VI ENVOI DES LETTRES
ciens! Il désigne M,le de Lenclos sous le nom de Leontium ; et dans l'éloge qu'il en fait, il n'oublie pas son talent pour le style épistolaire.
« Les lettres de Leontium, dit-il , après avoir blâmé » l'affectation de celles de Balzac et de Voiture, ont » toujours également plu, parce que ce sont des let- » très. Quoique le tour en soit singulier, et qu'elles » soient remplies de morale , et toutes brillantes » d'esprit, elles n'ont rien de recherché. Comme la » morale y est toujours assaisonnée par l'enjouement, » et que l'esprit ne s'y montre que sous les appa- » rences d'une imagination libre et naturelle , elles » ne diffèrent en rien de sa conversation , et il est » impossible de ne pas sentir qu'en écrivant à ses » amis, elle croit elle-même leur parler. »
C'est à vous , Madame , à juger si ce que je vous envoie répond à ce que vous venez de lire, et si cet éloge n'est pas l'ouvrage d'un juge prévenu. La seule grâce que j'ose vous demander, Madame, c'est de vous souvenir de la promesse que vous m'avez faite de ne communiquer à personne les lettres que je vous confie. Ceux qui pourraient les lire, n'auraient peut-être pas pour les négligences que se permet une femme, toute l'indulgence qui lui est due. Qui pourrait d'ailleurs, dans le siècle où nous sommes, s'amuser de cette lecture ? On n'y trouverait, ni portraits malins, ni obscénités, ni irréligions ; et, si l'on