‹ Lettres de Mgr De Ségur de 1854 à 1881Chapitre 24 sur 35 · L. G. DE SÉGUR · texte numérisé non relu

L. G. DE SÉGUR

13 mai 1872 Cher Monsieur le Supérieur,

'e suis heureux de savoir nos trois statues ^arrivées à bon port, sanstètes ni membres !)cassés. Ce sera un petit souvenir de plus entre Montmorillon et moi. Que dites-vous donc que vous avez été soutirant ? Oubliez-vous que vous n'en avez ni le droit ni le temps ? A la place

de I'évéque, je vou= ferais citer devant l'officialité pour rendre compte de votre santé. Soignez-la un peu pour l'amour de la grande œuvre que la benne Providence vous a confiée.

De grâce, serrez de près Edouard, et dites-lui carrément que, s'il veut restera Montmorillon, il faut qu'il s'en montre digne, et très digne. Je souligne ce très, parce que je ne veux pas perdre ma poudre aux moineaux. Dieu soit béni des bons détails que vous me donnez sur Calixte M. ! Je crois qu'il y a en lui l'étoffe d'un brave et utile prêtre. Sauf meilleur avis, je désirerais qu'il restât dans le Poitou pendant les vacances, au moins pendant les premières. Crovez-vous que, movennant une petite indemnité, je pourrais le proposer aux Pères oblats ou à quelque autre honnête communauté, ou à un bon curé pour les deux mois de vacances ? Ce dernier parti me plairait beaucoup, s'il est réalisable.

Merci de ne m' avoir pas oublié pour les deux: soutanes dont vous me parlez. Non pour moi, mais pour eux-mêmes, et afin de les habituer à cette belle et sainte chose qu'on appelle la reconnaissance, lesdeux petits clercs devraient m'écrire et me remercier. Je les bénis tous deux d'avance et vous prie de les embrasser pour moi.

A dieu, cher monsieur le Supérieur, mille bonnes

bénédictions au cher séminaire, à commencer par son excellent chef.

Paris, \c i{ décembre 1872.

Mes bien chers enfants,

eudi prochain 19, je vais avoir le bonheur jde fêter le 25e anniversaire de ma pre- /^mière messe, mes « noces d'argent », comme on dit. Je viens vous demander de m'aider,ce jour-là, à remercier le bon Dieu moins indignement, et à obtenir miséricorde pleine et entière pour mes manquements, mes misères de tous genres, pendant ce quart de siècle. Un jour votre tour viendra et vous aurez à bénir la bonté divine, comme je le fais moi-même en ce grand et touchant anniversaire . Vos excellents Pères et maîtres, voudront bien ne pas non plus m'oublier au saint autel.

Adieu, mes enfants très chers, mes vrais petits amis que j'aime de plus en plus en la sainte charité de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

(De la main de Monseigneur) :

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