LETTRE XCIII
1697.^ a St. Cyr, le jrur de la touffaint.
JE croiois, que le roi avoit brûlé le papier que vous lui aviez laiiîev Mais il me le renclit hier au foir, quand je •lui dis, que vous le demandiez. Ni lui ni moi, ne pouvons juger û dans ce difcours vous dites ce qu'il faut contre le
janfénifme : mais on ne peut nier que vous n'y parliez ^fans ménagement contre fes défenfeurs , & que vous ne les traitiez d'hérétiques, de révoltés, de gens de mauvaife foi, &c. Je ne puis vous dire combien je fuis touchée de vos peines. Il me femble qu'elles font encore augmentées. C'efc à vous à vous aprendre à les fuporter. On ne le peut que par une foumiiïion entière à la providence, qui veut , ou qui permet des chofes li oppofées à vos inclinations. Quoiqu'il en arrive, Monfeigneur, je ne me départirai jamais des fentimens d'eftime & de vénération oue je vous dois. Ils font fondés fur la vérité de votre vertu : & ils font aufïî immuables qu'elle.