife affaire entre les mains ; mais le roi la connoitra aufïi bien que le public : ainfi , Monfleur , on lui fera obligé , s'il s'en tire paffablement : & l'on ne lui faura point mauvais gré , s'il s'en tire mal. J'efpere beaucoup en Dieu, & qu'il donnera une protection particulière à M. le Maréchal de Noailles : il ne faut point qu'il y retourne : & je vous allure encore qu'il ne tenoit qu'à lut de demeurer ici : il a pris le parti d'un homme zélé & affectionné : quand on fuit de telles impreffions, fous un roi tel que celui-ci , on ne s'en repent point. J'ai revu aujourd'hui M, l'abbé de Fenelon embarafle de fon facre : car mefîieurs vos confrères s'élèvent tous contre M. de Chartres fur ce qu'il veut céder la première place dans fon diocefe * : il me paroit, Moniteur , que vous n'augmenterez pas les difficultés, & que vous êtes également prêt à y être ou à n'y être pas : ce qui me confole , c'eft que j'apprends qu'une affaire vous amènera encore ici, & que j'aurai la joie de vous aiîùrer du refpeft que j'ai pour vous. M. de Ch .... m'a envoyé un petit mémoire de votre part pour une petite demoifelle que
* V. la relation du quiétifme par l'abbé Phelippeaux, il dit juftement tout le contraire. Il étoit pourtant fort inilruit. Mais il eft fi difficile de favoir & d'éï
crke exactement la vérité l
Ad
vous voulez mettre à St. Cyr : je m'en vais en être la folliciteufe auprès du père de la Chaife. Permettez-moi d'apurer ici Me.
la D. de Noailles de ma reconnoiiTance & de mon refpeft.