‹ Lettres de madame RolandChapitre 42 sur 42 · ROLAND, \ LYON H · texte numérisé non relu

ROLAND, \ LYON H

Le «7 au soif» novembre 1787, — [du Cioa].

Joseph est arrivé ce matin, mon cher bon ami, comme je m'habillais pour me rendre à Cruix, J*ai dévoré ta lettre, ton mot délicieux à

^'^ On commit déjà presqne tous les noms de cette i^ûiimérâtion malveillante : Delandme, Frossard, Le (jamus, «le Villers , Teisn\er, Gilibert et l^ast ï/aulre est le comte de I^aurencin (t 733-t 81 îi ),clievfllier de Sninl-

LooÎB, lie» Ara demies de Rmien et de Lyon, membre honoraire de FAcadt^ïiite de VilJefrn riche (Aim. de Lyon^ ^787). — Voir 5nr lui Qni^rard, Frant-f Uttéraire, W Nk 65139, y. *ji7-:ïi8.

Lavater^*) et toutes les excellentes choses de cet homme unique. Dislui que, si nous eussions reçu de ses nouvelles avant que j'eusse fait ma lettre, j'aurais osé l'appeler Lavater ou mon ami, tant il me parait dur et sec d'appeler Monsieur un homme de génie qu'on admire et qu'on aime. Dis-lui que j'ai écrit notre voyage pour nous, et non pour en faire montre, car il aurait moins bonne idée de moi , et il aurait raison, s'il pensait que je l'eusse fait dans cette intention. Dis-lui. . ., Mais non; ne lui dis rien que ce qui te sera inspiré par ton cœur et dans le moment; tu ne saurais mieux faire qu'avec ces guides.

Ne te tourmente pas sur ma santé, elle est bonne à tout prendre, et, malgré une longue colique de vents de la nuit du dimanche au lundi, malgré un coup à la tête du samedi, dont je ne me sens plus du tout, les choses sont en tel état qu'un corset, fait à Lyon Tannée dernière, m'est trop étroit de trois doigts. Présente-moi un semblable résultat, et je te ferai grâce des détails, je serai tranquille sur le tout. Je suis déjà en peine de te savoir seul et j'ai hâte de te renvoyer ton garde du corps. Il m'a conté ses aventures et demandé s'il pouvait être aussi tranquille sur mes dispositions : je lui ai dit qu'il n avait qu'à continuer l'exercice de ses devoirs en brave et bon sujet, et que nous serions tous contents. Il m'a présenté une petite requête d'un ton bien humble, en m'observant qu'il marchait beaucoup, qu'il usait bien des souliers, qu'il avait soin des tiens comme il le devait, et que pourtant tu donnais à d'autres tes vieilles chaussures; que le chanoine en faisait autant de son côté, de manière que, depuis qu'il était à la maison, il ne lui était rien revenu de ce genre. J'ai trouvé que son observation ne manquait ni de sens, ni de justice; je lui ai répliqué que tu en usais peu et qu'une circonstance avait déterminé ton petit cadeau à la tante, mais qu'à l'avenir on ne l'oublierait pas. Effectivement, il marche comme un perdu, ce pauvre diable; il faut bien avoir quelque égard.

J'ai reçu du Longponien une expédition que je te fais passer, pour

^'^ Cotte lettre de Roland à Lavater, du Roland, ms. 9533, fol. 171. Eilo a été puri3 novembre 1787, s(» trouve aux Papiers bliée par M. Finsler.

ANNÉK 1787.

qu« lu m*eu dises ton avis et nriiidiques ce que lu juges eoiivetiahie. S'ii n'y avait aucuu inconvénieni à ce que mon écriture parût, je pourrais me charger des copies; foais c'est à quoi il faut relléchir. D'ailleurs, laudrail-ii retoucher le mémoire ou le laisser tel qu'il est? C'est encore une queslioih Examine, juge et guide-moi.

Je l'envoie, à cause de roccasion, la lettre de Lantheiias et celle de La C*^ [Délaçante]^'). Ce dernier est une bien singulière tètel Queîle

î** Nous avons d^jà dit (ieUres 272 et 275) que les Roïaud, après le renvoi de (ialoiiae, essayèrent de lalre a^ir, d'afinnl auprès de M. de Fourqiieux* puis aupi-ès de LtnïK^riiè de Brienne, pour que, dans les reinaniemeols de radmiiiistraUoa du commerce, annoncés de divers côtés, on fil h rhispecteur de Lyon, à demi dis|jracie rlepuis la chute et k raoï't île Tni daine, une place en i*apporl avec les fservîces qu'il cniyaîl pouvoir i-eudre. Latitbenas et Bosc! étaient chargés, en raison de leurs relatinus h Parin. de trouver des aboutrBsants.

f L'intriganti» auquel ou s*adressa d'alK»rd. en avril 1787 (voir lettii^ 272)» nous parait avoir été ce Delaconté dont il est question ici* Mais l'incx>nvénient de recourir i\ lui, c'est qu'il opérait pour suu roiupte. C/était un ancien inspecteur des manutactin*«^s de ia généralité de Paris, qui , dis^;rûrié par les Intendants du commerce «le Mon- (nran elTnltizan, demandait à rentrer dann le service et prapnsait des plans de i^^romn' plus ou moins auûlogiies à ceux que Roland voulait présenter. Il est prtibablemeul le même que ce Delaeonté qui, en 179*^ , commissaire civil de la Section des Quaf ne-dations (.l/i«. nat. de 179^, p. *^5o), fut, au dii'e de M, Wallon (La Terreur, L \, p. 62) , un des organisa te ui*s des massaQ-es de sep-

prisait au Ministre de la guerri' uu raui>u p 0 ti^ ti f ( T u etey , t . 1 V, 1 7 't 1 ) .

Mais les Roland* en nn\emhre 1787, avaient un autre interni«Kliaîi^. C/était un baron de Servières , ancien ntFreier, cor-i-t^spondant de plusieurs sociétés savantes, auteur de quelques travaux de physique et d'agricultui'e ( voir sou article dans Quéraitl , France littéraire), que Rolanti avait irn peu connu autmfois (voir ms. iiâ^o, toi. ii3, une lettre de Roland à sa femme, du 9fi novembre 1781) et qui, en ^787, semble avoir eu du crédit aupiv>s du cardiual-aiTbevêque. — Lanthenas et Rose se tTOUvaient , nous ne savons comment, en relations avec lui, Lanthenas lui adiT-ssa, le 17 décembre 1787, un ff Mémoire sur le projet d'une Ecole d'inspecteurs de ragriculture, des arts utiles et du coramerrefl, eu le priant de le comnuiniquer à Tarchevéque, mais sans le lui laisser, ^puisque tout est penln dans les buRiaux^. Il ajoutait ; ^Vous travaillerez pour une bonne ciiuse eu servant celle îles arts utiles, Peut-<ju dire qu'on les protège quand ou voit Ibomnif* qui a le plus lait pcïur nous les faire cminaîtn*, oublié dans le fotid iFune province et subordonné à des ignorants? Vous comprendrez bien de qui je pai'le^ (ras. ç)53^(, foi 197-11^8). Le Mémoire que tranamettait !*anthenas |

; {ihiiL

lembi'e, et ipû, fpielqucs jours après, pn>- p. 2oo-*ao3) est trop bien fait pour ^tmde

légèreté, quelle allure avec un premier ministre ! On pouvait écrire tout cela, mais la manière et le ton m'en paraissent comiques.

Le chanoine est revenu aujourd'hui pour m'accompagner à Gruii; je ne sais combien il doit me demeurer. Il y avait chez ces dames leur frère de Taveniost, l'aîné, brave et digne homme, qui m'a parlé de toi comme t'ayant vu cité, annoncé çà et là, et en concevant, par cela et par le reste, une opinion qui me l'a fait aimer.

Le voisin de Gompchavassou a fait le diable, et avec moi et près des pionniers, à cause de la réparation qu'on fait à la terre; il prétend je ne sais quoi et il ne le sait pas lui-même, mais il jure, tempête, menace, ne parle que de/. . . , de procès, d'huissiers, d'assignations, d^argent , etc. C'est im vieux coquin, d'un tempérament colérique, d'une très mauvaise tête et d'une vilaine âme; incapable de faire ni d'entendre aucun raisonnement qui ait le sens commun, mais qu'au besoin je croirais

lui. Diverses allusions des lettres de 1787 indiquent qu'il devait sortir de la collaboration des Roland. Il ne tend rien moins qu'à remplacer «rrinspection actuelle des manufactures 9), coûtant annuellement 99^,000 livres, par rrun autre cadre d'inspections qui, tout en contant 100,000 liv. de moins , porterait sur toutes les branches du travail national et auquel se rattacherait une ëcole ^ montre h l'instar de celle des Ponts et Chaussées?). Ce qui prouve bien que ce mémoire a été rédigé ou inspiré par Roland, c'est qu'on y retrouve tous les éléments du projet de réforme que l'Inspecteur reproduira , l'année suivante, dans son Dictionnaire des manufactures (t. II, Errata et Supplément , p. i43-i^6: Vocabulaire , p. iSi-iSq).

On verra plus loin (lettre du a mars 1788) à quelles mesures se réduisirent les projets de réforme de Rrienne.

En somme, les démarches de Roland en 1 788 furent vaines, mais il devait retrouver

plus tard Servières, qui allait avoir un n>le assez actif dans la Révolution, d'abord en 1791 , comme président de la ^Société nationale des arts et découvertes k, puis en 179a connue président et ensuite membre du (rRurean de consultation des arts et métiers'» (voir J. Guillaume, Procès-verbaux du Comité d'instruction publique de l'Ansemblée Législative; idem de la Convtndon,

Ce n'est pas ici le lieu d'étudier ce rôle . ni d'exposer ces rapports. Disons seulement que, très cordiaux en février 1799 (ms. 9532, fol. 18^-187), ils devinrent fort tendus lorscjue Roland fut ministre (J. Guillaimie, passim ; cf. ms. 9589, fol. 199). Ajoutons que le baron de Servières prit, à partir de 179 A, son nom patronymique, Reth, et qu'en octobre 1796 il était rt Directeur des artistes de la fabrication du papier-monnaie?» (n* aa^ du catalogue de la collection Etienne Charavay).

^ Ira va il vriers (car tout ce tapage s'est fait le samedi et hier, durant i'absenr*' du chanoine); on nVntreprend rien qui ne soit très juste et très permis, puisqn on ne passe pas les bornes et qu'on a a fait que défricher et réparer la partie que les eaux avait dégradée; mais.afm d'avoir où mettre les pierres qui couvraient cette pai*tie, on a creusé un fossé dont on tire la bonne terre qi/ou rejette sur le champ rjui sera planté, et ce fossé sera recomblé de ces pierres» r|u*antreruent il aurait fallu emporter je ne sais où; ce sera le lieu où passeroul l s eauv, et [a liaie sera en deçà sur notre Ibnds. Cet original veut qu*on ne j>nisse pas, quoique ce soit chez nous» ûier la terre de son voisinage pour y substituer des pierres; il crie comme un sorcier, dit pis que pendre des gens d'église et voudrait faire un procès au chanoine. Quand j'ai vu qu'il ne pouvait entendre à rien, je lui ai dit qu'il se pourvoirait et entrepreudrait'en justice tout ce que bon lui semblerait, mais que je ferais suivre les intentions de mon beau-frère et f|ue les ouvriers ne (juitleraienl pas qu'ils n'eussent fini. Eirectivenient, ils vont leur train et cela s'avance.

Eudora s'est enrhumée à force de crier hier eu plein air, prïur un caprice; elle a une âcreté de sang prodigieuse que le froid fait ressorlir au long de ses cuisses et autour de ses petites alfaires; elle est, pour toute boisson, à l'eau de réglisse et an régime de bouillon de raves et de végétaux pour aliments. Je crois, en vérité, que rhygiène doit faire une grande partie de son éducation. Elle a des jours où il me semble que je la donnerais pour rien; elle a des moments qui me rendeni toutes mes espérances.

7 If.

LETTHES UK MVDAMK ROHM).

[\ HOLAi^O, À LYON*".]

Samedi wir, i** rlêcembro 1787, — f da Qm]*

J'attendais noire rominissioiiiiiiire e^omnie le Messie; j'ai bien sa* voiiré ton in-folio* et c'est hin observation seule fjtii ni*a fait reganler h forniril, car jamais juré qui! était pins petit. Quel plaisir de se rern contrer daos ses idées comme dans ses sentiments el de n'avoir jamais «le projet (|ne Tautre n'ait déjà médité de son côté! J'en étais, avec la petite dejmis vin{jt-f|uatre heures, à Texpédienl que tu m'indiques: j'avais relu le plan de Julie et je trouvais que nons nous en étions trop écartés. Entraînés par les circonstances, dominés par le besoin» nous nous occupons trop ou pas assez de notre enfant- Extrêmement occupés, et dans un genre qui veut de la tranquillité, nous exigeons de lui du travail et des leçons sans nous Jonner le temps de lui en faire prendre le goût ou de choisir les moments on il est le mieux disposé: puis, s'il arrive quelque crise, nous voulons le silence et nous employons tout pour l'obtenir, parce que sans lui nous ne pouvons suivre nos travaux, rr Ce (pii nourrit les criailleries des enfants, dit Julie, c'est Fattention qu'on y fait soit pour leur céder, soit pour les contrarier H ne leur faut quelquefois, pour pleurer tout un jour, que s'apercevoir qu'on ne veut pas qu'ils pleurent. Qu'on les tlatte ou qu'on les menace, les moyens qu'on piend [umr les faire taire sont tous pernicieux et presque toujours sans elfet. Tant qu*on s'occupe de leurs jdenrs, c'est une raison pour eux dt* les continuer; mais ils s'en corrigent bientôt quand ils v ruent fjn'on n\ prend pas garde; car, grands et petite, nul n'aime à prendre une peine inutile, i»

Voilà, mon bon ami,sin- quoi nous n'avons pas la conscience bien

élah un SJiirifHli. — Mndaiiie Roland drvail eiic«»i*e ivsU^r un Cl^^ (juali-e senuimi^*

uelle. Les erifanls rie Julie i^laienl l»eiireux t)l paisibles sous ses yeii\, iitai.s ils ivétaieut assujettis à rien, et tenus à cela seul de laisser aux aulres la liberté dont on les faisait jouir. Nous voulons aussi qu'on nous laisse eu paix, cela est juste; mais, comme nous donnons pur moments de la contrainte, Tcnfanl s'en dedonmiage comme il peul* D'ailleurs, il ne faut pas nous le dissimuler, notre petite est forte et d'une volonté déridée; mais elle n'a point de sensibilité, et aucun goAt heureux ne sest encore développé cliez elle; il faut bien que ce soit en partie notre faute, et que nous n'ayons pas su lui en inspiier. 11 j a plus, c'est que nous risquons toujours de nous égarer davantage en voulant dompter par la force on la crainte ce que nous avons cru ne pouvoir gagner autrement; car, en nous aigrissant réciproipiement, nous serons malheureux et notre enfant contractera une dureté, une conti'ariété insupporiables.

J'ai donc résolu :

1" De ne jamais me fâcher, et d'être tiMijours égale et froide comme féquité, dés qu'il s'agira dVme correction (pielconque;

^'' De ne jamais employer ni fouet, ni lapes, ni mouvement, ni ton qui décèle Fini patience. Les coups, quels qu'ils soient, me semblent odieux, faits pour endurcir, avilir et fermer pour jamais toute issue au sentiment. C'est encore sur quoi nous avons quelques mm ndpa à nous donner; dans le premier ;lge, lorsque Tenfant portait la main sur quelque chose qu'il ne devait pas toucher et qu'il ne la retirait pas au premier mot, il nous semblait qu'un petit coup sur cette main rebelle était du nieillenr elTet. Mais ce petit coup a amené le fouet, l'enfant est devenu taquin, et nous nous sommes désolés; ce petit cou[> lut une grande erreur; il est temps d'en revenir, et nous n avons plus un moment à perdre pour cela;

i'' 11 tant faire en sorte que l'enfant se plaise avec nous plus quavec qui que ce soit; il s'agit donc de rendre son soit plus doux en notre présence qu'il ne saurait être autrement. Ceci ne serait peut-être pas fort difTicile dans un gynécée où la mère, travaillante des ouvrages de main, veillerait doucement sur l'enfant charmé d'être sous ses yeux,

lie causer quelc|uefois avec elle et de l'imiter dans ses pelits ouvrage». Mais d tins \m cabioet, entre deux bureaux, où régnent ra[i[diralj(in sévère, le silence absolu, il est tout simple que Fenfant s'ennuie; surtout si, lui d^ff^udant jusqu'au chant ou à uu petit babillage, par lequel il cherche à se dtdommager de ne pouvoir adresser la parole à personne, on le contraint encore à faire telle ou telle chose qui demande quelque altention*

Voilà ce qui s appelle les contrariétés d'état; tous ceux qui ont fait des traités d'éducation n ont jamais considéré Thomme de cahinet ou de telle autre profession, mais le père ou la mère sous les seuls rapports de ce titre et uniquement occupés à en suivre les devoirs ou, du moins, en leur soumettant tout le reste. Mais il faut particulariser les cas : tu as des travaux à suivre» et je suis trop heureuse de pouvoir t'aider en cela, car je suis épouse autant que mère et avant de Yèlre devenue. Cherchons donc, en demeurant à nos bureaux, à faire que reiifaol nous y voie sans peine et se trouve bien d'être auprès de nous. Pour cela, imposons des contraintes qu'il ressente avec d'autres, et laissons-le libre avec nous; à titre de représailles, bien entendu. Si la nature ne l'a pas fait naître pour les belles connaissances, ne pressons pas i'instruction, formons le caractère de préférence à tout, et que le reste vienne par inspiration, non par contrainte. Caresses et privations, tenons-nous-en à ces moyens, et que, dans l'exercice de ces choses. l'enfant sente la justice ou la nécessité autant que Telfel de noUe tendresse.

Voilà le Iroisième jour que je n'exige rien; elle lit cinq ou six fois dans la journée, par ennui, et s'en prévaut comme d'une bonne action; sans donner tout à fait dans la petite hypocrisie, je veux bien en ^Ire un peu la dupe; on me presse toujours le soir pour la nmsique, et j'ai toujours aussi mille raisons pour rendre la leçon tardive, souvent courte, gaie et facile.

Notre grande affaire, c'est l'obéissance; il y a eu des crises; jVi prononcé une privation, on a crié à tue-tête, je n'ai pas eu l'air de m'en embarrasser et j'ai continué ou fait semblant de continuer mon travail

ANNKE 1787,

comme dans le plu» parraît lecueiHeioeiit; il a bien fallu linir, et cela iXH pas été très long.

J'avais aossi commencé la copie du Voyage quand j'ai reçu la lettre, parce (jue j'avais réfléchi que, n'y ayant rien que je iradogtasse, excepté quelques petites choses de la première page, nous serions toujours à temps d'y revenir et qu'il était mieux de réserver pour ta présence les articles du supplément sur lesquels il me fallait te consulter.

[V BOSC, À PARIS ^'l]

aS déretfibre 1787, — de Viflofrauche,

le voici en ville, et venue de ce matin. Mardi, je joins mon seigneur et maître à Lyon, oi\ vous dous adresserez vos lettres jusqu'à nouvel avis, si cela vous arrange.

Je n'entends rien dire de ce pauvre Lantheiias, qui sans doute est dans les afl'aires jusqu'au cou; je lui écrirai lundi.

Je joins ici an<^ lettre que vous voudrez bien envoyer, à moins quil ne vous déplaise pas de la remettre à mou bon oncle, en vous promenant et allant lui demander sa soupe. Vous lui feriez vivement plaisir, et vous choisirez ce qui vous en donnera.

L'aimée finit; c'est encore une d'écoulée en bonne amitié et franchise, à quelques gi*oiideries près; puissions-nous en compter ainsi cinquante et plus; adieu. Je viens de voir que Tadn^sse de M. Besuard est aux Garrières-Chareoton, chez M< CoUtn^ et non M, Cmmn^ comme je Tavais marqué, marchand de vins en gros. Pourvu que cela soit parvenu !

Si vous voulez que je vous parle franchement, j'aurais mieux aimé que vous eussiez ma grande silhouette qui est fort bien et que vous auriez lavatérisée avec intérêt^ que de la voir à une personne qui n'en

^** Collée lion AllVed Morri«oii.

Mi

{■ veut pas couper la ridicule coiffure, parce qu'elle trouve que celali

distingue et fait reconnaître pour silhouette de femme; mais je uaip faire autrement, et je m'en venge en plaisantant celle qui ne cheirh pas la ressemblance de son ami , mais Tair d'un galant portrait.

Quoi qu'il en soit, faites-moi participante de vos découvertes, bet reuses ou autres, conjecturales ou motivées.

Adieu, salut et bonne amitié de tout mon cœur.

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