‹ Lettres de Peiresc; (volume 3)Chapitre 5 sur 34 · À AU · texte numérisé non relu

À AU

Monsieur, J'ay receu voz deux lettres du 3/1 avec celle de M*^ Jusberty et ses mémoires, qui m'ont bien donné du plaisir, dont je vous remercie trez affectueusement, et des offres qu'il vous piaict me faire de faire faire des extraits ou abrégez de ce qui y pourroit estre de ma curiosité. C'est pourquoy si les protocolles se trouvent en mains d'honnestes gents et traietables, je seray bien aise de prendre extraict de quelques uns à prix modéré. Si non je me contenteray de l'abrégé, où ne soient pas obmis les noms et qualilez des personnes contractantes ou disposantes, et de leurs parents soit ascendants ou descendants. Entr'aultres je vouldrois bien avoir ceux qui seront cottez au mémoire cy joinct et suis bien aise que vous ayez trouvé les mémoires de M** de Maulvans'^ cap-

par F. de Saint- Vîncens qui leur a substitaë un passage sur les fr beaux chats d*Ancyro ou Ai^[o»ry 1» acclimates par Peircsc.

' Ponds français, fSaoS, fol. 19. Autograpbe.

* M. le marquis de Lagoy possède dans ses riches collections ifn Recueil de pièeee montenerkes Umekant fhktaire de Ptwenee pendant

le xfi* tièele, La pièce n* 3 du tome II de ce recueil est intitula : Journalier nmmairepour servir de mémoireê en ma charge d'assesseur d'Aixy ftoeureur du pays, es années îSgo et i5gi, par Jean Barailon , sienr de Mauvans. Ces mëmoirps occupent les pages ^Skiàj.

On lit en tète cette note de Roux-Alpheran : ir Jean BarâHon , sieur de Mauvans , asses^

[1681] À B. BORRILLY, 16

pables de le satisfaire. Je ferois bien aultre chose que cela quand i\ est question de vous faire plaisir et service «u à voz amys. Commandez seulement et dictes à M' Gaoehier, qu'il eserive avm marges de son roolle seulement ce dont il se pourra souvenir, car de renvoyer pour le lotil aux registres de l'arche vesché, je sçay bien que les dicts registres ne montent pas trop hauït. Au reste il est arrivé un accidant au paradour de Ghaullan^ qui est un peu suspect, bien qu'il ne soit pas asseurement de la maladie, le corps du mort s'estant trouvé fort roide et sans bubon. Mais je crains bien que cela nelaisra pas de nous oster l'entrée au moings du costé de Touflon, car pour Messieurs d'Aix, je ne sçay s'ils vouldront eslre si scrupuleux, puis que quand ce seroit peste formelle, elle n'est qu'à demy lieue d'icy en une maison qui fut incontinant assiégée par t\ gardes de ce lieu cy dez le premier soubçon de la maladie, sans y avoir souffert aulcune communication, nom plus que Messieurs de Marseille dernièrement que la maladie regrilla^ dans le logis dn Lyon sur leur grand chemin. Nous y avons mis les meilleurs ordres que nous avons peu et cez Messieurs en . feront ce qu'il leur plairra, tandis que je demeureray, Monsieur,

vostre trez humble et obligé serviteur,

DE Peiresg.

A Beiuigioiitîer, ce a 6 janvier 1 63 1 .

sein* d'Ait Ion (ie Fentrëe du dnc de Savoie en cette ville , a dressa ce mémorial des prineipeiix ëvërienientB arrirés depuis ie 1 8 novembre t5>^ jiifiqii*aii 9 avril iS^i. H fut depuis conseiller eu la Cour des comptes, et mourut è Ai x en 1619. r^ A la même faluiifte appQrttuait Tauteur de la Critifue du noMiaire de Prûvenee, qui vivait un siède plus tofd et dont Toifvra^ fît tant de brait. ' Le nom de pnradovr, psrada» ou pa- 'raire ëtait jadis doiftat^ en Provence aux nombreux moulins à foulon que faisaient mouvoir DOS moindres rivières, et dans lesquels

s'apprêtaient les draps communs destinés èi vêtir les habitants de la campagne. Le foulon de GhauUan devait être situé sur les bords de TArc ou de le Torse» peot-être au lieu connu aujourd'^hui sous le seul nomde Paradou , près de la Pioline. 11 est , d'ailleurs , probable qu'il Êiut Hre Ckailau, au Heu de Chauiian. Les Cbailan étment une aacirane famiHe d'Aix, à laquelle appartenait le célèbre poète provençal Fortuné Chaiian, l'auteur dn GtmguL (Commuuicatiofi de M. T^éoa de Berluf Perassè .)

* C'est-è-dire germa de nouveau, re-

J a vois oublié de vous accuser la réception du playdoyer dont je remerciay David ^ et du paquet du P. Minuty ^, qui le receut de la main de Henry, Thomnie de cuisine que vous cognoissez. Excusez moy de cette obmission^.

À MONSIEUR, MONSIEUR RORRILLY,

SECRETAIRE ORDINAIRE DE LA CHAMBRE DU ROY

À AIX

Monsieur, Jay rcceu les voslres du 1 3 et du 1 5 de ce moys avec le petit mémoire de Catherine Spifame et de Berengue Ceppede, dont je vous

poussa. Voir sur cette expression une note du lome III des Lettres de Peirese aux frères Duputf, aux Additions et eorrectiom,

* Siir riinpiimeur Elienne David, voir le tome II des Lettres de Peiresc attœ frères Dupuy, p. 670. F. de Saint-Vincens dit, en une note de la page k de son Recueil, que rrla famille David exerce la librairie el Timprimerie & Aix , depuis près de deux cents ans, avec beaucoup de distinction?). II donne là un extrait d une lettre de Peiresc à BorriUy, du 7 mars 1 63o , dont loiigina] ne nous a pas éié conservé. Je ne cite qu'avec inquiétude et méHance ce document dans lequel Peiresc prie Borrilly ff d'intercéder auprès de M. le consul , votre frère, pour que le pauvre David , imprimeur, ne perde pas sa place d'imprimeur en la maison de ville, ce qui a fait moins de tort à lui qu aux consuls , \\ cause de tant de services de son père et de lui. » Peiresc ou , pour parler plus prudemment , le prétendu Peiresc ajoute ceci : ff Vous sçave2 que toutes les fois qu'il a été question

d'imprimer de bons ouvrages en françois , il s'y est prêté & ma considération; que plusieurs de nos auteurs et jurisconsultes qui , dans notre province, eussent mieux aimé écrire en latin qu'en françois , sçachant mieux la première langue que l'autre , ayant , diaprés mes sollicitations, composé et écrit en françois , David m'a souvent fort aidé à corriger tant le fond que le style desdils ouvrages, tant avant l'impression qu'en corrigeant les épreuves: il a donc acquis des droits à la gratitude des gens lettrés comme vous.?» Toute cette tirade me semble, tant pour le fond que pour le style, aussi suspecte que possible.

* Sur le père Théophile Minuti , de l'ordre des Minimes, voir le Testament de Peiresc publié h la suite de la notice de M. Léopold Delisle sur Un grand amateur français au zri/'Wèc/e (Toulouse, 1889, p. 3o).

* Fonds français. iSaoB, fol. i4. Autographe.

[1631] X B. BORRILLY. 17

remercie trez affectueusement, regrettant vostre peine et celle de M' Jusberly, de qui je tascheray de recognoislre le travail au moings mal qui me sera possible, et pour vous je ne désespère pas de trouver un jour de quoy me revancher sinon de tout ce que je vous puys debvoir, au moings de quelque partie suffisante de contenter une courtoisie telle que la vostre. Et pour la semonce que me faictes de la continuation de voz faveurs, c'est la vérité que je ne seray pas marry d'avoir un jour Textraict de ce testament de Berengue Geppede de l'an 1 ûSfi du 6 may pour voir quels aultres enfans elle a eus de ses deux mariages. Mais cela n'a poiuct de haste et pourra bien attendre que nous puissions retourner à Aix. Bien vouldrois je que vous eussiez faict chercher ce que vous pourrez trouver en voz répertoires de cette Macdelaine Bottine et des aultres de la famille s'il y en a rien dont je vous escrivis l'aultre jour, et si par occasion vous rencontrez des articles concernant la famille de Guéran et celles de Gaufridi et de Boyson, il suffiroit d'un peu de mémoire de ce que rencontrerez.

Au reste nous vous remercions bien humblement mon frère et moy de vos compliments de condoléance sur le decez de la petite LouyseS et prions Dieu qu'il nous préserve et tous les vostres de tout subject de desplaisir et de mescontentement et qu'il luy plaise disposer parmy cez calamitez et appréhensions publiques toutes choses à la paix et au soulagement du pauvre peuple, ne pouvant assez déplorer à mon gré les malleurs qu'il a- fallu essuyer de la peste et puis de touts cez mouvements, et louant infiniment la voye que l'on a choisie des stations et prières publiques, lesquelles seront sans doubte plus utiles que les armes, et les difficultez de se soubsmettre à la disposition et bonté du Boy absolument. Dieu bénira, s'il lui plaict, les bonnes

' Palainède de Fabri avait eu cinq en- qu'il est question dans la lettre de Peiresc.

fants : i * Catherine , née en 1 6o6 ; s ' Claude , La petite Louyse mourut à sept ans et demi,

n^ en 1607, baptisé h la Madeleine, le Son acte d'inbumation n est pas relevé dans

6 août; 3** Claire, née en 1608; 6" Su- les manuscrits de Clapiers; la nièce de Pei-

zanne, nëe en 1618; 5** Louise, née en resc mourut sans doute h Belgentier, où

16 SI 3, baptisée à la Madeleine le 7 sep- toute la famille était réunie depuis plusieurs

tembre. CVst évidemment de cette dernière mois.

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