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VOUS cousiTve votre bon esprit. Vous me voulez ajmer, et pour vous, et pour votre enfant : hé ! nui elière tille, n’entreprenez point tant de ehoses.()uan(l vousp’ourriez atteindre à m'aimer autant (jue je vous aime, ee (pii n’est pas une ehose possible, ni meme dans l’ordre de Dieu, il faudrait toujours (pie ma petite fût par-dessus le marehé ; c’est le lro|)-plein de la tendiH'sse (pie j’ai pour vous.
.l’allai diner mercredi chez M. de Cluiulnes, qui fait tenir les étals deux fois le jour, de peur qu’on ne vienne me voir. Je n’ose vous dire les honneurs ([u’on me fait dans ees états ; cela e!st ridicule : cependant je n’y ai point encore couché, et je ne jiuis (juitter mes bois ni mes ^vrojnenadcs, quehpie prière que l’on nï'en fasse. 11 y a quatre jours (pie je suis ici ; il fait un si beau temps que je ne puis me renfermer dans une petite ville.
Mais, ma lille, qui vous accouchera, si vous accouchez à Grisuali? Le secoura viendra-t-il de loin ? N’oubliez pas du m'oins comme vous aecouehàtes en dernier lieu, et u’oubliez pas*c(j qui vous arriva la première fois, ni le besoin (pie vous élites d’un homme habile et hardi» Vous êtes (pielquefois en peine comment vous pourriez faire pour me témoigner votre amitié, voilà justement# l’occasion où je vous en demande une preuv e ; voilà sur quoi je vous devrai du reste, si vous voulez bien, pour l’amour de moi, avoir beaucoup de soin de vous. Ah ! mon enfant, qu’il vous sera toujours aisé de vous acquitter avec moi I Des trésors et tous les biens du monde me pourraient-ils donner autant de joie que votre amitié'? Comme aussi, tournez, la médaille, l’enl’er n’est pas pis que le contraire.
Votre lettre à madame de Villars est très bonnet il fau- .* (Irait être sourde pour ne pas vous entendre. Elle ne parait • pourtpnt pas d’un style- aussi aisé que d’autres que j’ai vues de vous; mais madïime de Villars en sera très contente, et personne n’écrit mieux que vous. Quand lecoad- • juti'ur n’aura plus mal au pied, je le conjure de vouloir
DK MADAME J)E SEVKIXE. ;î2.>
bien faire réponse à M. d’Agen sur cette religieuse, (pii met tout son diocèse sens dessus dessous : je prendrai cette lettre pour être à moi, et lui ferai crédit de trois mois, .le ne puis m'imaginer sesallures, comme celles de M. de La Rochefoucauld ; elles sont bien différentes de celles que l’on a, quand on travaille à les mériter ; ceci n’est-il point un peu labyrinthe ? l’entendez-vous? cela s’appelle des choses fines.
Mais qu’est-ce que vous me dites d’avoir mal à la hanche? Votre petit garçon serait-il devenu fdle? jNe vous en mettez pas en peine, je vous aiderai à l’exposer sur le Rhône dans un petit panier de jonc, et puis elle abordera dans quelque royaume, où sa beauté sera le sujet d’un roman : me voilà comme Don Quichotte. Il y a d’horribles endroits dans Cléopâtre, mais il y en a de beaux, et la droite vertu est bien dans son trône. Nous avons achevé le Tasse avec plaisir et déplaisir, nous ne savons plus où nous attacher ; il faudra attendre que les états soient partis pour entreprendre quelque chose. Était-ce à vous ([ue je mandais l’autre jour qu’il semblait que tous les pavés de Vitré fussent métamorphosés en gentilshommes ? Je n’ai jamais vu tant de monde ; je n’imagine point que les étals de Languedoc puissent être plus beaux. Mais vous, ma fille, donnez-moi des nouvelles de ce qui se passe autour de vous. Ne sentez-vous point un peu la pesanteur de votre charge ? J’en suis accablée. N’espérez- vous pas toujours la même grâce de votre assemblée? commentêtes-vous avec le iHarseiUe? [M. de Forbin-Janson.) Hé, mon Dieu, que je suis bien de Provence, et que ce pays-là est bien devenu le. mien! Ah! ma bonne, fallait-il que ma vie fut rangiV et marquée si loin de la vôtre !
•\ MONSIErn DE GniGNW.
Il n’y avait que vous, mon cher (bonite, ([ui pussiez me
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résoudre à dbnner ma fille à un Provençal ; mais, dans la vérité, cela est ainsi, j’en prends à témoin Caderousse et Mérinville car si j’avais trouvé autimt de facilité et de. disposition dans le cœur de ma fille pour ce dernier que j’en ai trouvé pour vous, et que je n’eusse pas été la reine des incidents, par la peur que j'avais de conclure, c’en était fait. Ne doutez jamais de ma* véritable amitié, et d’une estime très distinguée ; un moment de réflexion vous fera voir que je dis vrai. Je ne suis point surprise que ma fille ne vous parle point de moi ; elle m’en faisait autant de vous l’année passée ; croyez donc, sans qu’elle vous le dise, que je ne vous oublie jamais : la voilà qui gronde, et qui dit que vous prenez ce prétexte pour excuser votre paresse : je laisse entre vous ce débat, et je vous assure que, quoique vous soyez l’homme du monde le plus heureux à être aimé, vous ne l’avez jamais été, ni ne le pouvez être de personne plus sincèrement que de moi. Je vous souhaite tous les jours dans mon mail : mais vous êtes glorieux ; je vois bien ^ue vous voulez que je vous aille voir la première : vous êtes bien heureux que je ne sois pas une vieille maman, et que je sois ravie d’employer le reste de ma santé a faire ce voyage. Notre abbé en a plus d’envie que moi ; c’est quelque chose. Âdieu, mon cher Grignan; aimez-moi toujours bien; donnez-moi de votre vue, je vous donnerai de mes bois.