ÉLOGE D'ÉLIZA
PAR M. DB GtfrBlïEtf
Qudîe DuitI quelle solitude! aiTreu^ emblème de mo ÊOBurl Demain cestéîiôbreg qiû m'etilourent se dissîperontJ et la nuU qui enveloppe Élha est étemelle l deaiaiD ruaî^ Yei'à se réveillera, Éliza seule ne se réveillera plasi
Ame sublime, où donc ea-tu passL^e? dans quelle régiot; abl tu es retournée vers ta source» tu as repris ton voJ vers l|i
t., ku icîifêm« siècle ou lurftit dit ptui bdèvement ; Ïm toiabcma de mêi BoMlc de Uîipttiaist!.
I, i'e [tseudi'JDyrtic d'rtiia aonutj n maat!Enuia€llc de L^spiiiasstï par M* di Gui:]>ert eut ua s^^uTenir de cetle l'fia Draper, l'aiiiiÈ taol pkurâ« de StfirBe» quj\ lui-rnème, éUtt rsutour Tàvori dtf ma,de moi suite de LcfipiciaïSÊ, Cet élogt i|iinipoLir Id première Foia dana un recu«d d'éloges par M. de iQuJbert pubMé par sa veuve sous ce lilre : Éioges du mat ùt fiai de Ca^ifta*, du ckanctUfr éi L'nâpîtûi, auivîjf de Véhge inMii di Cfair^-FTançoise de Le*^pmasge ; Paris, d'HûUlel, (808, in-S** D»db l'avûriisaement on lit le pi^sage suivaat : ■ 11 éloit Impassible de terminer ce recueil mieai que par J'ëlogé de m^âe* aiaîseik de Lospiaa^Ber doQl la rçtiomiiiêe d'e^prii) de i^uilt, de icnâibililé et de bieiitatsauc^ laTtiit, fû quelque «orle, BSSOciâË à la renommée de plus eu in phiLofictphcs et Ultérateurii di&liuguéi. La f^mme qui fut digue de la SNciéti cDAËtuile el de T honorable oroitiâ de d'Alcnibert, de Turbot, du marquis de Caraceîolif du vicouice de La ttiicnojuueiiulâ, au ebeYalier de Cha&teUtii, de Mibly, de rcmdilîric, de l'abbé àrnaud^ de Guihert, de voit, en disparaissant de La terre, deTEûir nûtuf^llemenl l*objel des regrets et des ù\n^ti damnés par cet Jîoromes cdlèbres. VÉioge d'Élisa Fut le tribut p^yé par le pÉflie à l'amitié, à Il vetlu, au Eeutinietit, t^t même sus grâcEsâ de l'esprit. L'auteur a iitiprimft k celte prûduçiion ce tonde mÉlît»{roLie dtmcj^ qu'on trouve dans Youug, lortqu'û décrit h mort de Narc;isaL, el ce genre d'csprït aimuble de CLbam^fartf bréqu'il développe le ialeut niturel du buu L» Funtiiine. Uo jour^ sans doule, on publie jf a Jes lettres de niadcmoiaelle do Lei^piuaBse j et ce feduc?îl iuiéresiiat, dunt l'Éinge d'ÉîiA<J. n*QiKi?n queh]u& sorte que U priiTace^ $i'ra encore plut prédcut et plus dés ré du public;^ après Eivoir tu le puiti^t ^déle qu'en a tracé Guibcrtf pour \u rsppider iu% ami* d^g leittcs «t dei bienfiii&uitei TÊitus. m
CR LA MORT OE Mîk DEMOISELLE DE LESriKASSB. 3ST
^alrîeUTu ôlof^ une i^manation du deï, el le ciel l'a réclanU'C. tl ravfùi laissée trop long temps habiter pnnui les hommes. Oui, sâns Tordre du ciel, Éliza ne pouvoli devenir la proie de la mort. Elle étoît &i active, si animé**, sî vivante! Hélas I depuis deux ans, c*étoit son âme qui Irompoîl mes inquiétudes el qui assoupissoît mes cmintes. Je voyois tous les jours Élîza se décolorer et s'afToiblir. Mais jamais 80n esprit n*avoit jolé tant d'éclat j jamais son cœur n'avotl laut aimé! Elle vivra, elle vivra, me disois-je en la quittant. Tant de vie doit braver la mort, et alors je ne concevois pas plus l'idée d'Élîaa, pouvant mourir, que celle da soleil prêt à s'éteindre.
Éliza n*e8t plusl qui éclairera mon Jugement, qui échauffera mon imagination, qui m'enflammera pour la gîoirel qui remfilacera pour moi le sentiment profond qu'elle m*inspiroil I Que ferai-je de mon âme et de ma vieî 0 mon cœurj rappelle à ma pensée ce que fut Éliza l Je veux la célébrer, et pour la célébrer, il ne faut que la peindre, Éliza ne r^ourra jamais dans la mémoire de ses amis, mais SCS amis mourront un jour comme elle, elje veux qu'elle vive dans l'avenir. Je veux qu'après moi quelqu'âme sensible en lisant cette complainte funèbre, regn (te de ne Tavoir pas connue, el s'attendrisse sur le malheur que j'eus de lui survivre.
Éliza nVavoit raconté plusieurs fois lei premières années de sa vie; que tout ce qu'on entend sur dos thé^ltres, que ce qu'on lit dans nos romans est froid et dénué d'intérêt auprès de ce récit 1 c'est dans l'intérieur des familles quit faut pénétrer pour voir les grandes scènes des passions et de la calamité humaine. Nos écrivains les déflgurent en les imaginant, el il n> a que leurs acteurs et leurs victimes qui puissent les peindre. ÉHza naquit sous Vauspice de l'amour et du malheur Sa mère étoit une femme d'un grand nom, qui vivoit séparée de son mari. Elle l'éleva publiquement, comme si elle eut été en droit de l'avouer pour sa fille, et elle lui fit un mystère de sa naissance; souvent elle la baignoil en secret de ses larmes. Elle sembloit, par le redoublement de sa (endn^sse, vouloir la ^nsoler du présent funeste qu'elle lui avoit fait de ta vie., Elle la combîoït de caresses et de bientaits. Elle lui donna ettB-mémc le premier de tous, une excellente éducation ;^t*était dans pea tout ce qui de voit lui rostor. Elle mourtjt presque subite**