‹ Lettres de PeirescChapitre 14 sur 48 · II. a · texte numérisé non relu

II. a

IMPBlUCnlK KATIOIIAII.

LETTBfiS DE PEIBESG

le sieuT Fouquiere^ avait emmenez icy, pour Tadsister à prendre le pian et prospective ^ de la viiie d'Aix, par mandement du Roy. Ce sont des plus honnestea hommes, et des plus discrets que faye veu, et des plus officieux, cit' reoomraandables en leur vocation. Si vous pouvez faire quelque choae pour eux sdon les occasions, vous n y aurez pas de re~ gret, quand les aurez cc^neus, et prendrez j^aisir, je masseure, de les obliger, comme je vous en supplie, bien marry de n'avoir' eu leur eognoîsçance de meilleure heure, dont je me serois mieux prevallu, et ne les aurois pas laissé partir du paîs maintenant, sans tirer de leur main de bonnes choses, pour les desseins des mazures antiques de cette province, mais la maladie, qui s'espand deqa fort, ma faict faire scrupule de les y retenir. S'ils reviennent y il fauldra suppléer à ce deffault; cependant je vous supplie de les aymer pour lamour de leur vertu, et pour l'amour de moy, estant tousjours. Monsieur,

vostre irez humble. et. trez obligé serviteur,

DE Peibesc.

A Ail, ce i3 sepi6iiihi*e ida9\

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

À PARIS

Monsieur, Enfin voz despesches du s 8 aoust nous ont osté de la crainte où nous estions que les nostres du 7 et i â ne fussent demeurées en che-

qui contient la correspondance avec les frères Dupuy.(foL a 53). Cette ieth-e, datée du 1 1 juillet i639,est précédée (fol. 9 Sa) d'une lettre de la même date adressée à (rM. Engobert, vallel de chambre du Roy à Fontainebleau». Cet Engohert serait-il le même que le Goheri de la présente lettre ?

' Jacques Fouquières, né à Anvers en i58o, mourut à Pans en i65g.

* Je ne retrouve le mol /mwpecdVe nulle autrepart. Le Poussin, dans^wede sesleUres , ' a employé la iotm^ prospect. Du reste le mot perspective ne semble ''avoir été employé qu*un peu plus tard. Le Dictiomimre de Littré De le signale, au xyu* siècle, que dans les écrits de Pascal et de Tabbé de Marolles.

' Vol. 717, fol. 81.

min, et celle de M^ de Fetan du 9 septembre nous a accusé la* réception de laultre que je vous aroîs âiicte du i g°^. Le reste que je tous ay adressé est allé par voy es extraordinaires à cause de la rupture des chemins. On mande que le Pont S^ Esprit est fermé; de sorte' quil y aura de grands et £ascfaeux destours à faire à l'advenir. En mesme temps que j ay eu le plaisir de voir de vos nouvelles, j'ay eu une petite mortiCcation en ce que j'ay esté sommé de respondre, mais si à la hasle, qu'à peine me donne on le loisir de vous en accuser la réception et ne pense pas qu on me permette d'achever de lisre les aultres lettres qui estoient joinctes à la vostre de M*^ du Plessis S de M' Gassendi et aultres, parce que me voicy aux champs, où je suis enfin venu, et pour ne perdre l'occasion de la présente staffette qui partira d'Aix demain au poinct du jour, un homme qui s y en va exprez aura de beseing d'employer la nuict pour y estre à temps. Latoille cirée est venue bien à propos, car M' le Gouverneur a voit envoyé un de ses gardes à Orgon ^ qui voulut ouvrir la première enveloppe de lordinaire tant de Marseille que d'Aix , disant avoir le commandement pour prendre les lettres de son maistre et les luy porter en diligence, ce qu'il ne fit pas neantmoiogs aprez avoir faict l'ouverture, mais cela fut cause que la despesche estant mise toute ouverte dans le vinaigre, d eut moyen de pénétrer plus avant, et devant qu'elle m'ayt esté apportée, il y a eu encores plus de temps perdu. Ce qui est cause que le livre du Facundus^ a esté un peu altaint par la marge d'en bas, un coing de la toille

' On possède dans le rostre I des minutes de Carpentras (fol. 5i3) une lettre écrite de Belgentier, le 6 novembre 1699, è «W Duplessis, advocat en parlement, rue Traversiere, prez les Cordeliers, à Paris». Voir d'antres lettres au même, dn a5 oetobre i639 {ibid., fol. Ss^), du i*' août i633 {ikid,, fol. 55i), du 37 mars i635 (r^istre IV, fol. 7o3), des & et 8 mars i636 (t»û{.,ibh7BÔ-79i).

' Nous avons déjà 'fraiivé( lettre XXXII)

le nom de ce chef-^eu de canton de Tarrondissemait d* Arles.

' Facundus est le nom d'un ëvèqne d'Hermiane (en Afrique) qui, selon les biographes, se distingua sous le règne de Jnstinien par le rMe qu'il joua dans les disputes ihëologiqaes au sujet des tm$ chapitrée. L'ouvrage dont veut parler. Peiresc est intitulé : Faeundi episcapi Hermtanenm Pronmeiœ AJHamœ pto itftHêîotti trium capitu-, hmm.ctmciltt {jUcheàmimim iilni xu. Ad

ciréç s'estant brisé, mais je îe renvoyé présentement à mon relieur pour le laver, croyant que ce ne sera rien, Dieu aydant. Aussy vous suis je bien redevable du soing qu'il vous a pieu de prendre de me faire voir cette pièce, qui ne peult estre que Irez bonne en ce siècle là si stérile de bons autheurs, et venant de si bonne main que celle du P. Sirmond qui a bien opportunément prévenu les aultres qui en avoient d'aultres coppies, et qui l'eussent possible donné bien tost, ou ez Pais bas ou ailleurs.

Nous avions apprins comme vous des nouvelles de l'arrivée de M' de Thou à Rome, d'environ par cette datte, comme vous aurez peu voir par mes précédantes. Ses bardes sauvées du naufrage n'estoient poinct dans une cassette ne dans un coffre, ains dans une espèce de corbeille recouverte de cuir bouilly, qui estoit, je masseure, trez bon pour la mouilleure momantanée, mais quand on y eust mis pardessus une toHIe cirée, je ne pense pas que la mer n'eust tout pénétré durant dix jours entiers qu'elle l'a tout englouttie, puis que vous voyez que la vostre n'a pas peu absolument garentir du vinaigre le pauvre Facundus. Vous pouvez asseurer M' le Jay que la Bible arabique n'est pas ainsiii mal traictée, et l'alcoran est encores mieux, car il n'v a rien d'attaché, ne mesmes de maculé, si ce n'est dans les marges, ou fort peu avant dans lescriture. Il fault que le papier en fust moings collé que celuy des livres cophtites, ou bien que ceux qui les ont faict seicher au sortir de la mer n'ayent pas eu le soing de les ouvrir aussy tost que les aultres, et de bien diviser les feuilles, tandis que la mouilleure n'estoit ne trop grande ne trop petite, pour eslre bien disposée à la séparation. Pour les médailles, il est véritable que la courtoisie de M** de Thou va jusques où vous dictes et iroit plus avant si elle pouvoit passer plus oultre, tant il y a de l'excez en son honnesteté aussy bien qu'en la vostre, dont j'ay desja tant veu d'effects, et dont vous me donnez tout de nouveau de si bonnes preuves, par les (^res qu'il vous plaict me faire des antiques qui vous pourroient tomber en main,

Juitmamm imperatorem. Jac, Sirmandi Sœ. lucem ediii notixque Hhuirati. (Paris, Séb. Jesu preshyteri cura et êtudio nuncprimwn in Cramoisy, 1 699, in-S*.)

dont je vous remercie d aussy bon cœur, et vous demeure aussy obligé,^ que si vous m en aviez donné des plus rares et des plus précieuses qui se puissent voir. Mais les mesmes loix de la courtoisie qui vous portent à cez bienfaicts obligent voz serviteurs à ne pas accepter si généralement tant de choses curieuses ensemble. Ce n'est pas que je veuille tant faire le délicat, que je ne sois trez aise d'en accepter quelques unes, sçaichant de combien bon cœur M' de Thou s'est daigné m'en faire les offres si réitérées et si obligeantes. Car mesmes je ne vous sçaurois desadvoiier, qu'il y en a qui m'ont prins par le nez comme la moustarde, àce qu'on dict communément. Mais le mal est que ce sont de celles que je faicts plus de scrupule d'accepter, crainte d'encourir le blasme d'indiscrétion , sinon en l'endroict de M' de Thou et au vostre , au moings envers le reste du monde de nostre cognoisçance qui juge sans préoccupation d'affection. Car pour les médailles de cuivre, je n'ay pas fait de difficulté d'en retenir plus d'une douzaine qui peuvent estre plus ou moings bonnes, et toutes servir à quelque petit assorti* timent, tel que sont ceux que me fournit ma bizarrieS et mon goust trop vaste. Mais l'importance est des graveures. Car si je puis un jour venir à bout de l'inscription de l'Amethiste comme j'en ay desja des* chiffré la meilleure partie, je pense que vous n'aurez pas désagréable que je vous en mande mon sentiment, ce que je n'oserois encores faire, crainte que vous ne trouvassiez pas mes conceptions assez bien fondées. Il y fault avoir un peu de repos d'esprit, que je n'ay pas encores eu loisir de trouver depuis la première veûe. Je vouldrois bien que ce qu'on vous mande du prochain retour de M' de Thou fut si certain, qu'il fust desja prez de vous, et me contenterois qu'il ne le differast pas plus loing que le terme que vous luy donnez de la Sainct Martin. Car je crains fort qu'ayant passé les chaleurs dans Rome , il n'y ayt de la peine à l'en faire partir, et que pendant cela il ne puisse naistre des dangers des chemins du costé de l'AUemagtie si les choses rompent

^ Nous avons déjà vu celle expression dans ie tome I, p. /i3&. De même, pour la ioculion figurée que m>us venons de trouver {prendre ptur k nez comme la mmUarde), voir letom^ I, p. 196.

coQime on est à. la veille, ce semble, estanl passé depuis deux jours un courrier de M*^ de Crequy, pour rappeler en diligence les trouppes de cette Province, lesquelles on avoit faict venir autour de la pauvre ville d'Aix, et depuis, par remors de consciance, on les en avoit tirées, pour les envoyer à la marine où elles ne font qu'arriver. Je n'oublieray pas meshuy les lettres de feu M' de Malerbe que j avois envoyées icy, en mesme temps que le coffre de M' de Thou, avec quelques libvres et papiers pour me servir d'amusement aux champs, durant une petite sécession. Je suis marry qu'il n'y ait chose plus digne de voir le jour, mais c'est par obéissance que je le faicts.

Le sieur NoeP est en Provence, mais il a esté arresté en quarantaine à la frontière du Rhosne, où il a esté une quinzaine de jours avant que nous l'ayons sceu, car nous luy envoyasmes incontinant des chevaulx pour l'aller prendre avec dispense des formalités par arrest de la cour, mais nostre homme le trouva party comme à la desrobée et venu au terroir d'Allençon^ où il continoit sa quarantaine, mais je pense qu'on l'envoyera prendre là de rechef, et qu'il se resouldra de servir le public en cette occasion de maladie, auquel cas il sera le très bien venu, et fort opportunément, car depuis huict ou lo jours, soit pour le desordre du peuple revenu des champs à cause des gents de guerre, soit pour le decours de la lune, tant est, qu'il y a eu plus de 80 persones frappées, et plusieurs troussées^ fort soudainement. Un conseiller de la cour, nommé de Penesfort, est enfermé et plattiné^ dans sa maison , pour s'estre sa femme trop librement laissé porter à aller chez un sien voisin, qui est depuis mort de la maladie, bien que les médecins eussent longtemps opiniastré que ce ne l'estoit pas. De mesmes que M' le Prévost Marchier, de qui le lacquay avoit esté mis

^ Le médecin dont il a été question un ' Sous le mot trousser, employa dans te

peu plus haut. sens d'etUever, de tuer, le Dicttamuâre de

' Sic, Faut~il lire Alleins, nom d'une Littrë ne cite que des ëcrivains d'une époque

commune du département des Boucbes-du- postérieure, Dancourt et Voltaire.

Rhûne, arrondissement d'Aries, canton * Le motpilattMernWt donné dans aucun

d'Eyguières, près de Lambasc? de nos dictionnaires.

[1629] AUX FRÈRES DUPUT. 18S

en lieu séparé de Tinfirmerie comme ayant aultre md que la peste, et a esté assez longtemps en estât, qu on le tenoit pour exempt tout à faict non seulement de ce venin, mais aussy de danger de mort, et toute foys depuis deux jours il a eu d'aultres accidants plus malins, qui font attribuer les commancements à la maladie, dont j'ay esté bien fasché, car on estoit à la veille de finir la closture de son maistre, qui ira à la quarantaine entière, si ce garçon empire tant soit peu. On n a pas icy faulte d'hospital ne de gents pour y servir et traicter les malades, à quoy on espargne si peu, qu'il y a desja plus de i5 mille escus de despendus par le corps de ville* Mais c'est que le mal de ce païs ne ressemble pas si fort celuy de Paris, non plus que nostre soleil n'est pas le vostre si absolument que les effects n'en soient grandement différants. Ce qui me faisoit ne pas négliger THistoire navale de Rivius , estoit en partie le nom de l'autheur, qui a tesmoigaé ailleurs de bonnes intentions, et en partie lesperancede la continuation jusques aux derniers siècles, qui sont principalement ceux qui peuvent estre à désirer de sa maiiu Je vous remercie trez humblement du soing qu'avez eu de me recouvrer l'Herveus de Motu cordis^et leClaromontius S mais si l'Herveus pouvoit passer soubs l'enveloppe de la poste ^ il seroit bien plus à désirer que l'aullre, lequel, allant contre mon sens, et, si je ne me trompe, contre le sens commun ^, ne peult pas gueres bien réussir à mon advis. Le livre du P. Sirmond ' ne passera pas les monts de ma part, puis mesmes qu'il est desdié à Rome. Ce seroit pescher contre la. discrétion, et ien ce temps icy, je ne sçay si on prendroit plaisir qu'on leur adressast des livres de ce païs icy et spécialement de la ville d'Aix tant que j'y ay esté pendant le mal. Je vous remercie encores irez humblement du soing que vous daignez cootinuef pow le Théophile, et des nouvelles de Vesel, que je* tiens grandement importantes, et bien employées à cez gents qui au lieu de se deffendre viennent troubler le gros de la chrestienté et obliger nostre Roy à rcpas-

* LesKvresdf^meaUoHoë^^Gailiauine ment était aam juste que vrreffient e^ Uarvey et 4e SeipÎMi Gàiaramoiili. prime.

* Peireee ne se trompait pas et «on juje- * LéditàmAxximtêM^rfèqmFècundus.

ser les monts pendant ce temps de maladie, qui est si généralement espandiie. Mais Dieu le garantira et confondra ses ennemis, et je deraeureray, Monsieur,

vostre trez humble et trez obligé serviteur,

DE Peirbsg.

A BoyBgency, ce 16 septembre iGsg.

Je vous supplie de faire mes excuses à cez Messieurs si vous les voyez, attendant que par le prochain ordinaire je puisse mi^ux satisfaire à mon debvoir. .

J'oubliois de vous dire que Ton tient qu'il y a eu un accez de la maladie dans THostel Dieu d'Avignon, et deux dans Pertuys, qui est à trois lieues d'Aix S ce qui faict grandement craindre que le mal ne soit gênerai,

J'envoye ma despesche à Aix, sans clorre Tenveloppe, pour y adjouster les lettres qui y pourroient avoir esté apportées pour les amys. en mon absance, si aucunes en y a^.

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

À PARIS

Monsieur, Aussytost que je fus retiré à la campagne en nostre petite maison ^, je ne faillis pas de vous en donner advis, mais depuis je n'ay peu

^ Pertuisest un chef-iiea de canton da sajiefîitofiMâofi. C'était, au contraire, Qoe très

dët>artement de Vauclose, dans l'arrondis- belle maison, presque un chAteau, comme

sèment d'Apt, à 79 kilomètres d'Avignon. le prouve une ^vure d'Israël Silvestre qui

* Vol. 717, fol. 81. fait partie de la magnifique collection de

' C'est par modestie que Peirese parle de M. Paul Arbaud (à Aix en Provence) et qui

continuer nostre petit commerce de lettres, tant pour un peu d'indisposition que j'avois apportée de la viile (que je ne pouvois vaincre, selon Tadvis des médecins, sans m abstenir de toute sorte d'exercice de fesprit), que pour avoir esté sevrez de la commodité de recevoir et envoyer des lettres du costé d'Aix, afin de laisser en repos les esprits de cez peuples de deçà, qui apprehendoient que ce commerce fust capable d'altérer le bon estât de leur santé, et s'imaginoient que cela leur pou voit apporter la maladie dont la jalousie les tenoit en de si grandes deflSances, qu'encores que je me fusse renfermé dans l'enclos de nostre parq, et^^que je m'abstinsse, et tous les miens, de toute communication avec ceux du village, les aultres voisins n'ont pas laissé, deux ou trois foys, d'interdire ce village icy de tout commerce avec eux, ce qui a bien donné de la peine à restablir, et a fallu enfin que j'aye achevé une quarantaine toute entière dans cette continance. Mais depuis que je l'ay achevée, la cour de Parlement ayant esté constrainte de céder à la vioiance du mal de la pauvre ville d'Aix, et s'estant retirée à Salion^ nous avons trouvé le moyen par voyes indirectes de faire venir de là les despesches qui estoient venues de vostre part quasi toutes ensemble, tant le desordre est grand sur le chemin, tout infecté au long delà rivière du Rhosne. Cependant je me suys trouvé Dieu mercy fort bien remis à ce bon air natal, où j'ay recouvré plus de vigueur que n'en avois eu de longtemps, et y ay reparé grandement les foiblesses et aultres incommoditez d'une espèce d'oppression de poitrine et d'un grand desgoust qui me travailloient depuis quelque temps, de sorte qu'à quelque chose malheur a esté bon, car sans cette occasion je ne

représente sa maison de Belgentier et ses admirables jardins tels qu'ils existaient dans la seconde moîtîë da ivn* siècle, quand ils appartenaient au baron de Rians, le neveu de Peiresc.

^ Salon est aujourd'hui un chef-lieo de canton du département des Bouches-<lu- RMne, dans rarrondissement d'Aix, à 33 kilomètres de cette viile. Sur le séjour è Salon

(a5 octobre 1699-1*' septembre i63o) du parlement ou, pour mieux dire, de la première chambre du parlement, car l'autre chambre, sous la conduite du présideot de Coriolis, sieur de Corbière, se retira à Pertuis, voir les Chroniques de la ville de Salon, par Louis Gimon (Aix, 1889 , in-8% p. 477-478).

Uf^nmikiK ViTlORALt.

serois pas icy, ou du modngs je n'y auroi» pas peu faire tant de sesjour. Le principal est que j'y ay recouvré Tappetit, qui me donne plus de moyen de me fortifier en peu de jours, que je ne ferois dans un long espace de temps sans cela. Je ne m'y suis amusé durant toute la quarantaine et au delà qu'à jardiner et à restablir du plant, au lieu de celuy que le froid nous avoit tué l'année précédante parmy noz orangers. En sorte que si cet hy ver icy n'est trop rigoureux, j'espère que ce lieu aura bientost recouvré sa première gentilesse^ Et nostre présence ne luy nuira pas pour faire conserver ce nouveau plant, tandis que le peu qui restoit du vieil nous donne encores quelque satisfaction, noz jossemins^ d'Espagne estants encores à présent touts couverts de fleurs au long d'une allée de 60 toises qui en est bordée en palissade et nostre parterre de myrthe ayant une odeur un peu plus agréable que ceux de bouys^ dans voz quartiers; il est accompagné d'une bordeure d'orangers de la Chine, qui l'enrichit grandement, et qui est réussie beaucoup mieux que nous n'avions espéré lorsque nous la fismes planter et bazarder comme chose que nous n'osions nous promettre de conserver guieres longtemps, et toutefoys cette race de plant a mieux résisté au froid que les aultres du pais, et faict une verdure beaucoup plus noble, dans laquelle les fleurs et les fruicts paroissent beaucoup plus que sur les aultres. Nous y avons aussy faict mettre en terre aflbrce belles tulipes, narcisses, hyacinthes, anémones et aultres plantes curieuses, et y avons eu jusques à cette heure en fleur le Jossemin jaulne des Indes ^ qui a l'odeur beaucoup plus suave que l'aultre. Maintenant j'ay faict porter dans ma chambre, pour esviter ks rosées malignes, un pot de l'Hyacinthe tubéreuse des Indes, qui embaulme -toute la maison, et qui est pour durer encor en fleur plus de trois

^ Pôresc écrit le mot oonformëmeBl à «La pronoDciaiioa bom «st un provincia-

l'orthographe de la langue provençale : gen- liaoM et contraire an bon usage. C'ëtoiit Tin-

tihza. verse du temps de Ménage, qui i*emarqae

* Ronsard écrivait. /0«Min et Olivier de que bouii est la prononcialion de la Gour et

. Serres yeM6f?MJi. la bonne, et hiû celle delà province.» Dans

' Olivier de Serres , lui aussi , écrivait bouts le Dtctimmaire de Richelet (i 7 89 ) on renvoie

pour friit«. On litdans le DietiaimaireàelÀttré : ule Buiê à Boùis.

[1629] AUX FRÈRES DOPUY- 187

semamefi ou un inoys, comme il fit Tannée passée, ayant faiet ses premières fleurs en juillet et aoust, et poussant maintenant comme une seconde saison automnale, dont les fleurs durent beaucoup plus long* temps sur ie pied qu'en esté, et semblent plus estimables pour le peu daultres fleurs qu'on a en cette saison. Enfin il ne manque pas de l'amusement à un faysneant tel que i'ay esté depuis près de deux moys en çà. Mais j'espère que si j'ay reculé, j'en pourray un peu mieux saulter, coimme on dicl^ et en auray Dieu aydant à i'advenir tant plus de moyen dem'acquitter de mon debvoir envers nos bons seigneurs et amys et surtout env^s toute vostre maison, qui est ce que je doibs avoir {dus à ccsur, vous estant si redevable comme je suis, et me trouvant tous les jours «agagé en de nouvelles obligations que vous ne cessez jamais d'acquérir sur nous avec tant de surabondante courtoisie, et avec tant de sollicitude et de peine, que je suis tout confus, voyant bien que je ne sçaorois avoir de quoy vous en rendre jamais de revanche qui vaille, ne qui ayt de la proportion avec ma redevance. Mais vous seriez bien moings contant si vous aviez moings d'advantage sur vos serviteurs, que vous voulez tousjours tenir comblez de voz faveurs et gratifications. C'est pourquoy il vous fault laisser vaincre^ et attendre patiemment les moyens que Dieu nousvouidra donner, de -vous tesmoigner au moings nostre recognoisçance et nostre bonne volonté.

Les despesches qu'on nous a faict tenir de vo& quartiers depuis cdie du â8°^ aoust , que je vous a vois accusée , sont du /t , 1 1 , 1 8 et â 5 septembre , et du d octobre, et sont venues assez bien conditionnées pour estre passées par le vinaigre pour le moings deux foys chascune en divers lieux. Mais les libvres du sieur Berger* contre les duels*, et du

' Le Dictionnaire de Littrécile, au sujet de cette locnlioD, Le Pédant joué de Cyrano de Bergerac et te Don César d'Avahs de TbomaB CiWDeîUe.

* Peiresc a. écrit Berger pour Bergère. Jacob de Gassion, seigneur de Bergère, fut maréchal des camps et années du roi, lieutoiant de la ville et dtaddle de Courtrai,

et mourut à Paris en 16&7. C'était un fils du conseiller d'État Jacques de Gassion et un frère du mArédial Jean de Gassion, né; comme Ivîk à Pan. .Voir ce que Taiieinant des Réao^ rap^onte de Bei^eré dan^ Fhistoriette sur le maréchal (t. IV, p. 186-188). ^ Invective ou diseoun satirique contre les duds (Paris, Libert, 16^9, in-8').

jesuitte de Reims ^ sont demeurez entre les mains de M' Noeif qui est venu faire sa quarantaine à demye lieue d*icy, de qui nous les retirerons quand il Faura achevée , car ils avoient esté si mai traictez à la première trempe du vinaigre, que tout fust demeuré en pièces, s'il les eust fallu retremper une seconde foys. Cependant nous avons eu touts lesaultres papiers, où nous avons prins un bien agréable divertissement, car nous en estions bien affamez, durant tant de temps que nous en avions esté sevrez. Le pis est que je crains grandement que nous n'en soyons dezhorsmais frustrez possible tout à faiet, ou pour long temps. Car bien que meshuy il ne soit plus de besoing que les despesches aillent passer par Âix où il n'y a plus de commerce du tout, elles courront neantmoings grande fortune de Sallon seulement jusques icy, parce que les villages d'entre deux commancent à s'infecter, et perdre le commerce, de sorte que pour aller d'ici là, il fauldra aller faire de grands destours. Je suis pourtant aprez d'establir un petit commerce à la desrobée, par des laquays d'icy à Rians une foys la semaine, et d'aultres delà à quelque village prez de Sallon, auquel M' le Premier Présidant ou M' d'Agut me pourront envoyer les lettres par quelqu'un des leurs soubs les précautions du vinaigre. C'est pourquoy il sera necessaii*e que par cy aprez mes lettres viennent soubs une enveloppe à M*^ le premier présidant d'Oppede, qui me promet de prendre le soing de me les faire tenir, ou du moings il fauldra mettre une petite apostille à un coing de la suscription de mes pacquets pour les recommander à mon dict sieur le premier présidant d'Oppede et à M' le conseiller d'Âgut. Et afin qu'il le face avec moings de regret, si vous trouvez bon de faire mettre quelque petit feuillet de nouvelles soubs la dicte enveloppe hors delà mienne, il y prendra grand plaisir, sans vous astraindreà luy escrire. Mais pour estre plus asseuré, il fauldroit envoyer voz despesches à M** le Pelletier, qui les feroit mettre sous l'enveloppe de celles du Roy et de M*^ le Beauclerc; aultrement ce sera grande merveille s'il ne s'en perd quelques unes.' Car le maistre de la

* Le P. lie Moyiie, déjà plusieurs fois mentidonë.

[1629] AUX FRERES DDPUY. 189

poste d'Aix qui est de mes amys n exerce plus, à. cause d'un accidant de peste qui survint diez luy, et qui fit remettre ses chevaulx à un aultre qui n entend rien à ce mestier. Et je ne sçay s'il se sera soucié de transférer son bureau à Sallon, daultant qu'il semfaloit s'estre lassé de la vacation , et hors de luy je n'ay persone là à qui je voulusse confier mes lettres, si ce n'est M' le Premier Présidant et M'd'Agut tant qu'ils y seront. Que si la guerre d'Italie, dont on parle, faisoit passer les cour* riers du Roy dans cette province,* comme M' de Fetan me le mandoit dernièrement, l'adresse du dict sieur de Fetan sufiiroit, mais il fauldroit que les despesches fussent adressées au sieur Renest, maistre de la poste du lieu de Tourves, qui n'est qu'à quattre lieues d'icy, sur le grand chemin d'Italie S car il est fort de mes amys, et aprez les avoir receîies par le vinaigre me les feroit tenir icy bien seurement. Je luy en escriray un mot, et le prieray de vous en donner advis, afin que cela manquant, vous recouriez, s'il vous plaict, à M' le Beauclerc ou M' le Pelletier, avec l'adresse de M' le Premier Présidant à Sallon. Et sur le dos du papier des nouvelles, vous pourrez cotter que c'est pour m'estre envoyé avec le paquet y joinct, à cette fin qu'il ne le retienne, et qu'il suffise d'une seule coppie pour luy et pour moy. Auquel cas il n'y auroit pas de danger d'envoyer quérir Quentin tous les mardy matins, pour transcrire les dictes nouvelles sans vous en donner la surcharge, ou bien un jour à l'advance pour avoir loisir de faire tenir vostre despesche à mon dict sieur le Beauclerc* Si j'estois asseuré que M'd'Agut tinst pié à Sallon, je luy ferois volontiers mes adresses parce qu'il est fort officieux, et fort exacte à obliger ses amys, et auroit plus de soing que M' le Premier Presidajit de m'envoyer exprez de ses laquays; mais je me doubte qu'ayant servy quelques moys, il vouldra s'aller reposer aux cliampsà son tour; maintenant que la cour ne peult pas faire de grand travail, hors de quelque cause criminelle où l'on n'a que faire de moy, ou bien de quelque exécution de règlements, oà trois persones peuvent aultant faire que cinquante, c'est pourquoy je ne me hasteray pas tant

^ Aajonrd'hui oommune du dëpartement du Var, arrondissemeot et canton de Brilles, à 1 a kilomètres de cette ville, à 58 kiloniètiies de Dragaignan.

190 LETTRES DE PEIBEB'C [1629]

d'aller servir à Sallon, pour fortifier de tant mi^ui oia foible santé, laquelle avoit certainement besoing de ce peu de rekisehe.

Vous aurez possible apprins que tant que ia dtcte cour de Parleiueflt trouva de quoy espérer d'apportei^ du remède en la ville d'Aix, elle y tint pied vertueusement pour y establir de bohs ordres, mais au de*cours de la dernière lune, y ayant eu des journées de cinquante persones mortes ou frappées de la maladie, manquant toute ressource à la prudance humaine, ils firent une procession solemn^e avec touts les reliquaires, sans y souflrir aulcun concours ne suitte de peuple, et après résolurent soubs le bon plaisir du Roy leur translation en la ville de Sallon, quils choisirent comme la plus commode, pour de là pouvoir secourir les villes d'Aix, d'Aiies, et si le malheur le portoit ainsm, celle de Marseille , car elle est comme au centre d'icdles. Et partirent d'Aix en corps le jeudy 25°"*^ du moys passé, non sans un grand desplaisir de ce peu de monde qui restoit à Aix. Et envoyèrent un Présidant à'Pertuys, pour avec ceux de la compagnie qui estoient delà la Durance tenir une chambre par forme de grands jours sans plus grand ressort que de ce qui est delà la rivière avec Digne. Messieurs des Comptes, ayant apprins que plusieurs de leur compagnie s^estoient jettez dans la ville de Toulon ou ez environs, où ils avoient esté receus les uns après les aultres aprez avoir faict leurs quarantaines particulières, leur envoyèrent commission expresse, pour y ouvrir leur séance, et y firent couHer un de ceux qui avoient preste le sôrm^it à la Saint Denys dans Aix, pour recevoir le serment du Doyen (qui s'y estoit retiré longtemps devant), lequel par aprez receut le mesme serment de tous les aultres, et y présida. Mais M'^ nostre Gouverneur en fut' si fasché, qu'il fit oster Feutrée et le commerce de Toullon dans Marseille, et puis voyant que cela ne satisfaisoit pas à ses sentiments, s'en vint en persone à Toullon disant que c estoit pour faire sortir de là Messieurs des Comptes, lesquels enfin seront possible constraincts de chercher retraicte à Brignole* ou ailleurs. Le Prince maintenant se

^ Ghef-ii6u d'arrondissement du département du Var.

picque de peu de chose; Taultre jour dans Marseille « lors de leleotioA des Consuls ou Eschevins, il se rendit en THostel de Ville, et sur quelque bruict qui se faisoit hors la porte du dict Hostel de Ville, il sortit et donna des coups de plat d'espée à un qui tranche du gentilhomme bien que filz d'un marchand, dont il faillit à y avoir grand bruict, car on commença à crier tue tue, et grande quantité de peuple saulta aux armes, y ayant eu une espèce de miracle qu il ne s'en soit ensuivy quelque grand eicez. On avoit dict que sa venue à Toulion estoit pour y faire embarquer le régiment de Rambures, qui y estoit descendu de* puis peu, et pour le faire passer en Italie, mais il n'y a gueres d'apparante, car le passage luy eust esté plus aisé du costé de Suse tandis qu'il estoit à Sîsteron. Si cela est qu'on les embarque, je m'imagine que ce sera pour les jetter aux Isles d'Ieres , afin d'y empeseher une descente de l'Hespagnol, maintenant que l'on faici plus de bruict que devant 4e k guerre d'Italie, oà l'on dict estre entré grand nombre de trouppes Allemandes, et que tout le Montferrat est de rechef occupé excepté Casai, où M" de Toiras^ s'est retiré y ayant eu quelque conflict à Alessandria de la Paglia^, mais cela n'est pas creu absolument, parce que la nouvelle vient de la part d'un personage qui prend plaisir de dire des mensonges.

On me vient de dire que^ Messieurs des Comptes ont faict arrest, portant sureeanee pour un moys de toutes affaires, pendant lequel temps ils disent avoir à .travailler pour le Boy, et que cela aura aul*cunement satisEaiet M' le Gouverneur; ils en auront esté quittes à bon marché, si moyenant ce ils peuvent se maintenir dans ToUon, car aussy bien y a il sureeanee au Parlement de toutes affaires particulière hors le criminel et la police. D'Aix nous ne voyons pas de aoavjelles

* Nous avons déjà rencontre dans le Tanaro, à 8o kibmèires de Turin. On pré-

ioma I 1^ nom. de Jean de Saint-Bonnet, tend que i'empereur Frédéric Barberoosse

seigneur de Toiras, qui allait bientôt rece- appela par dérision cette ville Alexandrie de

voir le bâton de maréchal de France pour ia Paille, parce que ses murs n'étaient

sa magajfiqne. défense de Casai. formés que de paille et de bois enduits de

' Ville du Piémont, sur ia rivedpoifca dn terre.

beaucoup pires que devant, attendu quil y a si peu de monde, que le mal ne trouve quasi plus de matière sur quoy il puisse agir. Il ny a que le pauvre Assesseur des consuls de la dernière année, qui s'est laissé surprendre au mal, et dict on qu'il a esté bien tost despesché, et que cela est arrivé dez le dernier jour de consulat qui expiroit le jour de la Toussaius, ce qui aura donné grande terreur dans la ville.

Or pour respondre à voz lettres en destaii , j'ay receu et veu avec un indicible plaisir la coppie de la lettre de M" Rigault à M»' le cardinal Barberin, ayant esté inOniment aise d'entendre que le différent eust desja esté jugé à Rome en sa faveur, où la présence de M' de Thou ne luy aura pas nuy. Il fault advoiier que c'est un bel esprit, et que son style a des rares délicatesses, et son génie un grand advantage pour persuader. J'ay honte de la peine qu'il a daigné prendre luy-mesmes pour transcrire de sa main cez petits fragments du Michael Attaliota, derrière le Theodorus Hermopolites, et luy en suis bien redevable quant et vous, ayant grand regret de la peine qne vous donne ce Théophile S ou plus tost Vitray, dont je pense qu'il seroit bon de dire un mot à M' le Jay qui l'emploie à cette Bible, aux fins que s'il estime que cez deux ouvrages soient incompatibles, on ne s'attende plus à Vitray; sinon, qu'il interpose son authorité et son intervention, luy qui est plus souvent chez luy, pour le luy faire entreprendre. Il aura peult estre bien à parier à nous dez hors mais, car j'attends d'heure à aultre de Marseille une grammaire samaritaine que l'on m'a apportée de Levant, et à laquelle j'avois faict l'amour il y a une viutaine d'années ^ l'ayant eue lorsque je n'y esperois du tout rien. L'importance est que l'on m'a achepté en mesme temps, et par un bien plus grand heur, un Pentateuque en trois langues, escrittes par colonnes è regione l'une de l'aultre, toutes trois en caractères samaritains, et toutefoys en langue hébraïque, samaritaine et vulgaire ancienne que les uns jugent Arabique, les aultres Syriaque, pour la meslange qu'il y a des termes de Tune et de l'aultre. Mais pour me laisser de la mortification parmy le

' Le TUapUie d^Antiibai PabroL — ^ Charmante expression bien digne de oelai qui eut h un si haut degré la passion des livres el des manaBonts.

plaisir de cette acquisition, ceux qui en avoient la charge n ont pas eu assez de resolution pour me l'envoyer en mesme temps que la gram*maire, soubs prétexte de quelques feuillets d'imperfection sur la fin, qu'ils font transcrire d'un aultre exemplaire imperfect quasi partout, excepté aux lieux qui deffaillent en l'aultre, et lequel ils eussent peu 9 je m'asseure, achepter avec la mesme facilité que l'aultre pour les en* voyer tous deux ensemble, ou plustost ils debvoient faire marquer les lieux imperfects, pour les faire suppléer à loysir, sans retardation^ de l'envoy de mon original. Il fault prendre de la Providance divine tout ce qui luy plaict, et louer Dieu encores quand nous n'aurions que la grammaire qui est arrivée en cette coste sur une barque qui passa hier devant ToUon avec fort beau temps pour se rendre à Marseille, où j'ay despesché en diligence, pour recouvrer ma caisse dans laquelle on m'envoye par mesme moyen un nouveau testament en Syriaque, un volume de conciles Grecs m[anu]s[crit] qu'on dict estre bien beau, et un libvre Arabe grandement ancien et aultres choses, mesmes afforce médailles antiques et aultres curiositez, qu'il me tarde bien de voir. Tant est qu'il y aura , je m'asseure , de quoy donner de l'exercice au R. P. Morin , pour qui je ne manqueray pas d'escrire au sieur Pietro délia Valle par la première commodité concernant sa Grammaire /Egyptienne puis qu'il le veult ainsin, bien qu'il y ayt, je m'asseure, beaucoup plus de crédit que moy. J'oubiiois de vous dire que l'on m'escript de Levant que cez barbares qui firent courir tant de fortune à M' de Thon prez de Nazareth^, y rançonnèrent celuy qui s'estoit chargé de mon argent pour y faire toutes ces employtes, lequel hors quelques bastonades en fut quitte assez à bon marché Dieu mercy, mais qu'aprez le despart de M' de Thou du païs, il fallut que pour expier l'arquebusade tirée par son homme, le couvent de Saint-Salvadour en payast cent piastres au Bascha de Napoulouse*. Vous verrez icy les dernières nou-'

^ Sous le mot retardaiion le Dktionnaire * Aujourd'hui Nasra , dans }a province de

de Littré cite seulement un écrivain du Galilée, à i3o kilomètres de Jérusalem.

XVI* siède(Arobroi8e Paré) et deui écrivains ' Naplouse, ville de la Turquie d'Asie,

du xvin% Buflbn et BaiHy. dans le pachaKk de Damas, ^ 60 kilomètres

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