‹ Lettres de Peiresc (volume 4)Chapitre 18 sur 19 · J. DD PUY · texte numérisé non relu

J. DD PUY

De Paris, ce g" novembre lôay.

Mes humbles baise mains à M' vostre frère; mon frère vous en dit autant et à luy aussy ^.

LETTRE DE PIERRE DUPUY

Monsieur, îJous avons esté depuis deux mois en très grande peine de n'avoir point receu de vos nouvelles, et certes je ne vous accusois pas et me tastois moymesme si je n'aurois point pesché contre nostre amitié inviolable. J'imputois ce mal au peu de sûreté des chemins ou à la perfidie de ceux de la poste de deçà qui se plaignent, il y a quelque temps, à M' de Lomenie que vospacquets sont trop gros, à quoy on ne leur réplique rien, et ont peu de respect à la qualité

' Sur Charles du Lis, voir la lellre de Pei- 1613 devint un Traité tant du nom et dei ar-

resc à Dupuy n° XX. me», etc. Il n'y eut qu'un seul mol changé dans

'^ Charles du Lis avait publié, en 161 a, un le titre (Paris, Edme Martin, in-i"). — A la

Ditcoun tommaire tant du nom et de» arme» que suite de la phrase de l'imprimé de Ch. du Lis on

de la naissance et parenté de la Pucelle d'Oiléani trouve, dans la copie de la Méjanes, Ireiie lignes

et de te» frère» (Paris, in-i a de 70 pages). Il complètement rayées et dont on ne peut presque

réimprima (1637, avec la date de t6a8) ce dis- rien déchiffrer,

cours en le développant. C'est ce que Dupuy ^ Aix, vol. X, fol. 3&a. Copie, appelle étaler la marchandise. Le Diicours de

de celiiv à qui ils font cette plainte. Aussy ne s'en prenant-il pas comme il le peut'. J'ay enfin reconnu que cela pouvoit venir de ces gens, car le laquais de W de Loménie m'a aporté tout d'un coup vos lettres du a i et 6 novembre, 8 et 9 décembre bien cachetées, avec nombre de papiers de renvov et lettres y jointes et mémoire de livres dans un sac sans eslre envelopez nv cachetez; à cela esloit joint un pacquet pour M' le Nonce bien conditioné et des lettres à M'' d'Orléans, Rigaut et Gamerarius; rien autre, quoy qu'il semble par un mémoire qui est sur une de vos lettres qu'il y avoit d'autres pacquets à quelques particuliers. Je sçauray aujourd'huy comment les papiers ont esté portez chez mondit sieur de Lomenie et en quelle façon. A présent que vos postes sont eslablies, vous nous escriprez plus souvent et ainsy les pacquets seront moins gros. Et puis je crois qu'ils ne sont jamais trop gros quand on leur donne quelque chose, ce qu'on ne fait pas tousjours. Voyla pourquoy tout leur est importun. Pour les adresses je crois qu'il n'est plus de besoin de vous servir de celle de M'' de Lomenie, mais de la mienne seulement et vous fairez pour les ports avec M'' Capus, ainsy que porte l'ordonnance de M'' Dahneras et m'advertirez, s'il vous plaist, comment nous nous y comporterons ou si vous payerez là, ou nous icy; ce sera comme il vous plaira. Jusques à présent je n'ay rien baillé à la poste pour le pacquet que je vous envoyé d'icy à Lion et ne mets point de port dessus et si je n'en ay point perdu; j'attends donc ce qu'il vous pliiirra en arrester.

Je viens aux deux vostres qui me sont adressées, l'une du i6 du passé et l'autre du g de ce mois. M"' Godefroi s'attend d'estre secouru de vous, et moy je n'attends rien de M"' de Poitiers, et si vous sçavez d'autres voyes, je vous conseille de vous en servir.

Pour le Procope M' le Nonce attend la conférence des Anecdota que luy doibt envoyer M' le cardinal Barberini et m'a promis de me les communiquer. Je fairay volontiers envers le sieur Holstenius ce que me conseillez, mais je double qu'il aye tant de loisir. Je vois que vous y avez grand pouvoir, vous estant fort obligé. Il y a dans la bibliothèque du Roy un manuscript de Procopius qui seroit bon à conférer, mais qui en prendra la peine? lAP Rigault en a conféré quelques pages, où il y a à profiter. J'en escripray au sieur Holstenius que je crains ne pouvoir pas demeurer long-temps à Rome à cause qu'il n'y est pas en santé, et le laquais de M' de Thou m'a dit qu'il est fort maigre et mal sain;

' C'est-à-dire M. de Lomenie ne s'en féclianl-il pas comme il le pourrait, comme il en aurait le droit.

icy il se trouvoit très bien èl se louoit fort de ce climat fort propre à son naturel. Je vous envoyé la lettre de M' le Cardinal, et M' l'Evesque d'Orléans n'estant pas icy, je ne la luy envoyeray pas. Il s'engage k une chose qui ne luy réussira pas et où il ne faira rien , car inter nos vous ne debvez pas espérer de M' Rigault le livre de Pline de inseclis. Je l'en avois pressé dès le commencement non pas de tout le livre, mais seulement où il est parlé des mouches; je n'en ay peu rien tirer. L'on commence à imprimer quelques livres de TertuUien de sa correction avec des explications qui seront belles ; le livre sera beau. Ne vous travaillez point, je vous prie, de ce que M' le cardinal Barberini ne vous a parlé de nous dans ses lettres. Je luy ay tant d'obligations des faveurs qu'il fait à mon frère que j'en suis confus. Je vous envoyé ce que mon frère m'en escript, à qui j'ay fait response qu'il vous doibt ces faveurs et à vostre recommandation, comme est la pure vérité. Je vous suplie de continuer, ayant dit à M' le Nonce la ])eine où j'cstois de tesmoigner à Monseigneur le Cardinal les ressentimens de tant d'honneur. Il s'jest offert à moy de l'en remercier. Je m'informeray de vostre différent pour les offrandes et de ce qui suit'. Je mettray à part la lettre de M' de Boissise à M' de Thon et à moy, et verray ce que s'en pourra tirer: il estoit excellent à cscripre des lettres. J'ay aussy quelques harangues (|u'il fit lors de son Ambassade en Hollande que je fairay descrire-; vous les trouverez belles.

Les relations du cardinal Bentivoglio méritent d'estre veûes, mais prenez garde de ne les pas confier qu'à personne seure non plus que les Assises, que nous conférerions mieux sur l'exemplaire qui est icy, si nous avions le vostre, et tairions transcrire ce qui vous manque.

J'envoyeray par l'ordinaire prochain un petit livre de Cardan* de Prudencia cwili" fort bien relié et à M' le cardinal Barberin^. Ce livre n'a jamais esté imj)rimé que cette fois et très bien par Elzevier à Leyden"; le livre est gentil.

' Le différend du parlement d'Aix avec l'archevùquo de celte ville.

* Deicrire signifie ici copier, tranicrire.

* Jérôme Cardan, né à Paris en i5oi, mourut en 1576. Voir sur ce philosophe, qui fut aussi mathématicien, chimiste, asironomc, etc., un article curieux de M. V. Sardou dans la Nouvelle biographie générale. M. Charles Nisard, dans le Dictonnaire général de biographie et d'histoire de Dezohry et Bachclel, lui accorde (tun esprit vif , fécond, varié, presque profond», et voit en lui «un des plus grands esprits de

son siècle», ce qui me semble foit exagéré.

* Hieronymi Cardani , Medionalentis , ]>roreiiela neu de prudentia civili liber; recens m lucem protractus, vel e tenebris erulut, 1637, petit in-i a , dédié à Charles Paye, baron d'Espesses.

' Dupuy par cet et veut dire qu'avec l'exemplaire destiné à Peiresc, il en enverra un autre pour le cardinal Barberini.

' Les Elzevier réimprimèrent deux fois le traité de Cardan, en i635, sous ce titre : Hieronymi Cardani Arcana politica , sive de pittdenlia civili liber singularis, in-a4.

89i APPENDICE. [1627 1

L'affaire du Père Michaelis, jésuite, est notable et ne vois pas bien pourquoy l'on luy fait cette peine, m'estonnant comme ils ont esté si hardis de s'establir sans l'autorité de la Cour. Si cela a suite, vous m'obligerez de me le mander, mais je doubte que vous le perdrez, car de deçà vous ne serez pas apuyez, au contraire oprimez.

Je m'informeray de ce baron de Beausoleil; comme vous le descripvez, c'est quelque fourbe. Il est Lorrain, a du bien en Dauphiné et en Normandie, prez les isles de Jarzai et Guernesey, et se mesle de soufflera

Pour changer de matière meilleure, nous passerons aux lettres de M' de Boissise. Il y avoit un ambassadeur de son temps qui faisoit très bien, qui estoit M' de Fresne Ganaye. J'ay veu quelques despesches de luy qui sont excellentes, et toute son Ambassade à Venise, qui a esté longue, est chez M'' de la Marteliere, avocat, mais si cachée que je la tiens comme perdue et n'en puis espérer rien du tout. J'ay quelques lettres de luy à M' de Thou et au cardinal du Perron qui sont belles, mais celles de son Ambassade par dessus tout.

Nous n'avons plus icy Quentin qui estoit faict à nostre poinct et sçavoit comment il faut travailler à vostre goust. Nous en trouverons quelque autre, attendant son retour, estant avec son maistre à Poitiers, où est le Grand Conseil. M' le Garde des Sceaux est fort résolu de ne plus sceller des lettres de provision d'office de conseiller pour ceux qui auroyent dans le Parlement ou leur père, ou leur frère, ou leur oncle; il a refusé à quelques uns. Il avoit refusé le fils de M' Petau sur ce que M' Meliand, son beau-frère, est conseiller, mais il s'est relâché et restreint à ces trois cas; parcequ'il ne peut pas sçavoir toutes les parentés de ceux qui se présentent, il veut avoir un certificat des gens du Roy. Je vois qu'en ce Parlement l'on n'approuve pas son procédé et qu'il y aura de la brouillerie par ce fait.

L'on remet sur le tapis l'Edit des Présidiaux, jà tant ballotté dans ce Parlement et qui avoit esté receu l'esté passé. C'est pour les faire semestres et ainsi doubler les offices; chose déplorable, mais la nécessité est forte et difficile telle qu'elle est. Je finis après avoir baisé bien humblement les mains à M' de Valavès à qui je suis très humble serviteur.

Vostre, etc.

BU PnY.

De Paris, ce 27 décembre 1627.

' C'est-à-dire de faire de i'alcliiinie.

Je suis bien marri do la dépense que vous vous êtes ol)lig«3 de faire pour moy pour ces registres du Concile. Si j'eusse creu lo travail si grand, je me fusse bien gardé de vous en escrire. Cela me géra cause d'aller réservé avec vous. Ce seroit bien m'obliger que do me dire ce que vous avez baillé à l'écrivain. Quand ils seront faits, je vous prie de les bien faire empaqueter et sûrement bailler'. .

LETTRE DE JACQUES DUPUY À PEIRESC

Je ne sçay avec quelles paroles Vous pouvoir exprimer la joie et le contentement qu'avons receu à la réception de vos lettres du 1 1 novembre et 9 décembre , car encore que celle du a décembre receue par le laquais de M' de Thou nous eust tiré de l'appréhension où nous estions que ce retardement ne procedoit de quelque indisposition, neantmoins cela ne nous satisfaisoit pleinement, estant en peine tant de nos depesches que des vostres, mais Dieu soit loué que tout soit arrivé à bon port, et que vostre ordinaire estant maintenant estably, nous soyons hors de cette peine pour l'avenir.

Pour response à vos deux lettres je vous diray qu'elles nous ont esté rendues, tant celles du xi' novembre que du 9° de ce mois, le 96 du mesme mois toutes deux ensemble avec plusieurs papiers et mémoires que nous renvoyez et autres nouveaux dont il vous plaist nous faire part, lesquels vous recevrez par cet ordinaire, après vous avoir fait mille remercimens de la communication. Vous aurez les vers de M' Holstenius le prochain voyage. Il n'y avoit dans vostre pacquet qu'un autre assez gros pacquet pour M' le Nonce, une lettre pour M' liigault et une autre pour M' d'Orléans.

Depuis le 1 6 octobre, nous n'avons receu autres depesches de vostre part, de sorte que s'il y en a eu de vous, ou de M' vostre frère, il faut qu'elles ayent esté perdues. Je vous prie, ayant fait copier les cahiers de S' Bernard du P. Vassan, de nous les renvoyer, car il pourroit arriver que ces moines les luy demanderoyent. Les livres de M'Aleaumes ont esté achetez par des particuliers qui les font vendre par les libraires, ensemble ses instruments de mathéma-

' Aix, vol. X, fol. 3/1.5. Copie.

tiques. M' le président de [ ] ' en a acheté plusieurs. Pour ce qui est

de ses ouvrages particuliers, je crois que quelques uns des héritiers s'en sont accomodez, comme aussy des ouvrages de M' Viete. Mon frère, ayant eu advis d'un livre intitulé Harmonicon cœkslc'^, en a fait faire perquisition par M' de Lomenie et luy a-t-on baillé le brouillard^ mesme dudict sieur Viete, qui est pourtant bien net en beaucoup d'endroits, mais bien confus en récompense en d'autres. 11 nous l'a baillé et le garderons à tout hazard. Il y en avoit une très belle copie bien nette et entière qui sans doubte aura esté prise. Si quelque plagiaire s'en vouloit approprier, ce peu qu'en avons serviroit à le convaincre. Pour ce qui est des plans et fortifications, les héritiers ont tout mis fidèlement entre les mains de M' de la Ville aux Clercs comme appartenant au Roy. Mon frère a eu le tout long temps dans son cabinet pour le disposer par ordre; excepté quelques cartes de la Picardie qui estoit son département, il y avoit peu de chose et de tout ce grand amas on n'en a peu composer que deux grands volumes.

Pour ce qui est des livres que desirez, vos lettres ayant esté rendues ces festes de Noël, il faut attendre qu'elles soyenl passées pour vous y satisfaire pleinement, et m'y gouverneray comme le prescrivez, le plus grand contentement que je puisse recevoir en ce peu de crédit quej'ay estant de vous pouvoir rendre quelque service agréable. Puisque les vendredis sont plus commodes pour nos depesches, je commenceray par le prochain dernier jour de l'an.

Je ne crois pas que le livre de M' de Gamache soit de vostre goust, s'il faut juger du vostre par le nostre ; car ce sont matières scolastiques et leçons faites en Sprbonne imprimées après sa mort en 2 tomes in-folio : neanlmoins la galoche y fait feste". Je m'enquerray qu'est devenue sa bibliothèque. Je verray Mad"° Lignage pour sçavoir si sans lettres de crédit, elle voudra débourser, car vos finances sont un peu basses. Je rendray à Cramoisy les livres qu'aviez déjà; je ne les ay pris qu'en cette condition. Je me resjouis que nostre ballot soit arrivé vers vous. Buon a advis que le sien estoit aussy arrivé à Lion, de

' Le nom du président est iliisible dans la ' C'est notre mot brouillon. Tout ie monde se

copie de la Méjanes. Mais ce doit être le prësi- souvient de la phrase de Montaigne sur les ma-

sident de Lauson qui était un grand bibliophile. nnscrits de son ami Élienne de la Boétie : «Ayant

« L'Harmom'cum cœfesle n'a pas été inséré dans curieusement recueilli tout ce que j'ay trouvé

le recueil des œuvres de François Viète publié d'entier parmy ses brouiUar$ et papiers espars çà

par François Schooten avec le concours de Jac- et là ... ji

ques Golius et du P. Mersemie (Leyde, i646 , * Allusion à l'Université représentée ici par la

in-fol.). chaussure spéciale que portaient les écoliers.

[1627] APPKNDICR. 897

sorte qu'il ne tardera gueres à vous estro envoyé. Je crois que Tavernier a recouvré l'enterrement avec figures que désirez, car il y a quel(|ues jours lorsqu'estions en peine de vos nouvelles, qu'il nous apporta un gros pacquet pour vous que je luy conseillay vous envoyer par la voye du message adressé à Lion à M' Cardon.

L'impression d'Amsterdam du sieur d'Aubigné n'a rien de plus que la nostre. Je n'ay point sceu que personne entreprit la version du nouveau livre du chancelier Bacon.

Pour l'Anglois frère de fû M' de Fancan, il est tousjours à la Bastille, neantmoins traitté avec plein de douceur.

Pour M' d'Aubrai, s'il trouvoit marchand de son office de conseiller, il s'en defairoit pour puis après devenir Maistre des Requestes et pense qu'enfin il nous demeurera. Les fortunes de Rome sont fort longues et rares, et fault que beaucoup de choses concourent ensemble pour l'avancement d'un homme.

Le Goldastus de imaginibus qu'avez est bon et ce qu'on a fait icy n'est qu'une friponnerie de libraire; je le rendray. Le Verepeus n'a esté réimprimé. Il n'y a plus d'exemplaire do ce Sylloge Numismatum Luckii. 11 n'y avoit que celuv que j'ay pris pour M' de Thou que je vous envoyeray fort volontiers, en attendant qu'il nous en vienne un autre. Je doubte fort que ces Tabulœ Rudolfinae ayent esté achevées, n'en ayant ouy parler. Si par vostre moyen nous pouvions recouvrer ce livre de Lucernis antiquis de Licetus imprimé à Venise, vous nous obligeriez, car toutes les voyes qu'avons prises pour en avoir nous ont manqué. Ce Gervasii Tileberiensis Otia imperialia est manuscrit dans la bibliothèque de M' de Thou. Pour ce Fontianus de Provinciis Romanorum, mon frère n'en a ouy parler. Il n'y a plus du livre intitulé Admiranda Hervasti. Hofi autre fois je ne seray pas si retenu, voyant que ces pièces puis après eschapent. Pour le A^oJi/wno vous en avez le titre, mais le livre estant gros, il se recouvre plus aisément, etSonnius en recevra sans doubte. Il vous renvoyé tous les mémoires de vos livres et des contes de vosti'e argent. Je ne desirois que sçavoir le prix du Mercure François. Cette façon dont je me sers ne m'incommode nullement, et si j'en fais autrement et comme le desirez, cela me confondrolt, estant raisonnable que chacun aye son conte, et, au reste, tout ce qui va à vous rendre quelque service ne me peut estre que très agréable. Voylà pour ce qui est de la response à vos deux lettres et excusez que j'en avois fait assez à la haste.

Pour ce qui est des nouvelles, il y en a peu. Le Roy a fait la feste à Sur- I. ii3

UIPMHtlLII mtlOVilM.

gères', pour de là retourner à son travail ordinaire. On a bonne espérance de la Digue-, et la tient-on comme infaillible. Du costé de Coreilles il v a eu près de cent toises de fait^. Je voudrois bien qu'il y eust une communicade* bien establye entre M"' de la Hoguette et nous pour estre informez au vray de ce qui se passe, car je m'en fîerois bien à sa relation. M'' le Pelletier doibt aller en Cour après ces Roys. Je voudrois desjà qu'il en fust bien retourné, car on nous dit que les maladies commencent à s'y mettre, et plusieurs au retour ont esté icy malades. La nécessité pour les finances est très grande et plus qu'on ne la sçauroit imaginer, ce qui fait qu'on a recours à des moyens qui font bien crier du monde. Le Roy veut à toute force que l'Edit des Procureurs aye lieu et qu'ils financent. Ceux de la Religion qui ont poursuivy à estre Procureurs ont esté tous refusez, ce qui a bien cabré ces messieurs zelcz au party, croyant que c'est un party de fait de les empescher l'entrée des moindres charges. Je ne sai comment ces Messieurs qui sont desja en assez mauvais predicament auprès du Roy payeront à ce coup. On parle de remettre sus l'edit des Presidiaux. L'affaire des Partisans, qui avoit donné lieu à l'arrest de l'interdiction au Parlement, est acomodé. Le Roy a changé le fond qu'il leur avoit assigné et dont ils ne trouvoyent débit, en rente sur le sel à la concurrence de deux cent mil livres, moyennant 260 mil livres qu'ils donnent de nouveau au Roy. On croit qu'ils trouveront des achepteurs. Je m'en resjouis pour M' de la Marche Gobelin, nostrc aniy, qui y est bien engagé et trop ^. Montaigu est icy à la Bastille ; je n'ay encore rien appris touchant ses papiers. Le Prince de Phals-

' Surgères , chef-lieu de canton de la Gharenteluférieure, arrondissement de Rochefort, à 27 kiiomèlres de cette ville. Bassompierre {Journal de ma vie, t. 111, p. 34a) dit: «Le dimanche ig° [décembre] j'allay trouver le roy comme il partoil pour aller à Siirgeres. . . »

' Citons encore Bassompierre (t. 111, p. 837): «Le samedy 27"° [novembre] deux maîtres maçons ou architectes de Paris, l'un nommé Meleseau, l'autre Tiriot, vindrent proposer de faire une digue à pierre perdue dans le canal de la Rochelle pour le boucher. Monsieur le Cardinal me les envoya, et j'approuvay leur dessein . . . Le dimanche 28"" je fis commencer la digue de mon coslé par ces entrepreneurs qui n'y avancèrent pas grand' chose. 1 Un peu plus loin, le maréchal ajoute (p. 34 0) : «Le mai'dy 7°" [dé-

cembre] je m'en vins voir la digue que Meleseau faisoit de mon costé... 1

' Bassompierre dit (t. 111, p. 3') 1) : «Le jeody [16 décembre] je fus trouver le roy à Coreilles, quy voyoit travailler à sa digue... n Déjà le g décembre, Louis XIll, selon l'expression du Journal de Jean Heroard (t. II, p. 3i3), était allé «voir la digue qui se faisoit pour élroissir le port».

' Je ne trouve nulle part un autre exemple de l'emploi de ce synonyme de communication.

' Est-ce le maître des requêtes Pierre Gobelin, qui vendit sa charge en i64o à Tallemant, gendre de Montauron, et qui, avant d'être maître des requêtes (décembre i63à), avait été conseiller au parlement de Paris (i6i8)?

bourg' s'en est retourné sans rien faire. Cette capture et sa conduite ici coûte au Roy plus de 5o mil escus, dont on se fust bien passé. On nous a dit ([ueiques particuiaritez de la réception qu'a fait M' de Guise à l'admirai d'Espagne Don Federico de Toiedo. M' de Guise l'estant allé voir dans son admirai et fait les compliniens ordinaires en telles rencontres, l'autre avec une façon fort majestueuse luy dit sa qualité, les ordres qu'il avoit du Roy son maistre, et que c'estoit luy qui avoit chassé les HoUandois de la Raye de tous les Saints^, encore quelques autres exploits qu'il luy raconta oii il s'estoit trouvé. M' de Guise luy dit qu'il avoit peu apprendre comme les Anglois s'estoyent retirez de leur déroute, et que s'ils vouloyent joindre leurs armées ensemble, ils pourroyent forcer la Rochelle. L'autre luy dit qu'il n'en sçavoit rien et qu'il n'avoit autre ordre du Roy d'Espagne que de combattre les Anglois dans l'isle de Rhé, et que son maistre l'avoit envoyé pour cet effet au secours du Roy très Chrestien, qu'il falloit depescher en Espagne pour avoir nouveau pouvoir. Il demanda qu'en attendant cela il fut permis à ses gens de descendre en terre et se loger dans les bourgades. M'' de Guise s'en excusa disant n'en avoir le pouvoir du Roy. Pour ce qui est de leur armement, o'n dit que leurs vaisseaux sont bien esquipez pour le haut, mais mal pour le bas , ce sont termes de marine que vous entendrez mieux que nous en vos quartiers. Je croys qu'il y a peu à espérer de ce secours estranger. Nos vaisseaux sont en assez mauvais équipage. M' de Guise se lasse de l'excessive despense qu'il luy convient faire, ayant deux cent servietes tous les jours à sa table à ses despens.

11 y a long temps que M"^ de Lomenie n'a eu lettre de la Cour, ce qui est cause que je ne vous envoyé aucuns extraits. Son neveu le Prévost a fait sa paix avec la chambre et il demeure battu et paye l'amende. Toutes les paroles de l'acomodement ont esté concertées; ceux de son nom luy ont beaucoup servy à sortir de ce mauvais pas.

Les advis de Rruxelles m'ont manqué, cet ordinaire, qui vous eussent appris des nouvelles du Septentrion; vous les aurez vendredy. On a fait courir icy le bruit que M' l'abbé de Foix s'estoit fait chartreux, mais cette nouvelle a trouvé peu de croyans, tant il est en mauvaise réputation de ce costé là.

' Louis (le Guise , d'abord connu sous le nom dame do Grimaucourl; il mourut en i63i. debarond'Ancerville, puis devenu princedePhals- * La baie de Tous-les-Saints (BoAio d« Todo»

bourg, était fils natiuel de Louis de Lorraine, 'o< 5an(o«) est formée par l'Atlautique sur la cùto

cardinal de Guise, et d'Ajmerie de Lescherenne, du Brésil.

ii3.

Je vous envoyé la lettre de nostre Chartreux'. Nous n'avons receu aucunes lettres de M' de Thou depuis celles de Livorne. M' le Baron de S -Surin est icy ; nous ne l'avons pas veu encore. Si vous avez double le livre de Reinecius de Origine Saxonum, que je vous ay envoyé, vous fairez plaisir à M' de Cordes de le luy donner. Je vous baise les mains et finis et je seray toute ma vie,

Monsieur, vostre, etc.

J. DC PdY.

De Paris, ce a 8 décembre 1627.

Mes humbles baise-mains, s'il vous plaist, à M' vostre frère que je prie de me continuer ses bonnes grâces que je chéris par dessus toutes les choses du monde. Tous les amis le saluent^.

LETTRE DE JACQUES DUPUY À PEIRESC

Monsieur, Je vous escris ceile-cy pour commencer à mettre en train nostre nouvel ordinaire puisqu'il se rencontre plus à propos à Lion au parlement de vostre courrier. Il y a peu de chose du costé de la Cour. Je vous envoyé un extrait venu par lettres du 22 où verrez ce peu qu'il y a. M' de la Marche Gobelin est revenu d'aujourd'huy seulement qui en partit il y a quinze jours ; il a esté spectateur de la Digue et des autres travaux; chacun en espère bien, mais cet ouvrage est de longue haleine et pas si avancé qu'on nous avoit dit'. M' le Surintendant sera bientost icy ; il vient par l'Auvergne et en poste. C'est pour recouvrement des finances, la nécessité en estant très grande. M' le Baron de S'-Surin nous est venu voir qui est frais et gaillard et ne semble pas qu'il aye pâti au siège de la citadelle de Rhé. Nous avons eu peu de loisir de l'entretenir de plusieurs particularitez qui se sont passées, mais passant icy l'hyver nous le verrons plus souvent. Tous les volontaires ont quitté l'armée et se sont venus rafraischir icy en leurs maisons. 11 ne se fait rien de nouveau de deçà, toutes choses y allant à l'ordinaire. Un de nos jeunes gens de cette ville a esté surpris

' Christophe Dupuy. — ^ Aix, vol. X, fol. Sig. Copie. — 'La digue, commencée en novembre 1627, ne fut achevée qu'en mai i6a8.

[1627] APPENDICE. 90t

à un monastère de Religieuses, nommé Pont S^-Maixence' près Senlis; il avoit escalade les murailles estant amoureux d'une religieuse nommée Vieux Pont, de fort bon lieu de Normandie^, qui ne luy veut pas de mal. Elle dit qu'elle a fait voeu par force : il ne s'en est rien fallu que le Prévost qui a fait la capture ne l'aye jugé prevostallement et sur le champ; mais estant domicilié, le Parlement en prend connoissance. 11 s'appelle Champagne, fils d'un conseiller du Chastelet. Ses amis auront prou de peine à le tirer de ce mauvais pas.

Estant plus proches de l'Italie vous aurez sceu l'extrémité de maladie, ou plustost la mort du Duc de Mantoue, lequel, se sentant malade, a fait espouser sa niepce au Duc de Retel, fils de M"^ de Nevers, qu'il a déclaré son héritier, et avoit envoyé à Rome pour avoir la dispense estant parent du tiers au quart. M' de Nevers a receu un courrier sur la frontière de Champagne après l'arrivée duquel il est party pour se transporter à Mantoue. Il a escrit au Roy et aux Reines pour s'excuser s'il ne prenoit congé d'eux auparavant son parlement, l'affaire estant de telle conséquence qu'elle ne permettoit aucun délai. Le Prince de Guastallc prétend le troubler en cette nouvelle possession , appuyé des Espagnols, et avoit fait glisser des soldats dans Mantoue avec pétards pour y faire quelque effort; mais cela a esté découvert. M"' Priandi est fort affligé de la perle de son maistre, mais ce que je trouve de bon à son affaire, c'est que M' de Nevers l'affectionne grandement et qu'il y a apparence qu'il reconnoistra les services qu'il luy a rendus. Si les Espagnols le traversent, cela pourra exciter de la guerre en Italie, car les Vénitiens y mettent le tout pour l'y maintenir. Le Duc de Savoye doibt plustost désirer en cet Estai un Prince dont la puissance ne luy soit suspecte à cause du voisinage, mais il est si brouillon qu'on ne sçait que s'en promettre.

Nous nous sommes enquis de ce prétendu Baron de Chausse de la maison du Chastelet. On nous l'a dépeint pour un insigne affronteur^ natif de Lion, où il se faisoit nommer César le Jeune. II y a eu plus de dix jugements contre luy et quelques uns de mort, de tous lesquels il s'est tiré par fourberie ou autre-

' Aujourd'hui chef-lieu de canton du dépar- sont mentionnes dans les Hittorieltet de Talle-

tenient de l'Oise, arrondissement de Senlis, à mant des Réaux, mais ce chroniqueur n'a pas

i5 kilomètres de cette ville. parlé de l'Iiéroine du récit de Dupuy.

• De la maison de Vieuxpont sont sortis les ' Littré n'a cité, sous le mot affronteur, que

seigneurs de Courville, de Neufbourg et de Guej de Balzac, d'Alembcrl et Hauteroclie. Chaillouë. Plusieurs personnages de cette maison

ment. Toutes les expériences qu'il a voulu faire icy se sont trouvées très vaines et à peu près semblables à celles de M"^ du Bois, et tout ce qu'on a reconnu, c'est qu'il est faux monnoyeur et si vous le veillez de près, vous le surprendrez faisant ce mestier, de quoy il vit^ Il a femme et enfans; la femme est fille d'un clerc de conseiller de celte ville ^. Je crois que voylà plus que vous n'en voulez sçavoir.

Pour ce qui est de vos livres, je vous envoyé response dans un mémoire à part satisfaisant à une partie de vostre mémoire. Vous me fairez sçavoir au plustost vostre intention. Je n'ay pas encore esté chez Mad"° Lignage, mais je crois qu'il seroit plus à propos d'attendre une lettre de crédit de Marseille comme la précédente, aussy bien rien ne me presse.

Monsieur de Lomenie avoit fait ouvrir vostre dernier pacquet et a fait distribuer plusieurs pacquets adressez à des particuliers, qui estoyent dedans, ce que je vous escris affin que n'en soyez en peine. J'ay baillé vostre lettre pour Camerarius à M"^ Grotius qui la luy faira tenir seurement. On nous promet bientost la 2" partie de Phylarque. Je vous envoyé des meschans vers sur ce sujet. On a esté emprunter le nom du pauvre Baudius mort il y a si long temps* pour mettre sous iceluy de très mauvais vers. Quoyque vous vous offensiez de ma diligence trop exacte, dites-vous, vous recevrez le conte de 19 pistoles que vous envoyastes, cet esté, dans un pacquet de lettres. Le prix du Mercure que j'avois oublié m'a fait différer jusques icy. M' Godefroi vous salue comme font tous les amis et moy en particulier qui suis et seray toute ma vie.

Monsieur, vostre, etc.

J. Dc Pdy.

De Paris, ce vendredy dernier jour de l'an 1627.

Il Y a icy un journal de ce qui s'estoit passé durant le siège de S' Martin de Rhé, fait par un médecin. On l'avoit baillé à imprimer, mais nostre nouveau lieutenant civil l'a empesché en ayant, dit-il, ordre*.

* Voilà des renseignements non moins curieux nentissime cardinal de Richelieu (Paris, 16A0,

que défavorables, on en conviendra, sur Jean du in-8°).

Châlelet, baron de Beausoleii, charlatan qui ^ Dominique Baudius, né à Lille en i56i,

trompa quelque temps Peiresc et Balthazar de était mort en i6i3. On était impardonnable de

Vias, et qui, même après sa n)ort, devait en mettre de mauvais vers sous le nom de l'élégant

tromper tant d'autres. poète auquel on doit le recueil intitulé : Amores

' C'était Martine de Berthereau, auteur d'un (Leyde, 1587). livre intitulé : La reititution de Ptuton. A M. l'Emi- ' Aix, vol. X , fol. 869. Copie.

LETTRE DE PIERRE DUPUY À PEIRESC

Monsieur,

Il ne se vit jamais une si impertinente Iiistoire ni si pleine d'imposture que celle de Bulenger' principalement après la censure de Florence la plus barbare et insolente qui se puisse dire ^, car si l'historien en la première édition avoit dit oui, en sa correction il dit le contraire'. Bref il ne vaut pas la peine que l'on y a prise. Il n'est recommandable en aucune partie ; il corrompt le nom de tous ceux dont il parle, prend toutes les affaires d'un biais de crocheteur; aussi n'a-t-il eu d'autres mémoires. Vous prendrez plaisir de conférer les feuillets refaits avec les premiers. J'ay tracé ce qu'il y avoit de différent. J'y ay perdu mon temps que je pense toutefois bien employé, ayant fait ce qu'avez désiré de moy.

Jevousenvoyel'extraictdelaletlrede Patricius Junius^àM'Holsteniusdumois de Février : Narro tibi rem novam. Cornes Arundeltus ^ ex Magnatibvs nostris mnfpiam copiam slatuarum anliquarum tiuper ex Grœcia ajf'erri curavtt, inter qtuis ingens tabula marmorea reperta est, ex Smyrna allato, quœ continelJœ<lus inlei- Smyrtieos et Magtiesios. eut nikil simile liabet antiquilas sive prolixitatem spectes, sive copuim bonarum rerum, quœ in illud dici possunt. Il promet d'envoier copie de cette pièce au premier jour.

Je suis. Monsieur, vostre, etc.

DU Puï**.

' Voir sur Jules-César Bulenger ou Boulanger les lettres n° I et n° XXIll de Dupuy à Peiresc, de janvier 1618 et d'avril 1627. L'histoire que Pierre Dupuy traite si mal est intitulée : Jutii Cœtarit BuUengeri Lodunen»i$, Theohgiœ Doctorii, et in Academia Pisana profesioriê, Ui$toriarum tut lempori» Lihri Iredecim, quibus res Mo orbe gettœ ab aiino millesùno ijuingenletimo texagesimo ad annum luque lexcenteitmum duodecimum continentur. Lyon, 1619, in-fol.

' L'auteur avait dédié l'histoire de son temps au grand -duc de Toscane {Ad Coitrmtm II lerenittimum majorem HetrurÙB Ducem).

Dans la Bibliothèque des écrivaini de la Compagnie de Jé$u» on ne signale qu'une seule édition, celle que je viens de citer. De même dans la Bibliothèque historique de la Fronce où

l'on renvoie, au sujet de l'Histoire et de son auteur, à la Bibliothèque historique du Poitou, par Dreux du Radier (I. III, p. 391).

' Sur Patrice Junius, voir la lettre n" XLVde Peiresc à Dupuy, du 3i mars 1627.

' Thomas Howard, comte d'Arundel , né vers i58o, mort en i646, avait envoyé chercher en Grèce divers monuments de l'antiquité. Ce fut on 1637 que l'on en rapporta pour lui les fameux hiarhres qui ont rendu son nom si célèbre ot parmi lesquels on remarque l'inappréciable Chronique de Paros. Voir le livre IV de la Vie de Peiresc, par Giissendi, p. 329.

' Aix, voL X, fol. 337. La lettre ne porte pas de date, mais elle est incontestablement de 1637, année de l'arrivée en Angleterre des marbres destinés au musée du comte d'Arundel.

LETTRE Dl<: PIERRE DUPUY,

f.k HOISSIEUB, HOnSIEDR DE PEIRESC , CONSEILLER DD BOÏ EN SA CODR DE PARLEMENT DE PROVENCE, À AIX î).

Monsieur, Suyvant vostre depesche du 26 du passé arrivée ici le 5° du présent, je change nostre ordinaire du vendredi à celui du mardi qui nous sera plus commode à cause de la rencontre des lettres d'Italie et de Flandre comme nous l'aviez remarqué. Il me reste peu de chose à vous dire vous ayant amplement escrit par le dernier voiage. Je vous rends grâces du livret imprimé en vostre ville qu'avez envoie, ensemble des arrests contre M"' de Rohan. Un nommé Jousselin sieur de Joupiles, fort entendu en faicts d'armoiries, a esté décapité pour faulse monoie. Tous ses papiers, qui estoient curieux en cette matière, ont été saisis par le Lieutenant criminel. Messieurs Du Chesne et Hosier' le cognoissoient. L'on nous a asseuré ici que la Miltière avoit esté deschargé à pur et à plein au Parlement de Tolose, et qu'on n'avoit rien peu prouver contre lui depuis le dernier edict de pacification^. L'extraict de lettre de Tolose est bien considérable sur le faict de ce Levery, et Savignac ^. Nostre cousin Sanguin , ordinaire de chez le Roi*, a esté envoie depuis peu vers M' le Prince, sans doubte que c'est pour ce faict. M' Le Doux sera bien tost mis en la Conciergerie pour lui estre fait

' Pierre d'Hozier, seigneur de la Garde, né à Marseille le 10 juillet iSga , mourut à Paris le 3o novembre 1660, selon la Gazelle du 4 décembre suivant, et fut enterré dans l'église Sainl- André-des-Arts. Le célèbre généalogiste fut un des correspondants de Peiresc. On a trois lettres de ce dernier ( Minutes de Garpeulras , registre IV, fol. 28-29) adressées ttà M. d'Hosier, intendant des béraults d'armesn , datées de 1621, 1622 et 1629. Je n'ai trouvé qu'une seule lettre de d'Hozier à Peiresc, du 7 juillet i63o (Fonds français, vol. 95/12, fol. i4).

^ D'après Taliemant des Beaux {Hiatoriettet, t. IV, p. 456), M"" de la Milletière allée en poste à Toulouse, tty arriva que son mari estoit condamné ; elle portoit quelque ordre de la Cour

pour faire surseoir l'exécution, n Le chroniciueur ajoute : (tJe pense que MM. d'Espeisses avoient fait quelque cliose pour leur parent. On dit que le Parlement n'eust pas laissé de passer outre, si un des principaux n'eust trouvé la demoiselle fort à son gré. Mais quoyque c'en soit, il est certain que M"' de la Milletière sauva la vie à son mary.n

^ Voir sur Savignac , dit Vitsouse, envoyé de la Rochelle en Languedoc pour exciter les protestants à prendre les armes, et arrêté près de Castelnau de Levis, le Recueil Avenel (I. III, p. 87).

' Charles Sanguin, d'abord gentilhomme ordinaire, devint, en i6.3o, maître d'hôtel du roi. Sanguin est plusicure fois mentionné dans les Mémoire! de Bassompierre.

son procès, et le Roi a nommé pour commissaires M"Boiichet, Pinon , Durant et Savare. Pour le faict de Madame de Crcqui il a esté arresté ([u'on asserableroit les chambres de sorte que les conclusions de M"^ le Procureur G(5néral n'ont esté suivies pour ce regard. Mon frère] vous doit escrire sur ce faict de Pairrie et de cette matière M' de Loménie n'a rien qu'il n'en aye autant de son coslé. Il ne croit pas qu'il s'y puisse rien rencontrer qui passe pour son faict. Pour ce qui est des nouvelles, le Roi continue tousjours en celte volonté de partir au ao de ce mois'. Je vous envoie les derniers advis qui viennent de bon lieu. Un chacun se resjouit de la prompte guerison de M' le Cardinal^, car si son indisposition eust continué tous les travaux du siège estoient en danger d'cstre mal suivis. Il faut qu'il ait eu grande assistance de son médecin', car je sçai qu'il lui a fait don de six mil livres extraordinaires paiables à un sien frère qui est ici. On tient M'' de Mandes hors de danger*. M' le surintendant, ayant receu advis à Saumur de cette convalescence de Monseigneur le cardinal, donna cent escus au courrier. On nous donne bonne espérance de la Rochelle, quelques malicieux ont dit qu'elle estoit à l'extrémité et qu'on l'avoit laissée entre les mains d'un prebstre. On dit que les gens riches et meilleurs bourgeois, si on peut user de ces termes, ont desarmé la canaille et croit-on que cela produira quelque bon effet. On parle maintenant de délivrer Montaigut et de le bailler à M' de Lorraine h condition de ne sortir de six mois de ses estats. Pour Madame de Chevreuse on n'en veult point ouir parler. Les appréhensions continuent tousjours du costé de l'Empereur et ne sçait on quelle response faire à son Résident qui presse son audience. On envoie à Toul 8 compagnies du Régiment de Beaumon t. Arsens'', Ambassadeur de M" les Estats,

^ Louis XIII c'tait parti du camp de la Rochelle pour Paris le i o février. 11 était de retour à Surgères le 1 7 avril.

' On lit dans les Mémoires de Bassonipierre (t. Ill, p. 359) : uLe dimanclie 30"' [février], il y avoit quelques jours que Monsieur le Cardinal se Irouvoit mal ; mais ce jour là il eut la fièvre très forte. Je le fus voir.n Voir sur la maladie de Richelieu une note tirée do ses Mémoires {Recueil Avenel, t. III, p. 33).

François Citoys, né à Poitiers en 157a, fut

reçu docteur en médecine à Montpellier en iSgC

et mourut en 1 653. Bassom pierre (t. Ill, p. 363)

raconte que, le ta mars 1638, ayant eu «une

très forte fièvre, Monsieur le Cardinal m'envoya M' Sitoy son médecin quy demeura auprès de moy.»

' Daniel de la Mollie du Plossis-Houdancourl était mort le i5 mars, la veille môme du jour où Uupuy le croyait hors de danger.

' François Aerssens , seigneur de Sonimordick , fils de Camille Aerssens, greflier ou secrétaire des états de la République des Provinces-Unies, naquit en 1673 et mourut en i63a. Voir sur ce diplomate une importante note dans le Recueil Atenel (t. 1, p. 370), note qui renvoie à une notice que Ton trouvera dans te tome II des Mémoire» d'Aubery du Mauricr.

ivpBiiiitit «itioaiii.

906 APPENDICK. |1628J

est enfin arriv(i à Boulogne, et doit estre bien tost ici avec son collègue. Pour response à vostre lettre, je ne manquerai de faire veoir au P. Mersenne vostre observation sur l'eclipse qui est bien plus estendûe que celle de deçà. Je m'enquerrai de lui de ce livre de Longomontanus, car il est assez bien instruit de ces matières. Je ne manquerai, quand la bible des 70 sera en vente, de vous en retenir deux exemplaires de fin papier. L'escrivain qui a la copie de cette relation italienne dont je vous ai envoie le mémoire est venu au logis ; il demande de la pièce toute transcrilte 3 pistoles. Je croi qu'il en diminueroit quelque chose et baillera celle que j'ai veûe qui est très bien escrite et de la grandeur de vostre papier; vous m'en direz vostre volonté, car rien ne presse là dessus.

M"^ de Saulmaise est encore ici qui nous est venu veoir. Je l'ai sondé plus particulièrement sur le faict de l'inscription, et comme il m'en a parlé, je ne croi pas qu'il soit en rien peiné de la lettre qu'avez escrite à M' Rigault et croi que si la pièce fut venue en son temps, qu'il l'eut insérée dans son livre. C'est une chose prodigieuse que de son sçavoir, l'estude de Pline l'a fait feuilleter et examiner tous les médecins anciens et quelques modernes, principalement ceux qui ont traitté de la botanique. Il en sçait plus lui seul sur cette matière que toute la faculté de médecine. II m'a chargé de vous faire ses recommandations : vous aurez peu de pièces curieuses par cet ordinaire; il est malaisé que tous les pacqucts soient fournis egallement; ce n'est pas faute de diligence, car je questc tant que je puis pour trouver quelque chose de vostre gousl. -M' Iligault, à ce que je pense, dédiera son livre à M' le cardinal de Richelieu. M' d'Orléans, à ce qu'on nous a asseuré, traitte de l'Archevesché de Lion. Vous ferez nos excuses à M' d'Agut si nous ne lui escrivons par cet ordinaire, sa lettre du to de février ne nous a esté rendue qu'aujourd'hui. Je vous prie de lui faire nos baise mains et lui faire part de ce peu de nouvelles.

Je suis, Monsieur,.

vostre très humble et obéissant serviteur,

DC Pcï.

De Paris, ce 6 mars 1698 à x heures du soir.

La femme du jeune Bouteiller, Conseiller en la Cour, fille de 'M' de Vilsavin \ est accouchée d'un fils. Voila comperage pour M' le Cardinal.

' Villesavin était un des frères du secrétaire d'État Paul Phëlypeaux, sieur de Poiitcharlrain : il était lui-miîrae secrétaire de Marie de Médicis.

M' d'Aubray sera jeudi g receu au Parlement.

Mes recommandations à M^ vostre frère

LETTRE DE JACQUES DUPUY À PEIRESC

Monsieur,

Nous avons receu par cet ordinaire deux lettres de vous de Marseille, la première du 98 aoust sous la couverte de M' Jacquet, la seconde du dernier du mesme mois sous celle de M' de Lomenie, ensemble un pacquet pour Bourdeaus qui partit hier et un autre pour M'' Gassendi qui luy fust baillé le mesme jour de son arrivée. Je me resjouis de la résolution que prenez de passer quelques jours à vostre maison^, ce qui ne peut que beaucoup servir à vostre santé qui reçoit de l'altération par les continuelles occupations qui vous surviennent à Aix. Ce séjour nous pourra bien priver de vos nouvelles, l'ordinaire prochain, mais quovqu'il arrive, je vous fairaipart des nostres et de ce qui se passe par le monde. Je me resjouis que ces M" d'Avignon relaschent quelque chose de leur dureté pour le commerce avec ceux de Lion. M' Jacquet ne nous escrit point qu'il y ayt aucun mal : je ne sçay pourquoy ces M" ont pris l'alarme si chaude. Je veux croire que le commerce estant remis, vous mettrez ordre à l'envoi du ballot contenant le manuscrit grec et autres pièces du concile qu'avez fait transcrire il v a long temps. Mon frère en est en quelque impatience. Je vous promets que le livre grec envoyé de Cypre après que nos curieux de deçà l'auront veu vous sera renvoyé fidèlement.

J'ay enfin eu de Mad" Buon la Bible des Septante que j'ay moy mesme feuille à feuille triée sur deux exemplaires, et là où vous trouverez des taches de pourriture ou autres, croyez qu'elles sont communes à tout le grand papier. Elle n'en veut rien rabattre de 36 livres et ay sceu des autres libraires que c'estoit le prix fait entr'eux pour le fin paj)ier. La première commodité qui se présentera pour Lion, je fairai faire le ballot pour vous estre envoyé. Des livres contenus dans vostre précédente lettre je n'ay rien trouvé en blanc que le Codex canonum Eccksiœ Africanœ de M' Justel. On m'a promis l'édition du Codex canonum prise sur celle de Mayence et imprimée icy , car pour la pre-

' Bibliothèque nationale, fonds français, vol. gS/l/i, fol. 77. Autographe. — ' C'est-à-dire à votre maison de campagne, à Belgentier.

miVjrc de l'an i 523, il ne s'en trouve point et n'y devez avoir regret, car M' de Thou a l'une et l'autre que j'ay voulu conférer exprès. Et si c'estoit à mon choix je préférerois la dernière. J'ay recouvré le livre de Javersac contre Balzac et Phylarque ^ que je vous eusse envoyé par cet ordinaire, mais le voyage de M' de Brèves que demandez ira en place. M' Rigault s'est enfin résolu d'envoyer son TertuUien à M' le cardinal Barberin tel qu'il l'a publié, accompagné d'une lettre par laquelle il croit tant opérer qu'on luy devra son retour^. Ce sera pour l'ordinaire prochain, car il luy faut du temps pour prendre ses mesures. Il vous doit escrire sur le subjet du Theophanes de M' Haultin.

Pour l'édition dos poésies du signer Aleandro, j'en conféreray avec nos libraires, et peut estre qu'Antoine Estiennc, quoyque fourbe, les voudroit bien faire en les luy payant^, et l'aymerois mieux à cause que son imprimerie est mieux assortie et qu'il a desja fait ceux du Pape.

Pour M'Rubens, on nous a dit qu'il a voit esté envoyé par l'Infante à Venise^, pour traitter de quelque affaire qu'on ne pénètre pas, avec le comte de Carlile^, et ce qui me le fait croire est qu'il y a trois ordinaires que n'avons receu de ses lettres, car le voyage dont il vous a escrit estoit de volonté seulement. Je suis bien marry qu'il se soit rencontré hors du Pais au temps que M" de Thou '' y sont allez pour passer ces deux mois de vacations. Il leur eust beaucoup servy quand ce n'eust esté que pour avoir sa connoissance et communication de tant de curiositez qu'il a. Ils font estât de passer en Hollande soubs la faveur de M' de Baugy'' qui leur a donné rendez-vous à Bruxelles à la fin de ce mois. M' Diodati est allé faire une promenade à la foire de Francfort, de sorte que vostre lettre ne luy a peu estre délivrée, mais bien entre les mains d'un de ses intimes qui a charge de luy faire tenir ce qui se recevra pour luy.

Pour ce qui est du public, si de trois nouvelles qui courent il s'en trouve une véritable, cela apportera grand changement aux affaires. La première et qui

' Oijvrafje déjà cité, intitulé : Discours d'Aris- vait à Pierre Dupuy, le i" juin 1 628 {Recueil

turque àNicandre, etc. Gachet, p. 201) : «Nous avons ici [Anvers] en

- C'est-à-dire qu'on lui devra du retour. passage le comte Carlil , qui va en Lorraine et

' Voir sur ce libraire la lettre IV de Peiresc à en Savoie, et peut-êlre plus loin ...»

Dupuy, du a8 décembre iCaS. ° Deux des fils du grand historien, Achille-

' Rubens n'alla pas à Venise; il partit à la fin Auguste et Jacques-Auguste, qui voyageaient

d'août i6a8 pour Madrid et il quitta l'Espagne dans les Pays-Bas pendant que leur frère aine

lo 27 avril iGag. voyageait en Orient.

* James Hay de Saulcy, comte de Carlisle, ' Le sieur de Baugy était le résident de France

mourut en avril i636. II avait été ambassadeur à la Haye, extraordinaire en France en 163/1. Rubens écri-

nous touche le [)lus est l'advis cjue la Reine uiere rcceut samedy dernier, à dix heures du soir, qu'il y avoit auprez du Roy des députez de la Rochelle pour traitter de la reddition, lesquels Sa Majesté avoit renvoyez vers M' le Cardinal à Marans'. Celuy qui a apporté cet advis est un des chevaux légers despesché exprez par le Roy. On nous a tant de fois donné do fausses alarmes et courtes joies, qu'on peut pardonner à un homme qui est un peu mescroyant. La seconde est l'advis envoyé de Calais par M' de Valençay de la mort du duc de Buckingam -. Mon frère vit la lettre d' advis et le courrier qui l'apporta samedy dernier au matin chez M' de la Ville aux Clercs. La lettre porte que ledit Duc, estant en un port de mer dont on corrompt fort le nom^, commanda à un capitaine de vaisseau Escossois de tenir ses gens en ordre pour faire voile et se trouver au rendez-vous de la flotte, que l'autre luy dit ne le pouvoir faire sans argent et avec paroles fort insolentes, comme voulant exciter mutinerie parmy les matelots et soldats, ce qui contraignit le Duc à mettre la main à l'espée dont il tua sur le champ le Capitaine, que deux de ses amis Escossois proches de luy et parens du mort, irritez de cette action, mirent l'espée à la main dont l'un luy en bailla au travers du corps et du coup tomba mort à terre '. Celuy qui a apporté cette nouvelle à Calais est maintenant icy ; il dit avoir veu le corps mort et jetter un manteau dessus luy. Il porte les livrées de la Reine d'Angleterre, dont pourtant il n'a point do lettres; il ajoute de plus que le Roy, qui estoit proche de là, en estoit aii lit malade de douleur; que celuy qui avoit fait le coup avoit esté mené en sa présence, qui a dit, interrogé qui l'avoit nieu à une si meschante action , que si la chose estoit à faire , ({u'il l'exécuteroit encore et prélendoit récompense, comme ayant tué le tyran. Celte nouvelle n'estant point accompagnée d'aulcune lettre, quoique d'ailleurs très circonstanciée, n'est pas encore creue pour bien certaine et la Reine Mère n'en tesmoigne pas fort grand cas. Vous verrez par la lettre de M' de Valançay du premier de ce mois comnn'

' On lit dans les Mémoires de Bassoriipierre (t. III, p. 396) : tfLe vendredy 8"" [septembre] jour de Noslrc-Damc, Arnault (c'est Arnaiild de Corbeviile) emmena deux députés de la Rochelle à Monsieur le Cardinal, l'un nommé Riffaut, et l'autre Journault.')

^ Le duc de Buckingliam avait été assassiné, soit le a3 août, soit le a septembre, selon que l'on adopte la nouvelle ou l'ancienne manière de compter de l'Angleterre. Le a 3 août est le jour adopté par les auteurs de Y An de vérifier les dûtes

(t. VII, in-8\ 1818, p. lya). A. Bazin {Histoire de France sous Louis .\III, t. II, in-ia, p. io5), M. do Cliaulérac (Mémoires de Bassompierrc, t. 111, p. ao!i), etc., ont mieux aimé indiquer le a septembre. Les Mémoires de Bas- Bompierre nous apprennent (t. III, p. 39O) que (tic mercredy iS"" [septembre] la nouvelle de la mort du Bocquinguen arriva» au camp do la Rochelle.

' Ce nom était celui de Portsoioutb.

' Toutes ces circonstances étaient fabuleuses.

il y a en campagne queique traittë de paix. La mort de cet homme, si elle se trouve véritable, pourra apporter des grands changemens en cette isle et retarder le secours que les Rochellois en attendent. La 3° nouvelle est que, Dimanche au soir, du costé de Bruxelles, on eust advis que le Roy d'Espagne estoit mort' et qu'il y avoit de la brouillcric, pour ce que Don Carlos^ se vouloit faire déclarer Ro\ et que le Conseil s'y opposoit, parce que la Reyne^ se trouve grosse. J'a\ bien de la peine à croire ce dernier advis, parce que du costé d'Espagne nous en debvions estre plustost advertis, leurs courriers passant par icy. Je vous fais part de toutes ces nouvelles, comme on nous les a baillées, et y fairez tel jugement qu'il vous plairra. Ce qui est de plus véritable est la querelle de M' de Chasteauneuf avec M"' Deffiat sur le sujet de quelques ofices créez dans l'Ordre du St-Esprit sans luy en avoir parlé à luy qui en est chancelier. Ils en vindrent aux injures. M' de Chasteauneuf luy dit qu'il n'estoit pas gentilhomme, qu'on ne luy pouvoit rien reprocher à luy, qu'il avoit les mains nettes et autres telles galanteries. Celte querelle commença premièrement dans la cour du Garde des Sceaux, et puis s'estantmis en carrosse et de nouveau venus aux prises, le surintendant auroit, dit-on, mis honteusement hors de son carrosse M' de Chasteauneuf. Autres ont dit que c'estoit dans le carrosse du Contrôleur Général*. iVf d'Orléans a esté icy, que M' Rigault aveu. 11 a dessein, dit-on, de traitter avec M"' d'Aix de son Archevesché, tant il estime vostre pais et estoit venu en partie en cette ville pour cette affaire; je ne sçay ce qui en réussira, et depuis ma lettre escrite, je me suis trouvé en compagnie de gens de qualité, et ces trois nouvelles ont esté fort examinées. La dernière du Roy d'Espagne est tenue pour fausse, celle du Duc de Buckinghan fort douteuse, les Ambassadeurs de Hollande qui sont icy n'en ayant aucun advis d'Angleterre et fait-on des gageures là dessus.

A tant je finis, vous priant de croire que je suis et seray toute ma vie.

Monsieur, vostre, etc.

De Paris, ce la septembre i6a8^

J. DD PdY.

' Philippe IV ne devait mourir que trente- * Bassompierre dit seulement (Mémoire»,

sept ans plus tard (17 septembre i665). t. III, p. 896) : kII y eut ce jour là [3o août]

' Don Carlos, frère de Philippe IV, était né brouillerie entre le marquis d'Effiat et Cliasteau-

le i4 septembre 1607; il mourut en i63a. neuf.n

^ Elisabeth, fille de Henri IV, morte le 6 oc- ' Aix, vol. X, fol. 363. Ciopie.

tobre i644.

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