‹ Lettres de Mlle de LespinasseChapitre 83 sur 128 · I. Orlando Furioso · texte numérisé non relu

I. Orlando Furioso

I, Nogcnt-sur- Marne, à S kilomètres E. de Paris. Condorcet demeurdi alors rue Louis- le-Grand, en face la rue d'Autln.

SPIKAS8B.

meut'ide dû quatre lieucâ; mais cependant Je trouve votrô rue bien loin i vous devriez venir on voiture, et la renvoyer,

** '^r- Snînl'Chatnans n'est pas plus mal; voilà toot, et son donne de grandes craintea pour l'avenir. Vous ôte$ une nonne et \Acn aimable personne de vouloir bien vous occuper de mes aflecttons. — l'ai su hier de vos nouvelles par M. de Vaines. Bonjour, mon ami* — Et moi aussi je ne suis pas aeule» i:cla coupe la parole, A ce soir, mon ami. Ne vous laissex pas aller à un autre mouvement.

Va\ grai:e apporlez-raoî ce soir votre voyage de Prusse él de Vienne ^ Oui, je le veux têt qull est; %i vous me dUe» non, ûoui serons brouillés.

LETTRE CLXXVIlï

Dil UeuMsdu uifttiu, pundi] 1774,

Mon ami. vous m'avei vue bien foible^bien malheureuso. Ordinairement votre présence suspend nacs maux* et détourne mes larmes. Aujourd'hui Je auccomlie, et Je ne saia lequel, de mon unie ou de mon corps, me faisoit le plus de mal. Celte dîsposilion est siprofoode» que je viens de refuser les consolations de Tamilié, et que j'ai préfère^. d'Ôtre seule, de vous dire un mot, de me concher, k la douceur et ùl la tristesse de me plaindre et de faire partager ma douleur — Je viens de me souvenir que vous m'avez dît que vous nimicï â rest^^r chez vous le^mardinQi \eè jeudis* Votre bonté vous Ta fait oublier, maîa je vous rends voire parole* Mon ami, jamais je n'ai moins désiré que vous me lissier des sacrifices. IWn^l vous voyez si je suis en étal de jouir de rien ! je vous crie seulement: ne déchirez pas ma plaie. Voilà où se bornent tous mes dt'^sirs. — U me semble que, sî vous le vouliez bien, vos voyages à Versailles seroient un penmoîn» fréqiieus. — Mon ami, si je vous vois demain, apportez* moi le reste de voire vovîige, et ma brochure bleue : si vous l'avez sous la main, donnez^la à mon domestique, — Mon ami, avez-vous envoyé mon billet au propnV^îaîrn d- imi

I, Publié, après ta mort de M. de fitiibert, s&us ce titru t Jûiirual d'i Voyagt m AlUmn^ne fait tn â773. Twii, 1S63, 1 f«l. i«i»*

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mnisoQ ? Mon dieu I je regrette souvent la peine que Je vous donne po'.r ce logement. Adieu. —Je n'ai pas, en vérité, la force de lenir ma plume: toutes mes facultés sont employées à souffrir. Ah l je suis arrivée à ce terme de la vie, où il est presque aussi douloureux de mourir que de vivre. Je crains trop la douleur; les maux de mon âme ont épuisé toutes mes forces. Mon ami^ soutenez^moi ; mais ne souffres pas : car cela deviendroit mon mal le plus sensible. — Je vous 43 répète bonnement, simplement, n'enlevez pas la soirée de demain à votre famille; demain c'est mardi.

Mais cela est comme vous, sans mesure: envoyer la nuit deux fois 1 ah ! le meilleur de tous les hommes! Oui, calmezvous; je vous le répète: vous hâteriez mes maux ; les vôtres me font mal, bien mal. Je viens de prendre des caïmans, je n'en suis pas encore soulagée. Jesuis dans mon lit, et jepenserai souvent avec douleur que vous souffrez. — Ne venea pas avant midi. Adieu.

LETTRE GLXXX

Quatre heures, 1779.

Vous êtes trop bon, trop aimable, mon ami. Vous voudriez ranimer, sou tenir une âme qui succombe enfin sousle poids et laduréedeladouleur.Jesens tout le prix de votre sentiment; mais je ne le mérite plus, lia été un temps où être aimée de vous ne m'auroit rien laissé à désirer. Hélas l peut-être cela eût-il éteint mes regrets, ou du moins en auroil adouci l'amertume; j'aurois voulu vivre. Aujourd'hui je ne veux plus que mourir. Il n'yapoint de dédommagement, point d'adoucissement à la perte que j'ai faite; il n'y falloit pas survivre. Voilà, mon ami, le seul sentiment d'amertumequeje trouve dans mon âme contre vous. — Je voudrois bien savoir votre £0vl \e Toudroi» bien que vous fussiez heureux. —J'ai reçu

a08 LETTïlBS PB MABEMOrSÏÏLLET>E IiESPIHASSl

votre kitre à une heure; j'avois une fièvre ardente, J# iw puis vous exprimer ce qu'il ra*a fallu de peine et de temps pûur h lire; je ne von lois pas différer jusqu aujourd'hui^ el cela me donnoit^presque le délire. — J al tends de vos oauvelles ce soir. Adieu, mon ami. Si jamais je revenols à la vie, j'aimerois encore 4 l'employer à vout aimer î mais il n'jB. plus de temps*.

1^ Ltrof de PrutM é«rifaSt h d'AUmbtrtr le I& tfi&l 1773 : * H comp&UH, iiKiii ctier ânaiBgO'raï, aui ebngrjûa qnc vom CAU£e l'amtitié ; c'est îi.ti dt» \3iai itmihltit. Je ne sais quel oocieii a trùi>bîen ditf que lés amis u'Avitient qa'itne âme en deui corps. Je iuuhdte que GstcîciQOÎ&ialle de Lespmasae se: îâUblisEC poutlt cop^olntioiE de ?os Tieiiï jaun. U&ia ii fit laa^é te remets ei lî un jour VOiii voii£ i^ûilex piiem, faudra-t'îl queje rej^ODce a jniuds au plaEsÎP de youi Tiïlr^ DU me re&te-tU eucorft quelque eEp<iniîice! « ïJiieuifjlieUe «Je Le^pînaJM niaurul le ÎJ iriQÎ t17ifi. lUaJqine du DilTtii^ iit^ cei Appreiiant s* mûri : i Illc^ HUf«ii bleu Jl4i DiTvurfr quîiae ai» plui iMi |4 a'iuiiiii pM p«rdu d'J (il »■ r», C*-' *^'îi. Uii,^ u I. p. I»*.)

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