LETTRE XCIV
6 novembre. ^^
JE viens d'achever, Monfeigneur, l'ad- ■■■ mirable inftruftion que vous nous avez faite. Il ne m'apartient pas d'avoir un avis. Mais il m'eft permis d'avoir du fentiment. J'en fais ma lefture fréquente pour mon édification particulière , & pour inftruire celui dont je fuis en quelque façon chargée. Ceux qui jufqu'ici ont écrit contre le quiétifme en ont donné de l'horreur. Vous faites aimer la véritable perfection, Je n'ai
n6 Lettres de Mad.
jamais rien lu de pins fort , de plus pieux, de plus clair, ckfîj'ofe le dire de plus utile. On ne publiera plus que vous ménagiez le quiétifme par égard pour fes prorecteurs. Vous l'attaquez fans mefure. Et déformais, que pourra-t'on écrire fur cette matière» épuifée par vous? Je n'en voulois point parler : & je me fuis laiiïee emporter à la joie que me donne votre ouvrage. Je vous te renvoie parce que vous me l'avez ordonné. Je compte lur plufîeurs exemplaires , dès qu'il fera public. M. de Meaux m'en a fait l'éloge. Il e(t ravi de le voir achevé. Le peu de perfonnes aui l'ont vu en font charmées. Les endroits où vous parlez de Jefus-Chrift m'ont enlevée. Ils rendent le quiétifme odieux. Je devrofs me taire , Monfeigneur, & garder le fiience des filles de Ste. Agathe. La lettre dont y vous ai parlé elt demeurée à St. Cyr. Vous l'aurez au premier jour. Je la fais copier. Car l'écriture ne me paroit pas contrefaite. On veut emploier mon crédit auprès de vous en faveur du parloir d'une vieille religieufe , retirée à P. chez la foeur de Me. de Brinon. Mais je ne puis penfer qu'avec la foumiffion qui vous eft due.
de Maintenue 117