LETTRE LXXX
Ce n'est pas que je vous croie curieux ; mais il faut pour tant que je vous dise que je sors à une heure, que je dine chez M. Turgot, que je vais à Orphée; après l'opéra, je vais chez madame Geoffrin jusqu'à minuit , et puis finir ma soirée rue des Capucines. A présent, voulez-vous que j'aille vous prendre pour venir diaer chez M. Turgot? voulezvous que je vous mène à l'Opéra , ou voulez-vous vous y rendre dans la loge de ML Dangevillers , aux premières sur l'amphithéâtre ? Si vous voulez , après Orphée , faire une visite à madame Geoffrin, nous vous y mènerons; si vous y voulez passer la soirée , vous la charmerez ; voyez ce que vous voulez prendre ou laisser de tout cela. Je suis toujours à désirer de vous voir , je suis toujours bien aise de vous voir ; et par une inconséquence qui ne s'explique que par ma folie , je suis toujours fâchée de vous avoir vu. Avezvous été à temps hier pour donner la main à madame de***? si elle avait pu voir votre impatience , elle aurait été bien contente ; oh ! c'est votre talent que de contenter ce que vous aimez et surtout ce qui vous aime. Bonsoir.
Je saurai du moins si vous êtes allé à Versailles. Je veux ravoir mon Connétable.