I. D'AliMi hf'it avait alors? ci-iqnaulo-nciif an
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mort^; que ce sentiment doux et terrible repousse lout ce qui n*est pas lui, et plus encore toul ce qui voudroit en tenir la place; que, dans un cœur qui en est aussi pénétré que le mien, même lorsqu'il n*a plus d'objet, la simple amitié est une affeclion bien languissante, et que celle qu'on lui ofîre est presque un outrage. Alil le véritable amour est sans doute bien caractérisé par ce vers charmant du tasse :
Brama assai, poco speraj et nuUa chiede.
Disire, a peu d'espoir, et ne demande rien.
Mais, moins il espère, moins il demande, plus il s'offense et s'afflige quand on lui offre autre chose que ce qu'il désire et qu'il n'a plus. Que dis-je, et de quoi puis-je me plaindre? Ces créatures douces, honnôtes et sensiMos à qui je raconte mes peines, et qui veulent bien les enlcndre et les sentir, me don*nent tout ce qu'elles peuvent me donner, et plus encore que je n'ai mérité d'elles. Si j'éîois assez heureux pour qu'elles éprouvassent à mon égard ce sentiment qui feroit mon bonheur, pourquoi so refuseroicnlclles au plaisir si doux de me le montrer, à celui do prononcer ces mots célestes : Je vous aim?y les seuls qu'aujourd'hui je désire d'entendre dans la nature devenue sourde et muette pour moi I Quelle différence de ce plaisir divi[i au petit manège de la coquetterie, et aux froids ménagcmensde la réserve, si indignes d'un cœur fait pour aimer! Ah, ciel! quelle douceur une âme aimanle eût répandue sur des jours qui ne vont plus être remplis que d'amertume I Avec quelle tendresse, quel abandon, quel respect, quelle délicatesse, elle aupoit été aimoo ! M.iis où m'égare une vaine illusion? Ahl si aucune créature ne prononce pour moi ces mots : Je vous aime, c'est qu'aucune ne les sent pour moi. Eh! malheureux que je suisi pourquoi les sentiroit-elle?de quel droit, à quel titre oseroisje l'exiger ou l'espérer? Je ne saurois trop me redire ces mots de la romance d'Aspasie, que je relis tous les jours :
Si réclamez sa douce fantaisie.
Elle dira : que ne r.'nspircz-TOusI
Et ce qui rendra mon malheur éternel, je n'espôre plus retrouver dans aucun autre cœur ce que j'avois obienu