‹ Lettres de Peiresc (volume 2)Chapitre 2 sur 75 · THE LIBRARY -, , · texte numérisé non relu

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BRIGHAM YOUNG UNIVERSITY I-., '.v .-

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PROVO, UTAH

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

À PARIS

Monsieur,

Vostre despesche du 28 du passé nous a apprins des choses bien curieuses dont je vous remercie trez humblement, et de la continuation de voz seings pour nous avoir des livres rares. De cette Arabia d’Elzevir in-üh^ quelque exemplaire double pourroit estre bon à envoyer en Levant et Barbarie. Le secrétaire de M"" le conte de Marcheville a nom Portât et est trez curieux et de mérité; vous prendrez plaisir à sa conversation. Je vouloys vous escrire par luy mesmes; il m’a laissé quelque cahier que je vous adresseray pour le luy rendre, ne l’ayant encores peu faire transcrire à mon grand regret. Ce que vous m’avez mandé touchant l’humeur de M*" de Valloys^ est arrivé fort à propos pour me faire aller plus réservé sur le poinct que je me trouvoys obligé de luy faire la despesche que vous trouverez cy joincte et que j’ay creu vous debvoir adresser ouverte à cachet volant, pour y jetter s’il vous plaict la veüe avant que l’achever de clorre, et la rendre, à celle fin que vous la supprimiez en un besoing, si vous trouviez que je nie fusse

* C’est évidemment (le mot Arabia ayant été par distraction substitué au mot Africa) , l’ouvrage déjà cité du géographe arabe Jean Léon, surnommé l’Africain : Africœ descriplio IX libris absoluta (Leyde, 1682, 2 tomes en un volume in-2à).

* Humeur âpre et difficile. Plusieurs témoignages contemporains confirment l’appréciation des frères Dupuy, et Peiresc luimême eut à SC plaindre du mauvais caractère d’un aussi grand savant.

lUPAIMERIE ^ATiO'l.tLC.

dispensé de chose qui luy deubt estre désagréable, car je ne vouldroys pas luy desplaire, si je puis, vous priant de luy dire quil me fera plaisir de me renvoyer toutes cez lettres du pauvre Elias Eliingeriis ^ pour bons respects, quand il en aura faict, et si vous trouviez bon de la faire voir aux libraires qui font le Sî Cyrille, il seroit bien raisonnable qu’ils payassent la coppie de ce traicté de Trinitate, n’estant pas raisonnable d’en charger Aubert ^ ne que 'le pauvre coppiste demeure aussy frustré de son salaire, aultrement on perdra crédit en cepaïs là, et ne fauldra pas esperer qu’on en veuille plus rien extraire quand on en auroit de besoing. Quant à l’affaire du Libanius , vous verrez où nous en sommes demeurez. M*" Godefroy a touché les cent francs de mon argent, et me promet d’en envoyer 90 à ce pauvre Ehingerus, en ayant retenu dix pour le port des feuilles qui de quattre en quattre ont cousté demy taler^ de port par la poste. Je pense qu’il entreprendra luy mesmes la version des pièces restantes de cet autheur, puis que M'" de Valloys a tesmoigné d’en avoir tant de desgoust. Mais je ne lairray pas d’envoyer au dict sieur de Valloys tout ce que j’en retireray soit d’un costé ou d’aultre. Je vous envoyé la derniere lettre que m’avoit escritte M*" de Valloys sur ce subject dont j’estoys demeuré tant scandalizé, pour vous faire mieux voir son tort, et si trouvez bon de la monstrer à M'" Rigault, puis qu’il a plus d’babitude et d’ascendant sur luy, il seroit encores meilleur, car sans mentir s’il a escript en termes aigres au sieur Godefroy si à tort, il luy devroit escrire en termes tant plus doulx à presant pour satisfaire à son innocence de ce qu’il luy imputoit, puis que le dict sieur Godefroy a donné les mains et que par sa courtoisie le dict sieur Valloys aura encores la communication qu’il

' Voir sur cet érudit la lettre GXLVII du tome II.

’ Voir sur Jean Aubert la lettre GXLII du tome U.

’ Nous avons déjà rappelé que cette monnaie d'Allemagne vaut environ A francs.

* On lit dans le Dictionnaire de Littré

(au mot Donner) : :r Donner les mains, céder, locution tirée du latin où elle se dit du vaincu (jui tend les mains , en signe qu’il se rend. r> Littré ne cite qu’une phrase postérieure à l’époque de Peiresc, cette phrase de La Fontaine (Vie d’Esope): ffDe façon que le philosophe fut obligé de donner les mains, n

monstroit regretter de cez pièces restantes. Je verray d’en prier encores Monsieur Rigault, quoy que j’aye esté bien diverty tout ce jour d’huy, et que je soys bien lassé et recreu d’escrire tant du costé d’Auspourg et de Geneve^ que du vostre, me restant peu de temps et de vigueur, quoy que le courage ne manque jamais nom plus que la bonne volonté de satisfaire à mon debvoir.

J’ay une grande despesche à faire au R. P. Mercene^, avec un peu plus de loisir, ayant enfin faict portraire noz tymbales qu’il desiroit tant^, et eu responce de Rome du sieur Doni*. Cependant si vous le voyez vous luy ferez, s’il vous plaict, mes excuses, et remerciements de ses questions armoniques^, dont il fauldroit bien quelque exemplaire pour envoyer à ceux qu’il veult faire consulter. Nous n’avons pas encore veu ne ouy nouvelles de mou cousin Gras, vous pouvez croire que je ne le flatteray nullement et que je n’oublieray rien de toute ma foible industrie pour le ramener à son debvoir*^, et à vous remettre les papiers qu’il peult avoir, et s’il faict la beste^ il me trouvera contre luy aultant que vous le sçauriez estre. Il fault avoir compassion de l’estourdissement que luy a apporté un tel coup que le temps r’allentira, s’il ne le peult guarir, et la presence du préjudice inesvitable s’il s’aheurtoit à une si mauvaise cause. Je vouldroys bien qu’il eust peu avant son départ de delà y recevoir ma lettre et vous revoir aprez. Mon frere s’en reva tost à Marseille et aura le soing des testes et

* A Augsbourg', Peiresc écrivait à Ehinger ; à Genève, il écrivait à Godefroy.

^ Peiresc dut écrire cette grande dépêche dans les premiers jours de l’année i634; elle ne nous a sans doute pas été conservée , car je ne retrouve aucune lettre adressée par lui au savant Minime, du i3 octobre i633 au i" mai i634.

* On verra diverses mentions de ces timbales dans les lettres de Peiresc à Mersenne qui figureront parmi les Lettres à divers , et aussi dans les lettres de Mersenne qui paraîtront procbainement en un fascicule de

la collection des Correspondants de Peiresc.

^ Sur Jean-Baptiste Boni, voir tome II, lettre VII, p. 35, 36. ,

^ Questions harmoniques, dans lesquelles sont contenues plusieurs choses remarquables pour la physique , pour la morale et pour les autres sciences (Paris, Villery, i634,in-8°).

® On a vu dans le tome précédent cpie le cousin Gras était le concurrent de Du Puy pour l’affaire du prieuré.

’ Faire la bête, c’est refuser mal à propos. Littré ne signale aucun emploi de cette locution.

maiiclies de mail tel qu bonne année,

Monsieur,

’il le doibt et denieureray, en vous donnant la

vostre trez liumble et trez obéissant serviteur, DE PeIRESC.

A Aix, ce 3 janvier i63i.

Il feroit bon voir la description du Papyrus de cet arabe Ebnebytar^ dont nous parle M"" Saulmaise. Je vous recommande tant que je puis la lettre que mon frere escript au sieur de Fontaine ensuitte des ordres de de Tliou, et celle d’un garçon de cette ville qui est au Mans où je vous supplie de la faire adresser, s il est possible, par quelqu un de voz amys qui en face tirer la responce.

Je vous envoyé le panégyrique latin prononcé par le petit Marquis de Vitry ^ avec la traduction que Madame la Mareschale en a voulu faire faire; si j’en peus mettre un second exemplaire, je vous prie de l’envoyer à M*" Auber y.

J’ay receu à ce coup encore la Gazette sous l’ordinaire cachet du bureau

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