ENVOI DES LETTRES VU
en croit bien des gens , il n'y a guère que ce genre d'ouvrages qui puisse plaire aujourd'hui.
ftf'e de Lenclos écrit du cœur, de l'amour, et des femmes. Quelle matière I et qui pouvait mieux qu'elle la développer ? Avec la tournure d'esprit qu'elle avait, elle n'a pu voir les hommes sans les étudier et sans les connaître. Vous savez comme moi, par ce qu'en ont dit les auteurs de son temps, qu'elle ne recevait chez elle que les plus aimables gens de la cour. Les hommes les plus illustres par leurs talents recherchaient son commerce et son amitié ; ils profitaient même, sans rougir, de ses conseils.
« La maison de M1^ de Lenclos, cette célèbre Ni- » non , était le rendez-vous de ce que la cour et la » ville avaient de gens polis et estimables par leur » esprit. Les mères les plus vertueuses briguaient » pour leurs fils, qui étaient dans le monde, l'avan - » tage d'être admis dans une société aimable qu'on » regardait comme le centre de la bonne compagnie » L'abbé Gedoyn n'eut qu'à s'y montrer pour y être » goûté, et il y acquit des amis qui s'intéressèrent » vivement à sa réputation et à sa fortune (1). »
En un mot, tous les auteurs qui en ont parlé nous apprennent qu'elle avait dans l'esprit autant d'agrément que de solidité. C'était une philosophe, mais
(1) Voyez la Vie de M. l'abbé Gedoyn, à la tête de ses Œuvres diverses, imprimées en 1745.