NOTICE
ment aimée, vous dont j'ai cru être aimé... » s'écrîe-lll après sa mort. Ailleurs il parle « de ce cœur qui n'a jamais cessé d'être à elle^ » Et cependant, malgré ces protestations d'amour, voici en quels termes, près d'un an après cette réunion accomplie, il repoussait, dans une lettre à Voltaire, les bruits de mariage qu'elle avait contribué à faire naître. »
« Si je devenais plus à mon aise, j'irais m'enfermer dans quelque campagne, où je vivrais seul, heureux, et affrancln de toute espèce de contrainte. Vous devez juger par celle manière de penser que je suis bien éloigné du mariage, quoique les gazettes m'aient marié. Ehî mon Dieu I que deviendrais-je avec une femme et des enfants? la personne à laquelle on me marie (dans les gazettes) est à la vérité une personne respectable par son caractère, et faite, par la douceur et l'agrément de sa société, pour rendre heureux un mari; mais elle est digne d'un établissement meilleur que le mien, et il n'y a entre nous, ni mariage, ni amour, mais de J'estime réciproque, et toute la douceur de l'amitié. Je demeure actuellement dans la même maison qu'elle, où il y a d'ailleurs dix autres locataires ; voilà ce qui a occasionné le bruit qui a couru. Je ne doute pas d'ailleurs qu'il ji'ait élé appuyé par madame du Deiïand, à laquelle «n dit que vous écrivez de belles lettres (je ne sais pas pourquoi). [£lic sait bien qu'il n'en est rien de mon mariage; mais elle voudrait faire croire qu'il y a autre chose. Une vieille et infâme catin comme elle ne croit pas aux femmes honnêtes : heureusement elle est bien connue et crue comme elle le mérite *. »
Membre de l'Académie des sciences depuis 1741, de YAcadémie française depuis 1754, bientôt secrétaire perpétuel (1772), chef reconnu des encyclopédistes, d'Alembert n'était pas un aussi mauvais parti qu'il se plaît à le dire. C'est trop de modestie. La vérité est que l'amitié, Vamour du pauvre d'Alemberl, ne régnèrent jamais sans