SUR LA MÛBT DE SON FILS
Monsieur»
M* le chevalier de Magallon nous a fait part, à M'** dé Lespinasse et à moi, d'une lettre duns laquelle vous voulei bien nous témoigner votre recotinoissance du tendre alla* chemenlque nous avions l'une! Taulrepour M. le marquis de Mora». C'est à noua-méme à vous remercier Monsieur, de vouloir bien alUcher quelque prix au senlimenl le plus juste qui fut Jatnais pour l'incomparable ami que nous avons eu le malheur de perdre, Toutes les fois que notre nom pourra revenir à votre mémoire» nous vous prions d'ôlre bien persuadiS qu'au moment où vous penserez à nous, nous parlage'^ng amèrement voire douleur, el que nos cœurs répondent au vôtre. Mais ïi ce cœur pHJernel pouvoil recevoir quelque soulagement à ses maux, si quelque chose, Monsieur, pou voit adoucir votre affliction profonde, ce scroit le regret universel que donnent à la mémoire de monsieur voire (Ifs (ous ceux qui ont eu le bonheur de le connoîlre, I^a voix publique fail son ùloge funèbre :mais que cet éloge est touchant de la purl de loua ceux qui, comme M^^« de Lespinasse el moi, oui pu jouira fond de son âme; qui eu ont vu toute la sensîl>ililé, loule la délicatesse, touto Télévalion; qui ont connu la solidité, la justesse, les grâces de son esprit ; qui ont été étonnés de la variété et de retendue de ses connoissances el plus élonnés
t . Paroe pour la première rot» dant lei Œuvrnpoiihiàmti de d'AfcmbirU Pwli, è709, \n-9; i. I, p. i44.
i , Fjlii tiUié (le ai. le comlc de Fuentès, mnrl an mois de m ni 1774 II élotl tid qu'on (it t^ciut dani c«Ue lettre. Lauleur a cru qu'on lui |»ari1*<iiiieroil da rrndvf imbrique cette ciprcsâk'ii de ica sept neûs pont uo ùe* hmnmet {*§ plu» aiii(u(4i<& qu'il àll ruuiiua, el pour un anù doal il révère et ehérU U uiémvirit. (Auclruu,- jEtoie.)
8&4 LETTRE DE D'ALEMBSTaT AU COMTE DE FTjaXTM
$ncoro ûû la modeatiô a^vec Liquelleil les cachoît, ou plal He la aimpUcilé ainlable et naEve gui ne cherr' :: a'ôû parmi Quelle, perte pour TlCspagae, V colle (fun homme ai supérieur et si verf îumi^rcB il y atiroit répandues, et que do gr il y auroit donnés! Quelle perte pour vous» doal i la consolation, dont il relraçoit les vertus pir les si ni qu'il cbérî^soit avec îa plus vive tendresse 1 Quell pour sa faunlle, dont il éloit aimé et rciâperlé^ et eut été le conseil, l'exemple et l'appui î Uuelle pêne en pour moi, qu'il honoroit de son amitié et de ses boolés^ qui conserverai jusqu'au tombeau le plus cher et l(i pi douloureux souveair dû la plus parfaite créature que j* jamais cooauôl Lea sôotimend dont il a bien voulu donnLT tant de preuves, sont à mes yeux la récomv'^^^ pluâ tlalleuse du peu de bounes qualitéâ qu'il a ci moi; elles me soûl précieuses, puisqu'elles moni rhonneuret la douceur d'avoir un tel ami : aon esprit «îoi noil au mien une éoergîe qui! n'aura plus; mai* je souviendrai éternellemetit des instans chère k mon cœ ou celle %m^, si pure, si noble, si Forte et si douce» aii »erépundr<Miansla mieDocDeiiaia son départ de Paris, pas été un moment sans les plus vives alariD>^ gnois de k futalité qui vous avoit obligé de i] où vous étiex. Ajuste titre» si chéri et si hntïûru, ei oi aviez laissé des regrets éternels. Je me Qui lob que d constances plus Pavorubles vous rendroient îi la France, avec vouâ Tbomuie le plus digne et le plus capable de vot •uccéder. J'espérois enfin» si je n*avoiâ pas le bonheur i vivreavec lui, de pouvoir dire encore longtemps : U viî si m'aime. Hélas 1 Monsieur, il faut renoncer môme k cruelle douceur de mêler mes larmes avec les vôtres, et t parler de M. de Mora à la personne du monde qui saurait mieux m'eatendre, 11 ne me reste que la triste cor '^i dépenser sans cesse au» rares qualités qu'il avoit ' la nature, aux bonl^îs dont il m'honoroit^ aux dot momens que j*ai passés avec lui et qui ne reviendront plu enfin à la vive et respectueuse tendresse que j nvois pour i personne. Ces! dans ces senlimeus que je fi u irai ma vi( et cette chère et amigcaote image sera toujours pr^seufe mon cœur. Permettex-moi, Monsieur» défaire ici pour vous les vaj«