‹ Lettres de Ninon de Lenclos. Précédées de mémoires sur sa vieChapitre 3 sur 63 · IV ENVOI DES MEMOIRES · texte numérisé non relu

IV ENVOI DES MEMOIRES

feindre. Ce n'est point une apologie, ce n'est point une satire, et moins encore un roman, que j'ai eu dessein d'écrire J'ai bien besoin, Monsieur, qu'on se souvienne que je ne donne cet ouvrage que comme des Mémoires pour servir à une histoire plus étendue de mon héroïne.

Il m'est essentiel d'ajouter encore que je n'ai point prétendu proposer M"^ de Lenclos poMV un modèle. (Eh ! à quoi cela servirait -il ?) Je rapporte sa Morale, sa Philosophie, ses actions, comme des faits. Le lecteur peut en juger sur ces principes: je n'en ai point eu d'autres que ceux qu'exigeait ma qualité d'historien. La maxime d'Horace (1), dont un anonyme (2) a voulu effrayer celui qui entreprendrait l'histoire de M"^ de Lenclos, me serait injustement appliquée : n'omettre aucun fait de la vie d'un conquérant, ce n'est pas brûler, comme lui, du désir de ravager la terre.

J'ai l'honneur d'être très-respectueusement, Monsieur, Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Bret.

(1) Qiialem commendes etiam atque etiam aspice, ne raox incutiant aliéna tibi peccata pudorem.

(2) Voyez la Pséface qui est à la tête des Lettres sur l'éducation des Princes.

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