‹ Lettres de Mlle de LespinasseChapitre 29 sur 128 · Uarroontel, Jf(niO(rf«, t. II, p. 301 et · texte numérisé non relu

Uarroontel, Jf(niO(rf«, t. II, p. 301 et

ALVIIl NOTICE

comte d'Aranda que lui donnent d'Alembert et Voltaire; • 2* que le comte de Fuentès ne cessa jamais d'être dans les termes les plus respectueusement affectueux avec mademoiselle de Lespinasse ^ Ses torts envers d'Alembert, et même, comme nous le verrons, envers M. de Mora furent assez nombreux, sans y ajouter celui d'unevulgaire ambition qui aurait spéculé sur le rang et la fortune de celui-ci. Aussi Morellet, qui avait été étroitement lié avec mademoiselle de Lespinasse, nous paraît-il plus près de la vérité, quand, réfutant sur ce point les Mémoires de Marmontel, il dit :

« Je m'inscris en faux sur une imputation que fait Marmontel à mademoiselle de Lespinasse. Il lui prête une espérance ambitieuse de séduire quelqu'un de ses amis les plus distingués jusqu'à s'en faire épouser. Cela peut être, et il n'y a rien de mal à cela ; mais lorsqu'il ajoute que cette ambition, trompée plus d'une fois, ne se rebutait point et qu'elle changeait d'objet, toujours plus exaltée, et si vive qu'on llaurait prise pour Tenivrement de l'amour, je crois qu'il se trompe entièrement; je ne puis penser qu'il y ait jamais eu dans la tête de mademoiselle de Lespinasse un projet de ce genre. Elle était toujours entraînée par un sentiment qui n'avait point d'autre objet que luimême. Marmontel tombe aussi dans un anachronisme en disant qu'elle fut un temps éperdument éprise de Guibert, et que, lorsque celui-ci lui échappa comme les autres, elle crut pouvoir aspirer à la conquête du marquis de Mora. La passion de mademoiselle de Lespinasse pour Guibert n'a commencé qu'après le départ de M, de Mora pour l'Espagne, ce qui est clair par les dates mêmes et le texte des lettres de Guibert. Et puis ces passions successives et ces projets de se faire épouser sont tout à fait étrangers à ce caractère ardent et noble •. »

M. de Mora quitta Paris le vendredi 7 août 1772. Cette date ne s'effaça jamais du souvenir de madcmci-

1 . Voir la kllrc que lui adresse d*Alembert, p. 353. I. Mi-moires de Morelîetj t. Il, p. 3 U.

ttni UAbEMniSELLfi DB LESriNASSB.

ècUc de Lespinasse^ car dlo devait élre celle de la i^épti*

, r " MTnière, Les deux amants ne se revirent plus, éi J n% qui, après im srjour de près de deux aniii-es

en Espagne, avait enQu ijuitté Madrid le 6 mai ÏTIi, tout brûlant d'impatience de revoir Pans, îious n'o^ms dire : et t^elle qu'il aimait, mourut h. Bordeaux le vendredi f mai '• C'est également im vendredi qu'il sï'(ail éloigné

^de Madrid, et le rapprochement de ces trois jours do siûistre augure fr,\p[Ki vivemenL rimagimilion de ma- Jernoiselle de Lespinasse^ qui, en auiour du moins» et en

famour seulement, était très-superivlilieuse \ Comment d'ailleurs son esprit, son cœur, tout en elle n'aurait-il pas ^ r .<'? Quand la nouvelle de celle mort vint tombr*r > : Il elme, mademoiselle de Lespinasse n'était di^jà plus, hélas 1 sans reproches à Tégard de M, de Slora, Paul-il parmi ces reproches compter aussi celui d*avotf

fréckimé ce voyage, qui avait eu une si funeste issue, de l'avoir déterminé eu obtenant des médecins de Paris unû consultation de complaisance*? Le fait est si grave que îou^ hésitons à l'admettre sur le seul témoignage d*un krivnin qui n*est pas exempt de loule erreur vt l'égard de

^tnademoiselle de Lespinasse. Mais il est unautrc reproche, et celui-lh trop réel, qu'elle avait alors h se faire, et qui désormais empoisonnera sa vie : celui d'infidélité à M. de Mora. Oui, d'infidélité envers cet objet l;inl admiré, tant aimé^ dont la chère mémoire ne la quittera ! ' 'il qu'elle vivra. Contradiction singulière, lutte . entre deux passions également sincères, arknlesl Mademoiselle de Lespinasse en mourra la vic-

^time. Celle passion nouvelle fut celle qu'elle conçut

l. Là Gâte tk de Fr r Jim cott u* 47, U niitiTi pagii£, geattHiomme âa It 17.

t. Vulr kinc (M. i

^ Ali mal de ranmic 1774 mentionne ♦•jlntl, rat • Le marquis dt! Mors^ çrwâ tlPs-

'.' ^.. \\ i'.illt, 1VM.P Pli! nu.>n I H.',r,iH«t|l

!, ii. ici»

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