OEuvres de Condorcel, Pari», «847-49, I. l, p. Î-T
2. Madcmoisolle de Lrs|;inasse avait écrit à Bernardin de Saint-Pierre d'aller houve- Tur^rol, anpiès duquel clic ne cessait de le recnir.mainlor. (Voit les OHuires df Coniorcel, Pari», 1847-49, t. I, p. 2*5, ÎM el 2is.)
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empêcher le oial mm Itides. Vous uvez le courage de la verUu que le ciel vous eu douno la récompense, et que vofre nom soit béni sur mer comme il l'a ùié sur terre» Mais on voit bien. Mademoiselle, que vous ne voyez les minisires que chez vous. On ne les abor^lc qn'nn papier à la maio quand on les aborde, et que mcifre dar»s ce papier? Je ne suis point officier de marine, et je ne veux point vivri* aux colonies ; je l'ai dit plusieurs fois. Qui a lu mon voyage* peut le penser; mais qui me connoît doit lo croire.
Il est vrai qoe la réputation de M, Turgot le mettra h D^èrae de servir de son crédit ceux qu*il ne pourra obliger par *a place. Il va devenir toutpuîssant. Un pauvre bomme aséis auriez marches de rilôtel de ville disoit un jour pendant qu'on liroit la loterie : Mon Dieu, si vou? pouviez me faire tomber Je gros loi 1 Quelqu'un lui dit : Voyons votre numérc^^ — Je n'ai point de bilJet, dit-il, mais le bon Dieu est bien puisï^nt* — Encore. Jui dit Vautre, ne peut-il voua laire gagner on lot, si vdu« D'avez un iiiilet à la loterie. J'ai cru donCj Mademoiselle, que si j'allois chez M. Turgot, ce devoit être avec un mémoire et quelque projet ul île, elje n'eo ai point imaginé qui le fût davantage k la marine qu'un voyage par terre aux Indes pour connoKre le golfe Persique, la mer Rougp, les bords du Gange et d'autres licax mîil connus et mOtiie tout li fait abandonnes. Quant à demander des consulats, des pensions ou quelque autre place en France, c'est le Truit de la laveur, et je n'ai point do titre pour la demander. Comment pourroia-je lasollioi- 1er, moi qui vis sans brigue^ loin des protecteurs et dcf protégés? <lombien ces illusions m'ont fait pordre de temps et de pas l Combien je me suis troublé do rinquiétude et de la mauvaise foi d'aulruil J'ai nagé trop longtemps vers cbj faux rivages où Von se noiû dix fuis avant du lûourir» Mainte natit je laisse faire uia destinée 5 tout euUn tombe dans l'océan.
Je doune aux Muses le temps qui nous est prêté; aux Muscs qui consolent du passé et rossunmt surravcnir. Je vis coulent, heureux, et je ne le serai davantage qu'en Ïq partageant civec l'omitié.
I. Le Vo^aje à l'iU-dfi'Fi'ançèf Amiterdai»» 1771, 1 ftA, b-i*.
Agréez les assurances de respect, d'eslime et de recoû* ooissance avec lesquelles je ne cesserai d'ôtre.
Mademoiselle,
Voire très-humble et très-obéissant servit^iur.
m •AlMT-Pl£RRff.