DE MADAME DE SÉVIGNÉ AU COMTE DE BUSSY
• A Paris, cc 7 mai IC70.
J’ai sur le cœur de n’avoir rien dit à ma nièce de Bussy, cette pauvre enfant que j’ai vue pas plus haute que cela : réparez donc mes torts. J’ai reçu votre lettre, et je suis fort aise que les cendres du pauvre président aient réchauffé notre commerce ; nous avons ici M. de Corbinelli ; j’en ai
LETTUES
une joie sensible, et, parceque je juge de vous par moi, je me réjouis avec vous de celle que vous aurez de le voir.
Madame de Grignan est si indigne de" votre amitié, elle aime tant son mari, elle est si grosse , q»ie je n’ose vous dire qu’elle se souvient fort de vous. Raillerie à part, elle vous aime et vous honore inliniment.
Adieu, Comte; j’ai une si bonne compagnie autour de moi, que je n’ose m’embarquer à vous en dire davantage.