‹ Lettres de Mlle de LespinasseChapitre 117 sur 128 · AVERTISSEMENT DE L'ÉDITION DE · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DE L'ÉDITION DE

par ses propres expressions : Taime pour vivre, disoil-ello. et je vis pour aimer.

Mais laissons à de plus dignes plumes le soin de louer mademoiselle de Lespinasse. Nous ne voulons, en ce moment, que justifier le désir de faire jouir le public de tout Tintérôt altaché à la lecture des Lettres que nous publion.s et qui, sous plusieurs rapports de pensées, de style, d époque et de circonstances, sont peut-être hors de comparaison avec toutes celles qui ont paru jusqu'à présent. Elles sont certainement dignes d'obtenir une place distinguée dans la nombreuse collection des Lettres de femmes qui ont eu des succès si bien mérités.

Voici le jugement qu'un des panégyristes de mademoiselle de Lespinasse porloit î?ur ses Lettres : « Elles aroient, dit-il, un caractère, une touche, un^lylequin'avoient point de modèle, et qui, je crois, n'auront pas d'imitateur. Ce n'éloit point le genre de madame de Sévigné, ni celui de madame deMaintenon; c'étoit le sien, et, à mon avis, il étoit bien au-dessui de tous les deux. Ses [.ettres étoient plus pleines, plus variées, plus fortes de pensées, plus tirées de son propre fonds, car eue ne vivoit pas, comme ces deux femmes, de ce qui se passoit à la Cour et en Europe, elles

étoient surtout plus animées Ces Lettres avoient le

mouvement et la chaleur de la conversation; elles Irompoient sur son absence, elles la remplaçoient presqu'au moment où on les rccevoit' »

Ajoutons à ce jugement sur les Lettres de mademoiselle de Lespinasse, ce que Marmonlel a écrit de celte femme célèbre; on y trouvera une juste appréciation de son cœur et de son esprit*.

« A propos des grâces, parlons d'une personne qui

en avoit tous les dons dans l'esprit et dans le lai:.i:Mge, t*l qui étoit la seule femme que madame Geoffrin eût adnii ià son dîner des gens de lettres : c'étoit l'amie de M. d'Alembert, mademoiselle de Lespinasse; étonnant composi' de bicni?éance, de raison, de sagesse avec la tête la pluï^ vive, rame la plus ardente, et l'imagination la plus inflammable qui aient existé depuis Sapho. Ce feu qui circuloit dans ses veines et dans ses nerfs, et qui donnoit â son esprit tant

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