PAR D'ALEMBERT. S
pas même, il faut ea convenir, aussi difficile sur le choix qu'il vousconviendroit de Tétre. La finesse et la justesse de votre tact devroit vous rendre délicate sur le genre et le choix des connoissances ; l'envie d'avoir une cour, et ce qu'on appelle dans le monde des amis, vous a rendie d'assez bonne composition, et les ennuyeux ne vous d(!plaisent pas trop, pourvu que ces ennuyeux-là tous soica dévoués.
Les noms, les titres ne vous en imposent pas; vous voyez les grands comme il faut les voir, sans bassesse et sans dédain. L'infortune vous a donné cet orgueil respectable qu'elle inspire toujours à ceux qui ne la méritent pas. Votre peu d'aisance et la triste connoissance que vous avez acquise des hommes, vous font redouter les bienfaits, dont le joug est si souvent à craindre. pour les âo^es bien nées; peut-ôlre méaie êtes vous portée à pousser ce sentiment jusqu'à l'excès : mais en ce genre Texcès môme est une vertu.
Votre courage est au-dessus de votre force; l'indigence, la mauvaise santé, les malheurs de toute espèce, exercent votre patience sans l'abattro. Cette patience intéressante, et le spectacle de ce que vous avez souffert, dévoient vous faire des amis et vous en ont fait; vous avez trouvé quelque . consolation dans leur attachement et dans leur estime.
Voilà, mademoiselle, ce que vous me paroissez être : vous n'êtes pas parfaite, sans doute, et c'est en vérité tant mieux pour vous; car le parfait Grandisson m'a toujours paru un odieux personnage ^ Je ne sais si je vous vois bien; mais telle que je vous vois, personne ne me paroît plus digne d'éprouver par soi-même et de faire éprouver aux autres ce qui seul peut adoucir les maux de la vie, Iqs douceurs du sentiment et de la confiance.
En finissant ce portrait, je ne puis pas ajouter comm» dans la chanson,
Le prieur qui l'a fait En est très-satisfait ';
f . C'est une aversion que mademoiselle de Lespinasse partageait avec d'A leraberl. Voir p. 232.
2. Le chevalier d'Orléans, grand prieur de France, avoit fait contre quel* qu'un une chanson très-sxtiriquc, et, ne voulant pas garder l'anonyme, avot termipé la chanson par cts deux vers. Ce if^i rappelle celui du médecin SylT%
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mais Je sem que je tous applif^uâ, et de tout mon cœuf, le fers de Oufreany sor la jeunesse :
dus de «féfbiiU éÊt i OeUe JËHaesiél Ont'fttmA at«e«et dâfauts-lh^.
d^vaiit ïeqijfi ou chaatoil nue iolre ebaason Irèfl'pluftJiDtf et très-ciiordKnlfc canlre tin miptilre Sotolent, /* uoudrûh bim savoir ^ dit quelqu'un^ quel e*f t'&uUur dû cstté chansùn ; j'irai t l'tmhrtîssfr de bien bon cour. . Rien fiVjil p^tES si*ti à âenner, dll Sylva i ç*t$t Bigaud^ Os lUl que nigaud étoît un aéli'bre pdnlre éû pûdriitf , (AndeEme n^lt.)
* La lyi^Qvicii/'itiùn m^s^rmand* f «omédie rË|)i:éi6ptii ]f T nnn ITlt.
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