‹ Lettres de PeirescChapitre 15 sur 48 · II · texte numérisé non relu

II

lll»KtME»1K MATtO^AlE.

veli68 que fiOtts avons eues d'Algers. Je crcMs que ivous: aurez depuis faict raidre chez W Guittard les papiers qui iuy estoîent adresses pour les iuy faire tenir à Fontainebleau, où il s'estoit arresté.

Je neu«se pas jugé que la lettre du Roy de Pefse eust esté du deik functS ai vous ne me reussiecs mandé, dauitant qudsembloit qu'il neust jamais esoript au Roy^, si je ne me trompe, car je ne lay pas reveûe depuis, et toutefoys, Tan 1601, je penae que TAmbaasadeur de Perse qui passa en France t et en Angleterre porta des lettres du metme Pmnee au feu Roy, et me sembloit avoir ouy dire qu il avoit eatthpt an Roy à son advenement à >la couronne.

J'ay prins grand plaisir à ce peu que jay veu du Facundus du P. Sirmond, et seroîs bien aise de sçavoir les noms des aultres autJieurs quil a sur la presse, s'il est loisible, car je sçay bien qu'il n'est peult estre pas aîsé de l'apprendre tant il appebende d'etire< prévenu en ses desseins. Je suis marry de n'avoir veu le P. Dominique des Carmes ^ (et son beau recueil d'inscriptions; il fiiuidra que le temps nous en donne un JMr la communication, s'il se peuk resouldre de les donner au public. On «m'en envoyé quelques unes de Levant qui ne sont que des colonnes .miliaires de la VIA ANTONINIANA de Caracalla prez de Sayde^ «t fiarutS.dont je ne manqueray pas de vous faire part m scm temps. 11 me reste à vous remercier du seing qu'il vous a pieu de proftdre de me faire transcrire les funeraiUes de feu Madame^. Il est itfray que j'en avois une relation, mais celle ey sera vraysemblablemefltt dÂfferante de «la mienne , puis que vous dictes que M' de Lomenie l'avait fraiscbement recouvrée, et quand elle s^^it double il n'y

de J^msalem. C'est Tancieime Sichem qui <l'AixJei*'maii63A(regiQtrelV,fol.66a).

devint ensuite NeapoKs. * Sur Saide ou Seide (l'ancienne Sidon),

* Abbas I", mort, comme nous Tavons voir le tome I, p. 44a. Ya,'eni^a8. ' SacmeoaStfyrovli^ ville 4e k'Tiifffiîe

* An roi Louis XIII. d'Asie , en Syrie , à 1 00 kilomètres de Damas. ' PflÎjiQsc a siéent, deux ietlh^s.au P. Do- ' Marie de BMMboa, dniAasae de Mont-

miniqiiMB de Jésus, earme déebmsçë: wie pensîer,.pais, par fon juari^ avee.Gas- .d*A», l6itt«oàt 1638 (i!€gisfra m des Mi- Ion, dadiewe d'OiiéaiM, .morte ie 4 jtûn anlfls de fiarpentras, igi. :i.^); ii'aiilre 1697.

auroif pas grand ineon^efliant. J« m'imagine queM^'"^ le Prince S qui a eu le soiug de rendre tant d'honneurs à feu Madame la Princesse sa mère ^, vouldra par mesme moyen que la cérémonie en soit escripte, et qu'un chascun la puisse voir. Et je seray bien aise de l'avoir aussy en soa temps, s'il s'en faict rien par eseript comme je n'en double poincl. Les advis de Madrid, de Milan et de Modeatei estoient bien curieux, je vous en remercie de tout mon cœur, et vouldrois bien avoir de quoy vous en rendre quelque revanche, yant admiré la resohition de ce pauvre Duc de Modena, beaucoup plus que celle de M' de Ventadour, que nous croyions estre allé à l'oratoire^, mais à ce que je voids, puis que Madame sa femme ^ a affecté d'entrer aux carmélites d'Avignon, qui ne recognoissent pas les PP. de l'Oratoire, comme celles de France, il a voulu par mesme moyen choisir ceux de l'oratoire d'Avignon, qui font aussy bande à part^ de tout le reste du Royaulme, et qui se sont rendus religieux formelS, soubs la primitive dénomination de Pères de la doctrine chrestienne, instituée parle Beat^ P. Bus'' dont on monstre le corps comme une merveille pour estre si conservé comme il est sans avoir esté embaumé^. Il me reste à vous remercier comme je faicts trez humblement des bonnes nouvelles qu'il vous plaict me donner de l'arrivée de Monsieur

^ Henri II de Bourbon , prince de Coudé.

* Chariotte* Catherine de la Trémoilie, seconde femme de Henri I*' de Bourbon, morte le 98 août 1609.

' Sur Henri de Levis, duc de Ventadour, voir le tome I, p. 596. Diaprés Vartide Levis du Dietiamuùre de Moréri , le duc de Ventadour devint cr chanoine de l'église de Paris)».

* LJease de Lmembourg, ûlie de Henri, due de Luxemboui^, et de Maddeine de MoittfiMHranoy, dame de Tfaoré.

*' littrénffMUirivT^oesiiiots d'aucune d** talioD (èfioMi^ etAfK dotti6(ài\»t)qQ:iiiw phrase de Boametoà 1» mot sêou nmfriae» le mot hande.

^ Beat pour btenkéMreîuc,

^ César de Bus, né à Cavaillon le 3 février 1 6^ & , fonda la congr^ation de la Doctrine chrétienne en 159a , et mourut à Avignon le i5 avril 1607. Voir une exceHente notice sur César de Bas dans k Dkihnnaine histor, , biogr, et hihliogr. du département de Vaucluse, par le docteur Barjavd (t. I, p. 3o3-3o8).

' Le P. Théophile Raynaiid, dans son traité De meomqtt. eadeBoer., p» ^^^bo, signale .Mat d'iDcorrapIn» dans teqnd on trouva en iBoâleeadovrafdéGésàr défias, et «Dicondat qoe ceto»^ était- saint.

le Grand, maistre des Requestes, dont je me conjouys de bon cœur avec vous, et avec toute rAcademie, comme du recouvrement de Tun de ses plus dignes supports, vous suppliant de m'entretenir en Thonneur de ses bonnes grâces, comme son plus desvoûé serviteur. Il vous debvoit bien porter des nouvelles du pauvre M' Samuel Petit. Je n ay encores eu aulcun moyen d'entreprendre aulcun travail ; c'est pour quoy les lettres de M' de Malerbe sont encores demeurées en arrière; aussy bien n avions pas maintenant de commodité de les vous faire tenir, mais ce sera Dieu aydant la première occupation que je prendray et ce seront les premiers papiers que je manieray. Vous en pouvez asseurer M' Granier, et que je suis son semteur. Cette maladie nous est venue fort mal à propos ; car j'eusse eu de bonnes pièces, de M' le Marquis d'Oraison, de M' d'EspagnetS et de M' le Premier Présidant, qui s excusent sur l'incommodité du temps présent. Sur quoy je finiray delAeurant, Monsieur,

vostre tre2 humble et trez obligé serviteur, DE Peiresc.

A Beattgeotier, ce 7 novembre 16991

On me vient de mander de Marseille qu'un P. Observanlin venu de Rome asseuroit que M' de Thou s'en revenoit par icy, et qu'il y debvoit estre dans sept ou huict jours. Je serois marry des incommoditez qu'il trouveroit sur les chemins du Rhosne, où tout est en piteux estât, mais je serois merveilleusement aise de le pouvoir gouverner icy quelques jours en plaine liberté, bien que destitué de Tentretien de mon

^ C'était Maro- Antoine d'Espagnet, ne à (t. I« p. Sôi)^ composa en son honneur une

Aîx le 17 juin 1 5&S , mort en la même ville pièce de vers intitalëe : Swr k trempas et le

le 9 septembre i6fi6. Il fut conseiller au tonAeau [dans la cathédrale de Saint-Sau-

pariement de Provenee, comme Tavait été veur] de feu Motmeur Mare-Antome i'Et^

son^pAre. C'était an grand ami de Malherbe ptfgnet, einateur très magm/ifue, conseiOer

et de César de Notredame. Ce dernier, «m parlement, k phemx iet am^e et des

eomme le rappelle Tanteor des Rues d'Aix hommes.

cher cabinet \ et le conseillerois de passer droict à Sisteron et Grenoble, où il y a moings de danger, et de prendre des bestes de somme, pour emporter son coffre et celuy de M' Aubery, avec vostre caisse, telle que nous la pourrions refaire. Si les livres de Levant arrivent, comme je Tespere, je les luy consignerois volontiers. Je ne suis en peine que de voir si les dicts livres respondront à l'opinion qu en ont prinse ceux qui me les ont procurez.

Je pense que cette despesche sera portée par un gentilhomme de M' le General des Galères nommé M' de Baillibault, qui doibt partir demain de TouUon pour aller en cour où je l'adresseray à M' le Beauclerc^

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PU Y, À PARIS

Monsieur^ Nous neusmes pas le moyen de nous prevalloir de la commodité du passage de M' de Baillibault en cour ainsin que nous pensions pour vous fiedre tenir la despesche que je vous avois faicte sur cette espe* rance, parce que inopinément le commerce nous fut interdict sur ce poinct là , pour divers accidants arrivez en divers lieux autour d'icy qui donnoieut des soubçons de la maladie, et qui pourtant nont esté la plus part que terreurs paniques, et faulx ombrages, si ce nest pour les lieux du Gastellet^ et de Tourves, qui ne sont Tun qu'à trois lieues d'icy, et l'aultre à quatre, où il y a eu des accez ou de peste ou d'aultre chose qui en approche fort. Mais nous avions faict mettre de si bonnes barricades et grosses gardes aux advenues des dicts lieux , que ceux de

* Nons avons vu que Peiresc avait laissa ^ LèCliadlellet,commuiiedudëparteineiit

à Aix presque tous ses Kvres. du Var, arrondissement de Toulon, canton

' Vol. 717, foL 86. ûe Beausaet, à 90 kilomètres de Toulon.

TouUon en sont deioeiirez assee biea édifies pour scen conteirter et rendre l'entrée de leur ville à ceux de ce lieu cy. GependMit oette bonne commodité de vous eso^ire, ou plus t09t de vous . foire tenir les lettres queuous vous avions eecrittes dernieremient, nous est eschappée àiuostre grand regret. Et la datte de nozîpiâiivres lettres s est envieillte icy bien mal à propos, vea le long temps que vous avezesbé sans recew voir de noz nouvelles. Mais le temps où nous sosnmes traisne cet in^* convenient parmy plusieurs aultres qui sont bien plua grands,. et dont le récit ne vous seroit qu'à impôrtunité ; c est pourquoy je ne vous y amu^ seray pas, pour vous faire sçavoir quaprez toutes cer rigueurs enfin nous sommes venus à bout de deux choses que j'avois bien à coeur : l'une, de pouvoir mettre hors d'icy les coffres de M' de Thou et de M' Aubery, pour les disposer à pouvoir prendre le chemin de Paris; l'aultre, de retirer icy ma cassette de Levant. J'ay donc obtenu permission du bureau de la santé de Toullon d'y envoyer les dicts coffres jusques prez de leur ville pour y faire quarantaine en une bastide du dernier consul qui me l'a prestée pour cet effect, et en mesme temps je les y ay envoyez avec un homme, pour les ouvrir en présence des Intendants t et pour aérier^ de ujouveau tout le cont^w aux dicts coffres, tant qu'il plaira à cez Messieurs, et auasytost qu'ils* auront liberté d'entrer dans la ville, je les' feray charger pour Marseslie, pour de là prendre la routte de Lyon et de Paris. J'ay conv^erty la corlmile turquesque de M' de Thou en un coffre assez long pour y loger son espée d'acier de Damas tout de son long, et parce queie edntianu de- sa corbeille n'eust pas bien contrepesé la demy charge de mulèet qui e»* toit nécessaire, pour l'assortir avec le coffre du dict sieur Aubery, oniàv toutes les bardes et curiosités de mon dicfc sieur de Thou, dont vous aurez le rooUe cy joinct, j'y adjousiay d'^aultros choses jusques à la eon^ currance du poids qui pouvoit estre nécessaire, entr' aultres un petit fagot de Rome pour le sieur Le Maire, une des boittes d'Antiquailles du dict sieur Aubery, le m[anu]s[crit] du Gervasius^ de M*" de Thou,

* Je ne trouve f9» ailleurs la forma aérier, mais dans le langage* prevoi^l ofteoiploie le mot Qfmar. — * Gervais de Tilbar y«

[1629] »A:UX FHÈKES DUPUY. IW

•vMtre exbtaMt du coneUe de Trente, voz cahiers des poèmes de Bar* 4eii8«eii cdie belle édition S Jes volaoftes. des Mémoires de Vincens Bknc, pour M' Bergeron , qui oceup^nt bien de la place, et où il trou* vera bien. à retrancher, s'il en veuU, faire rien qui vaille, afin que Monsieur le présidant de Lusson ne.me reproche pae^qoeje luy ay manqué de paralle» puis quil vous avoit tesmoiigné de le désirer^ et fmalement mon grand. volume des ecdogùes de TËmpereur Constantin Povphyrogeuete, que je me suis résolu de hazarder, pour ne vojjs £aiire tant languir, en Uattente de uiteilleure saison et. plus seuresieoimttoditez, de cuwnte qtte< vous» ne trouviez par apireat que la «ehose ne le oieritaât pas, de qijioy je commançois d'avoir grande honte. Je ne Fay pas faiot eouldre, a4ns Tay faiot passer par des longs filletz tendus d'une trancbefile à aulire, pour chascun cahier, selon l'-ordre que je l'avois rangé dea Ja permiere foys que j'y mis de nez-etique je. le fis descouldre, pc^ur r'abiiler les transpositions, q^ii y festoient manifestes, la vieille rdlîeure ayant esté ai mal endossée ^, quctlapluspart des cahiers avoient esté aultree fois pourris par le doz, et les feuilles mesmes £mdues, et paisfeoQttiues 'Sans ordie, car il n'y avoit poiiftct eu de reclame, lorsqu'^fiMteaccipt. Je^oi ois bion.avoir rettcontré^ea fdu^ieurs lieux lavraye suitte etdea cahiei?» et;des feuillets trani^osez, et y;avoir suppléé les vedames qu'il y lalloit, mais il y en. a d'aullres, où je pense m'estre eqiûvoci|aé,ret bQute£»ys je n'eus pas le loisir depuis de le mieux par-iM>urir 'Qt eaïaminer, pour ne pas y laisser du regret, principalement aux eeldgaes tarées du NicciLausiDamascenustque j*eu0se bien voulu pouvoir bien distinguer d'avec le reste , car le commancement y manque. 11 lauldra que quelqu'un de oez Messieurs de delà , qui ont plus de cognoifi(}aii<^, de praetique et de loisir que^moy, a'en donne la peine,

' Ces eakiers devaient être ceux qui for- lems {Les Elzevier, p. 38) : ffLe principal

iiièreiill'ë<lîtionekévi«ienaedei63i (Leyde, mérite de oe recaeil eoMsfe dans sa bèiie

feAiiA-i u):Ga^fémêBêrlmPomialmneJitÊO «(éQiitioo(yp^nf»lûfae.« nova, priare casUgatior et altéra farte antc- ' Peirsec emploie Te^Epression technique ,

tior. A Tappui de l'éloge donné par Peiresc car, dans la langue du relieur, endosser

à ces fragmente de la Mie édition de 1 63 1, c'est fiiire le dos du volume en pi^épa-

je <itoM ^oetta i»yprériatioR de M. A, Wil-> iwtioo.

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200 LETTRES DE PEIRESG [1639]

et j'ay pensé que personne n*en aaroit mieux la commodité que M' Grottius ; c'est pourquoy je luy en escriray un mot par cette voye cy, et l'en supplieray, me promettant que vous fortifierez mes prières par les vostres, et l'y feray resouidre. Car je n'ay pas creu qu'il y eost de l'apparence de divertir pour cela M'' Rigault de ses exercices ordinaires et des beaux desseins qu'on met à présent sur le tapis, pour l'Histoire du siège de la Rochelle, que je vouldrois bien voir un jour de sa façon ^ Ëncores moings M"* Saulmaise, pour ne le destourner de son Pline, puis qu'on nous le faict espérer tost ou tard aprez son Solin. Que si M' Grottius ne pouvoit vacquer à tout ce qu'il y pourroit avoir affaire, conjurez-le pour le moings, je vous supplie, de me faire le Nicolaus Damascenus, que je seroîs merveilleusement aise de voir de sa main; ce ne peult pas estre un travail de longue haleine. Et je m'asseure que vous trouverez prou d'aultres galants hommes, qui ne seront pas marrys de s'occuper à ce qu'il y pourroit avoir à glaner dans les eclogues tirées du Polybe, du Dion Cassius, de l'Appian, et aultres. Et possible que M' Aultin sera bien aise de voir cez eclogues, de cez deux ou troys petits moynes ou chronologistes Ghrestiens, tant du lohannes Antiochenus que du lohannes Malela , et de ce Georgius Synceilus qui est celuy dont il cherchoit les commancements au dessus de Pompée. Je serois merveilleusement fier, s'il s'y estoit trouvé de quoy servir utilement le public. J'y eusse volontiers mis dans le mesme coffre un exemplaire du dict Georgius Syncellus qui ne commance qu'à Pompée avec le Theophanes en suitte, que j'avois recouvré à Nismes du sieur Samuel Petit avec ce dessein , mais encores que je l'eusse mis en la pille des libvres que je voulois qu'on m'apportast icy, noz gents l'ont neantmoings laissé en arrière, à mon grand regret, encores que difficilement y pouvoit-il avoir rien de plus qu'aux exemplaires de la Bibliothèque du Roy qui sont en bon vellin bien ancien , car celuy cy n'est qu'en papier, et je sçay que M"" Aultin en a eu encores d'autres exemplaires de feu M' de Fontenay et d'ailleurs. Je pensois aussy vous

^ Rigault n*a maiheareuflement pas donne Thistoire du mémorable siège de ta Rocheiie.

envoyer d'aultres chosettes dont je ne me sçaurois maintenant acquitter, auicunes estant demeurées à Aix, et les aultres ne vallantspas la peine die vous faire une caisse à part , de moindre poids que d'une demy charge, en ce temps icy, car celle que je vous avois apprestée fut dezassortie dans Aix, pour ne pouvoir lors envoyer la caisse entière et ne pas différer de l'envoyer jusques à un aultre voyage de noz mullets et pour en distribuer les livres en divers coffres avec d'aultres hardes et emmeublements^ que l'on emportoit en cette dest^outte, avec tel desordre, qu il est demeuré prou de choses de ce que j'eusse le plus affecté d'avoir, et en est venu d'aulcunes, que je n'avois nullement pensé d'apporter, n'ayant peu estre presant moy mesmes à tout. De sorte que vous n'aurez pas maintenant le registre du Roy de Cypre ne les Assises de Hierusalem et Cypre en François du Vatican , ne celles en Italien de Venize, comme je pensois vous les envoyer, ne les relations du cardinal Bentivoglio, vray est que si elles sont imprimées aux Pais bas comme vous disiez , vous ne vous en seriez guieres servy. Il y avoit aussy quelques libvres imprimez qui s'estoient trouvez doubles entre les miens, aulcuns desquels eussent possible esté de vostre goust, et par malheur, parce qu'on avoit cotté sur quelque enveloppe que c'estoit livres doubles, celuy qui m'envoyoit mes balles creut que cela m'estoit inutile , et ne se soussia pas de les faire charger, ne qui pix est des aultres livres d'importance, qui estoient auprez de ceux là, de sorte qu'ils rejetterent le tout dans mon estude. Et je crois bien que vous me tiendrez pour excusé de cez manquements, qu'il fauldra reparer quelque jour, si nous pouvons, et si Dieu nous permet de retourner chez nous. Cependant, pour ne laisser M' Autin en peine de cet exemplaire de Syncèllus, en ayant trouvé icy, entre les papiers que j'emportay par hazard, un petit mémoire des tiltres, commencements et finales paroles, j'ay creu le vous debvoir envoyer pour le dict sieur Autin , qui reeôgnoistra bien par là si c'est chose qui luy puisse servir,

^ On lit daDd le Dietwnnmre de Trévowt, au mot ameublement : «r Quelques-uns disent mal mmeubiemênt. n lya forme mmevAlement est donnée par Gotgrave , Oudin , La Curne de Sainte* Palaye. , ■ ' •

IWFtlMSKII ilATIOHALB.

Quant à ma cassette de Levant, nous n'y avons^^pas trouvé de si beUes choses que les factures faisoient paroistre, mais tousjours y a il de quoy n avoir pas de regret à la despance qui s'y est faicte. Le volume qu on s'estoit imaginé estre des conciles ne s'est trouvé contenir que 1 5 ou i6 Homélies de S^ Grégoire de Nazianze dont vous aurez icy l'indice des tiltres de chascune, pour pouvoir conférer sur l'imprimé et voir (si vous voulez) s'il y en auroit quelqu'une non encores publiée, ce que je n espère pas, me souvenant d'en avoir veu aulcunes dans. mon exemplaire qui est demeuré à Aix. Mais le m[aQu]s[crit] est d'assez bonne marque en vellin in fol"* de cinq à 6oo ans d'antiquité et y a tout à la fm dix ou douze feuillets d'un scboliaste anonyme qui est celuy. mesmes qui a faict les scholies sur ces oraisons du mesme S^ Grégoire de Nazianze in Julianum Parabutem imprimées en Angleterre in k^ce me semble ^ car il les allègue en celles icy, et y avoit mis un tiltre qui a fourny le subject de l'équivoque de ceux qui s'estoient persuadez que ce fussent des conciles par l'hpmonymie* des premiers mots, CTNArûrH K' ËSlHrHGIG que vous trouverez au bas du dict indice. Les aultres volumes sont touts en cez langues orientales. Et des Arabes je ne vous puis rien dire si ce n'est que je n'y ay pas recogneu d'apparance de si grande anti* quité que l'on m'en avoit faict de feste; il fauldra atteodre un interprète. Des Syriaques il y a deux exemplaires du nouveau testament, l'un in-A° en papier de Damas d'environ 200 ans, qni est tout com-;plect en deux langues è regione l'une Syriaque et l'aultre Arabique, et toutefoys l'une et l'aultre escriptes en caractère Syriaque ordinaire, sinon .les premiers mota des livres .et les noms propos plus importonts, et laultre in fol^ en vellin 'de eiaq à 600 ans qui ^t imperfect à la fin, et en quelque aultre endroict, mitis il a de plus les concordances de cbappittres des U evangelistes, et «bs^enlumineures et figures chres. tiennes d'assez bonne marque et est escript en oariactere majuscule Syriaque ancien tel qui se votd a^ix commancenimts des livres et aux

' L'édition anglaise est intitulëe : S, /Tro- (/ «. . . $tuiio R, MmilÊgH { Etooœ, 1 6 1 o, in-/i*). gorii Ifouaittem in Julianum ù^^eùtioœ duœ, * Le Siçtmimre^dt Uttrrf ne cite iftiieiin

grwee, eum iehoUU grœm twneprimum edi- écrivaio sous le mot hmnompnie.

[1629J AUX FRÈRES DUFUY. 20S

noms propres pldsimportants dans Taultre exemplaire. Un gentilhomme de ce pais icy curieux de cette langue^ avoit désiré avec passion d'en voir un exemplaire. Je pense qu'il y trouvera de quoy contenter sa curiosité, et aprez si ils pouvoient servir à la grande bible de M** Le Jay, il y aura moyen de les luy fournir pour la grammaire Samaritaine; ce n'estoit poinct un volume formé, ne cousu ne rangé, ains des cahiers espars en si grande confusion et transposition que je n'esperois pas d abbord d'en rien tirer qui vallust, mais apprez y avoir un peu resvé dessus, j'en tiray dix cahiers presqoe touts entiers chascun de dix feuillets dont je trouvay fort bien les suittes, qui semblent contenir un dic-^ tionnaire, en cette langue Samaritaine, rangé selion l'ordre de l'alphabet qui y est tout entier qu peu s'en fault, hors des deux premières lettres, lesquelles contenaient deux aultres cahiers semblables, tout le volume monstrant avoir esté de douze cahiers seulement, et semble que chasque mot soit interprété en deux différantes langues, mais tout en caractère Samaritain, ce qui me faict conjecturer que seront possible les mesmes trois langues de la Bible Samaritaine qui est en Hébreu, Samaritain et Syriaque ou possible vieil Arabe, à quoy je vous déclare que je n'entends du toiit rien ou bien peu s'en fault. Tant est que la pièce pourra toui(|ours estre de quelque usage, nonobstant l'imperfection du commancement du livre, et de quelque aultre feuillet ailleurs. Le surplus consiste en sept ou huict aultres petits cahiers qui n'ont guieres de suitte, et qui ne peuvent estre que fragments de la grammaire de cette langue. puis qu/on les a vendusipour cela, dont je ne vous sçaurois rien garantii^^ en ayant trop peu de cognoisçance pour en parler. Bien ozerois-je vous dire que tels qu'ils sont, je pense que feu M' della< Scala en auroit sans doubte tiré de bonnes obser-

' Ce gentilhomme provençal était Fian- d'une trentaine de lettres qui lui furent

çowOalaitp de Ghaaienil» qui fut «i célèbre écrites par' PeiresC (du 8 août 1629 au

sdo» ie soniom de Solitmre du momt Liban, 90 aoât i6&5). Je pobliend quelqnes-unetf

D naquit à Aix le 19 août i588 et mourut des réponses du savant orientaliste dans un

au monastère de Mar-E)icha le 1 5 mai 1 64/i. des prochains fascicules de la collection des

On conserve à Carpentras (rostre Illdes Correspondants de Peiresc: mmim, da fel. 483 au (U. &A6^) pues

valions, fondements et consequances, puis quil s'estoit donné cette torture de forger une espèce de grammaire en cette langue là, sur la seuie comparaison du Psaultier qu'il en avoit recouvré avec le texte Hébreu, et pour l'achever, il desiroit avec grande passion de voir le Pentateuque en la mesme langue, pour en faire la mesme comparaison. Si M' Heinsius vouloit fournir ce que le dict sieur de la Scala en avoit rédigé par escript, cela joinct à cez fragments icy, possible que le P. Morin en tireroit quelque chose de plus solide. Vous advisérez si trouverez bon de luy en parler. Car pour moy je fourniray fort librement tout ce que j'ay, et tout ce que je pourray avoir cy aprez, croyant que les deux versions du Pentateuque serviront grandement à cela, et à beaucoup daultres choses impçrtantes à l'ancienne chronologie, selon que feu M"" délia Scala se le promettoit. Cependant je n'ay pas laissé de l'escrire desja en Levant, pour faire exacte recherche d'une aultre grammaire mieux assortie, et d'un autre Lexicon, en cette langue, ou des suppléments de ce qui nous en manque, si faire se peult. 11 fauldra voir ce qui en pourra reuscir d'une façon ou d'aultre, et ayder le public de tout ce qui nous sera possible. Attendant pour cet effect en grande impatiance l'aultre navire qui me doibt apporter ce Pentateuque en trois langues. Je ne vous amuseray pas à vous entretenir des médailles antiques venues dans cette cassette, où il y a encores de bien jolies curiositez, celuy que j'y ay employé ayant esté merveilleusement heureux à rencontrer, sans s'y cognoistre, plusieurs pièces, et de libvres et de médailles, que je luy avois tesmoigné désirer d'avoir de ce païs là. Il y a rencontré un aultre de ma cognoisçance un peu plus intelligent que luy, lequel luy a bien aydé, et lequel, y sesjoumant encores quelque temps, s'est chargé de continuer encores plus exactement cez recherches à l'advenir pour l'amour de moy, et ce sera luy que j'employeray, pour voir de recouvrer les suppléments des deffectuositez de ce Lexicon et de cette grammaire, tandis que nous attendrons ce que l'aultre aura peu ramasser en iEgypte et en Constantinople, par où il s'en revient se rendre à Rome où il me mande de luy adresser de mes

lettres. Voilà tout ce que je vous en diray pour le présent, demeurant tousjours, Monsieur,

voslre trez humble et obligé serviteur, DE Peiresc.

A Beaugentier, ce 18 novembre 1699.

J'oubliois de vous dire que pendant mon sesjour icy, noz galères, qui sont revenues de Messine, m'ont rapporté un exemplaire du libvre de Georgius Gualtherus des inscriptions de ce pais là S où il ne manque rien que l'espistre liminaire dont la deifectuosité ne m'est pas considérable , mais le marchand qui la faict tenir à un aultre marchand de Marseille luy mande que touts les exemplaires sont ainsin deffectueux, et que c'est par ordre du sénat de ce pais là que Tepislre a esté supprimée. Ce qui me faict présumer qu elle debvoit avoir esté adressée à quelqu'un du pais, que la jalousie des aultres n'a peu supporter, et que celle qui estoit en l'exemplaire que je vous envoyay de M' de Thou, adressée au Grand Maistre de Malte, doibt avoir esté faicte depuis cez deffances pour protfiter l'occasion de faire cet honneur à un nouveau patron. Tt)utéfoys je m'en rapporte et pense qu'il n'y aura pas de danger que Quentin transcrive l'epistre du voslre en papier de mesme grandeur de l'édition que je feray insérer à sa place dans mon exemplaire, pour l'amour de l'autheur, et pour le bon gré que je luy sçay d'avoir faict ce recueil pour ayder le public, avec tant de peine et de soing quoy que mal recogneu^.

^ Le livre est ainsi mentionné dans le sanœ, apud Petrum Bream, 16a A, petit

Manuel du libraire : Sieiliœ obiacentium in- in-A"). Le nom de Tauleur ne figure pas

sularum et Bruttiarum antiquœ tabulœ, cum dans nos recaeiJs biographiques. ammadversiambus Georgii Guaileri {Mes- * Vol. 717, foL 90.

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

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