I. idit. de 181 1 : éprùUViiM
LETTRE CLXrV
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DJi beorei «t denii«| 1776.
le ne pouvois ai lire, ni écrire, ni dicter à huit heures guand faî reçu votre billet j'élois dans une crise de toux et de douleur, qui ne in*ûnt permis qu'une heure après d'ouvrir TOïre lettre. Ce malin, mes douleurs sont Tenues à un tel point, que j'étoîs menacée d'inflammaïion. J'ai toul tenté pour obtenir tfu soulagement ; et dans cetîe crise, tous voyez bien qu'il falioit que ma porte fut fermée. L'archevfique d'Ail* et deux autrespersonues y étoîeni venues longtemps avant vous. Ehr boa Dieu I pourquoi vous exclure? parce que vous ne m*avez pas vue hier? Ces raouvemens, ces pensées ne viennent que lorsqu'on se croit aimé, et surtout qu'on espt^re du phîsîr; et dans mon état il n'y en a plus» je ne respire qu'après le soulfigcmenl. Je viens de me priver de M* d'Andezi ; il resloit avec moi. Je n'en ai pas eu le courage; il m'a trouva la tîèvre aisseï forte, et il lui a paru bien simple que je pn^ft^rasse nioQ lit A la conversnlîon. Bonsoir donc; je vais me coudjor. — No venez pas demain malin : ma porte sera Terniée jusqu'à quatre heures sansevccption. Je ne suis plus maîtresse de mes mauxj ils ont pris possession de moî^ et Je leur cède- N'allez pas croire que je n'aie point envie de vous voir; mais je meurs de regret à la manière triste dont vous passer la soirée auprès de moi, (andis que vous i5tes entoure? chez vous de loua les genres de plaisir. Point de sacrifice* mon ami :les malades repoussent les efforts ; ils leur font si peul
L'amîtîé faij. des miracles* Voici le fait : te vîcomle de Saînt-Chamans a demandé un congé; s'il ne l'obtio"< i >^
t. Boï&^ciin lie Cucé» qui, pretqtic & celte da»e, le Î0 fdtfirr ÎTîif^ *^laiï reçu il rAcadémie Trançiise comme successeur de Vahbi ûe VoisiDow. D'Alrm» berl lut d&n» cet le séatice l'I^Joge df. Dungeau*
9M LETTEE3 DB MAPKMOISSLLB DE LESPINASSH.
etqu*il aille à Monaco i, c'e&t un liommê perdu. Il a k fu-i neste expénenca des deu£ années pûsséee.le ne vays dît pas : sollicitez son congés parce que ce n'est peut être pa? cçla qoi! faut faire. Mais parlez du mauvais ôlat où il eat; parlez du danger qu'il court, d'abord en ne faisant pas lei remèdes qu'on lui ordonnei et puis, en s'exposanià un ait qui lui est modal. Ën6n, mon ami, plaidez pour Ba tîo s c'est détourner de celle gtiî me reste â atibir^ une des plus profondes douleurs que je poisse sentir désormais, Diies au baron < de se joindre à vôu»> pour parler de l'offut de la mer i^ur ce malheureux jaune homme j il en a été témoin* Tat* tends de ?oà nouvelles, puisque vous m'en avez promis t car Je crois qu'il est bien plus doux et plus naturel de parler à celle qui vous a consacré sa fiai on oe doit plus avoir rien à dire à quelqu'un qui va la perdre* Ah \ je n'en pnîa plus, et cela est bien vi^ai. Bonsoiri
Troii heures, 1776*
Ce n*cst ni votre faute ni la mienne, mon ami, si vous n*avez pas eu de mes nouvelles à Versailles. J'ai reçu votre billet ce malin à onze heures: il n'éloit plus temps; et comuie j'imagine que vous irez chez vous avant que de venii chez moi, je me presse de vous remercier de votre soin si aimable, si plein de bonté. Votre intérêt me louche si fort, que je suis désolée de né pas pouvoir le contenter en vous disant que je suis mieux; mais il n'y a pas moyen, j'ai toussé hier à en mourir. J'ai eu la fîùvre assez forte ^elte nuit pour avoir mes idées un peu plus brouillées et pUu égarées que jamais ; et ce matin, à onze heures, j'ai vu mon médecin, qui m'a trouvé plus de flôvre que je n'en ai ordi nairement à celte heure-là; c'est une fièvre d'irritation ; ma poitrine et mes entrailles sont encore plus allumées et plus agitées que mon âme. Mais, mon ami, je vous aime,
1. où le, régiment de La Fère, dont le vicomte de Saiut-Chamang était eo* loncl, tenait garnison.