LETTRES A GABRIEL S., A SA MERE ET A SON PÈRE
mai 1864
Mon cher petit Gabriel, on petit doigt m'a dit hier au soir, que
tu continuais à te tourmenter, je n'en ^ crois rien, car je te sais trop raisonnable et trop obéissant.
Cependant je tiens à t'avertir des mauvais
bruits qui courent sur ton compte. Tu ferais peut-être bien d'en prévenir le commissaire de police du quartier.
Prends garde à l'ennemi : à défaut d'autre vicloire, il tâche, du moins, de troubler la paix de ton cher petit cœur, et de te persuader que le bon Dieu n'est pas avec toi. Ne le crois pas: lui et mon petit doigt sont deux menteurs, et toi, mon Gabriel, tu es un bon petit chrétien, au coeur droit et fidèle, qui déteste le mal et ne pèche qu'en imagination.
A Dieu, mon enfant bien aimé, au revoir bientôt, que Notre-Dame des Victoires et St-Joseph te gardent corps et âme pour ton bien, pour ton salut, et pour le bonheur de tous ceux qui t'aiment ! Je t'embrasse et te bénis au nom de Notre-Seigneur.