LÀ MÊME Â LÀ UÊMB
P«irii| S9 mars 175^
Jâ reçois dans ce moment votre lettre du 26, en réponse à la mienne du ÎO; ee fut le lendemain de cette dernière lettre, que je fus informée de la résolution où mon frère étoit d'écrire à madame de Luynes, comme je vous Tai mandé. Je fus fort fâchée d'avoir fait partir ma lettre pour vous; je trouvai cruel de vous avoir donné des espérances si prochaines, tandis qui l'afTaire a'fiAoh point encore absolument décidée. Je n*ai point encore envoyé ma lettre à madame de Luynes, j'attends pour cela que le président Hénault soit à Yernilles; je lui écrirai à lui une lettre ostensibli^, qui servira de supplément è
celle de madame de Luynes. J'insiste beaucoup sur la demande de neutralité, je ae taurois croire qu'elle me refuse; enfin li ce contre- temps nous arriToit, j'aurois recours i M. le cardinal de Tencin pour la persuader. Je tous recommande, ma reine, de ne laisser pénétrer yos projets par personne, il est trèseascntiel que nous ne foyons pas prévenues. Une grâce que j'ai encore à vous demander (et qui est la plus importante de toutes), c'est de ne point penser à venir auprès de moi, si tous n'avez pas parfaitement oublié qui vous êtes, et ai touf n'êtes pas dans la ferme résolution de ne jamais penser à changer d'état. U y auroit de la perfidie à faire usage de mon amitié pour me couvrir de honte, ffl'exposer aui reproches de tous les honnêtes gens, et à me rendre l'ennemie irréconciliable de toute ma famille; la plus petite tentatiTe que lous pourriea Caire étant auprès de moi seroit un crime irrémissible. J'espère, ma reine, que voQS n'avez pas besoin de tous consulter de nouveau. U y a longtemps que TOUS m'avez promis tout ce que je pouvois désirer fur cet article ; je suis dans la plus parfaite certitude que toutes vos entreprises seroient vaines, mais il ne ■croit pas moins affreux pour moi que vous en fissiez aucune, et, je tous le répète, je ne tous le pardonncrois jamais ; écrivez-moi sur cela une lettre que je puisse faire Toir à madame de Luynes, s'il en étoit besoin. M. de Maçon est à Versailles, il n'en rcTiendra, je crois, que demain; il ne se veut mêler de ien, et il a raison. C'est un très-bon ami, j'en suis on ne peut plus contente, ises colères près, qui nuisent beaucoup à la couTcrsation. U prétend que c'est moi qui m'emporte; tout cela ne fait rien quand on finit par être d'accord. Adiea, ma reine, ne faites point de noir, j'cspcre que dans le mois de mal( ■OUI serons contentes l'une et l'autre et l'une de l'autre.