ENVOI DES MÉMOIRES HI
étaient exposés à de tels affronts . M^'® de Lencîos n'avilit jamais son esprit. Elle eut le cœur faible, je ne craindrai pas de le dire ; elle avait pris de bonne heure là-dessus des principes qui devaient égarer cette partie de l'âme que les sens entraînent et séduisent trop aisément : mais qu'il est rare que le penchant le plus vif au plaisir, ne conduise pas à la perte de toutes leo vertus ! Le moindre défaut des femmes galantes, dit M. de La Rochefoucauld ^ est la galanterie.
Je donne à M'^« de Lenclos, dans la plus grande partie de ses Mémoires, le nom de Ninon, qu'il parait que ses amis, au moins, lui donnèrent assez généralement dans sa jeunesse (i) ; mais dont on n'osa plus l'appeler, lorsqu'ayant moins de faiblesse, elle devint le philosophe le plus aimable qu'ait jamais eu la nation française.
Il y a peu de mérite à rassembler des faits ; il y en aurait eu à les peindre et à les lier ensemble : cela était prodigieusement difficile, et je crains bien de n'avoir fait que de vains efïorts. Il s'agissait de mettre le public en état de connaître le cœur et l'esprit de M^^e de Lenclos, et pour cela il était indécent de
(i) M«» de Stv{gnt< ne r'app'^Ue que Ninon dans ses premières Lettres; eile la rioiiime M^'^ de Lenclos dans une de celles qu'on vient d'imprimer : elle es: de 1696, temps auquel M"^ de Lenclos avait quatre-vingt-un ans.