‹ Lettres de madame de Maintenon (volume 4)Chapitre 9 sur 243 · LETTRE IX · texte numérisé non relu

LETTRE IX

'o9 S# à St. Cyr, ce z$ mal.

JE fuis bien aiïe, Monfieur , de vous rendre compte de ce qui s'eit pafîe fur le facre de M. l'archevêque de Cambrai, Vous fçavez avec quelle liberté , quelle confiance je m'explique avec vous. La première difficulté eft venue par vous, Monfieur : & la fuite montre alTez qu'elle n'étoitpas fans fondement. Je la fis à M. de C. . . . & je fus lon-tems enfuite fans en entendre parler. Enfin il m'écrivit à Compiegne qu'il avoir confulté, & trouvé que M. Pévêque de Chartres pouvoit fort bien céder la première place dans fon diocefe. Je reçus en même tems une lettre de lui qui me mandoit qu'il étoit prêt à être le troifieme. Jufques là je n'avois rien dit au roi : mais voïant tout le monde d'accord, je lui dis que j'avois prié M. de C... .de fe faire faerer à St. Cyr. & que nous avions cho:ii Monfieur de Meaux , M. de Châltfhs , & M. de Chartres, Le roi répondit que ce ferait donc

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M. de Chartres , qui préfideroit à la cérémonie. Je dis que non : que vous aviez dit d'abord que c'étoit à Pévêque diocéfain à préfider : mais qu'on avoit confulté , & trouvé que M. de Chartres pouvoit céder fans violer les régies. Je vis bien que le roi n'étoit pas perfuadé : mais je crus qu'il n'y avoit qu'à en demeurer là. Dès le lendemain , le roi me dit qu'il avoit parlé à M. Pévêque de SoiiTons qui foutenoit que ce que M. de Chartres vouloit faire n'étoit pas raifonnable : j'écoutois fans répondre. On alla à Liancourt : & le roi en parla à M. de Rheims qui décida encore plus fortement. Je ne me preiïài point de mander tout cela à M, de C .... & encore moins à M. de Chartres. J'arrivai ici : je vis M. de Cambrai qui fçavoit déjà, je crois , par M. de Beauvilliers ce qui s'étoit paffe, & qui étoit embarraffe par égard pour M, de Meaux. Il m'envoïa quelques jours après une lettre de M. de Chartres, qui lui mandoit qu'il ne changeroit point d'avis : qu'il croïoit qu'on lui feroit tort de prétendre de le précéder dans fon diocefe : mais qu'il avoit droit fans doute de céder fa chaire pour la parole , fes fonctions pour les facrernens, & fa préféance dans l'églife à des prélats beaucoup plus anciens que lui dans l'épifcopat , & fort fupérieurs par leur mérite ; qu'il ne voïoit point que J. C. ni l'é-

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glife eufTent rien règle là-deflus : & qu'il demeuroit ferme dans fon fentiment. Je montrai cette lettre an roi à qui je demandai confeil : il me répondit qu'il ne feroit jamais d'avis que M. de Chartres commençât une chofe qui déchaineroit les évéques contre lui. Voilà, Monfieur, comment cette affaire s'eft paiïee. J'en rendis compte à M. de Cambrai qui me manda hier au foir qu'il vous avoit écrit à vous & à M. de Meaux ce changement. Je propofai , pour avoir les trois évéques choifis, de faire le facre à Veuilles : mais M. de Cambrai a des raifons de ne le pas vouloir ainfi : il faudra donc choifir des évéques moins anciens que M. de Chartres. Je fuis bien feandalifée qu'un évêque ne puifïè être accomodant fans bleiïèr les autres : & j'aurois mieux aimé voir notre ami M. de Chartres, troifîéme* comme nous l'avions projette, que premier où il fera : ce que je ne fçais pas encore. Dans tout ceci , je n'ai pas oui parler de M. de Meaux : & je ne m'en fuis mêlée que lorfqu'il a falu parler au roi. M. de Cambrai ne me dit pas un mot f de vos ordonnances : on n'a pas manqué

* M- de Chartres fubftitua en fa place M. d'Amiens. Le facre fe fit à St. Cyr le 10 de juin.

T H avoit écrit à M- de Châlons , quil condamnent tout ce qui étojt condamné dans fon jûftrue?

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de vouloir les attaquer auprès du roi , comme mal faites, comme dangereufes, & comme concertées. Je crois avoir répondu à tout & avoir même perfuadé : ceci n'eft que pour vous.

J'ai reçu une lettre de M. le duc de N . . . il ne fe porte point bien : il trouve les chofes en mauvais état : il n'a pas laifTe de commencer dès le lendemain de fon arrivée. J'efpere que Dieu le protégera : je n'oublierai rien pour foulager fes peines.

Votre lettre du 14 de ce mois m'a été rendue le foir du 23. Je iuk bien aife9 Monfieur, de vous en avertir. Je vous fupplie & Me. la duchefïè de me croire pour toute votre maifon telle que je dois être pour une maifon dont vous êtes l'un & l'autre.

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