S. - DE MADAME DE SÉMGNÉ AU COMTE DE BUSSY
A Paris, ce 4 septembre tWH.
Levez- VOUS, Comte : je ne veux point vous tuer à terre , ou reprenez votre épée pour recommencer notre combat. • Mais il vaut mieux que je vous donne la vie, et que nous vi- ■ vions en paix. Vous avouerez seulement la chose comme elle s’est passée, c’est tout ce que je veux. Voilà un procédé assez honnête : vous ne me pouvez plus appeler justement une petite brutale.
Je ne trouve pas que vous ayez conservé une grande tendresse pour la belle qui vous captivait autrefois ; il en faut revenir à ce que vous avez dit :
A la cour,
Quand on a perdu resliinc,
On perd l’amour
M. de Montausier vient d’ètre fait gouverneur de M. le dauphin.
Je l’ai comblé de biens , je l’en veux accabler.
Adieu, Comte. Présentement que je vous ai battu, je dirai partout que vous êtes le plus brave homme de France , et je conterai notre combat le jour que je parlerai des combats singuliei’s. Ma fille vous fait ses compliments. J.’opinioii que vous avez de sa fortune nous console un peu.