‹ Lettres de madame RolandChapitre 3 sur 42 · LETTRES IMPRIMÉES · texte numérisé non relu

LETTRES IMPRIMÉES

A. — Recueils.

i"* En 1795, Bosc, le fidèle ami de Madame Roland et le tuteur de sa fille, donna, dans la quatrième partie des Mémoires (Appela Fimparliale postérité)^ les lettres qu'il avait reçues d'elle, du 22 août 1782 au 7 février 1791. Mais, de même que pour la publication des cr cahiers r. des Mémoires, il avait fait un choix. Sur les 82 lettres de son recueil, i5 ne furent imprimées qu'avec des retranchements plus ou moins considérables. En outre, il avait retenu par devers lui beaucoup plus de lettres qu'il n'en livrait au public ;

2** En i835, parurent, précédées d'une Introduction par Sainte-Beuve, les Lettres à Bancal des Issarts, au nombre de 67

INTRODUCTION

tu

(ilunt 1 pour Lanllieuas), allant du 3^? juin 1790 aux premières semaines de lygS:

3** Dans re'ditiou Danban ( 186-7) ^^^ Lvtlren aua: dimomUes Cannelé il y a 8 lettres postérieures au mariage, rentrant ainsi dans notre cadre, et que nous avons dû reproduire.

B. — Lettres orspEFisÉEs.

1** Dans le texte même des Mémoires de 179^, on trouve 1-2 lettres, dont 1 1 écrites en 1793 aux prisons de l'Abbaye et de Sainte-Pélagie;

3** Charapagneux, dans son édition de 1800 (^OEuvres de L'M.'Ph. Bolandy an vrii), a inséré 8 autres lettres, toutes de 179a et 1793 ;

3** Lorsque Berville et Barrière voulurent n'édit*T en 1820, dans leur Collection si connue j les Ménoires de Madame Holand, ils s'adressèrent à Bosc, qui vivait encore, et qui confia à Barrière une partie des papiers qu'il avait gardés. Celui-ci en tira, entre autres cboses, 8 lettres se rapportant à la période dont nous nous occupons, et les inséra dans son édition. Mais il garda en réserve^ lui aussi, un certain nombre de pièces, cr cahiers?? des Mémoires, lettres, etc.. . ., que nous verrons reparaître plus loin;

&** La première édition des Mémoires di* Buzol^ en 18a 3, publia une leltre de Madame Boland a Carat, du 20 juin 1793, (M. Dauban en a donné depuis, dans son Elude «tir Madame Roland et son temps, un texte encore inexact. NousTavous rectifié, le ms, sous les yeux.)

5** Les Papier» Inédits trouvés chez Rohesplerre ^ publiés en 1898, firent connaître une letlre importante adressée à Robespierre par Madame Roland [âFi avril i 79^3] :

6** 11 y avait, dans les papiers de Brissol^ un grand nombre de

LUrrritt» oc lAfiiiie nuLiitu*

lUrftmtttK HAtlOMALK,

nn

INTIIODUGTION.

lettres de Madame Roland, Ces papiers, après avoir passé par Lieu des mains (voir Mémoirt's de Brmol, éd, de i83o, Prvfaee^ p. xix), furent confiés à un publieiste dislingue', M. de Montroi, qui en tira deux lettres, l'une du i t février i 790, insérée par lu! dans son édition, lautrc du 28 avril 1791, qu'il publia en i835 dans la lyouvelle Minerve (I, 3iâ). Il fit lire les autres à Sainte- Beuve, qui écrivait, précisément en celte aîinée i835, dans son introduction aux LrtlrcH à Banral (p, xxv) : crLes lettres à Brissot, inédiles pour la plu[>art, sont aux mains de M. de Montroi, que nous ne pouvons trop engager à les publier et à l'amitié de qui nous devons de les avoir parcourues, 15 Sainte-Beuve ne put qu'en donner quebjues extraits; nous en reproduisons cinq, tirés de lettres qui, comme nous allons le dire, paraissent perdues aujounrhui.

M. de Monlrol mourut en 1863 sans avoir fait ce que souhaitait Sainte-Beuve, et son fils, auquel nous nous sommes adressé, nous a fait répondre (avril 1896) : r A|ïrès la mort de mon père, j'ai fail de nombreuses recherches concernant Brissot, et je n'ai trouvé, en dehors des matériaux des Mémoires et de ce qui est connu, rien d'inédit que je pusse publier,,, r> On peut donc considérer comme perdue cette partie de la correspondance de Madame Roland,

Toutefois, mis en éveil par le peu qu'avaient fait connaître M. de Montroi et Sainte-Beuve, et plus encore par une note de Bosc '*l nous nous sommes demandé s'il serait possible de retrouver, dans le Patnote francaù^ des lettres de Madame Roland à

^*l 4* jyartic, [h iSfj : ffLo citoyeaiie Boiaiid m'îidressâii, presque tous lu eounitrs depuis b commcno'mfnt de la Hêvolution , des lettres atrssi chaudes eu patriotisme que celles qu*on vient délire; mais je n'ai [jardé 4|ue celles (|u'il uV^t^ùt pas ml^i'essaut de

faire circuler. Soil qu elles fus&pnt adressées 1 à tnoî ou à Lanthenaa , je les faisais passer ,î ce dcTnier qui le* commaniquak à Brixsot pt autres^ et elles ne me revenaient poiul. Beaucoup ont servi u foire dans dilTércnb journaïut, cl principalement dans le Pa-

INTH0DUCT10\.

issoL Cette recherche nous a permis d'en reconnaître quatre, ^n$ parler de celle qui avait déjà paru dans la iXouvellr Minerm '*' ;

^ô ^ii« LQQij^e Colet, eu i8/i3, dans les notes de son livre : Chnrhne Corday et Madame Roland^ a donné en fac-simih^, d'après un autographe du cabinet de M. Feuillet de Conches, une belle lellre du 9 5 décembre 1793;

8® M. Dauba n, à la fin de son Etude sur Madame Roland el son tempi (juin i864), a le premier publié les quatre célèbres lettres » BiuKoi de juin et juillet 1793. II y a donné aussi (p, wxvn) une lettre inédile à Bosc, de 1786, tirée de la collectiou J. Charavay. Mettons encore à son actif une autre lettre à Bosc, aussi de 1785^^', et une lettre à Potion, de 1799'^'. Au total, 7 lettres que nous devons à cet historien ;

19** M. Faugère, dans son édition des Mhimres (juillet i864), a inséré, en note ou aux appendices, diverses lettres inédites, dont 7 appartiennent à la période que nous traitons ; 1 o'' M^'^ Clarisse Bader, ayant eu à sa disposition ce qui reslait des papiers de Barrière, en a tiré les éléments d'une étude fort intéressante^'*^ et y a cité 8 lettres inédites. Nous dirons plus loîii comment nous avons pu en compléter six. Nous n mscrivons

ùiaê firmipais , des articles remarquables par leur éneipe et la justesse des réflexions i|u7l$ cont PII aient, fl — Cf. M r moires, éà. Fjnjçère, r, 53. — Voir surtout le cahier îoi^iii des MéitmircSf iuliLulë Brissot (BibJ. .<, Ms. K. A. fr. ^697) et dont nous dounif ttn extmit dons la lUvohttion fhnemu de mai 1898 : rrWvs k-Uriis , faileit avee feu, plalHaîent assez a Bmsot, jui êontent en compomit tiuet4jues morceaua: de ma Journal^ i>ù je les reti-u avais avec [jJtJitr.*

^"^ Nous avons rendu earnpte de celte investigation dans la Hèvofution froitçaise du nuii 1898, sous le ûlve de : rrBnssot et U^ Roland ?»,

^'J Lettres atLr deinoîsclîes Cunnel, suivies des Lettres à Bokc, éd. Daid)an, 1867, L U, \K 53o.

''■^> Daidiau» La Démagogie en tjtj3, à Parts, 1868, p. i5o.

'*^ ''Madame Roland d*apres de^ tel 1res et des njanuïîcrils inediU^i, Correspondant des «j5 juin cl 10 juillet 189*2.

X INTRODUCTION

donc ici que les deux lettres dont nous prenons le texte tel quel dans le Correspondant ;

11® M. G. Finsler, recteur du gymnase de Berne, a donné récemment^^' trois lettres tirées des Papiers de Lavater et adressées par Madame Roland au pasteur de Zurich, de 1788 à 1798 ;

13® Enfin une lettre du 9 mars 1788, à Bosc, a été publiée par Le Carnet au i5 mai 1899.

Les lettres imprimées peuvent donc se récapituler ainsi :

Recueils.

Recueil de Bosc, 1 796 67

Lettres à Bancal, i835 67

Recueil Dauban, 1867 8

Lettres 4ispersées.

Mémoires, éd. de 1796 12

Mémoires, éd. de 1800 8

Mémoires, éd. de 1890 8

Mémoires de Buzot, 1 893 i

Papierç de Robespierre, 1 898 1

Publiées par M. de Montrol, i83o et i835 9

Publiées par Sainte-Beuve, i835 5

Publiée par M"* Colet, i84i 1

Publiées par M. Dauban, i86â et 1868 7

Publiées par M. Faugère, i86i 7

Publiées par M*^ Bader, 1899 9

Publiées par M. Finsler, 1898 3

Tirées du Patriote français 4

Tirée du Carnet 1

ToT4L 90/1

Lavaters BezUhungen zu Paris in den Rew>liUionsjahreni'j8g'i'jg5. Zurich, 1898.

INTnODUCTION.

iir

LE^rTRES SEMI-[^ED1TES.

i** On a aujourd'hui, à la Bilïliothe(|ue nationale (Ms. N. A. fr, 6988-6 9 4 il. Papiers Roland) ^ les autographes de 18 des 81 lettres publiées par Bosc en 179B. Trois seulement de ces lettres (*i3 septembre, 3 octobre et 20 décembre 178/1) n'avaient subi aucun retranchement; nous n'avons eu qua en collalionner le texte, et nous les avons fait entrer dans le compte ci-dessus. Mais les i5 autres sont essentiellement des lettres semi-in^^dites; Tune avait été soudée par réditour a une lettre poslérieure de plusieurs mois, et nous Favons rétablio avec un numéro distinct à sa place approximative (juin? 1788; elle n'est pas datée); dans les li autres, Bosc avait supprimé des passages entiers, souveui considérables, toujours intéressants pour le défail de la vie de Madame Roland, Deux de ces lettres (âa décembre 1785 et 3 juin 1786) présentent une particularité curieuse : Bosc avait donné le commencement de la première; le manuscrit de la Bibliothèque nous permet dy ajouter deux lignes seulement, le feuillet se terminant là, et le feuillet suivant nous a été fourni par la collection Alfred Moirison, dont nous allons parler. Quant à la seconde, Bosc n'en avait donné que le milieu, le manuscrit de la Bibliothèque fournit la fin, et c'est la collection Morrison (|ui nous a livré le feuillet du début;

3" Des huit lettres publiées par M'^- Bader, six ne Favaîent été que par fragments. Nous avons pu les compléter de la manière suivante :

Deux (. . . mai 178G et 1 1 septembre 1793), grâce aux copies intégrales que M^'*" Bader nous a oldigeamment envoyées;

XH INTRODUCTION.

Deux autres (i'''" mai 1788 et 18 mai 1787) ont été transcrites par nous sur les originaux de M. Etienne Charavay ;

Nous avons trouve' le texte complet de la cinquième (lettre à à Jany, du milieu d'octobre 1793) dans les papiers de M. Faugère, dont nous parierons plus loin;

Enfin une autre lettre à Jany (du 27 octobre 1798) étant aujourd'hui à la Bibliothèque nationale (Ms.N. A. fr. ^697, fol. i3), nous avons pu la donner sans coupures ;

3"* Le célèbre catalogue de la collection d'autographes de M. Alfred Morrisson (1^ série, 6 volumes in-foL, i883, tiré à 2 00 exemplaires, t. V, p. 3 10) nous a fourni m extenso une lettre à Bosc, du 18 décembre 1788;

4"* Une importante contribution nous est venue des catalogues de ventes d'autographes. M. Raoul Bonnet a eu la complaisance d'en faire pour nous un dépouillement minutieux, portant sur une période d'un demi-siècle, et en a tiré plus de cent fiches; les unes nous ont permis de fixer plusieurs détails de l'histoire des Roland et de compléter le signalement d'un certain nombre de lettres imprimées ; d'autres se rapportent à des lettres dont nous avons retrouvé depuis les autographes dans les Papiers Faugère , et nous ont révélé leurs pérégrinations antérieures; mais quatorze de ces fiches nous font connaître, en analyses accompagnées de fragments plus ou moins étendus, des lettres qui n'étaient pas connues et qui ont pu ainsi être représentées dans la Correspondance.

La récapitulation des lettres semi-inédites peut donc s'établir ainsi :

Lettres du Recueil Bosc, complétées avec les mss. de la

Bibliothèque nationak 1 5

Lettres de M"* Bader, complétées 6

Catalogue Morrison 1

Catalogues de ventes d'autographes 1 &

INTRODUCTION

xin

LETTRES rNÉDITES,

i" Noire principale source est la Bihliotbèque nationale, au Département des Manuscrits, Aom^ ^cy. /rrtnr,, n** GaBS-Gâ/i/i, ^Papiers Roland??, — 198 lettres.

L'origine et la transmission de ces papiers ne nous sont pas connues dans tous leurs détails. Si nos conjectures sur l'origine sont exactes, il semble que les Roland, en quittant le Beaujolais (décembre 1791) pour revenir à Paris, y avaient laissé, soit dans leur logis de Villefrancbe, soit au Clos, leur maison des champs, un dépôt considérable de papiers, parmi lesquels leur correspondance de 1777 à ^791- Qnand Bosc prit la tutelle de leur fille, à la fin de 179^, il n'avait pas encore ces documents à sa disposition ; nous voyons en effet qu'en avril 1796, publiant les Mrmf>rr<'« de son amie, il annonçait rintention de leur donner une suite (Œuvres diverses de Madame Roland, Mémoires historiques de son mari, pièces concernant le second ministère), mais seulement quand il aurait pu ff fouiller dans les papiers encore sous les scellés à Villefrancbe et dans ceux enlevés de la maison de Paris, après la vente des meubles pai' Tagence des biens nationaux?^ [Averhsse" nitnt, p. vii-vni). Ce moment ne tarda guère; en juillet 1796, M*'* Roland, remise en possession d** l'héritage de ses parents, arrivait à Villefrancbe avec son tuteur. Ils y séjournèrent, soit à la ville, soit au Clos, jusqu'à l'automne, et c'est alors évidemment que Bosc constitua le premier dossier.

A la suite d'une crise que nous raconterons dans TAppendice qui lui est consacré, Bosc partit pour les Etcits-Unis en août 1796, laissant sa juipille à un autre ami des Roland, Luc- Antoine

INTRODUCTION

fihai)i|iagnoux, qui, moins de six mois après (i3 décembre), la maria à son second fils, Pierre-L(5on. Le dépôt devait donc passer sous la gaide de Luc-Antoine, devenu chef de la faniiHe. Mais Bosc ne put le lui remettre qu'après son retour d'Am^u ique (novembre 1798), comme l'indique l'examen même du dossier, où Ion trouve précisément son passeport muni des divers visa du retour. D'autre part, nous avons la prouve que Ghampagneux, lorsqu'il donna en j8oo son édition des Œuvres de Madame HoJand^ dïs|)osait déjà de la plupart des papiers,

Lorsqu'ilmourut, conseillera la Cour de Grenoble (7 août 1807), le dépôt passa, non comme on aurait pu le supposer, à son second Ois, Pierre-Léon, mari d'Eudora Roland, mais à son fils amé, Benoît-Anselme, qui le tint soigneusement caché jusqu'à sa mort, sfelivenue en i84/i'^l

On s'explique dès lors quEudora Roland ait pu écrire à Barrière, le 9 4 octobre 1899 : ffJe devrais avoir de ses lettres [de Roland] [lar centaines; mais tout ce qui est sorti de sa plume, frappé d'une sorte de fatalile, a été livré à des mains infidèles ou trtip craintives ; il m (m restle au pins une douzaine, adressem à M. Champafpit'ax [Luc-Antoine, son beau-père]. . • ^^^l Or il y a 168 lettres de Roland, dont 60 à Cbampagneux, dans le dépôt remis depuis à la Bibliothèque !

Après la mort de Benoît-Anselme, les papiers passèrent à Pierre-Léon, qui les conserva avec le même mystère. Sa femme

<'^ Mous tenons ces foils d une des pciitc^fiHes lie M*"' Eudwa Champaa^iieox.

Bonoîl-Ansfîlme mourut ci'libalaire. [l a lûmé un nom parmi les bolanisLes lyonnais. Une note des Papiers Hnfund , ins. 6*2^4, fol, 3o8, nous montre qu'il ouvj'oit quel" qnefiiis son trt^sor : «L-oa deux pages du présent fi^îiillet sont la copie tigiu'éo de celui dont 1 original a é\é donn(5 h M"*' Jalnr

(lire /«yr), femnie du préfet du RhAne (août t843).'" Mais notons quMl s'agit ici d*un iùmi sur le Heanjoluis^ et non d'une lettre.

**^ battre ûutogra|die prov«^nant dos papiers de Barrière, que nous a donntfe M'*' Ikder (qui en avait publit^ la plus grande partie dans le Otrmtpondnni du 10 juillet 189a).

INTRODUCTION

nVn connut qin» quelques morceaux épais, quVlle faisait passer a M. FaugAro à mesure quelle les retrouvait (Afm., éd. Faugère, liitroJ., v-vi), et nous sommes porté à croire que le principal dossier lui resta toujours inconnu *^L

^* Nous oc piHnns pos, hien enlcriflii, manuflcrît autographe dos MmoheSf ^piiBote lui avait rendu à elle-ménio ( Ment, , «M, Faug.» lolroduct., i\), Id qu'il Tavait coDstiUK' en 1795. Elle le confia, en i8&6f poiu* (juei(|ueA nioi>i à M. Faugère. et, par un testament de la même uiiiiée . le It^gtia k la BibIJotlièque nationale, pour y être depoi^ «près M mort.

M. Faugère avait un double litre à la rx^nliance de M** Champagneux : il était fié avec elle depuis t8^\S (Métn,, 1, i8« note) par une communauté de croyances religîcuaes (SAÎnte-Beuve, Nouvcoilt Lundis ^ VIII « ^^O)* ^t il était, par alliance, petitneveu de Bo§c. Mais elle ne pouvait lui communiquer que ce quVIle connaissait. Nous voyons, par les papiers de M. Faugère qui viennent dVntreràln Bibliothi^ue nalionnic, qu'en «846 eHe lui envoyait quatre lettres (de 1779); ©a i85a, de petits vers d'anûiversoire; en 1806, six lettres (de 1779 k 1783), plus deux écrits de Roland; et (pVenfin elle laissa dans ses papiers, jKnir lui être remis après sa mort, une enveloppe renfermant quatre autres lettres (de 1783), soit nu total ik lettres que M. Faugère a nrrnes d*elle.

En ovait-elle davantage? Assurément, car elleérrit k M, Faugère, le 17 mai i856, en BÎ envoyant trois lettres: -Gomme, h mon [73 ans], il faut toujours considérer so Sn comme prochaine, et que je ne veux laisser aucun aJiment h la curiosité, je fais de leoi^ ra t#^mps des autodafé d(! mes leltfes. ., »» ; puis, le i4 juillet suivant, en

lui envoyant encore trois autres lettres : ffJe vous remets do quoi augmenter votre collection de souvenirs et je vous en conserve encore . . . t> ( probablement les qualité lettres remises après sa moH). Mais on sent bien-, en considérant ces dons minces et espacé», et tout en tenant compte des autodafé, qu'elle ne disposait pas du gros dépôt et ni<*me ne le soupçonnait pas. Cela nous explique que M, Fougère, en juillet i86i , six ans après la mort de sa respectable amie ( 1 9 juillet 1 858 ) , quelques mois avant la mort de Pierre -Léon Champagneux (*i3 octobre i864), ait pu écrire^ à propos de la correspondance de Marie Pbîipon et de Holand avant leur mariage : ""Cette corresfïondance fut très active ; quelques lettres seulemen! en ont été conservées , , . « Or celte correspondance de 1777 à 1780 existe aux Papiers Roland, et elle se compse \h de lia lettres, qu'a publiées récemment M, Joiii'Lamberl ! Les quelques le tires dont parle M. Faugère sont de celles que M"* Cbampagueux lui avait données en 1 846 et i85G (il y en a cinq se rapportant h Tannée 1 779) et qui se trouvent, par suite, dans ses ppîers à lui (lîibU nat. )♦

Il nous parait supcrllu de démonti'er davantage que le petit trésor dont dis|) osait M"" Chafiipagneux était absulnmeut distinct du grand dépdtcoMsené snceessivémcnl par son beau'père, son beiin- frère et son mari, et qu elle est morte h soixante-dix-sept ans ne connaissant qu'un très petit nombre des centîiities de lettres qui subsistaient de son pèm et de sa mère.

Xfl

INTRODUCTION

C'est seulement en 1866, deux ans après la mort de Pierre- Léon Champagneux. que sa fille et héritière, M'""^ Zélia Glialey, prit connaissance du volumineux dossier des Papiers Roland et en fit Tin ven taire avec ses enfants. Elle forma, dès lors, la n?solution de le destinera la Bibliothèque nationale; mais auparavant p\\v le confia à M. Faugère, sous la condition qu'il reviendrait ensuite à la Bibliothèque. M, Faugère devait s'en servir pour écrire sur Roland et Madame Roland cet ouvrage qu il n'a jamais publié, sans que nous puissions même dire s'il Ta ébauché, ni dans quelle jnesure il a étudié ces papiers. On voit seulement, sur les lettres autographes de Madame Roland et de son mari, d'assez nombreux soultg^ïiemenU ^ d'une encre plus récente, en général dans les passages qui expriment des sentiments élevés ou touchants. Est-ce la plume de M"*** Chaley ou celle de M. Faugère qui les a tracés?. , . Nous rencontrons aussi, en tête d'un certain nombre de lettïH?s, des dates rétablies (et plus d'une fois inexactement) par la personne qui a classé sommairement ces papiers. Là aussi, on ne peut discerner à qui ces indications doivent être attribuées. Le classement lui-même, çxécuté en gros, reste bien défectueux. Pour ne parler que des igS lettres de Madame Roland que nous donnons ici, 60 sont dans le volume n" 6^38, — iiB dans le n** GâSt), — 1 dans le n** 6a4o, — -et 93 dans le n° Gaii , entremêlées à des lettres de Roland ou à d'autres pa[»iers, sans que cette répartition corresponde toujours à un groupement soit rationnel, soit chronologique; même dans les séries où ce dernier ordre semble avoir été suivi, les interversions abondent; parfois des feuillets d'une même lettre sont transposés, etc. Nous signalons ces confusions uniquement pour constater que la personne qui a procédé à ce classement ne Ta pas poussé très loin.

M*'*' Chaley mourtrl le 90 janvier 1880, M. Faugère le 17 mars 1887, et sa veuve, pour se conformer aux conditions

INTRODUCTION. xnt

du prêt, remit les Paptevii fînland à la Bibliothètjiie nationale le i5 déœmbre 1888.

Ce nVsl pas ici le Heu de faire Tanalyso de ce très riche dossier de sept volumen manuscrits. Notons setdemont qu'il renfeime, outre les papiers des Roland avant 1791, 3^i lettres a Bosc, {18 de Madame Roland, 16 de Roland), qui n'ont guère pu y être introduites que par Rose lui-mênie, et surtout une quantité considérable de pièces se rapportant aux deux ministères de Roland, réunies bien certainement par Cbarnpagneux lorsqu'il se proposait d'en faire Thistoire (Dîsr, prvlim, aux Œuvres de Madame Hoïandy p. xxvi, xxvni, lxxxix, écrit en juin-juillet 1798)- Nous renverrons souvent à ces papiers^ non seulement pour les iijS lettres de Madame Roland que nous en avons tirées, mais aussi pou!' les éclaircissements qu'ils apportent h ces lettres.

3* Après les Papiers Roland vient l'ensemble de documents que Ton pourrait ap[ïeler les Papiers Bosc,

Nous avons dit que le premier tuteur d'Eudora Roland n'avait publié en 1795 que 8^ lettres de son illustre amie. 11 en avait gardé un [dus grand nombre, dont il semble, au cours de sa longue carrière, s'être dessaisi peu à peu. En 1890, il en remit au moins 16 à M. Rarrière, qui en imprima 8 dans son édition et garda les 8 autres pour son servir dans une histoire de Madame Roland qu'il annonça ot prépara toujours, et qu'il na pas donnée. Après la mort de Rarrière (août 1868), sa veuve conserva ses papiers, et c'est seulement après elle qu'ils arrivèrent h M"** Bader, qui les utilisa en 1892, avant qu'ils fussent dispersés dans les ventes.

Quelques autres lettres furent doimées par Rose à diverses personnes ; |>ar exemple, les lettres des i3 mai 1785 et 17 janvier 1787. Nous présumons que la plapait de celles qui ont passé «laas les ventes sont sorties de ses mains de la même manière.

INTRODUCTION

Mais le plus gros de son dossier arriva, nous ne saunons dire comment ni à quelle ëpoque, dans la collection de M. Jules De»noyers, membre de rinstitul. A la vente de celte collection, les 16-19 ^^^^^ 1889, les lettres de Madame Roland à Bosc (n° 9 34 du CataL Desnoyers) furent achetées |>ar M, Alfred Morrison, qui, en 1897, nous a permis d'en prendre copie. Le catalogue Desnoyers portait 66 lettres; le dossier dont nous avons eu communication comprenait en réalité 80 pièces, dont deux nous ont servi à compléter les lettres des Qâ décembre lySii et 3 juin 1786, et dont les 78 autres sont des lettres absolumeut distinctes.

Un autre dossier de la collection Morr*ison , provenant également de la vente Desnoyers (n"* i58 et 9 33 du catalogue de cette vente), et par suite - — autant qu'on peut le présumer — du même fonds primitif, nous a été aussi communiqué; il comprend 96 lettres de Lanthenas et l'ji lettres de Roland, ayant toutes Bosc pour destinataire. Elles nous ont fourni de nombreux éclaix*cissements.

Enfin c'est encore à cette vente Desnoyers (n^ 95 du Catal.), que M. Alexandie Beljame, professeur à la Sorbonne et petit-fils de Bosc, acquit un dossier ajant certainement la même origine, et contenant les lettres adressées à son grand-père par divers amis qui, pour la plupart, étaient aussi ceux des Roland. Nous n y avons trouvé d'ailleurs, de même que dans le second dossier Morrison, aucune lettre autographe de Madame Bolaud; mais nous reviendrons plus loin sur Tutilité que nous en avons retirée.

Comme on le voit, les Papiers Bouc ^ disséminés de 1890 a iScjs, sont représentés oujourdlun : i* par les deux dossiers Morrison; 9° par la collection Betjame; 3"" par ce qui reste de la collection Barrière ; h"" par les lettres dispersées que signalent les catalogues de ventes.

JNTHODUCTION.

Z^ M. Etienne Charavay nous a communiqué deux lettres de Madame Holand, Tune du ^i^j août 1785, lautre du 17 janvier 1787, toutes deux à Bosc, et du nombre de celles dont celui-ci avait fait don, nous ne savons quand ni à qui.

k^ A la bibliothèque do la ville de Lyon, nous avons recueilli — reliée dans un volume de [Hidoire monmnmlale dc^ Lyon y de Muntfalcon(!) — une longue et curieuse lettre du 138 juillet 1790, adressée à Brissot.

5° Nous en étions là de notre moisson, lorsque lentrée des papiers de M, Faugère à la Bibliothèque nationale, en avril 1899, ^^^ venue nous apporter un regain précieux et inespéré.

Depuis que M. Faugère, en i8/i6, avait conçu le projet d'écrire un jour l'histoire des Roland, il s'était mis à en recueillir lentement les matériaux. De 18/46 à i858, M'""" Chanipagneux, à diverses reprises, lui avait donné des lettres, des papiers divers; après la mort de sa vieille amie, M. Faugère continua à collectionner, tantôt en achetant aux marchands d'autographes (c'est dans ses papiers que nous retrouvons aujourd hui un très grand nombre de lettres signalées par les catalogues de ventes), tantôt en s'adressant aux familles ou aux personnes retenant de quelque autre façon des documents originaux; cest ainsi que nous le voyons correspondre, en 186/i, avec M. Marcclliu Bouclet, héritier des papiers de Dulaure; en i865, avec les descendants d'Albert Gosse, de Genève; de i864 a 1878, avec la famille de Lavaler, à Zurich; en 1866, il obtient de Barrière les copies des lettres de Madame Roland que conservait le vieil énuKt; en 186g, il achète à Féditeur Renduel, retiré de[)U!s longtemps des affaires, les autographes de la correspondance de Madame Roland avec Bancal des Issarts, que Renduel avait publiée en i 835 ; à d'autres dates, il se procure plus <le 60 pièces de Lanthenas, plus de ^10 pièces des papiers de la famille Brissot, divers papiers de

XI INTRODUCTION

Clavière, de Mentelle; il reçoit du baron de Girardot les souvenirs si curieux de Sophie Grandchamp sur Madame Roland, etc. Tous ces documents venaient s'entasser dans trois cartons, assez péie-méle, mais cependant, le plus souvent, dans des chemises indiquant leur provenance. H y a là, pour Thistorien qui voudra étudier non seulement les Roland, mais aussi le milieu dans lequel ils ont agi, une riche mine de renseignements.

Après la mort de M. Faugère, en 1887, sa veuve conserva ces trois cartons de documents, qui étaient sa propriété personnelle, tandis qu'elle remettait les Papiers Roland , dont il n'était que dépositaire, à la Ribliothèque nationale. Lorsqu'elle mourut à son tour, à la fin de 1898, elle légua à la Ribliothèque les papiers de son mari. Ils viennent d'y être classés, également sous le titre de Papiers Roland, en trois volumes, N. A. fr., mss. gBBa, 9533 et 9534.

Nous en avons tiré, pour la présente publication, Uk lettres inédites, dont 3â autographes et 8 en copies.

Nos 32 3 lettres absolument inédites proviennent donc des sources suivantes :

n • D 1 j / M^' 6238 60 lettres.

/r r.1 1 \ 1 Ms. oaSû 1 1 5

(Legs lihaley), { ^ ^ ,

Sm 1 / j Ms. 6a4o 1

BiW. nat. F »# i. f

[ Ms. oaai aa

Papiers Roland \

(Legs Faugëre), > Mss. gSSa-gSS^ UU

Bibl. nat. )

p . ( Collection Morrison 78

'^ " ' ' \ Collection Et. Charavay ..... 2

Bibliothèque de Lyon 1

Total * 3a3

Si Ton considère la liste des correspondants du Madame Roland, placée à la suite de cette Introduction, on en ti'ouvera près de quarante. Mais la plupart sont des correspondants de circonstance. En réalité, ses correspondants ordinaires ne sont guère qu'une dizaine, à savoir :

1* Henriette et Sophie Cannet, auxquelles d'ailleurs elle cesse bientôt d'écrire (8 lettres);

Ia* Son mari (171 lettres), et son beau-frère, le chanoine Dominique Roland (9 lettres); 3^ Bosc (190 lettres); , 4* Lanlhenas (*3 8 lettres); il devrait y en avoir des centaines, ttnl était grande rintimité entre les Roland et lui; mais il senihle qu'une faible partie seulement de ses lettres ait efé sauvée, dont

tsa correspondance avec Buse (collection Alfred Morrison) et sa corre-spondance avec Bancal des Issarts (^l^apien liohmd, ms. 953 4), H ne reste à peu près rien de ses lettres à Madame ,) Roland, et nous venons de dire ce qui subsiste de celles quelle ■ lui adressait**^. Nous avons du moins trouvé une série de billets, H (le la 6n de 1793, qui nous font assister à la rupture de Madame Roland avec cet ancien ami et nous rexpliijuent; 5" Bancal des Issarts (69 lettres); 6" Brissot, à partir de 1789 (12 lettres);

'^^ Sur le» 38 lettres ou fraf,mierils de iHlnts a lanlhenas que nous donnons dans a* r«cuai« i4 viennent d(^ pâpifrti île IL Fiiug^re. 3 des Papie'rs Holand, i iJe ce ijui* nons a%*ons appelé le fonds Bosc, I do [lafiit'H» de Bri^ul; i se trouve uu milkn des Lettres à Bmcal^ et a avaienl été

\)uh\léGS par M. FaufjrVe; les 5 autres nous otU vU^ fournies por divers catalogues de vetite d'autograplies. Non» présumons qu'il y a eu un moment, surtout entre iS^j ft i8it>, ou un lot assez cuJisidt'nJjïe de papiei-s de Lûuthenafli, ne provenant paa de Bosc, aurait circulé.

xxu INTRODUCTION.

y*' Champagneux (i4 lettres);

8** Ajoutons Albert Gosse (5), Lavater (3), Robespierre (4), Servan (3), Buzot (5), et enfin Jany, c est-à-dire Mentelle (6), et nous aurons épuisé la liste. Les ko lettres qui restent se répartissent entre 36 destinataires et nont été écrites que par occasion.

Pour plusieurs de ces correspondants, de même que pour Lanthenas, par exemple pour Brissot, Champagneux, Albert Gosse, les lettres devraient être bien plus nombreuses.

Il y avait d'autres correspondants, et non des moins habituels, desquels il ne reste absolument rien. Nous verrons cependant, par les lettres mêmes de Madame Roland, qu'elle écrivait assez fréquemment, non pas seulement à des parents. M"'' Desportes, ^me Trude, mais aussi à des amis éprouvés. M"" Malortie à Rouen, M. Deu à Amiens, etc. Les 563 lettres rassemblées ici ne sont donc que les débris d une correspondance beaucoup plus étendue.

En groupant les lettres par années , on discerne encore mieux les lacunes certaines, en même temps qu'on peut déjà suivre les phases de cette vie d'abord si paisible, puis si agitée :

En 1780, 8 lettres seulement. Madame Roland dénoue doucement avec les demoiselles Cannet, et, passant cette année à Paris avec son mari, qui s'absente peu, n'a guère sujet de lui écrire.

En 1781, 2 3 lettres; 28 en 1783; 38 en 1783. Ce sont les trois années pleines de son séjour à Amiens; elle ne correspond qu'avec Roland (eu tournées d'inspection ou à Paris pour son service), et avec Rose, leur jeune ami. Il semble que la correspon-

INTRODUCTION

xxni

<lance de cette période serait à peu près complète, si nous avions les lettres a Lantheiias. Celte remarque sVtemI aux qualre années suivantes.

En 1784, 'jk lettres, dont 5i à Roland et ly à Bosc* C'est Tannée du long voyage qu'elle fait a Paris, sollicitant des lettres de noblesse pour lluland et finissant par lui obtenir rinspection ile Ljon. La correspondance, de mars a mai, est jjresque quotidienne, intarissable, et nous promène curieusement dans ce que nous appellerions aujourd'hui cries bureaux des Ministères ?î.

En 1783, il lettres; 5i en 1781); ^6 en 1787; période beureuse du séjour en Beaujolais, dans la vieille maison de Ville- Irancbe ou la paisible retraite du Clos; presque toutes les lettres sont pour Bosc (69) ou pour Roland en voyage (45).

36 lettres seulement en 1788, presque toutes pour Bosc (a 1); une seule lettre pour Roland, bien qu'il ait fait cette année-là encore divers séjours à Lyon, plus courts il est vrai qu'auparavant. Il V a donc ici une lacune évidente.

En 178c), nous tombons à 3^ lettres, dont 17 a Bosc. Aucune lettre à son mari, aucune a Lanibenas, d seulement à Brissol; nous savons cependant avec quelle fièvre intense et continue elle écrivait dès lors à ses amis de Paris. Même les lettres à Bosc ont dii être bien plus nombreuses. Mais rexcellent Bosc était négligent cl a dû en [lerdre plus d'une, sans parler de celles (ju'il jiassait à Lauthenas et à Brissot et qui ne hn revenaient pas, 11 nous dit lui-même [AverUsmmul, p. vi) : rrJe regrette beaucou|i de n'avoir pas une suite plus complète de sa corres|»ondance à publier. Celte eorresponilance a été extrêmement active pentlanl plusieurs années, souvent journalière pendant son séjour à Amiens; ma mémoire se retrace confusément quelques lettres d'un très grand in^ térél. Je ne les retrouve pas: il est possible i\ne idusienrs soient

possiDle que

iJTTTKS De llil»A«& IIOLL^II.

i«ftim£iu£ tATi«9Ai

XXIV INTRODUCTION

restées entre les mains de Lanthenas , avec qui cette correspondance était fréquemment commune. . . n

En 1790, 69 lettres; 70 en 1791. C'est le moment de la correspondance avec Bancal des Issarts, qui reçoit près de la moitié de ces lettres (58 sur 129); Bosc en reçoit 3i ; 5 seulement sont adressées à Roland, le mari et la femme ne s'étant presque pas quittés ces années-là.

52 lettres en 1792, 38 en 1798, mais presque toutes (sauf les billets familiers à Bosc, trois petites lettres à ^Bancal, et les cinq célèbres lettres à Buzot) sortent du cadre de la correspondance ordinaire; le temps des causeries est passé; cr nous marchons à la lueur des éclairs )? (à Lavater, i5 janvier 1798). La plupart de ces lettres sont des actes.

En résumé, sur 556 lettres (nous déduisons les 7 lettres classées sous la rubrique Antwincerto)^ 3i5 se rapportent aux années antérieures à la Révolution (1780-1788), et 2/11 à la période de 1789 à 1798; soit une moyenne annuelle de 35 avant 1789 et de 48 après. Mais, rien qu'à en juger par le nombre des lettres à Bancal, nous devrions, pour les années de la Révolution, en avoir bien davantage. La tempête a tout dispersé. On estimera sans doute qu'il était grand temps de rassembler ce qui reste.

Notre mission d'éditeur nous imposait une critique rigoureusement objective. Ce que nous pouvons penser de Madame Roland et de son rôle importe peu au lecteur. On n'attendra pas non plus, du moins ici, que nous racontions sa vie. Mais encore devionsnous joindre à ces lettres, pour en faciliter la lecture, les éclaircissements nécessaires. Or, il se trouve que l'histoire des Roland est encore si mal connue , que ce minimum d'éclaircissements reste

INTRODUCTION. xxv

fort considérable. Pour les recueillir, nous nous sommes adressé à quatre sources diflférentes :

I. La famille elle-même (trois arrière-petites- filles de Roland existent encore) nous a fourni de très précieuses indications.

n. Nous avons pris dans tous les lieux où ont vécu les Roland et leurs amis, à Villefranche, au Clos, à Rouen, à Amiens, à Lyon, etc. , des renseignements sans lesquels bien des passages de ces lettres eussent été peu intelligibles.

IIL Nous avons mis à contribution — devoir élémentaire d'un éditeur — les ouvrages imprimés de la fin du xviu^ siècle et de la Révolution, ainsi que les publications contemporaines, si actives depuis quelques années.

IV. Mais le secours le plus utile est encore celui que nous ont apporté les documents inédits que nous avons énumérés tout à l'heure, c'est-à-dire les Papiers Roland (legs Gbaley et legs Faugère) et ce qui reste des Papiers Base. Ils sont le commentaire contemporain et comme la contre-épreuve des lettres de Madame Roland. En même temps qu'ils en facilitent la lecture, ils apportent plus d'une contribution nouvelle à l'histoire.

Pour distribuer avec ordre nos renseignements et simplifier les recherches, nous avons procédé de la manière suivante :

1° Des Tables, placées à la suite de celte Introduction, présenteront la nomenclature chronologique des lettres (y compris même celles antérieures à 1780), en indiquant les destinataires et l'origine ;

2° Viendra ensuite un Index bibliographique donnant les titres

XXVI INTRODUCTION

complets des sources manuscrites ou imprimées auxquelles nous avons eu recours, avec les abréviations dont nous userons pour y renvoyer d'ordinaire ;

3"^ Chaque année de la Correspondance sera précédée d'un Avertissement, qui résumera ce qu'il importe de savoir sur la vie des Roland pendant cette année-là ;

ti"^ Des Appendices y placés à la fin de l'ouvrage, réuniront tous les renseignements généraux sur les Roland et sur leurs principaux amis. Certains de ces Appendices arrivent aux proportions de véritables monographies; mais, comme ils sont faits avec des documents originaux, on voudra bien leur accorder quelque importance.

Ce plan nous permettra d'éviter d'incessantes redites; il suffira en effet, aux endroits des lettres qui exigeraient des éclaircissements trop longs pour une note et qui devraient d'ailleurs être trop souvent répétés, dun simple renvoi aux Appendices pour guider le lecteur ;

5*^ Les notes de chaque lettre pourront dès lors être fort réduites et consisteront uniquement :

a. En une note de délerminalion indiquant d'où la lettre est tirée, et, s'il y a lieu, rectifiant ou rétablissant la date;

b. En notes aussi courtes que possible sur les personnages de second ordre ou sur les circonstances qui pourraient n'être pas suffisamment connues;

6® Le dernier volume se terminera par un Index des noms, qui indiquera tout d'abord la page où le nom, apparaissant pour la première fois, est accompagné de sa notice. On devra donc, chaque fois qu'on rencontrera un nom sans notice, aller chercher à V Index le renvoi nécessaire.

INTRODUCTION. xxvii

11 nous reste à faire connaître un certain nombre des dispositions typographiques que nous avons adoptées pour l'intelligence du texte :

1® En tête de chaque lettre, nous avons placé entre crochets[], toutes les indications, — date, destinataire, lieu de destination, heu d'origine, — qui ne nous étaient pas fournies par le texte original (manuscrit ou imprimé) et que l'induction nous a permis de rétablir;

ù"" Lorsque nous avons cru qu'il y avait erreur sur une de ces données, nous avons mis en italiques et entre parenthèses () celles que nous proposions de substituer ;

3"^ Pour les lettres semi-inédites, nous avons mis entre crochets [] les parties déjà imprimées;

4* Les lettres simplement réimprimées seront, ainsi qu'il a été dit plus haut, en caractères plus petits. Nous n'avons pas cru devoir étendre cette disposition aux lettres semi- inédites, car lancien texte et le nouveau s'y tiennent parfois si près, qu'il en serait résulté un aspect trop disparate;

5*" II arrive très souvent à Madame Roland d'abréger les noms propres, Lths. pour Lanthenas, Chp. pour Champagneux, Tlz. pour Tolozan, etc. Nous avons rétabh' entre crochets [] les noms tout entiers ;

G** Dans les lettres tirées des Papiers Roland, nous avons supprimé à l'impression les soulignements dont il a été question à la page xvi, toutes les fois qu'ils nous ont paru être d'une date postérieure;

7** Un certain nombre de lettres de Roland, de Lanthenas, etc., ... "^

sont, pour ainsi dire, adhérentes au texte de Madame Roland,

xxviii INTRODUCTION.

car souvent Tun continue la lettre commencée par Tautre, Nous n'avons donc pu nous dispenser de les reproduire, mais en signalant les moments où la plume change de main, et en employant des caractères typographiques diflfërents.

Enfin, nous prévenons le lecteur que, d'après la règle admise pour les documents relatifs à une période aussi rapprochée de nous, nous donnons le texte avec l'orthographe actuelle, au lieu de suivre celle du temps. De même, par les quelques lettres ou passages écrits en italien, nous nous sommes appliqué (sans croire utile ni de les traduire ni d'en corriger les solécismes) à en rétablir au moins l'orthographe.

C'est à la haute bienveillance de M. Alfred Rambaud, miniistre de l'Instruction publique, que nous devons l'honneur de publier ce Recueil dans une Collection justement célèbre. Que l'ancien ministre et l'éminent historien reçoive l'hommage de notre profonde gratitude !

Il nous est bien doux aussi de témoigner notre reconnaissance à M. Liard, directeur de l'Enseignement supérieur, dont le ferme appui nous a si puissamment soutenu.

L'obligeance de M. Léopold Delisle, l'illustre administrateur de la Bibliothèque nationale, et de ses collaborateurs, parmi lesquels nous devons des remerciements particuliers à M. H. Omont, nous a permis de consulter, avec tout le loisir nécessaire, les précieux manuscrits dont ils ont la garde.

D'autre part, nous ne saurions assez redire que, sans la libéralité de M. Alfred Morrison, notre Recueil eût été singulièrement incomplet. Des 80 lettres de Madame Roland, acquises par lui à la vente Desnoyers, une seule avait été publiée par lui dans son

INTRODUCTION

ma^nîrique Catalogue; les 79 autres rpstaient dans sa coHection. en Anglflorre, et risquaient traire perdues pour la critique française. Sur la demande de M. Etienne Gharavay, et par Tentremise lie \L E. Deprez, M. Alfred Morrlsou a bien voulu renvoyer ses dossiers à Paris, chez M. Gharavay, où nous en avons pris copie. Non seulement ces lettres comblent des lacunes et éclairent les lettres voisines, mais encore elles nous révèlent bien des particularités, d'un grand prix pour qui s'intéresse à la vie intime de Madame Roland et de ses amis.

Aussi est-ce avec un vif sentiment de regrets que nous avons ap[>ris la mort, à Londres, le ^a décembre 1897, de M. Alfred Morrison* Que notre hommage aille du moins h sa mémoire *'l

La mort de M. Etienne Gharavay, survenue au moment où nous i^erivons ces pages (octobre iSgg), et qui est un véritable deuil pour la science française, nous a privé dun précieux concours. Il avait mis à notre disposition ses riches collections, sa bibliothèque, sa rare compétence, avec une bonne grâce inépuisable à laquelle son frère Noël voulait bien s'associer.

Nous avons déjà dit que les descendantes de Roland, M'"'' Taillet au château de Rosières près Bourgoin , M"'' Marillier au Clos et [Paris, nous ont permis de faire appol à leurs souvenirs de famille et communiqué des pièces importantes.

Grâce à la confiance de M. Alexandre Beijame, qui nous a ouvert tout le dossier de documents inédits rassemblé par Un sur Base, son aïeul, nous avons pu pénétrer dans l'intimité d un des hommes qui ont le plus honoré la scient e et la Révolution.

M"* Clarisse Bader, qui avait travaillé avant nous sur les papiers de Barrière, et qui se proposait d'y revenir, nous a envoyé

*'^ Voir lu notice que lui a consacré^ M. Etienne Gharavay daos Y Amateur d*nutographps du g mars 1898,

MX INTRODUCTION.

les extraits qu elle n'avait pas utilise's dans ses articles du Correspondant, et nous a te'moigné en toutes circonstances une rare obligeance.

Dans toutes les villes où nous avons eu à conduire notre enquête, nous avons trouvé un accueil dont nous ne saurions trop nous louer :

A Villefranche, M. le D^ Missol et M. Déresse, bibliothécaire municipal, ont fouillé pour nous les archives de THôtel-Dieu et de la Ville ;

A Thizy, M. Jacquemin, instituteur communal, a dépouillé les registres des paroisses;

A Lyon, M. Georges Guigue, archiviste du département, et M. Emile Viret, professeur au lycée, — tous deux nos anciens élèves, — ont fait pour nous de laborieuses recherches;

A Rouen, le vénérable M. Bouquet, professeur honoraire au lycée Corneille, nous a envoyé sans se lasser, et sur les années que Roland a passées dans cette ville (1752-176/1), et sur les amis qu'il y avait conservés, et sur l'asile qu'il y trouva en 1798, de nombreuses indications;

A Amiens, M. Dubois, professeur au lycée, et M. Durand, archiviste du département, nous ont procuré des éclaircissements sans lesquels la lecture des lettres de 1780 à 178/1 eût été plus d'une fois bien obscure;

A Mulhouse, M. Auguste Thierry-Mieg; à Haguenau, M. l'abbé Hanauer; à Chartres, M. l'archiviste Lucien Merlet; à Longpont (Seine-et-Oise), M. l'instituteur Nénot; à Radepont (Eure), M. l'instituteur Langlet; à Senlis, M. l'instituteur Lestocart; à Viane (Tarn), M. l'instituteur Séguier, ont bien voulu faire pour nous des recherches ou des vérifications d'un véritable prix.

Que tous ces collaborateurs bienveillants reçoivent ici l'aveu de ce que nous leur devons.

INTRODUCTION. xxxi

Mais, entre tous les concours qui nous ont soutenu, aucun n'a été plus constant et plus efficace que celui de M. Aulard, le savant professeur de la Sorbonne, le directeur autorisé de la Révolution française. Depuis le moment où il accueillait dans sa Revue, il y a quatre ans, notre premier travail sur Thistoire des Roland, il n'a cesse de s'intéresser à nos recherches, de les diriger avec sa connaissance approfondie des événements et des hommes de la Révolution. C'est sur son rapport que le Comité des travaux historiques a proposé à M. le Ministre de nous confier cette œuvre, c'est lui que M. le Ministre nous a donné pour commissaire responsable. Nous souhaitons qu'on nous trouve digne d'un tel garant.

Cl. Perroud.

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