XXIII. — Au même
Paris, mardi, octobre 1872.
Cher Monsieur Gauja,
J’ai eu, ce matin seulement, la certitude de la perte douloureuse que vous venez de faire.
Vous avez dû penser, et il est bien inutile que je vous le dise, à la profonde douleur quelle m’a causée. Votre chère femme était, avec vous, ma plus chère et une de mes premières affections. J’avais eu l’intention, cet été, d’aller en Vendée vous voir, ainsi que mon pauvre ami de Rochebrune, qui vient aussi d’être cruellement frappé1 !
J’hésite maintenant à faire ce voyage, que je lui avais promis : je suis si triste, si abattu sous le poids de toutes ces afflictions, ajouté à toutes les douleurs que nous subissons depuis deux ans, que je me sens bien impuissant à alléger les chagrins de mes plus chers amis.
Je vous embrasse, cher Monsieur Gauja, dans toute la tristesse de mon cœur, et vous prie de penser quelquefois à la bien profonde affection que je vous ai vouée.
Mes souvenirs à Mme Deshorties et à Gaston.