‹ Lettres de Peiresc (volume 4)Chapitre 17 sur 19 · I. lia · texte numérisé non relu

I. lia

laruHtUE SATIONAl]..

quinze ou seize mil escus; le prix de chaque habit est arresté à 19 livres. Si le Parlement eust esté assemblé, le mandement de M' nostre Archevesque eust esté cassé. J'ay transcrit celuy que je vous envoyé sur un imprimé qui a esté publié aux Prônes. Il y en a, outre cela, un autre secret aux curez, leur enjoignant de faire un rolle des maisons de leurs Paroisses et marquer ce que chascun aura contribué, qui est une espèce d'inquisition secrette. On prétend aussy et se pratique de la façon icy, que l'Archevesque n'a aucun pouvoir sur les marguilliers des Paroisses. Cette affaire doibt estre maniée dextrcment pour ce qu'on vouldroit jetter le Parlement en envie (?) s'il y avoit du retardement en l'exécution de la volonté du Roy. Je vous ny mandé cette affaire un peu au long, parce qu'elle se pourra présenter en vostre ville avec le tems.

Il y a à la Cour une chambre du Domaine establie pour juger les confiscations de ceux de la Religion qui sont dans la révolte. L'ouverture a esté faite; elle est composée de six maistres des Requestes, quatre conseillers d'Estat, un nommé Lafont, Procureur du Roy, LeTaneur, greffier; ils peuvent juger cinq. M'' de Lomenie en aura l'establissement.

Le mareschal de Temines est mort depuis peu à Morbian '. On ne dit poinf encore qui aura son gouvernement. On n'a guères d'espérances en nostre armée navalle, moins aux galions d'Espagne. M' le cardinal de Bérulle, qui a fait le traité avec les Ambassadeurs d'Espagne, est tout estonné qu'en une cause si juste ils nous abandonnent. Ils disent et avec raison que nous n'avons le nombre des vaisseaux promis par le Traitté, et qu'en mesme temps que nous leur demandons secours, nous traittons avec leurs anciens ennemis les Hollandois et les secourons de sommes notables pour leur faire la guerre. M^le Nonce en a parlé à mon frère comme de chose à laquelle il ne falloit s'attendre.

On avoit fait courir un bruit de quantité de maisons bruslées à la Rochelle par feux d'artifice jettez du fort Louis, mais il s'est trouvé que c'estoit une incendie arrivée par mesgarde qui a endommagé deux maisons'^.

Monsieur de Lorraine, par gentilhomme envoyé exprès, assure le Roy d'un

' Pons de Lauzières, marquis de Thémines, bruslor ce peu de maisons quy restoicnt, ...je

mourut le i" novemiire 1627, à Auray (Mor- fis prendre les armes aux Irouppes françoiscs el

''"'*")• suisses du quartier, cependant que j'accourus

' Bassompierre raconte ainsi l'accident [Mé- pour en sçavoir de plus seures nouvelles. Mais je

moire», t. IH, p. SaS) : itSur le minuit (99 no- fus bienlost asseupé de mon doute, et appercen?

vembre), il parut un grand feu par dessus le que c'estoient quelques maisons de la Roclielle

village de Saint-Maurice qui est contre ie Fort- où des espions que nous avions dedans avoient

Louis. Je pensay que les ennemis estoient venus mis le feu.i

entier désarmement sans aucune condition, seulement avec prière de surseoir rexecution des arrêta de M' Le Bret et terminer ces différons par une amiable conférence. Le pauvre comte de Sarbruck, desja fort vieil, voyant son païs ruisné, est mort de desplaisir. Les affaires du Roy de Danemark sont tousjours en très piteux estât.

Pour quitter les nouvelles d'Estat cl venir à celles des livres, je vous envoyé un catalogue exact de ce que j'ay pris pour vous , mais il faut avoir vostre approbation devant que de rien arrester du prix. Je vous envoyé un imprimé que M' du Lis' a envoyé; vous verrez comme il a étalé la marchandise^.

Je finis vous priant de croire que je suis et seray toute ma vie ,

Monsieur, vostre, etc.

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