‹ Lettres de PeirescChapitre 31 sur 48 · XGIX À MONSIEUR, MONSIEUR DE THOU · texte numérisé non relu

XGIX À MONSIEUR, MONSIEUR DE THOU

À PARIS

Monsieur, I^s bonnes intentions que vous avez si souvent tésmoîgnées envers le public, et au soulagement des subjects du Roy, et les particulières inclinations que vous avez faict paroistre pour les advantages de ceste pauvre et désolée Province, et pour le restablissement du commerce qui s'y ruine si fort journellement, m'a faict espérer que vous y contribueriez volontiers vostre favorable intercession en tout ce qae vous la jugeriez propre auprez de voz amys, et vostre protection particulière, et m'a faict prendre par mesme moyen la hardiesse de vous en requérir comme je feicts trez humblement, et de vous recommander aultant quejele puis la personne de Monsieur deBourgongne, premier consul de la ville de Marseille^, au voyage qu'il s'en va faire en cour pour

^ Vol. 717, fol. ai 3. 3idéQ6inbi^i6«7,90iitiiMntiottnëe8M"*et ' Je n'aurais rien à dire sur M. de Bour- M*** de Bourgogne qui, anisi qne M** de gogne, si je ne retrou?ais son nom, prë- Vias, avaient fait une visite èi la fimeaie eëdë, par suite d^une bute d'impression, du baronne de Beausoleîl. Le registre VI des fXÈoi Mûnseignew {fonr Mmmeur) , d9im une minutes de Tlngnimbertine h Carpentras lettre écrite de Marseille par Baltfaaiar de renferme deux lettres de Peiresc h sa pa- Viasà Peiresc, le ù^ aoét 1^97 (faacicule VI rente M"* de Bourgogne; fune, du 3o codes Correêpmdanti de Peiretc, i883, p. 17). tobre i&dG (fol. 871); Fautre, du «3 join Un peu plus loin (p. 9o)'dans une lettre du 1696 (fel. 761 ).

[1638] AUX FRÈRES DUPÛY. 467

ce subject, à qui nous avoDs Thonoeur d'appartenir de si prez , que nous ne debvons pas avoir moins de part que iuy à toutes les faveurs et bienfaicts qu il pourra recevoir de vostre main. Le bruict de labolition que Monseigneur le Cardinal de Lyon a obtenue pour cette ville là £aict espérer la grâce toute entière, non seulement pour Lyon, mais pour toute les peuples voisins qui y peuvent participer, et principaliement pour ceux de nostre coste, qui y ont leurs plus importantes correspondances. Les choses de la marine nous sont si à coeur, que je ue doubte nullement que vous ne vous employiez volontiers en cette occurance comme je vous en supplie et conjure trez humblement, et de me vouloir continuer l'honneur de voz bonnes grâces comme, Monsieur, à

vostre trez humble et trez obéissant serviteur,

DE PsiRESC.

A Aix, ce ao mars i633\

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PU Y, À PARIS

Monsieur, J ay receu vostre despesche du xi^ de ce mois, et soubs une autre enveloppe les gazettes du 5^ et séparément le pacquet de M' L'huillier sans estre soubz vostre enveloppe, le tout venu par le dernier ordinaire party de Lyon seulement le 1 6 , par oii j'ay recogneu qu'il n a de guieres seryy que vous ayez mis à la poste les Gazettes en enveloppes séparées lorsque vous les avez peu recouvrer, puis qu elles n'arrivent pas assez à temps k Lyon pour partir le 8"^ comme avoient faict celles de M' le Maresehal que nous vismes dez le sabmedy iii^ de ce mois, ne douhtant point qu'il n'aye receu sabmedy dernier la gazette du mf que nous ne

VV0i.7t7J0l.a16.

recevrons si ce n'est samedy prochain, et si bien nous ne Tavons encore veûe icy c'est parce qi^e M' le Mareschai est allé faire son entrée à Aries où ses despesches luy ont esté portées. J'estime que le Gazetier veult que la distribution qu'il faict de ses Gazettes. hors de Paris soient expédiées et ses despesches parties avant que rien mettre en vente dans la ville ; c'est poiirquoy il fauldra enfin passer par ses mains , et les tenir de luy seul , conformément au party des deux pistoUes, pour lesquelles il a promis d'en envoyer à tous ceux qui en vouldroient hors la ville de Paris, dont je souifriray fort patiemment les conditions, pourveu que je puisse les recevoir dans la huictaine comme les aultres qu'il tient pour recommandez, et en ce cas il ne sera pas de besoing d'en prendre plus d'un exemplaire puis qu'il promet d'en reimprimer des assortimentz tous entiers, ainsy que l'on a faict en Allemagne des recueilz du Mercurius Gallobelgicus, à ce que j'ay peu recognoistre dans la grande fueille que vous m'avez envoyée, où j'ay trouvé de plaisantes criées et proclamations de choses perdues capables de se faire entendre de bien plus loing que celles qui se font par les carrefours et aux prosnes, mais je les estimerois bien d'avantage si on pouvoit introduire la mode par ce moyen là de recouvrer un livre rare quand on en a envie et qui ne s'en trouve pas chez les libraires communément et quand quelqu'un se vouldroit deffaire de quelques livres bien curieux, pour advertir qu'ilz sont en vente les personnes esloignées qui en peuvent avoir plus affaire que ceux qui en sont presentz comme l'on a pratiqué aulcunes fois pour les bibliothèques ou boutiques entières; je pense qu'on y viendra en fin, mais je voudrois bien que ceste invention eust esté introduitte lorsque mon cabinet fut volé, car cela m'en eusse possible feict descouvrir quelque pièce , ayant esté si malheureux que de n'en pouvoir jamais apprendre d'aultres nouvelles que des fortes conjectures et preuves du vol contre une personne morte auparavant qu'on se fust apperceu du vol. Que si ce Gazetier faisoit tant le renchery, il faudra voir de passer par les mains de M' du Lieu, qui en distribue, je m'asseure, tant qu'il veut. J'avois faict empacquetter le messel Sclavon et le vous pensois envoyer

par les députez de Marseille qui partirent hier, mais je receuz vostre lettre tout à temps le jour précèdent pour le retirer, puis que vous avez le vostre, à la place de quoy je vous renvoyay l'exemplaire du Théophile de M' Fabrot aux fins qu il puisse estre imprimé par le sieur Cramoisy s'il en a la volonté, comme il vous a voit dict, ou par tel aultre que vous jugerez à propos; mais je serois bien d*advis de ne s embarasser pas facilement avec M*" Yitray, puis qu'il est si empesché à sa bible ; il ne ma jamais faict responce à celle que je luy escripvis en vous envoyant les m[anu]s[crit]s Samaritains, je pense que c'est pour ne sçavoir comme s'excuser non seulement de sa négligence pour l'édition de ce Théophile , mais pour n'avoir pas seulement eu le courage de tirer une espreuve de la première feuille, dont la despence d'un escu ou deux pouvoit faire la raison, et dont je n'eusse pas manqué de le faire jndampniser; mais s'il y avoit de la difficulté à l'édition de ce livre, je vous prie de me le renvoyer, car j'ose me promettre que M' Godefroy prendra volontiers ce seing pour l'amour de moy de le faire imprimer à Genève le plus correctement que faire se pourra. J'y ay adjousté deux exemplaires d'un petit livre in h? de M' Naudé S dont il m'avoit faict addresser une demye douzaine à vous faire tenir, ayant réservé les aultres quatre pour ne faire ce pacquet là trop gros, attendant de les vous envoyer par aultre voye , comme vous en aurez un ou deux par celle cy qui sera un peu plus prompte, le sieur Bourgongne, deputté de Marseille, qui s'est chargé de ce pacquet là, ne pouvant pas se rendre à Paris plus tost que 1 5 ou âo jours. Je seray bien ayse d'apprendre que la faveur de M' le Cardinal de Lyon aye faict obtenir à M' Moreau la profession Royalle en médecine qu'il poursuivoit et qui est si bien deube à sa vertu et à ses mérites que j'honore infiniment^,

* Sans doute ie De studio libérait Syn- i*' février 1 63 a ; la seconde en date est dn

tagma qoi parai en Tannée i633. Nous i6 juin i633 {Les CorrespondanU de Pei-

n'avons ancune lettre de Naudé à Peiresc re$e, fascieuie XIII, 1887, p. 5 et i5).

annonçant Tenvoi des plaquettes ici meo* * On lit dans Tartide Moreau (René) du

tionnées. La première en date tles lettres de Dtetioimaire de MoMne-eP-Loire , par M. G. Port

Naudé à Peiresc que j'ai pu trouver est du (t. II, p. 74a) : aLe succès de son enseigne-

â70 LETTRES DE PEIRESG [t63S]

el ne voudrois p«6 que ce que je vous avois touché deiniereiiieat en passant sur le subject de ses pacquetz de livres fusse prins par forme de plainte , car je suis assez bien asseuré de sa bonne volonté ra mon endroict, sans quil soit besoing d'en avoir aultres tesmoignages que ceux que j en avois cy devant receuz de aa courtoisie, ce peu que j avcHs (aict pour luy ne méritant pas de luy Caire quitter de plus pressantes affaires pour en escripre des remerciementz à une personne qui luy est si desvouée comme je suis, et le seul bon gré que vous avez tesmoigné de m en sçavoir estant plus que suffizant de surpayer trez dignement tout le seing que j'en pouvois avoir fM*ins, qui est bien peu de chose eu esgard à ce que je vous doibs et à ce que je voiildrois faire pour vous, en meilleures occurences. Quant à M' Holstenius, quoyque vostre mo* destie puisse avoir extorqué de vostre plume, c'est bien à M' vostre frère et à vous qu il a toute la principalle obligation de sa fortune, et de tout ce que je puis y avoir contribué , qui n a esté que par voz ordres et commandementz, car je n'ay jamais eu le bien de le voir et n'en ay eu les premières cognoissances que par voz lettres, vous asseurant que j'auray bien de la peine à me contenir de luy dire mes sen* timentz tost ou tard, sur ceste affaire là, bien que je le diffère pour le présent pour ne pas contrevenir à vos ordres, dont je ne voudrois pas m'estre dispensé; mais puis que j'ay apprins par M' de Fontenay-Bouchard qu'ils ont commancé à travailler conjointement dans la biblio* theque Vaticane à la recherche et transcription de quelques vieux au* theurs m[anu]s[crit]s de ponderibus et mensans pour l'amour de moy, je crois bien qu ilz ne pourront guieres tarder de me les envoyer, et que le dict sieur Holstenius ne pourra pas se desdire de m'escripre sur ce subject là et sur plusieurs aultres où je pourray bien prendre l'occasion de parler à luy en quelque façon qui luy puisse faire comprendre le plus honnestement que je pourray ce qui peut eschoir en ceste oc-

ment à la Facaltë , non moins que ses nom- fesseur royal au coi%e ie Gamlirai. Moieau

breuaes publications, le dësigaent au choix y proDonœ son discours iaau|piral ie jeudi

du grand auHi6nier deFraqee, Alphonse de at avril i633.« Richelien, ^ le tût nommer à Paris pro*

[feaS] AUX PBÈRES DUPUY. 471

enrrence, quand j'en debvrots prendre la matière et l'occasion sur la longueur de son silence de |du$ d'un an joint au desgoust qu'il a te&* mmgné avoir de nostre nation. Cependant je chercheray la lettre qu'il m'avoit escripte de son voyage de Pologne, ne pouvant comprendre comment j'ay faict ce manquement de ne la vous avoir point envoyée «ussy tost que je Teuz reeeue, ainsy que j'avois accoustumé de le prattiquer, car c'est une des plus jolies pièces que j'aye de sa main. Il fault que cela se soit raacontré durant le temps de mes maladies plus im*portunes ou lorsque mon frère vous eseripvoit parfoys au lieu de moy, et que cela luy soit escfaappé de la mémoire par mesgarde, car je suis trop contât quand je vous puis envoyer quelque ^ose de vostre gdust pour manquer à mon essient, voua estaut obligé conmie je suis, et ayant si peu de moyen de m acquitter de mon debvoîr. Je ne manqueray point de va» envoyer une coppie de la lettre de M' de Besly, laquelle mérite certainement d'estre conservée, et eu ce ne pouvoit estre par cet ordinaire, car mon homme a biem perdu du temps qu'il y eusse peu employer, ce sera Dieu aydant pour le prochain , et je vous renvoyeray par mesme moyen la lettre de M^ Grotius; vous asseurant que vous ne me pouviez faire guieres de plaisir plus agréable qu'en la cofi»munication de ceste pièce, honorant et affectionnant comme je faictz ce personnage qui ne sçauroit estre assez prisé, me conjouissant de tout mon cœur avec vous des bons offices qu'il a receuz de voua et de ses aultres amys en la conservation de sa pension nonobstant son absence, car je desîrerois bien qu'il sepeusse resouïdre à revenir en France, et que MM. les ministres l'y voulussent obliger et le rappeler non seulement luy, mais aussy M" de Ssulmaise. Le livre d« Soldai Suédois^ avoit esté veu par quelques^ uns en ce pais, mais il n'estoit pas venu en mes mains; c'est pourquoy je le verray bien volontiers, et attendray tant plus impatiemment le fagot dont s'est chargé k Prieur de Roumoules, mais je ne sçay coimment j'ay manqué de vous prier de me retenir le

' Le êobkt mtUoU, ou UMre virMh Cet owfwige, qui a Aë réimpTimë en i634, â» ce fmê'eti passé éepuk h vemie iurmdê en i64a, fiit piMé sw» le voile de F«ûo- SuUe jusqu'à sa mort (Genève , 1 633 , m-8*). nyme par Frëdërkr Spimheiiii.

Gesnerus à i5 livres puis que vous laviez rencontré, n estimant pas qu'il puisse estre trop cher, puis qu'il est de plusieurs volumes. Je m'estonne que vous n'ayez point ouy parler de ceste Histoire de l'Ai)baye de S* Victor, car Dom Polycarpe de la Rivière , visiteur des Chartreux en ceste provinces qui travaille aux Evesques de France ^ m'a dict en avoir receu le volume in folio à sa Chartreuse de Bompas^; il est à Marseille pour la fondation d'une nouvelle Chartreuse et doibt passer par icy au premier jour, où je ne manqueray pas de luy demander les addresses qui se peuvent prendre pour ce livre; mais je seray bien ayse d'avoir cependant celluy que vous dictes de l'Abbaye de Ferrieres, puis qu'il se trouve*, ensemble celluy de S* Denys, si ce n'est que ce fusse la première édition in 6^ des mémoires du moyne Doublet que j'ay euz dez ce temps là*^, ou qu'il n'y aye pas de notable augmenta dans l'édition que vous dictes; mais quelque garouflerie^ Allemande qu'il y aye en l'édition du Pétrone, je ne serois pas moins bien ayse de la recouvrer, si vous ne l'avez pas dezagreable, et vou-

* Voir, sur Dom Polycarpe de la Rivière, le Dictiatmaire hiêtorique , géographique et hihUùgraphiqiie du départemeni de Vaueluse , par le docteur Barjavel, t. H, p. 3&9-3&/i. Conférez une note rectificative et complémentaire publiée dans le fascicule VIII des CorreepondanU de Peirese, p. xxviii-xxa. Indépendamment des lettres du cardinal Bichi à Peiresc ont été publiées, dans ce fascicule, diverses lettres au même savant relatives au Gomtat Venaissin et & la principauté d'Orange, et, parmi ces lettres, il en est deux (7 mars et 18 septembre i63&) de Dom Polycarpe de la Rivière.

* Voir, sur Touvrage préparé par Dom Polycarpe, la BiUùMque kUtorique de ia France, 1 1, p. 54o, wt. 78^6.

' La chartreuse de Bompas était située dans la commune de Caumont, canton de Cavaillon, arrondissement d'Avignon, à ta kilomètres de cette viUe. Voir le Dietion'

naire du docteur Barjavel (t. I, p. s 5 9-361), le Dktmimuwre de M. Jules Courtet (édition de 1877, p. i&o-i&i).

* Histoire de l'abbaye de Ferrieres, par Guillaume Morin, grand prieur de cette abbaye (Paris , 1 6 1 3 , in-i 9 ). L'auteur abrégea ce travail dans son Hietoiredu Gâituois ( Paiis, i63o,in-4%p. 787-784).

' Histoire de l'abbaye de Samt^Denys en France , contewmt les antiquités d'icelle , etc. , par Jacques Doublet, religieux bénédictin de cette abbaye (Paris, Buon, iGaS, 9 vol. in-&*). Je ne vois pas d'autre ouvrage h indiquer.

* Littré ne cite sous le mot augment qae des écrivains antérieurs au xvn* siècle.

^ Je ne trouve nulle part le mot garou" Jlerie. Est-il formé de garou, synonyme de guilledou , mot qui comporte une idée de débauche? Voir, à ces mots, le Dietioimaire de Trétoux.

drois bien avoir k Martyrologe de MassœusS si vous le rencontrez. Vous m'avez bien resjouy de la nouvelle de ce copiste Grec que M' Rigault a commancé d'employer pour moy, dont je vous ay bien de l'obligation aussy bien qu'à luy; il me tardera bien de voir quelques pièces de sa main et le volume de limitibus agrorum que vous m'avez daigné procurer avec tant de soing et d'^obligeantes courtoisies. Mon frère est à Boysgency où je voudrois bien estre en sa place ; je luy ay faict voz recommandations et à M' de la Fayette qui est demeuré icy prez de M' de Narmoustier, lequel prend des bains, Monsieur le Mareschal l'ayant voulu laisser icy pour cet effect tandis qu'il s'en alla faire son entrée à Arles jeudy dernier, où Madame la Mareschalle s'est trouvée pour passer oultre de là jusques au lieu des Maries^, où ilz sont allez visiter les s*** reliques des ossementz de deux des Maries que l'on croit y reposer*. Vendredy dernier un prestre fut exécuté à mort, pour de grandes meschancetez, M'nostre Archevesque l'ayant fort paisiblement desgradé au préalable, aprez neantmoins avoir veu tout le procez, que la cour luy envoya chez luy, pour l'instruction duquel son grand vicaire ^voit prins la peine de venir au pallais assister les commissaires de la cour qui y travailloient. Je feray extraire l'arrest et les délibérations faictes sur ce subject aprez quelques conférences par lesquelles on estoit demeuré d'accord de renvoyer à M*" l'Archevesque tous les prebstres prevenuz de crimes non privilégiez. C'est tout ce que je vous puis mander en revanche des nouvelles dont il vous plaist me faire part qui sont bien d'aultre importance que les nostres. On nous avoit dict icy le passage de M' Servient* par Lyon quasi au mesme temps que la nou-

* Je n'ose songer à Molanus (Jean Molan) et à Tëdition du MartyroU^um d'Usuard donnée par ce savant (Louvain , 1 568 ).

' Sainteft-Maries, chef-lieu de canton de f arrondissement d'Aries, à 87 kilomètres de cette ville.

' Voir roovrage de Tabbë Paillon : ATomuMnU mUiU sw l'apastoiat de sainte Marie-MadMne en Prwence , et sur ks anÊtres

apôtres de cette contrée, saint Lazare, saint Maœknin, sainte Marthe, etc. (Paris, i858 , 9 vol. grand in-8*).

* Voir, sur Abel Servien, t. I, p. 81 fi. Ajoutons que Ton possède (Minutes de Tinguimbertine, registre VI, fol. 170-173) deux lettres de Peiresc à cet homme d*État (appelé là Servient), des 10 et 11 avril i633.

OirUHBUl aATIORAU.

ilà LETTRES DE PEIRES€ [1633]

veHd arma de k ^eate de M^ de Ghaleaoneuf^ et plumvrrs aestoieiit tmagtnw qn'ii eMse esté flMndé pour luy donner let sean, «lata la chance sereit bien tournée, er ee qu'on vous en a dict se tronvoit TeritaUe. J'ouUiaydemîêrefiaentde vouisaccaseriareeeption delà relation imprimée du Maresehal^MàriUae^ dont je vous crie mercy et àM^Lepelletier) k qui je taieberay^d'teseripre par cet ordinaire, bien marry de m'estre si mal acquitté de mon debvoiren seon: endroiet^ estant de toat mon ccenr, Monsieur^

vostre tnt humble et tre^ obeisirant serviteur, Dft PsiàcsQ.

A Aù^ce.ftt ni«r»i633.

Monsieur de Thou nou$«oUige. trop par Tbonoeur de son souvenir. Dieu nous fasse la graee de trouver quelque digne moyen de luy en rendre noz justes recongnoissances et Gdeles services.

Je vous supplie de vouloir despartir vostre intercession favorable i M^ le Prieur de Boumoules en faveur du jeune frère de M' Armand de Mars^le que Ton a malheureusement assassiné au bourg la Royne ^ dont la cause est pendante au Ghastelet pardevant M' le Lâeutenant criminel à quiM^ rHuillîer, qui est son parent, parlera volontiers, je m'asseure, si vous l'en priez , et pourra faire une reeonunandation assec puissante pour faire cbastier ce forfaict, et M' Âutin y pourra fatau^ coup aussy, au cas qu'il soit du jugement , si vous daignez l'en suppiier, et M^ Rigault aussy, comme je vous en conjure de tout mon cœur.

Il s'est trouvé icy un exemplaire du Nicandre de Paris in U^ de l'an 67

' Le Catalogue (kkBibiMitfièqiieBAt»- fntimoMêm H tsésiàwi de Farrk eaiitte

nale indique les deux piècêa que voiei ( 9869 /ut dmuÊi par h» nMmimtmtt de Im o>«ihv

et «870) i Béeit viritÊbk de êeea ce qm s'eet éêaUie ilkM, etde eee dermk^perokt a

poMêé à la imri de jUmm^^mut k meréekel aeiMm, iemmi ei tmt k pemi de m «pH

deMmUêe;0»ee keregreêequ'ilmemd'eimr (&. I. n. d. , in-A*). efmé k rei{tQ mai), i. L, i&3sî i»*8^ * Bo«rg4a4ei«ttie, eominna da dtfparte-

— RekUtm vèrUMe deeeqm e'eel ptieei au maatddlaSwa^ eaatoaideSeeaiix,.àikib-

jugement dufreekdumaresehaldeMariBae, milie éd cette viik , à 7 kilaaiilMida^FariB.

[1633] AUX PRÈjRSSDUPUY. i75

à la fin diM[uei le petit fettîUet depondenbus et iBenauids ae 4e&i}loit pa» cûHime à ^aapoi «}EeiQ{daîre, dont j'ay esté bien ayse, mais parée qu'îi ue^ pas à iQoy».» v^&m feiioontrez là un auitre bien parfaict, je ne rachepteray pas moins volontiers pour en assortir mon exemplaire.

Un médecin de mes amîd ma faict engager de paroile de m'empieyer pour luy faûre avw un livre ebîmique que vous trouxeres ootté en un hillet cy joiat* Si c'est ehose qui se trouve, je seray grandement ayse de luy en pouvoir iaii^ passer JadiBmtaîflie ^

À MONSIEUR, MONSBBtJR PU PUY,

À PARIS

i Monsieiur^ Avec voatre despesohe du fj^ j'ay receu de si belles euriositez que je suis tout hina^eux de voir que je laye si mdi mérité, eé que j'aye si peu de moyen de m'en rendre à l'avenir plus digne que par le passé, mais puis que v^us <K>ngaoi9sez m^i impuissance, vous la sçanrez bien ejmiser eemme je vow en supplie très banalement, sur l'assenrance que je n'espai^eray rien de tout ce peu qui sera de ma puissance. Gez pièces du partage de la succession de Montmorancy sont tree remarquables^; si je ne les vous puis renvoyer par cet ordinaire, ce sera par le prochdn Dieu aydant. Cependant je. vous en. remercie trez affectueusement comme aussy de <;eHe du Président le Cagneux, de cette epistre d'Amulon ', et de ceste belle ode de Godeau^* qui mente

> Vi>L7t7,fol. 2>6.

* Voir diverse!» jpîàoea relatives k la saccession da duc de Montmorency, indiqua dans le Qitalçgue de h BibKolh^ne natiofUda^BMn^ ir France, 4. I^ p. 690).

• ' . Awoioa» plo» fiiHi¥eiil apf^U Amaksn, disciple et succesaeur (9ùo) de J-arehev^e de Lyon, Agobard, mounit le 3i mars SSa.

Vanr anrcet rfcrivam VMktowt tàtàmnéê la Fpa»ee,LV^f. io4-iii.Ifa ialtreaovoyée i Peirese avait M ^lih par Nicolas Gainasat chei Jeaa Gamasat (Paris, 16S8, ia-8*). Les Bénëdietins oai aiiaiy»ë(pw 1 06) cet îaapoirtant'diManMDt et en onA'indiqaë x(«W.) les dôasfses râmprassioDs.

^ Militent Kervâer diftdans son eiedhnte

certainement d'cstre louée comme vous dictes; je sçaurois bien volontiers son aage, son pays et sa' profession^; mais ce sont ces cayers que vous m avez faict extraire de la bibliothecque du Roy qui sont bien capables de me donner de l'exercice^ et k d'aultres plus habilles que je ne puis estre ; j'y ay trouvé quelques petites lacunes ou motz laissez en blanc et voudrois bien sçavoir si c'est à faulte que le copiste ne les aye pas sceu lisre ou bien que les mesmes lacunes soient dans l'original qu'il a prins à transcripre, dont j'eusse bien voulu sçavoir l'antiquité de l'escripture, si c'est en bon parchemin ancien ou en simple papier plus récent, de quoy j'avois prié M*" Rigault de me vouloir advertir, mais je faictz grand scrupule de le divertir pour si peu de chose des occupations beaucoup meilleures que luy donne son Tertulian, et si vous envoyez quérir le copiste avec le volume qu'il a en main, vous me pourrez bien esclaircir facilement de ce point là. Quant à ce petit fragment qui est derrière le scholiaste de Nicandre, j'y trouve des choses capables de me le faire juger bien ancien, si la lecture est bien constante^ selon l'édition, pour le moins ce qui est en sa première partie, car pour la dernière, je me suis desja apperceu qu'elle est quasi toute extraicte de ce que j'ay trouvé soubz le nom d'Oribasius en voz cahiers, et vouldrois bien sçavoir s'il ne s'en trouve point de m[anu]s[crit] soit dans la bibliothèque du Roy ou ailleurs, auquel cas je serois infiniment ayse de le faire conferefr sur l'édition

ëtude sur Antoine Godeau, évéque de Grasse et de Venee, l'un des fondateurs de V Académie française (Paris, 1879, in-8*, p. 9) : ^ On peut lire en tète du Parnasse royal , recueil publie en 1 635 par Boisrobert, pour réunir une partie des pièces de vers composées à ToccasioD des prises de ia Rochelle, deSuse et de Pignerol (le Privilige est du 9 3 avril i6â3 ), une ode pompeuse du fiitor ëvâque en rhonneur du roi et des ministres, n. M. Kerviler cite (p. 1 o) deux strophes de cette ode trop admirée de Peiresc, strophes (r assez bonnes , pei^ues dans ces quatre cents vers. f>

' Antoine Godeau, né à Dreux le 3 4 septembre 1 6o5 , était alors un jeune homme de vingl-huit ans. Il n*avait pas trente et un ans quand il fot nommé évêque deGra6se(9 1 juin i636). On n'a qu'une lettre de Peirese à Godeau, écrite d'Aix le s8 octobre i636 (Minutes de l'Inguimbertine, registre TII, fol. 5 10).

' Sous le mot constant pris dans le sens de certain , Uen àabli, le Dictimmaire de littré ne dte qne des écrivains postérieurs , Descartes, Comeine, Bossuet.

et transcripre en un besoing tout de nouveau, s'il y a aulcune différence tant soit peu considérable. Je vous renvoyé ce pendant la coppie que vous m'en aviez faict faire (puis qu'on m'a preste l'édition) à celle fin que sur les marges de ceste coppie vous puissiez faire cotter la différence de lecture qui se trouvera aux m[anu]s[crit]s s'il y en a, et particulièrement pour les paroles soubz lesquelles j'ay .tracé une petite raye, surtout pour celles que j'ay tracées encore d'une suitte de petitz pointz, à quoy M' Valloys ou M' Samuel Petit s'employeront volontiers pour l'amour de moy, si vous leur faictes envoyer le m[anu]s[crit] chez euh. J'ay trouvé dans ces cahiers Grecs aulcunes pièces de celles qui sont imprimées derrière le Galiien, et mesmes tout ce que le P. Petau a faict imprimer soubz le nom d'Epiphane ^ ; sur tout j'ay prins grand plaisir à ce qui est soubz le nom d'Oribasius à cause que nous sçavons bien à peu prez le temps qu'il vivoit^, car par la certitude de ceux dont le temps nous est cogneu il fault tascher de recougnoistre le temps qu'ont vescu les plus anciens et ceux qui sont anonymes, par la différence ou par l'analogie des proportions des choses qu'ils traictent. Sur tout pour cet Aphricanus, il mérite d'estre examiné bien curieusement pour veoir si ce peut estre véritablement celluy qui vivoit soubz les Roys de Syrie, et si par succession de temps on ne pourroit point y avoir fourré des choses qui n'estoient peut estre pas bien de son siècle. Tant est que l'Anonyme qui est derrière le Nicandre n'estoit pas trop esloigné du sien, j'entendz l'autheur de la première partie du premier chapitre, que je tiens avoir escript plus de cent ans avant l'empire, n'ayant pas encores eu le loysir d'examiner le contenu au second chapitre, car pour le dernier, il est cpiasi pris mot à mot du susdict Oribasius, excepté les dernières lignes qui seroient bien remarquables, si nous estions aydez de quelque bon

} Les OEwret e&n^ius d'Epiphane pa- autres à Sardes. Voir TédilioD donnée de ses

mirent par les soins du P. Denis Petau h Œuvres, avec traduction et commentaire,

Paris, en deux volumes in-fol. (i 639). par MM. Bussemaker et Daremberg (Paris,

• Oribase est un médecin grec du IV' siècle, t85i-i854, 9 vol. in-8'). né, selon les uns, à Pergame, selon les

ils LETTRES DE PEIBESC [1633]

fli[a]iu)8[crit] sans lequel â ne s y peut pas fiedre guieres de foadttaent qui vaille, et excepté aussy le denarium d'Onfaarâs qui se IroHve obmift au dict prétendu Anonyme, et qui pourroit estre un supplément adjottsté par le dict Oribasius, au eas que rAnonyme aeît plus ancien que luy. Cependant j'y ay trouvé certaine pdite différence cappable d'ayder l'un par l'aultre en des petites choses qui eussent esté subjectes à tout plain de difficulté; c'est pourquoy je ae {daindrois pas la despence de ia transcription de toutes les pièces de ceste maiiere, quand bien il y eschapperoit quelque chose de double, puis qu'eUes sent si brefves et si succintes, afin d'en pouvoir Caire moy mêmes la collation des unes aux aoltres, au del&ult des originaulx, ne pouvant vous dissimuUer que s'il s'en trouve quelque exemplaire d'escriptare bien ancienne en parchemin, je prendrois à grande &veur s'il estoit ieysible d'en avoir la veuë quelque jour et de le pouvoir e(41aiioBDer sur la eoppie qu'on m'en aura transcripte, car il y a des caractères et notes ou monograioes qu'un simple coppîste ne sçauroit assez fidèlement iniiter, s'il n'estoit aussy bon peintre que bon escrivain. jyais c'est à quoy il ne nous fault pas penser que l'on n'aye achevé de nous trmscripre ce que M. Rigault trouvera bon de nous coaunuiuquer, et de peur de le faire cabrer par une trop indiscrette demande, estant obligé, comme il est, de ne pas laisser esloigner de Parie les livres de la Bibliothèque du Roy; de quoy nous pourrions aussy nous passer bien plus facilement, si M. de Valloys se pouvoit donner la peine de ocnferer avec un peu de soin quelqu'une des pièces principales sur les originaux et sur les derniers exemplaires qu'il y en a eu dans la bibliothèque. Si M. Petit faiscnt assez de seajour par delà, il le feroit peut estre avec plus de patience pour l'amour de moy ; mais je crains fort que les affaires pour lesquelles il a esté député ne l'obligent à suivre la cour hors de Paris, et à s'en retourner plus tost qu'U ne fauldroit pour cela. Je luy en escriptz neantmoin un mot à tout hazard, et d'aultant que je luy avoîs faict feste aultrefois des fragmentz qui sont dans mon volume d'Ëclogues tant du Johannes Antiochenus que de Malela et aultres chronoiogistes dont il avoit

[1633) AUX PRÊRBS DUPCY. 479

tesmoigné désirer d'avmr le veue, je voua supplie irez humblemeut de fdire trouver hoa à M. de.Valloyi» que vous retiriea de ses mains mon :in[aiku]8[€rtt] pour le remettre., ail vous plaist, au dict sieur Petit, afin qne, durant le saajoiir qu'il fera de par delà, il puisse prendre le temps d'y ehercker et veriffîer ce qu'il desiroit, n'estimant pas qu'il puiase faire faulte au dict sieur Valoys, puisqu'il m'a escript qu'il avoit achevé de le tranaearipre. Que » ce petit livre en langue des Gophtes, que M. de Thou avoit apportée du Gayre, sur l'instance que je kiy en avois faicte, est à Paria, et que vous n'ayex pas d'oceaâon de faire difficulté de le laisser voir au diot sieur Petit, je vous supplie tre& hiimblem^st de le luy prester pour l'amour de moy durant son sefl^ur de par delà, et de le retirer, s'il vous fdairt, pour cet effect des mains de celluy à qui vous le pourriez avoir cy devant preste et à qui vow le pourres bien tost rendre ^ n'estimant pas que M* Petit le voua, garde long temps. L'on me donne quelque espérance d'un dietûmnaire tout complet en ceste langue dont on avoit quasi accordé la transenpAion, et marebandoit'on la {Nreference du recouvrement de l'original pour laisser la coppie, mais je leur ay mandé qu'ils ne s'amusent pas à cela et que je me sçauray bien contentœ de la eoppie, s'ils ne peuvent emporter d'abbord l'original, parce qu'en ces matières là on ne sçauroit trop craindre la perte du temps, et par conséquent des occasions qui ne se recouvrent pas quand on veut Je ne voua recommande point le dict sieur Petit, parce que je sçay bien en quelle estime vous tenez sa vertu et son mérite, et ne doubte pas qu'il ne vous trouve trez disposé à luy rendre toute sorte de bons offices et de protection ou de secours en ses estudes et en ses affirires si vous le pouvez par vous ou par voz «mys, vous asseurant que j'auray grande part aux obligations et aux nouvelles faveurs qu'il recevra de vostre main, participant coomie je suis tenu de faire à tous ses intibereste; Si M" de Thou l'a veu , je ne doubte point qu'il ne luy a/e pareillement faîct trez bon accueil aussy bien que vous, dont je m'aittendz de ne luy en estre pasm oins redevable qu'à vous. Je regretteroys son nouveau voyage eu Bourgongne s'il avoit.de meilleurs desseins,

mais je pense avoir pourtant assez d'intherest qu'il le face pour le pouvoir désirer aultant qu il peut estre compatible à ses inclinations et à ses affaires, pour le bien desquelles je me despartirois tousjonrs volontiers de tous mes intherestz, et principalement de ceux dont je luy avois escript, qui ne méritent guieres qu'un homme de sa sorte s'en mette en peine. J'ay esté inGniment ayse que M' Besly aye faict revenir son filz en sa place ^ espérant que cela pourra accélérer l'édition de tant de beaux ouvrages qu'il a composez de nostre hystoire^. Je vous remercie trez humblement du souvenir que vous avez de la Charte de M' Galand à qui je ne manqueray pas d'en escripre soit pour supplier bu pour remercier selon la disposition que vous y trouverez et selon que vous le jugerez à propos. Nous attendrons en bonne dévotion le ballot de livres, non sans quelque regret si la Bibliothèque du Gesner n'a peu estre du nombre, mais elle pourra venir Dieu aydant avec le Goizius, sur l'assortiment duquel j'attends encore vostre responce, pour pouvoir satisfaire l'amy qui me le demande selon son goust. J'ay escript à M' le Pelletier un remerciement trez humble de la relation dont il m'a daigné faire part. Ce n'est pas M' le Mareschal tout seul qui a la Gazette 8 jours plus tost que le commun; M" de la Poterie* la reçoit aussy eii raesme temps et aussy règlement*, comme plusieurs aultres l'ont aussy receûe, mais non pas si règlement. Si vostre Gazetier s'en veult accorder avec vous, je pense qu'il fauldra luy donner mon addresse, et luy laisser faire les enveloppes au temps et en la

' Jean Besly, sieur de ia Gerberie, fils de rhistorien, né le 99 janvier 160a, mourat en 1669. Ce fut en i63a que Thistorien des comtes de Poitou résigna l'oflSoe d'avocat duRoi en faveur de son fils. On remarque , en tête de Tin-folio publie trois ans après la mort de l'historien , une Dédicace à M, P. Dupuy, eotueillerd'EstatfparJ, Betly, fils, conseiller et advocat du Roy à FoiKenoyle-Comte, datée de Paris, i" février 1647. Od trouve dans ce volume diverses pièces soit de Besly fils, soit à lui adressées.

* Aucun de ces beaux ouvrages ne parut du vivant de Besly. Voir les explications que donne à ce sujet M. A. Briquet dans son Introduction aux Lettres de Jean Besly (p. xvi-xx).

^ Le commissaire qui était venu en Provence avec Dreux d'Aubray . Peiresc lui écrivit de Bdgentier plusieurs lettres, du 1 3 £évrier i63i au 3o mai de la mAme année (Minutes, registre I, fol. ^ay-ASo).

* Pour r^^ârem^n^ comme nous l'avons déjà vu dans le tome I.

forme que bon lay semblera, pour les faire arriver à Lyon avant le mercredy matin , quelqu'un m'ayant voulu dire qu'encores que l'ordinaire parle de Paris le vendredy, il attend à quelque poste de là certains pacquetz qu on envoyé aprez luy, entre lesquelz sont, je m'asseure, les Gazettes, dont je n'ay receu par nostre dernier ordinaire que celles du i a* soubz une vostre enveloppe à part avec une bonne correction d'une epigramme, mais nous verrons si par le prochain ordinaire elles feront plus de diligence. Nous n'avons du tout rien de nouveau présentement. M"^ le Mareschal de Victry avoit eu un peu de menasse de gouttes, mais il en a esté quitte à fort bon marché ^ Vous ne me dictes rien d'une nouvelle Histoire ecclésiastique des GauUes in 8^ du sieur Bosquet^, dont je vous supplie de m'en faire envoyer deux ou trois exemplaires si tost qu'il s'en pourra avoir, et d'excuser l'excedz de mes importunilez comme venantz , Monsieur, de

vostre trez humble et trez obéissant serviteur,

DE PEmESC.

A Aix,cea8 mars i633\

^ Le plus ancien exemple de Texpression À bon marché que donne le Dictionnaire de Litirë est emprunté k une lettre de M"* de Sëvigné de Tannée i65o. ^

' EcclesitB gatticanœ Historiarum liber I a primo /. C. in Galliis Evangelio usque ad datam a Constantino imperatore Eccksiœpaeem resprœcJaregesUu compkctens ; auctore Franr eisco Bosqu^o, Narbonensi (Paris, i633, in-8*). Volume rarissime et pourtant onMië par le Manwl du libraire, François de Bosquet, né à Narbonne le sS mai i6o5, fat d'abord magistrat et devint ensuite (i6â8) ëvéque de Lodève, et enfin (i655) ëvéque de Montpellier. Il mourut le ai juin 1676. Ce savant prélat fut un des. correspondants de Peiresc. On possède dix lettres de ce der^

nier écrites à Bosquet du 5 janvier i63& au 98 avril i636 (Minutes de Tlnguimbertine, registre II, fol. &35-437). A la Bibliothèque nationale, dans le volume gS&a du fonds français, on trouve deux lettres de Bosquet à Peiresc : une datée de Paris le 1 0 mars i633, l'autre datée de Narbonne le ai février 1 636 (fol. 9 a , 93). Ces deux dernières lettres seront publiées par M. Tabbé P. Henry, docteur en théologie, actuellement aumânier du lycée de Montpellier, dans une étude sur Bosquet historien, qui sera le complément de son volume intitulé : Françm Bosquet, ivique de Lodhe et de Montpellier, son rôle dans l'affaire du jansénisme, etc. (Montpdlier, 188 A, in-8*).

' Vol. 717, fol. 990.

nrUHCRIE «ATlOIftlK.

isi

LETTRES DE PEIRESG

Li6â3]

J ay depuis trouvé moyen inesperement d'escrire Unt à M' Gaiiand^ qu'à M' Rigauit^

k MONSIEUR, MONSIEUR DE THOU,

CONSEILLER DU ROY IN SES CONSfilLZ D'ESTAT, MAISTRE DBS BBQUBSTES ORDINAIRES nE SON HOSTEL ET INTENDANT DE LA JUSTICE DE BOURGONGNB,

À PARIS

Monsieur, Le mesme jour que j eus Tadvis de vostre despart de Paris pour Yostre voyage de Bourgongne par une lettre de M' du Puy du 3 & du passé, j'eus l'honneur de voir icy un gentilhomme d'Autun, beau frère de M'^ de Montaigu, lieutenant en la Chancellerie', qui est celluy dont je û'avois pas peu apprradre le nom, qui avoit recueilly tout plein de pièces antiques des meilleures qui ayent esté desterrées à Âutun ou ez environs de son temps. Lequel estoit maire ou eschevin en la mesme année que furent trouvez tous cez vases d'argent avec des brasseletz d'or, et aultres bagues fort curieuses, qui feurent pai^ tagées entre diverses personnes. Le frère de feu M' le président JeanuinS qui estoit ecclésiastique, en eut sa part ,^ et entr'aultres de cez brasseletz de diverses sortes, qu'il avoit une fois promis à feu Monseigneur le garde des seaux du Vair, mais il ne tarda pas de

^ Le r^tre lil des Minutes de la bi- UiothèqtiedeGÉrpeBtrasreafeniie(foL AsS- /ï3o) quatre lettres & Gakmd écrites en rannëe i633, le ai mars, le 98 mars, le f6 avril et le 99 juin.

' La lettro da a8 mars i.63â à Rigaail nous a été conservée (Minutes, r^tre V, M. «AS).

^ Montaigu est mentionné par Gassendi (liv. V, p. Aay) comme ayant fait en t634

une visite à Peirese pendant le séjoar de Gampaneila dans la maison de Thosj^tafier savant. Nous retrouverons pins d'une fois le nom du magistrat d'Autan, lequel fat on des correspondants de Peireec. Voir dans le registre VI des Minâtes de ringuimberiine plosiearsieUtesà «M' de Montaigu», écrites du a8 janvier i63& au 7 octobre i636 (fol. 519-&33).

* Voir, sur ce personm^, 1. 1, p« 817.

mourir, ce qui le deschargea de sa promesse. Il est depuis mort luy mesmes, et Pieu sçait qui aura eu cela si ce n'est Madame de Gastille, saniepee^

Un aultre en eut sa part qui çonsistoit en une assez grande patène d'argent toute lize sans auleuns enriohissementg de relief ou de graveure , et une cuillier d argent (dans le creux de laquelle y avoit une figure assise de bas relief comme d'un malade appuyé sur une croce ou bien, à ce qu'il croyoit, d'un Mercure accompagné de son coq, de son chevreau et d'aultres appartenances , qui n'ont pas esté assez bien descriptes dans le dessein que j'en eus pour les recongnoistre suffizamment) dorée en quelque endroict, qui furent vendues en Avignon, à un marchand, lequel les revendit à M' Rubens à Paris. Tout ]e reste demeura ez mains de M' deMontaigu d'Autun, qui a espousé l'une des soeurs du sieur Venot^, qui m'en a donné la relation, ce qui consiste en une aultre cuillier d'argent toute pareille à celle de M' Rubens avec la mesme figure de Mercure assise espargnée en bas relief dans le creux de la cuillier, avec le mesme coq, et aultres appartenances; entre lesquelles il dict qu'on distinguoit assez apparemment le petase ' prez de son siège, au lieu de l'avoir à la teste. Il a plusieurs aultres cuiUiers et aultres escuellons, ou vases de bronze antiques, et un brassellet d'or fort célèbre, et fort léger ou fort tenu, les pièces du brasselet estantz creuses la plus part et remplies d'ambre gris, ce qui meriteroit bien d'estre examiné de prez et veriffié si ce n'est point chose adjoustée fraischement. Il dict qu'il y a une petite médaille d'or, enchâssée

' On litdans Tailemantdes Beaux (HiêUh à Auhin, du 98 janvier lOSi an 7 octobre

rieue du président Jaum, i. III, p. 196) : irll 1 636 (fol. 6 t7-53s ).

la vendit (sa charge de président an parle- ' On lit dans le DMatmaire de Liitré :

ment de Dijon), et en maria sa fiHe h Cas- trPétiue, sorte de chapeau en usage chez les

t3ie , recepveur du clergé. 9» Sur la nièce de anciens ; il était à larges bords , et protégeait

TaUë Jeamiin , nommée Ghariotte, voir une eontre la pluie et le soleil. » On trouve dans

note de P. Paris {ihid», p. aoi). le Dktkmudrt de f Académie (1878) une

' C^ beau-firère de M, de Montaigu fat définition quelque peu différente : ffTerme

un des qorrespoodants de Peiresc. Voir dans d'antiquité. Chapeau de feutre , rond , à fond

le r^gi«tre VI plus haut mentionné les mi* bas et à lai^ bords. Le pikue mU de Mer-

nutes de onze lettres adressées à M. Venoi, cure,^

àSà LETTRES DE PEIRESG [1633]

sur les charnières en forme de chatton, avec ie visage d'an empereur et des lettres autour dont la veûe ne pourroit estre que bien agréable et utile, mais je ne Testimerois pas à Tesgal de la veûe de la cuillier et de la patène, s'il y en a une à sa part comme d'aultres m'en ont voulu asseurer, car M' Venot n'en sçavoit rien de bien précis et je n'osois pas luy faire trop paroistre combien j'en estois curieux, de peur d'enchérir trop la marchandise, et de m'esloigner tant plus les moyens d'en avoir quelque disposition pour la veûe, s'il y a trop de difficulté à en acquérir la propriété, auquel cas je me tourneray du costé de M' Rubens, m'asseurant que si ceste pièce qu'il avoit n'est passée en Angleterre avec les aultres qu'il vendit au Bukinghan, il me l'envoyera plus volontiers que je ne la lui sçaurois demander, tant il est honneste. Et si cez brouilieries^ de TEstat présent ne m'obligeoient à une cessation absolue de tout commerce avec luy, je me serois possible desjà dispencé de luy en donner quelque attainte. Mais je ne vouldrois pour rien du monde, en ce temps, qu'il se peusse voir de mes lettres à une personne qui a eu depuis peu les employs dont nous avons ouy parler. Et puis, si la cuillier qui reste à M^ de Montaigu est véritablement antique (dont il se fauldra esclaircir), je n'estimeray pas moins d'en pouvoir faire un jour la comparaison avec celle de M' Rubens, les trouvantz d'esgale con* . tenance (comme je pense qu'il le fault ainsy présupposer et attendre) et n'y auray pas moins de plaisir que j'en euz à la comparaison des deux escuellons d'argent antiques de M' de Roissy, qu'il a voulu partager avec moy, et dont M' du Puy m'escript que vous avez voulu voir mes conjectures et resveries de fiebvreux. De quoy certainement je doibs estre bien honteux; mais comme à quelque chose malheur est bon, comme on dict, je ne suis pas si marry que vous ayez veu le secours que tirent les espritz malades comme le mien de la communication de telles pièces, quand il y a moyen de voir et de tenir les originaux.

' Bossuet a parlé {Histoire universelh) i ce sujet, aucun ëcrivainantërieur à Balsac,

des (rbrouitleries du royaume i, et Balzac et, par con8éc[ueDt,àPeire8cLexyi*8iècle,

{Le Prince) avait, avant ie grand écrivain, comme le xv*, appelait hrouilUs les troubles

employé la même expression. Littré ne cite, civils.

Or ce qui me tient un peu en suspens et en defjBance de la cuiliier de M* de Montaigu, est que M'^ Venot son beau frère ne se souvient point d'y avoir rien veu de doré, et au contraire mon frère de Valavez, qui a veu celle de M' Rubens, dict que le petit point qui y paroissoit au siège de Mercure, en forme de lozange, estoit une espèce de cloud d'or enchâssé dans largent plus tost qu'une doreure, ce qui me faisoit juger que ce debvoit estre une marque ou note numeralle, pour designer l'unité et intégrité de la mesure d'un MYSTRUM, qui estoit le quart du Cyathus, car ce vase ou ceste cuiliier est de trop grande capacité pour ne tenir qu'une simple cuiliier ou une simple Ligula, du poidz d'une demy drachme seulement remplie d'huille, et il y a plus d'apparence qu'elle ayt esté faicte pour contenir le Mystrum , qui estoit de trois drachmes ou de six petites cuilliers, et c'estoit l'usaige des anciens de marquer d'or les poidz plus menuz et destinez à peser les choses plus précieuses, comme les aultres ordinaires estoient marquez d'argent. Tellement que si la cuiliier de M' de Montaigu n'est marquée d'or comme celle de M' Rubens, je crains qu'elle n'ayt esté moullée dessus. Et de faict M' Venot m'a lasché quelques mots d'un certain mOuUeur de ce pais là , qui faisoit des merveilles en ceste sorte d'oùvraige, et qui en avoit deslogé, pour le soubçon de la faulse monnoye, lequel se pourroit bien estre exercé à mouUer pour M^ de Montaigu ou pour aultre la cuiliier de M' Rubens, avant qu'elle fust sortie d'Autun; la conformité de la figure assise toute pareille en l'une comme en l'aultre m'estant suspecte, je vous en envoyé un peu de griffonnement afin que vous en puissiez mieux juger, où j'ay faict colorir ^ de jaulne la petitte teste de cloud d'or quarrée, ou en lozange, telle qu'elle estoit représentée en mon dessein. Si j'avois veu l'original, je vous en parlerois possible en aultres termes. Une des plus grandes marques de l'antiquité sera si vous trouvez quelque différence aux figures , ou aultres appartenances qui les accompagnent, de plus ou de moins de ce dessein

' Le Dictionnaire de littrë rappelle, sous le mot colorier, c[ue cohri est Tancien participe du verbe eohrir. Voir le mot colorir dans le Glossaire de La Carne de Sainte- Palaye.

A86 LETTRES DE PEIRESG [16S3]

en 1 original de la pièce de M' de Montaigu. L aultre sera si cet original est luysant et poly tant dedans que dehors, un peu plus que la

vaisselle d argent ordinaire de nos orphevres modernes, et s'il n'y a point de vestiges des grains de sable, avec quoy on le pourroit avoir mouUé, dont je serois bien tost esclaircy à la première veue que j'en pourrois prendre, si cet homme s'y trouve disposé. Auquel cas je seray fort soigneux de luy faire fidèlement restituer son original , en sorte que vous n'aurez pas de reproche de ce costé là, si vous luy engaigez vostre parolie, ou si vous luy en faictes engaiger celle de quelqu'un de voi amys et des siens. Mais en toute façon il ne fauU pas négliger de s'enquérir de luy et faire dresser un peu de relation du temps et du lieu où toutes ces pièces feurent desterrées, et de tout ce qui fut trouvé conjointement, sans oublier de marquer s'il y avoit aulcunes médailles, pour communes et cbetifves qu elles peussent estre, soit de l'empire ou d'auparavant, en quelque metail que ce fust, pourveu qu'on recogneust les images des Princes ou les noms et inscriptions qui pouvoient faire juger du siècle qu elles estoient en usaige , et qu'elles pouvoient

[1ÔS3] ADX FRÈRES DOPUY. 487

avoir eu cours, afin d'en conjecturer le temps que ces cuilliers ou brasseletz ou aultred bagues pouvoient avoir esté mises ou cachées en terre et sçavoir en quelles mains passèrent les principales pièces, s'il est possible, pour voir si ce sont véritablement celles dont nous cherchons la source, ou d'aultres. J ay grande honte de vous estre à si grande charge, pour des choses de si peu de considération, et si peu dignes d'une persone de vostre crédit, mais vous n'ignoriez pas ma msdadie tant d'esprit que de corps, quand vous m'avie2 daigné admettre au nombre de V02 serviteurs et me faire sy bonne part de l'honneur de voz bonnes grâces, de façon que je ne doibs pas doubter que vous ne soyez en volonté et en estât de m'excuser, et de me pardonner toutes cez fauiles et tous ces crimes et indiscrétions, comme je vous en supplie et conjure de toute mon affection. Je vous escrivis hier par le dict sieur Venot^ qui désire vous faire offre et consacrer son service. C'est un gentil esprit, grandement bien né et bien morigéné^, qui a de trez bons moyens, et dict on qu'en tout l'Autunois il n'y a pas de maison plus accommodée que la sienne; il a une passion aux bonnes lettres nom pareille, et une grande aversion à toutes les occupations et employs d'offices et de mariage qui peuvent estre cappables [de l'éloigner] du dessein qu'il a à l'estude où il a de bons commancementz et une gentille bibliothecque. Il seroit à désirer qu'en chasque province il y eust de telles personnes qui pourroient saulver une infinité de bons livres m[anu]s[crit]$ et de trez curieuses singularitez, qui se perdent à faulte de gentz qui ayént assez de cappactté et de charité envers le public pour les recueillir et rachepter de leur perte inesvitable. 11 a grand désir de vous servir, et d'acquérir l'honneur de voz bonnes grâces et de vostre protection, par tout ce

' Gettelettre, qui commence ainsi :(r Mon- ' C'est-à-dire qui a de bonnes mœurs (de

neur, je n'ay pas den laisser passer en ce min^erari, venu, selon Littrë, de moe,

pays M' Venot, d'Autun, etc.», est dans le morts , mœurs ^ et gerere , porter). C'est dans

vofcune VU des Minutes de ringoimbertine ce sens que l'on a dit, au iv* siècle, rvail-

(fol. â88),.à côté d'one lettre du mime lant aux armes et bien morigenin {B<mei^

jouradressëe à M. de Montaigu,ff lieutenant quaut)^ et, au xvi* siècle, «rsage et bien

gênerai en la chancellerie d'Autuni», et morigénée n {kmkrmePwé), parmi les lettres adressées aux feères Dupny .

A88 LETTRES DE PEIRESG [1633]

qu'il pourra sacriffier de son service et de ses moyens. Je m'asseure que vous ne serez pas marry de l'admettre au nombre de voz cliens et serviteurs, comme je vous en supplie. Et quand la jeunesse luy feroit obmettre aulcune chose de son debvoir, et des termes du respect qui vous est deub, parmy lardeur de son zeelle, je crois bien que vous lexcuserez volontiers aussy. Je vous feray un dupplicata de ceste despesche qui va par Paris, pour tenter de faire passer l'autre de Lyon droict à Dijon, de crainte que vous n'en fussiez party avant la réception de ces advis icy ou plustost de cez importunitez , dont je vous crie encores mercy de bon coeur, en cette qualité que vous avez daigné m'octroyer et conserver de si bon coeur.

Monsieur, de

vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peiresc.

A Aix, ce & apvril i633.

Je vous supplie d'excuser encores la précipitation où je me suis trouvé reduict cette fois, et non seulement la mauvaise escripture, mais ce desordre et mauvaise construction du style en quelques endroictz, pour avoir esté interrompu, et trop pressé en reprenant la besongne; vous entendrez mieux ce que je voulois dire que je ne l'ay sceu exprimer, ne pouvant le refaire présentement comme c'eust esté de mon debvoir et de mon désir.

Je viens de recevoir présentement une partie des mémoires du P. Athanase Kircher, jésuite Âlleman, sur l'exposition des Hiéroglyphiques iSgyptiens des obélisques, extraictz d'un vieil Rabin de Babylone qui a nom Baby Barachias lequel a escript en Arabe, où il y a des choses grandement abstruses et rares, où les curieux trouveront bien de l'exercice',

^ Voir Gassendi, liv. V, p. 388, sar le ïej^tAeKirekerdelaBiblwthèquedesicrwaim

P. Athanase Kircher, qu'il appdle homme de la Compagnie de Jésus (t. II, coi. &&7), où

de grande érudition {eruditioms appido ma- est indiqué cet ouvrage du savant jésuite:

gnœ) et qui habitait alors Avignon, ainsi Prodrrmus Coptus sive JEgyptiaeus (Rome,

que sur Rabbi Barachias Nephi. Conférez i636, in-&*). Dans cet ouvrage, dédié au

et ceux principalement qui recherchent des notices et origines de la lan^e des Gophtes ^

cm

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PU Y

À PARIS

Monsieur, Avec vostre despesche du â/i^du passé, nous avons receu de hien curieuses pièces et qui méritent de bien plus grands remerciements et services de revanche que je n'en sçaurois rendre, mais il y avoit un advis qui me donna bien de la mortification et que je déplore infiniment en la disgrâce de ce pauvre P. ^. Il fault vouloir ce qui plaict aux Dieux et souhaicter que leur courroux s'appaise^. Je vous r envoyé celle de Montmorancy ^ de laultre, ordinaire, avec mes actions de grâces trez humbles telles que je puis. Celle du cardinal Bentivoglio, que je trouve bien judicieuse et dont je vouldrois bien sçavoir l'autheur confidament, refera le voyage par le prochain Dieu aydant. Vous aurez icy une lettre qui m'a esté escripte de Thoulouse sur les m[anu]s[crit]s dont on m'avoit faict feste, mais je crains bien que ce ne soit pas ce qu'on m'avoit dict. Tousjours fauldra t'il voir ce que ce peult estre et s'il y auroit rien à suppléer ou meliorer en l'édition. Je l'exhorteray tant que je pourray de vous faire envoyer ses livres comme j'avoys desja faict et les tiendray pour receus, à la mode d'Italie, qu'ils ne donnent pas volontiers une grâce que plusieurs ne participent à l'obligation.

cardinid Fr. Barberini , Kircher a utilise les au sujet de ses Exereitationes hiblieœ (Paris,

mémoires relatifs aux hiéroglyphes dont i633, in-&'')?

Peiresc fait ici mention. ' Les Diewc signifient ici le cardinal de Ri-

^ Vol 717, fol. 9s3. chelieu,auqud on peut appliquer le surnom

* Il fiiut lire sans doute : ce pauvre Père. de Jupiter tonnant, qtU Umat ahuê (Ovide). De quel religieux est-il question? S'agiraiMI * C'est^nlire les pièces relatives à la suc-

du P. Jean Morin (de TOratoire), qui eut cession du duc de Montmorency, pièces dont

vers la même époque divers désagréments il est question dans la lettre suivante. II. 69

UirtniMI ■ATIORAU.

A90 LETTRBS DB PEIRESC [1633]

La gaeette n^est pomt venue plus tort que les aultres foys, pour mon regard, ouy bjen pour M' le Mareschd el pour M^ de ia Poterie, qui ont droict de recommandation et préférence. Il faut qu'il yayt quelque mystère caché, qui dépende des â pistoles dont est question pour le faire révéler. Ce mien amy choisit le Golzius de la dernière édition, à 5o libvres ^ mais il ne vouldroit pas qu'on oubliast le petit Thésaurus rei Ântiquariae du mesme aatheur^; au cas qu'il ne fusse pas de l'assortidlnt, il le fauldra achepter à part, s'il vous plaict. Pour le volume en taille de boys des Empereurs ', il le trouve fort cher à hukt eseus parce que, comme vous dictes^ ce n'est pas grande chose , an prix du reste. Mais s'il est ei bien relié comme vous dictes ^ cela peut emporter qoeique portîoQ de^a surtaxe, et pour ne pas laisser cette mortification à mon pauvre amy, il £auit que je luy en fasse bon marché d'une eoupple d'escvs de ma bonree sans qu'il en sçaiche rien , pour luy £aire trouver mettlear le.aervice et l'employa 11 n'en pensoit donner que quattre escus, et à cause de la relieare il en donnera six et sera contant, et je n'y perdray pas iout^ comme s'il demearoit desgousté de cette petite cherté de {dusw Je vous feray envoya l'argent par la première commodité Diea aydant. Cependant vocis le pourrez faire s'il vous plaict arrester m prendre. Et s'il se ^esentoit occasion de l'^ivoyer^ il ne la favldroit pos laisser eschapper. Ensemble le Cvesner^^ Biais celuy cy n'a pas tant de haste q«ie le Gtiisius* Monsieur le Premier Président^ voulut venir l'aultre jour perdre une eoupple d'hevres dau ma ebettive eslude, où il ne trouva rien de son goust, mais il est si bontîf qu'il teimoi-

^ A s'agit là de ïmaeaàk det œsvret de fançais : £01 imêffeé eu nMmlhi ietwiêlm

GoltziuB, pabtiëes de i563 à iSyA, telles emferewrM, deptU Jules César jusqu'à Ve»r

qa*0B les tnmve déerifeadans le Uiumd du pereur FêrUtumd, avec leurs Hogês (iMi,

Ubrake (t. II, col. i653). in«M.>

* ThaaarmreimUiqumiœeaiasUiquisnu'' * Tous (es bibliopbilea adaiireroDt on

mismaiHus (AjiTeiB, 1679, in- A^ 1618, procëdë d*ane aussi déiicale et aussi ingé-

in-M.). nieiise j

' Iû(mesimperat»rumromamrum{àïkyrers, * BMotkêvamdaersalis{t6h6^kL4A).

i567,iB4ol. ). Pes ds tenipaaprèi louvrags * Laisnë de ia Mar^gfuerie,

reparut dans k aène vîiie 8v«c m taite

[l«aâ] iUK PRÈRBS BUPUI. &91

gnett de la sâtieDeictioa beaucoup piuB que nous ne iuy en pouvions fournir, pripdpalenient à mm humeur q«î n est pas dans une si varte curiosité que celle des aultres qui s'en eetoient mieux contentes* Je vous reaierae trex humbleoient de Fadvis que vous m'avez donné du voya^ de M' de Thou en Bourgoigne; ce que vous y adjoustez de sa cwiosîté de voir ma iettre à M** de Robsy ma &ict rougir à bon essiant et m'a neantmoings enfin donné l'outi^ciiidance de iuy en escrire ce que vous pourrez voir en la lejtre cy joincte^ sur le subject des relations que j'ay eues tout à poinct des pièces dont j'estois en peine; aydez moy en sm endrcMt pour me faire pardonner. Si ce jeune gentilhomme d*Autun qui m'en a faict les relations^ vous va voir è Paris, je me promets qu'il aura chez vous le bon accueil dont vous estes si libéra! envers les gente de sa condition, ayant tant d'inclination aux bonnes lettres, et se trouvant issu et successeur d'un si grand homme comme estoitM'CbasBaflee^ de qui nous avons desterré le portraict depuis peu, d'assea bonne main^ Si vous ne l'aviez, je vous en feray envoyer une eoppie. Ce gentilhomme a nom M** Venot, et a de bons livres d*un sîot onde; il m'a feictfeste d'un vieil cartulaire, et d'une charte d'un Tfaeo^ donc oà est faiote mention du comte Boson d'Autun, et d'un certain partage qui servira peult est^e bien à M'' du Ghesne, comme à moy. Il

^ La lettre 'que fen ^eirt defire soc» le iHttiér» eu.

* Gomme on va le voir un peu plus bas, c était Yenot , le beau-frère de M. de Monfaîgtt.

^ BwfMtaBiydeGlia«seaeu,néira4i#cè8e d'Aotian, dai» la parobse d'Issy-fÉnêfuet vers 1/180, Qornmë premier président du parlement de Provence eu août i53a, reçu ie 3 octobre 1 533 ; il mourut à Aix en avril liht. Voir la PMBaypte eoBsaerée à ce aavwift aHqpsinÉ par J.-finri Pignot : Un jwrmcomgulk m Ji^ mèek, Bmthéhmjf de Chtmwm»9 premnr ûommmUÊmr de fa emtume de Bourfcgne, ei frisidentdu forkment

de Prwence. 8a vie et ees œutfres (Pàris^

i68o,iii-8'V

* Saas la Lkte de portraits du Fnmpus iUustres du tome IV de la Bibliothique hist^ rique de ta France, on indique un dessin au crayon conservé dans le cabinet de If . de Fonteite et «ne gravura de Oundier {ijèA , înfol. }. Le beau recueil de ce dernier ( Pwiraiis des premiers présidents du Parlement de Provence) contient une courte notice sur ChasseneuB «à, osaïaie <kfi6 )a leiCtre dePeiresc, ce magistrat est glorifié : on y Al que trce fut un des plus grands personnages de 9on siècle».

492 LETTRES DE PEIRESG [1633]

ma encore parlé d'un m[anu]8[crit] d un sien amy contenant un petit recueil de sermons de S* Bernard non imprimez et par luy mesmes desdiez à un comte d'importance. Il ne fault rien négliger par mon advis et je prends grand plaisir d'apprendre de tout le monde ; il m'a enseigné enir'aultres une chose qui m'eust servy si je ne l'eusse ignorée quand j'escripvois à M' Bigault de mon interprétation des passages des anciens tant poètes que scholiastes sur cez mots de Virgile :

Magnos crateras statuunt et VINÂ CORONANT '.

Ce fut en beuvant à la santé de son beau frère qu'il me parla d'un usage qu ils ont en Bourgoigne de reprocher à ceux qui versent du vin dans le verre, s'ils ne le remplissent bien, lorsqu'il paroi t trop de bord par dessus la surface du vin, tu me veux faire la couronne ^ sans que je soy$ prebstre. En quoi je trouve une continuation apparante de l'ancien usage pour lequel je disois qu'on avoit affecté cette boucle dorée par dessoubs des moulleures intérieures dans mes couppes GVMBIBAE, qui furent desterrées l'année passée. S'il se practicquoit rien de semblable à Paris ou ez environs, je lapprendrois fort volontiers ; vous le pourrez vérifier bien facilement en vostre academye, où il abborde du monde de toutes les provinces de ce Royaulme. J'ay receu une lettre du cardinal Barberin du i s mars, toute de sa main, où il me demande l'approbation de i'eschange qu'il a faict avec le cardinal Antoine son frère de leurs légations, et me dict que la Bibliothèque d'Urbin intercédera pour luy, si j'y faisois de la difficulté, par le moyen de quelques uns des livres m[anu]s[crit]s qui y sont, qu'il offre de me faire transcrire, de sorte que je suis bien homme pour le prendre au mot pour quelqu'un, sur un petit extraict abrégé que m'avoit envoyé M' Naudé de certaines pièces de la dicte bibliothèque ^. Je n'ay encores peu remettre la main

^ GitatioD quelque peu infidèle. Le vérî- * Voir sur les manoscrits de la biblio-

table texte du 734* vers du livre I de thèqued'Urbiudiverspassages des lettres de Y Enéide est celui-ci : Gabriel Naudë qui forment leXIII' fiiideole

Cnteru magixx ttataant, et viD. eoit)Daiit. <•«» CofTespandanU de Peùrue (Paris, 1887),

et notamment p. 19, aa.

sur la liasse de M' Holstenius pour vous envoyer celle que je pensoys vous avoir envoyée. Il y a si longtemps qu'il ne m'avoit escript, et que je n avoîs pas eu d'occasion de la manier, que je ne la sçaurois avoir maintenant que j'en ay affaire , mais elle ne m'eschappera pas, et puis que vous ne le trouvez pas bon, je me garderay bien de luy rien dire de ce que j'avois certainement délibéré de faire, mais j attendrois pourtant vostre adveu. Je finis donc en vous conjurant de rechef d'excuser mes infirmitez et ma mauvaise escritture, et de me continuer Thonneur de voz bonnes grâces comme , Monsieur, à

vostre trez humble et tarez obéissant serviteur, DB Pbirbsc.

AAix»ce&avril i633\

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

À PARIS

Monsieur, fay receu par l'ordinaire dernier vostre depesche du i*' de ce mois avec toutes cez belles pièces imprimées, tant sur la succession de la maison de Montmorancy que aultres, et particulièrement cet advertissement du sieur Bordier dont je vous remercie trez humblement, ensemble M' du Puy vostre frère de ce vieux cahier de Ponderibus, en quby il ne cesse de me tesmoigner comme vous de vouloir continuer les effectz de sa bienveillance, dont nous vous sommes trez tous infiniement redevables et à tous les vostres» Les advis de la Gazette de la précédente sepmaine que vous aviez mis sous une enveloppe séparée ne sont point arrivez plus tost que les aultres non plus que i'aultre foys. Il est vray que celle cy, je n'ay point sceu que M' le Mareschal* aye

' Vol. 717, fol. aa6. — 'Le maréchal de Vilry, gouverneur de la Provenoe.

àU LETTRES DE PEIBESG [1633]

reoeu par cet ordinaire aoitres choses pios fraisches que la reiatiou da mois de mars toute seulie que vous aviex mise dans vostre dernier pacquet. Pour la Bibliothèque de Gesner, c est la venté que j'eateadois de vous demander la primitifve édition plus ample^ nuis puis que ce n est que pour mon usaîge, et que Ton la veuit vendre si cfaeremeat, je m'en passeray plus patiemment que si c estoit pour quelque boa amy, ayant prins plaisir d entendre que M"^ Aubery aye voulu se charger de me re* tenir la Dactiliotheca de Gorlœus^ parce que cesi pour un de me» amys qui ne voit l'heure de la recepvoir. Je m'eatonne que oe martyro* loge de Massœus ne soit pas si notoire comme je me Testois imagmé^, layant veu idlegué en divers lieux comme chose assez commune, et particulièrement dans ce petit recueil de prières de Simon Verrepœus'. Le Père Yassan ^ vous sçauroit bien dire ce que c^est, s'il vous venoit en rencontre. Il nous sera fort aisé de nous passer du Nicandre tandis qu il ne s'en trouve point en commerce, puis qu'un de mes amys me laisse lusaige du sien. Quant à M' Holstenius , il ne fault point que vous vous en mettiez en peine, puis que je vous avois asseuré de ne luy rien dire que je n'eusse vostre adveu exprez. Il y a bien trois mois entiers que je ne luy ay escript chose du monde, et il y a bien plus d'un an par delà les trois mois qu'il ne m'a point escript à moy, mais un Bdigieux fraischement revenu de Rome ma asseuré qu'd luy avoit monalné aflbroe pa* piers qu'il disoit luy vouloir bailler pour moy, et afforee curieux desseins d'antiquitez, mais il ne le trouva pas chez luy quand il alioit luy dire adieu. Je n'ay encore peu trouver son epbtre du voyage de Poloi^ne^,

tWHjpte e farro, «i«> tifjg^ntQ êtgue mro prompiuarwm (Nuremberg, 1600, m-4*).

' Encore moins notoire aujourcThui, le Martyrohge de Massteos a échappe h toutes m«8 oeeherciMs , coHune à ficHee de pl«ri«ara de mes sa? ants amis.

' Simon Verepœos mourut chanoine de r^llise cathédrale de Bois-le-Dnc et en cette vitte, le 10 rnml iSgS, âgé de soîxante-

bLs recueil donl veal parier Pdicec est intitelë 4 EndUridùm piênm frecadomm (Anvers, iSqA, souvent réimprime). Voir dans le Jlfor^*1a longue liste des publications •deYerepœus, tirée de la BiUhAeeu h^iea, de Vatèra indue.

* Sur le père Vassan, voir le tome I, page ao.

* 11 a été question, plus haut , de la lettre où UolsfaokiB raoonte son voyage.

bien ay je traavé inesperement la diarte que me demandoit M' Beiy, fluaîs je ne sçay si je luy pourray escripre par cet ordinaire, car il est desja bien tard et j ay un peu de deffluxiou sur les yeui qui commance fort de m'importuner; en tout eas je la mettray dans vostre paequet, sauf d'y joindre ma lettre par le prochain ordinaire. Cependant vous ne serex pas marry, je tous asseare, de voir la pièce, et M' du Chesne anssy, qui m'en avoit iaict la demande de la part du dict sieur Bely, mais je vous supplieray de ne la pas communiquer à personne aultre qui peusse prévenir le dict sieur Bely en l'édition d'icelle, puis qu'il a tesmoigné tant de désir de la donner dans son hystoire. Tay receu une lettre de M' l'Archevesque de Thoulouse \ escripte de Lyon le dâ^de mars, où il me dict avoir laissé à M' Rigault un volume Grec m[anu]s[crit] de certains vieux antheurs astronomiques lequel je luy avois aultres fois demandé pour M'' Holstenius, et me mande qu'il a chargé le dict ^eur Rigault de me le faire mettre en main aussy tost que l'on auroit achevé d'en transcripre je ne sçay quelles pièces qu'il en avoit promises à quelque aultre ; vous me ferez grande faveur de le retirer lorsqu'il ne sera plus nécessaire au dict sieur Rigault, afin qoe je le puisse envoyer à M' Holstenius. Je ne vous ay pas moins d'obligation que M^ Fabrot du soing que vous daignez prendre de son Théophile. S'il se trouve de par de là une Grammaire Persienne et Turquesque d'un Megîseriis^ je serois bien ayse de l'avoir, et me faict on feste d'un certain Thésaurus linguarum Italice, Gallice, Hispanice, Anglice, où je voudrois bien sçavoir s'il y a rien d'extraordinaire *. Pour le livre

Charies d6' Montèbat , déjà wfvftùt tùeor borné.

' JérAne Megiser, né h Stuttgttrd ven 1 555 , monrat à Lintz en iCt 6, après aToîr mmé une enstenee très agitée et avoir publié m gfMid nmnbred'oumerges en allemand et en latn. Jfene toîb pas parmi ces onvrages, dont ka fins mportant» ont été énmnéréi par Weias {Biogrt^Me mdoeneiie), nne grammaire des langues de la Perso et de la

Tmqoie, mais seulement un traité fdatif h cette dernière langue : InsUtutionum Imguœ turekm Hhri /F'(Leipsick, i6i4, ni-8*).

' Ce philologue aliemand avait publié dès 1696 (à 6r»tz, in-8*) un dictionnaire intitulé : OictkmnarhÊM quatwr Ungnarwm. Le mémo philologue publia, en t6o3 , à Francfort, le Thésaurus polyghttw (in- 8* de plus de 1600 ipàges à trois co^ lonnes).

chimique, j avois bien jugé sur le mémoire qu il n'y avoit guieres d'apparence qu'il eust esté bien donné ; il fauldra que celuy qui le désire en prenne de meilleures instructions, et je ne laisse pas de vous estre bien obligé du seing que vous daignez prendre de tant d'importunes commissions. Au reste nous avons admiré toutes ces nouvelles révolutions de la cour, où l'on nous a voulu adjouster icy d'aultres personnages d'importance tant femmes que hommes comprinsen la desfaveur, jusques à Madame de Montbason ^ et M°^ du Hallier % ensemble M' de Liancourt^, mais nous avons veu icy une coppie de l'abolition de Mons^^ l'Evesque de Nismes ^, qui ne semble pas des moins importantes pièces du temps. Il est venu un bruict du costé d'Avignon, d'où il ne vient guieres de nouvelles véritables, que M' le Mareschal de Thoiras avoit pris l'habit de carme deschaussé, dont nous n'avons rien voulu croire*. Nous n'avons que trop de fascheuses nouvelles maintenant en ceste ville sur un subject dont vous aurez un jour toute la procédure, sur le subject d'un souflet donné par un consul à l'un de ses collègues, pour raison de quoy on a voulu faire heurter l'authorité de M*^ le Gouverneur avec celle du Parlement, dont ceux qui ont l'humeur

* Marie de Bretagne, née vers 1610, mariée en i6s8 à Hercule de Rohan, duc de Montbazon, morte le 98 avril 1687.

On sait que M"' de Montbazon, ffone des plus belles personnes que Ton pât voir* et aussi une des moins farouches, fut aimée par deux des ennemis du cardinal de Richelieu, Gaston d'Oriéans et le comte de Soissons. Voir Talleroant des Réaux, t. IV, p. 463.

' Charlotte des Essarts, fille de François des Essarls, sieur de Sautour, et de Charlotte de Hariay, mariée en i63o à François de THospital, seigneur du Hallier, comte de Rosnay, maréchal de France en 1 6ii 3 , morte le 8 juillet 1 65 1 . Voir, sur cette trop célèbre amie du roi Henri IV, YHistoriette intitulée Lé mareêchalde l'Hospitai, t. IV, p. 1 63-1 63.

' Roger du Plessis, duc de Liancoort, a déjà été mentionné (t. I, p. 9/1). Citons encore ici Tallemant des Réaux, HUtorie^ de Madame de Lianeouri (t. IV, p. 3o9- 3o8).

* GlaudedeSaint-Bonnet,frèredeToira6, avait pris parti pour le ducde Montmorency; il fut obligé de renoncer à son évéché pour obtenir Tabolition dont parle Peiresc. Il fiit remplacé, le 19 novembre i633, par Anthyme-Denis Cohon, un des fiaivoris du cardinal, de Richelieu.

' Peiresc avait bien eu raison de ne pas croire à cette prise d'habit Le maréchal de Toiras était trop foncièrement militaire pour ne pas mieux aimer mourir comme un soldat que comme un moine.

[163â] AUX FRÈRES DUPUY, 497

pacifique sont bien desplaisantz ^ Vous me pardonnerez bien sy je ne vous en dictz d aultres choses, estant de tout mon coeur, Monsieur,

vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Pbiresg.

A Aix,ce XI avril i633.

^ Les historiens de Provence ont passé cet incident sons sSence. Tea dirais autant des historiens de la ville d'Aix, si P.-J. de Haitze, dont Tonvrage est si consciencieox , si complet, n'avait suppléé au silence de Pitton et de ses autres devanciers. On sait que la plus grande partie de cet ouvrage a été publiée dans la Revue Sextienne, mais, comme le récit de Taffaire du sot^t appai^ dent aux pages encore inédites de ïHistoirt de la ville d'Aix, j*ai dû emprunter ce récit au précieux manuscrit de la bibliothèque Méjanes. Pour cet emprunt j'ai eu recours à Textréme obligeance d*un bibliophile d'Aix qui ma très aimablement rendu bien d^autres services, M. Paul Arbaud : «rOn accorda au député en faveur de la ville la confiscation des biens du président Coriolîs, qu'elle remit ensuite généreusement à son fils. Comme ces choses eurent esté décidées, la ville traita avec les intéressez sur leur païemant Le mareclud de Vitry, sachant que le cardinal de RicheKen sonhaitoit que ces gens là, qu'il appdloit ses martyrs, fussent plenement satisfaits, pour lui plaire, embrassa leur parti contre les inlerests de la ville et mit pour cela enjeu le seigneur de Saint-Martin, second consul, qnil s'estoit entièrement acquis. Gelui-d donc, ainsi disposé, estant au conseil de ville lorsqu'on proposa le remboursement des intéresse^, insista contre Gabassol, son coUegne , qui proposoit de fidre quelque retranchement aux sommes qui leur II*

avoient esté adjugées et soutint qu on devoit les leur acquiter entièrement Cette contestation fîit portée si avant que Cabassol receut un souflet de la part du seigneur de Saint- Martin en plene assemblée. Le public, surpris d'un procédé si insolent qui violoit les loix de la société civile, et qui l'offensoit si grièvement, témoigna d'en vouloir avoir réparation par justice. Sur cela, les consuls firent informer par le lieutenant criminel qui décréta prise de corps contre le prévenu. Le Parlement, sachantla conséquence de Tafaire, et qu'elle estoit de celles qui méritent les soins des magistrats supérieurs, ordonna que le décret seroit exécuté de son autorité et fit crier le seigneur de Saint-Martin trois briefs jours. Il s'estoit retiré près le Maréchal qui pour lors estoit à la Tour d'Aiguës , lequd, adverti de la procédure du Pariement, et le prenant pour une injure à sa personne , vint en mesme temps à Aix , y mena le seigneur de Saint-Martin et le fit promener par la ville. Celui ci se pourveut par devant La Pot^e, un des intendans, qui renvoîa les parties au Roi dans trois semaines, et cependant surcit à toutes procédures. Cette action du Maréchal , qui touchoit le Pariement en la partie la plus sensible, fut la première cause des divisions qui se formèrent entre ces deux puissances. Le Pariement en fit des plaintes au Roi, et comme il n'en receut pas la satisfaction qu'il avoil sujet d'en espérer, il en conserva un sentiment plus ulcéré, parce

IVrtiaïUI ■ATIMAU.

&98 LETTRES DE PBIRE&C [1633]

GV ,

À MONSIEUR, MONSIEUR DUPUY

À PARIS

Monsieur, Le dernier ordinaire nous appoiiia sammedy à l'issue du Palais vostre despesche du 8"^ avec laquelle j'eux soubs une «nveloppeà part la Ga* zette du 2 avril. Mais tandis que j ouvroys vostre pacquet et celuy du Prieur de Roumoules, mon homme s'apperceut du cachet d un petit pacquet séparé, dont lempreinte ressembloit Tenseigne de Tesperon des Gazettes, ce qui nous fit juger quà ce coup lafraische Gazette y seroit soubs ce saufconduict, comme il fut vray. Car j y trouvay la dicte Gazette datée du ix"^ avril, accompagnée toutefoys du billet que j'ay creu vous devoir envoyer avec un mot de responce au aieur Renaudot^ qui ne laissoit pas de datter sa lettre du 8°**. Je seroys bien empesché de respondre à une si bonne opinion que celle qu il a conceiie de moy et de mes correspondances, qui ne vont pour la plus part qu'en nouvelles de livres ou curioeitez d'anticailles, qui ne sont pas de celles qu'il faultà la Gazette, nostre pais ne fournissant guieres de matière digne d'y tenir aulcun rang^. Et je n abhorre rien tant que de passer pour un donneur d'advis, car j'aymerois bien mieux n'en recevoir jamais , et m'en passer tout à faict comme j'ay faict durant mon sesjour de campagne assez longuement. Je vouîdroys mesme esvîter (et me rançonnerois volontiers pour cela) de passer pour un homme trop curieux de sçavoir des nouvelles du monde, s'il estoit possible, car l'importunité y est aulcunes foys bien grande, de la part de ceux qui en viennent demander, et qui s'imaginent

«pie les injure^ qui ne «ont ni rapowsëes ni ' Th^phrasleRenoadet, dëjlinientioDnë.

réparées dèiiMnreDtempremt^S'dam le eosar * Les biographes da fondatear de h Gû-

ae des marques de Caiblesse, qee ies lum n'ont pas connu ke tentatives fekeB

grands oorpe ne peuvent eodrir.i (Ms. 1008 par ReMiudot ponr aogfnenler d'une anssi

de la M^anes, t. III, p* 3«9^33o.) •-* La ittastra recrue ie régiment de ses collabora-

lettre CIV se trouve vol. 717, foK aSo. leurs provinmaui.

[1683] AUX FRÈRES DUPUYt 499

qu'on Mit non seuienlent obligé de leur ea dil% quand on en a, mais d'en avoir quand on b en a poinet, au jiioingt de eelled qu'ils cherchent. U faudra Caire ce que nous pourrons, pour nous acquitter de nostre deb^ voir. Cependant, je vous ay bien de l'obligation du soing et de la favorable intercession qu'il vods a plett d*y employer pour l'aûiour de moy, et vous en remercie de tout mon coeur» tout aultant que si c'es<toit de quelqne bien importante affaire, qui ne vou^ auroit pas donné tant de peine, je m'asseure, et ne vous auroit pas faict faire tant de vio^ lance sur voetre humeur, comme possible celle là. Vous remerciant trez humblement adssy de l'honneur et favorable accueil qi>é vous avez daigné faire à M** de Bourgogne, que nous ne tenons pas à moindre obligation que sy vous avies agy et obtenu pour luy tout ce qu'il désire de MesûeuTs les Ministres ^ i'ay esté fort aise d'entendre que le petit volume cbes Cophtés se soit trouvé maintenant entre voz mains, afin de le pouvoir monstrer au bon M' Petit, avec mon m[anu]s[crit] des EclogUes, en quoy vous m'obligerez aultant et plus que si c'estoit chose qui regardast mes plus sensibles et prédominantes euriositez. Estant bien aise qu'il fasse imprimer les aultres observations sur les anciens Autheurs, car il eii avôtt de bieU bonnes et qui meritoient bien de n'estre pas supprimées. Quant aux cahiers que vous m'avez faiet transcrire de la bibliothèque du Roy, je vous en ay une bien grande et bien estreitte obligation, et encores plus de ceux qu'il vous a pieu me confier originellement, transcripts de la main de feu M' Pithou, dont la veûe m'a bien rendu plus curieux que je n'estois de (elles sortes de pièces anonymes et de toutes langues, tant Latine que Grecque , voire en des aultres s'il s'en trouvoit, comme j'en ay receu ces jours cy un vieux cahier Hébraïque. Et m'«n faiet on e^erer un Arabique au premier jour. C'est pourquoy, si dans les U cahiers que vous avez faict tirer de la bibliothèque du Roy l'on n'avoit pas mis les pièces latines, je vous supplie de les faire transcrire en d'aultres cahiers à part. Je vous r'en-

* Ud parent de Peiresc mentionne déjà et qui était allé en cour comme représentant de la ville de Marseilk, dont il était un des consuls.

500 LETTRES DE PEIRESG [1633]

voye ceux que favoys desjd receus, affin qu'on les puisse coilationner sur les originaulx, mais je ne voys poinct de raison ne d'apparance d'en laisser prendre la peine ne la courvée à M' Rigault, principalement à cette heure qu'il est si dignement occupé à son Tertuliian. D sufiira que M"" Petit le face, puisqu'il a tant de bonne volonté de s'y employer, et que sa santé le luy permet possible mieux qu'aux aultres. Je m'en contenteray assez. Et si lorsque le Tertuliian sera achevé. M' Rigault nous veiilt faire la faveur de nous dire son advis sur quelques uns de cez petits Âutheurs, nous ne le refuserons pas et ne luy en aurons pas moings d'obligation et aurons moings de regret de le destoumer, vous asseurant que ce ne m'a pas esté une petite mortification d'entendre que de tant de différents exemplaires m[anu]s[crit]s de la Bibliothèque, il ne s'en soit trouvé pas un seul qui soit en parchemin, et escript du vieux temps, pour y pouvoir avoir recours au besoing. Gela me rendra tant plus soigneux de faire visiter ceux du Vatican et d'Urbin, pour voir s'il n'y en aura pas quelqu'un de plus grande authorité et antiquité. Car je me trouve insensiblement embarqué en une besoigne, qu'il fanlt tascher d'esclaircir et desvelopper d'une infinité d'équivoques et altérations qui y avoient bien mis de l'obscurité, et qui avoient quasi faict désespérer de les pouvoir bien descouvrir [et] concilier tant de choses mal compatibles. J'auray soing de vous r'envoyer fidèlement voz cahiers de M*" Pitou, mais il sera malaisé que je puisse vacquer à souhaict à Texamen de toute cette matière durant nostre présent pariement, qui finit à la fin de Juin , aprez lequel temps il fauldra s'y mettre à bon essiant toutes aultres affaires ^^essantes pour quelques jours. Cependant nous pourrions avoir quelque chose de plus du costé de Rome et du Levant tant en des vases et aultres pièces du temps, qu'en libvres m[anu]s[crit]s dont j'attends quelque notable secours pour supplément de ce que j*en ay desja.

Je vous remercie de la bonne relation qu il vous a pieu me faire de la persone du sieur Godeau ^ et comme j'ay graùde compassion de voir

^ Antoine Godeau, le (citur évAque de Grasêe, puis de Veuoe, d^à meotinmaé plos haut.

que Ton l'aye voulu attaquer, avec si peu de respect et de defferance à son eminente vertu, puis qu'il a de si dignes parties, j'ay bien de Tindignation aussy contre ceux qui luy en veulient de la sorte, et sçay fort bon gré au sieur de Boysrobert^ de luy avoir rendu de si bons offices auprez de Monseigneur le Cardinal^. Sur quoy je finiray demeurant. Monsieur,

vostre trez humble et trez obéissant serviteur, PE Peirbsc.

AAix,ce 18 avril i633.

J ay rencontré par hazard un traicté de treue aprez la prinse du roy François I pour le saufconduit tant de Madame d'Âlençon' d une part, laquelle passa en Hespagne , que du Duc de Bourbon ^ d autre , qui passa aux isles de Marseille. Je pense qu'il est faict à Tolledo et ne me souviens pas de l'avoir veu entre ceux que M' de Lomenie avoit de mon temps. Il y a aussy quelques articles du traicté d'entre l'Empereur Charles le V et le dict Duc de Bourbon. Vérifiez, je vous supplie, Monsieur, si M" de Lomenie les a ou non, l'un et l'autre^.

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

À PARIS

Monsieur, Avant que respondre à vostre despesche du i&"^ de ce moys, il m'eschappe de vous dire, mais je vous supplie que ce ne soit pas à

» * Sur Tabbë de BoisroWt, voir t I, plus qae Tamicale intervention de fabbë de

p. 45 1 . Boisrobert en bveur de son confrère auprès

' Ni les anciens historiens de l'Académie du cardinal de Richelieu,

française, Pdisson et d*01ivet, ni le nouvel ' Marguerite d'Angoulèmer duchesse

historien de la Compagnie, M. René Ker- d'Alençon, sœur de François I^«

viler, n*ont indiqué les injustes attaques dont * Le connétable Gharies de Bourix>n«

le futur prélat avait été l'oljeten i633 , pas * Vol. 717, foL aSo.

d'aultres qu'à M' da Puy, M' Rigauit et à vous, Monsieur, que je ne sois guieres moins en peine que no2 futurs chevalliers du S* Esprit en lafrtente de la Pentecoste S mais pour une bien différente occasion, car ils attendent ce que vous sçavez desja, et ion me nourrit en lesperance et en Tattente que dans ce terme ià debvroit arriver un navire de Marseille nommé le S* Esprit , sur lequel on a chargé toute une grosse caisse de volumes Grecs m[anu]s[crit]s en parchemiu qu un muUet ne pouvoit porter, dont il y en a troys ou quattre pièces reliées à la Royale ou Impériale, dont celuy qui en a faict l'acquisition pour moy se promet que j'en doibve bien avoir de la satisfaction ; or il cognoit un peu . ma curiosité. Il a eu deux ou troys bonnes fortunes tout d'un coup et de divers endroicts et est grandement heureux en ses rencontres. Si cela peult venir à bien, j'espère que nous aurons de quoy fournir quelque pasture aux curieux. C'est du mesme lieu qu est sorty le volume des Eclogues de Constantin Porphyrogenete, et me dict on par relation de celuy qui en a porté une partie sur son dos, qu'entf'aultres il y a un si gros volume envelin qu'il a prez d'un palme d'espaisseur^ à nostre mesure, et qui est plus grand que l'ordinaire forme, et par colonnes, ne m'ayant sceu dire s'il y en avoit plus de deux en chascune page, mais bien dict-il qu'un Caloyre Grec ^ qui le vid chez mon amy battoit des pieds et mains, disant que cestoit un thresor, et toutefoys c'estoit un homme qui estoit en réputation d'avoir d'excellents livres luy mesmes, et que par la on jugeoit quelque chose de bien extraordinaire. Je vouldrois bien que ce fusse quelque pièce de HEXAPLES ou OCTAPLES. Je n'ay point de lettre de celuy qui a faict ie voyage pour l'amour de moy, mais un qui l'a siervy sur les lieux m'en a faict la re-

^ On sait que Tordre du Saint-Esprit fut fondé par Henri III (ëdit de décembre 1 678) en mémoire du joor de la Pentecôte (3o mai 1674), où il avait succédé à son frère, Charles IX, et que c'était ce jour-là que Ton procédait à la réception des nouveaux chevafîers.

' Le palme en Provence , comme en Lan-

guedoc, avait une longueur de neuf pouces. • * Moine de !'ordre de Saint-Basile que Ton a appdé depuis Caloyer. Voir dans le Dktimnaire de Trêwma: Tarticle Cafoyer ou Caloger, enrichi de citations empmntées à divers voyageurs et orientalistes, notamment l Tavemier et au P. Goar.

latioD, et mVdict qu'il y avoit un texte grec de la Bible fort estimé. I] est venu par Naples. Et sans que le mistral a régné tout ce caresme et quasi tousjours depuis Pasques, le navire S^ Esprit seroit arrivé longtemps y a à Marseille , où mon frète se trouvera tout à poinct pour luy faire la bien veniie.

J ay receu depuis deux jours la relation des pais d'Afrique dont je vous avois parlé cy devants laquelle je n'ay pas encores peu voir qu'en courant, et crains bien qu'elle ne responde pas à l'attente ; toute foys cela dépendra des relations qu'il pourra avoir prinses sur les lieux, oultre les authoritez des escrivains qu'il y a insérées; c'est un volume escript in fol^ quasi de deux doigts d'espaisseur que je vous feray tenir par la première commodité d'amy Dieu aydant, pour la communiquer à M' Bergeron^, et voir si elle meriteroit d'eslre mise au jour. J'en ay eu d'ailleurs une aultre plus petite qui n'est que d'une demy main de papier, concernant l'Egypte et principalement le Cayre, où j'ay trouvé de biea jolies curiosités.

Mais je ne sçay à quoy je me laisse emporter au lieu de respondre à vostris lettre et vous remercier comme je doibs trez humblement de la belle relation qu'il vous a pieu nous faire du lict de justice, avec tant de peine et de soing que je suis honteux d'en avoir esté la cause. M" le Premier Présidant a prins grand plaisir de la voir, durant sa purge qui luy a &ict tenir la chambre quelques jours de la semaine.

Je vous remercie aussy bien humblement de Tadvis de l'autheor du beau, discours sur l'histoire du. cardinal Banlivoglio, qui est bien digne du personage qu'il vous a pieu me nommer ^. Je ne suis pas moings

^ LardaliondeThoQiMid'AroDS^aasajel édition des œuvres de racadëiiiiGien,ëdîUon

de iaqudie ou peui voir le fasckuie XV des «revue et augmeoJbéen , publiée à Dresde de

CarreqHmd^nta de Peirete^ptusim. 1766 à 1 7^9 en i4 voiames in-S*. Jene^

* Sur Pierre BergéroD, voir 1 1, p. 779. le trouve pas davantage dans la BibUogra-

' Cet auteur était François de la Mothe- fUe mise par M. René Kerviler k la fin de

le-Vayer* Son beau ikcowr» est-il resté iné- sa notice sur Fr, de la Mothe-k-Vayer (Paris,

dit? Je lie le trouve pas dans la dernière 1879, p. jio&-jiiS).

bien aise d'avoir aussy aprins que le discours de la bataille de Lutzen fusse de luy, et Ten estimeray bien davantage ^

M' Cyron ^ m'escript qu'il envoyera les deux volumes m[anu]s[crit]s à M' l'advocat gênerai son frère ou à vous pour les remettre à M' du Chesne, à qui je pensoys escrire, mais le temps m'est eschappé insensiblement à mon grand regret, et pensoys bien escrire à d'aultres qu'il me fauldra remettre Dieu aydant au prochain.

M" Le Grand m'obligera beaucoup de me faire avoir la communication du seau de Hugues Gapet, et encores plus s'il y en adjouste d'aultres, entre lesquels il s'en pourroit bien rencontrer quelqu'un qui me fusse eschappé. J'attends le peintre que M' de Bié dict me vouloir envoyer, à qui je donneray volontiers toutes les meilleures adresses que jepourray, et selon que je le trouveray propre à bien ou mieux faire, je luy donneray plus ou moings d'employ et le recevray chez moy afin qu'il ne despende rien à l'hostellerie.

Celuy qui veult le Golzius avoit bien sceu que les vies de Jules et d'Auguste composées au nom de Golzius n'y estoient pas, mais il n'y a pas grande perte, et celles de Suétone sont bien incomparablement meilleures, et plus dignes d'estre leûes. Il fauldra donques prendre la nouvelle édition, avec ce vieil volume des Empereurs tel qu'il est, et le Thésaurus s'il vous plaict, et seulement avoir soiiig de les faire bien coUalionner par quelque libraire de voz amys de peur qu'il ne s'y trouvast aprez de deffectuosité principalement aux figures, car encores le reste il s'en pourroit en un besoing transcrire quelque feuillet s'il y manquoit. J'ay receu les epistres de Busbequius^ dont je vous remercie

* Diicaun sur la bataiik de Lutzen ( Paris , 1 633 , in-^"*, anonyme). Qaatre éditions de ce diflcoars furent données en i633, sans parler de la reproduction faite dans le

.tome XVIII du Mercure françm d'Etienne Rieher.

* Innocent de Cyron , déjà mentionné plus hant.

' Auger Ghislain de Busbec , ou , comme

on écrit le nom dans les Pays-Bas , Ghisselio de Bousbecques, naquit en iSaa à Comioes (Flandre) et mourut au château de Maillot, près de Rouen, le 98 octobre iSgs. Les épttres mentionnées par Peiresc sont cdks que Busbec adressa de Paris à Fempereur Rodolphe II dont il était Tambassadeur : Epistoh ad Rodolpkum II, m^mn^orem, e GaUia ecr^tœ, publiées par Honvaert

trez humblement, et ay advis de larrivée du ballot à Lyon. On m'a voulu faire à croire que Sillon avoit faict imprimer la seconde partie du Ministre d'Estat, mais je ne Tay pas creu^. J ay eu par hazard une Vie de feu M' de Villeroy^ traduite en Espagnols que j ay creu vous debvoir envoyer à tout hazard, si ne l'avez desja, pour l'affectation du langage*. On m'a fait voir que je n avois pas le texte françois original; c'est pourquoy, s'il se trouve, je vous prie de me l'envoyer, et me mander si en avez rien sceu de particulier. On me promet un inventaire bien ample de la bibliothèque d'Urbin; cependant j'en ay eu un petit abrégé; mais il est entre les mains d'un mien amy ; je le retireray pour le vous envoyer inconlinant. Vous remerciant du soing que vous avez daigné prendre de l'édition du Théophile de M' Fabrot dont je vous seray infiniment redevable comme je le suis desja par advance du bon accueil que vous promettez à M' Vénot d'Authun et des offices que vous m'avez rendus auprez de M' de Thou , encores que je sois bien marry de n'avoir mérité la souvenance qu'il a de moy. J'avoys creu que son chemin le fisse passer par Autun ou si prez de là que le destour n'en fusse pas

(Bruxelles, iGSa). Cest la dernière édition qui en ait été donnée.

^ Peiresc avait eu raison de ne pas le croire. Nous avons déjà vu que Le Ministre d'Estat, par ie sieur de Silhon, s? compose de trois parties, qui parurent originairement à Paris, chez Toussaint du Bray, en i63i, i643 et 1661, dans le format in-4\

* Nicolas de Neufvilie, seigneur de Vil^ leroy, né à Paris en t542, mort à Rouen en 1617, secrétaire d*État, sous Charles IX, lenri m, Henri IV et Louis XIII.

' Il s*agit de la traduction des Renutrques 'Etat et d'histoire sur la vie et hs services de L de Yilîeroy, par Pierre Matthieu (Lyon, 618, in-iQ); tradueido dal Franeks , par edro van der Hammen Gmnez y Léon (Ma* ■id, i6a4,in-8').

* Ce n*est pas la traduction qu*i] faut rendre responsable de cette affectation , mais Vauteur lui-même, qui , restant trop souvent poète dans sa prose, abusa singulièrement du langage métaphorique, ce qui lui a valu, après i83o, un certain succès auprès de Técole romantique. Reconnaissons, du reste , que Topuscnle de Matthieu parait avoir beaucoup plu à ses contemporains dans presque toute l'Europe, car, sans parler des réimpressions françaises de 1630, i6aa, i63o, 1 64 a, on le retrouve traduit en anglais, en flamand, en italien, en latin. Voir ie liste de ces diverses traductions dans la BiHto-^ thèque historique de la Franee (L m, p. aaa), d où elle a été transportée dans la BibUographie biographique d'li!douard-Marie (ïùitinger (i85o).

larillWEKIC NATIO^ilC-

considérable. Car je n eusse pas esté si hardy à rimportuner de ceite commission qui ne se peult guieres bien faire sans y estre en persone et sans voir ce que ce peult estre. Le gazettier a continué de ni'envoyer sa gazette du 16"*^ venue avec voz lettres du 1 4, et je croys bien ce que vous avez jugé de sa libéralité, qu'il fauldra neantmoings recognoistre d une façon ou d aultre. Il me reste de protester à M' Guiet * que je ne prétends nullement de violanter la liberté de ses opinions et conjectures négatives^, mais que jusques à ce qu'il nous aye donné quelques bonnes preuves de son dire , il ne doibt pas prétendre non plus de ne nous laisser la liberté de croire ou conjecturer ce que bon nous semble, ne s'agissant pas de simples moulleures ou fillets d arcbilecture qui peuvent dépendre seulement des ornements ou enrichissements arbitraires, mais d'un simple ruban doré comme indépendant des aultres mouleures de plus grand relief, lequel ruban ressemble trop le diadème ou couronne des anciens Roys pour ne pouvoir estre appelle de ce nom de couronne, principalement estant doré par une spéciale. prérogative, privativement^ à toutes les aultres moulleures qui sont plus hault que ce ruban. J'ay recouvré de Lyon une aultre couppe de verre ou esmail antique de couleur violette qui n'a rien de blanc que deux petits mascarons aux costez, et un seul petit ruban blanc qui luy faict un bord au plus haut de ses lèvres, au dessoubs duquel ruban la mesure est la plus juste du monde d'un Sextarius de douze Gyathes de la grosse mesure, chascune Cyathe de xu Drachmes, de sorte que là il n'y a pas d'aultres mouleures auxquelles se puisse rapporter ceste couronne blanche, oii ruban tout blanc au dessoubs duquel est la mesure du Sextarius

^ Sur FraDçois Guiet ou Guyet voir 1. I , p. 643. Depuis f impression de cette page a paru un curieux travail spéeîal intitule: Françaiê Ch^ei (t 5j S-i 6&6) , d'aprèt des dooumeiêU iiUdits, par baac Un (Paris, Haehdlte, 1887. '^'^^ po^ '^ doctorat eslettres).

* On sait que Guyet était un grand scep-

tique, ua subtil et pointilleux discutenr, un hypercriliqne.

' littrë cite sous ce mot un écrivain du xvi' siècle , Antoine Loisel , et un écrivain da xvin*, Montesquieu. H faudra désormais citer le magistrat du xvu* siède entre ravocat-jurisoonsuUe de Beauvais et le conseiller au parlement de Bordeaux.

des RomaÛM. Mais le papier me manque et il est temps de clorre la despesche, estant.

Monsieur,

vostre trez humble, trez oblige et trez obéissant serviteur,

DB Peiu8g« A Aix,oea5 avril i683.

J'oublioîs de vous dire que mardy de la semaine passée par un muletier de eeste ville j'envoyay un petit chat, du poil du vostreS à M' de Rossi de Lyon pour le vous faire tenir par quelque rouUier; si M' de Thou le trouve à son gré, il le pourra bailler à M' de Bellievre, son collègue, comme il désire; sinon, il fauldra en envoyer quelque aultre.

N'attendez point, je vous supplie, que le bon M' Petit vous demande le petit volume Gophte, non plus que mon m[anu]s[cri]t des eclogues, car il est discret et modeste jusqu'à lexcez ; il les luy fault mettre en main à la première vèûe, s'il vous plaict, l'un et l'autre, je vous en supplie^.

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY'

Monsieur, Nous avons eu l'honneur de voir icy M' de Berule , neveu de feu Mon-^ seigneur le Cardinal^, qui s'en revient de Rome, où il a laissé «en fort bonne santé Monsieur labbé de Thou^, dont Madame la Première Pre-

^ Un ée ces dbals dits angora doai il a maître des requêtes, intendant de ia justice

déjà été question |in peu pjos haut. en Anjou, etc.

* Vol. 7 1 7, fol. a 3 a. ^ Jacques- Auguste de Thou , abbë de Bon- ' Sans autre adresse. nevat, dit abbé de Thou, déjà plusieurs fois

* Le fils de ce Jean de Bërufie qui fut mentionné.

sidante^ (car ce fut chez elle que j'eus le bien de l'aller sallûer) tesmoigna un grand contentement, par tout plein de bons respects et particulièrement pour Tamour de vous, Monsieur, qu eiie honnore et révère infiniment, selon que la parenté qui est entre vous le luy permet, et que le requièrent voz eminantes vertus et recommandables mérites, sur le subject desquels m'estant arrivé de parler à mon tour au moings mal que je pouvois, aussy bien que M' de Berule, que Madame la Première Présidante felicitoit tant pour la commodité de vostre voisinage que pour la doulceur dont il alloit jouyr de vostre conversation, et ayant sceu l'honneur que vous me faisiez de m advoûer pour vostre serviteur, il voulut absolument avoir parole de moy qu'il vous porteroit de mes lettres, pour gaige de la bonne volonté qu'il avoit pour vous, et du soing qu'il vouloit prendre de vaz serviteurs, et de tous voz intérêts, dont je luy suis infiniment redevable , et dont je ne doubte pas que vous ne luy sçaichiez trez bon gré, selon la bonté de vostre naturel. Il nous a faict de trez belles et dignes relations tant du costé de Venize et de Naples, que de Rome, où j'ay sceu d'ailleurs que Monseigneur le cardinal Barberin luy a bien defferé de l'honneur. Il a mesmes eu la curiosité et l'asseurance de se faire conduire ou porter jusques sur le bord de la gueuUe du Mont Vésuve, dont l'aspect est si espouventable. Vous prendre^, je m'asseure , grand plaisir d'entendre ce qu'il y a remarqué, et d'apporter de vostre costé toute sorte de bonne correspondance à la passion qu'il a pour vostre service. Et ne trouverez pas mauvais que je participe en qualité de son serviteur aux obligations que vous acquerrez et accumulerez journellement sur luy, sans que je m'ingère, comme il ne seiroit pas raisonnable, de vous recommander tant de recommandables parties qui sont en sa personne, et qui vous sont assez cogneûes, comme je pense, de longue main et le seront tousjours davantage avec le temps. Au contraire je vouldrois bien avoir mérité en son endroit par quelques dignes services, qu'il eusse voulu me rendre envers vous. Monsieur, les bons offices qu'il peult, avec le crédit qu'il

' Madame Laisné de la Marguerie.

[1633] AUX FRÈRES DDPUY. 509

a et qu'il y aura tousjours plus grand, puis que j'ay si peu de. moyens de me revancber de voz ordinaires bienfaicts, et qu'il y a si peu d'espérance et d'apparence que je m'en puisse jamais acquitter moy tout seul, si mes amys ne payent pour moy, comme peuvent faire ceux de cette condition. Je l'en supplieray le plus humblement que je pourray, et vous,

Monsieur, de l'agréer de

voslre trez humble et trez obéissant serviteur,

Dfi PsiRESC.

A Aix, ce i"may i633'.

GVIll \ MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY,

A PARIS

Monsieur, Avec vostre despescbe du â i du passé nous avons receu le livre du R. P. Sirmond que nous avions tant désiré ^ et tout plein d'aultres pièces trez curieuses, dont nous ne vous sçaurions assez dignement re* mercier, principalement des cahiers m[anu]s[crit]s de Ponderibus et Mensuris, que je n'ay pas encores peu voir à mon grand regret, mais à la première ouverture il me semble d'y avoir veu des pièces que je n'avoys pas trouvées énoncées en l'inventaire qu'il me souvienne, dont vous croyez bien que je ne puis pas estre marry. Mais je n'y ay trouvé aulcune distinction de la diversité des volumes d'où touts cez fragments ont esté tirez, estant malaisé que le tout vienne d'un seul volume ; car j'eusse prins grand plaisir d'y trouver cotté aux marges le nombre du volume de la dicte Bibliothèque, pour y pouvoir avoir recours en cas de besoing pour la collation de quelque mot ou charactere ambigu,

* Vol. 717, Toi. 2 34. — * Antirrheticuê. De Canone Arausieano, Advenus Pétri Aurelii Theohgi Respoimonem, qua ejus Epiêtolam infirmare eamUus esi (Paris, Sëb. Cramoisy, i633, in^*).

ou doul)teux. Et si je ne me trompe, il y avoit en mon bordereau quelques aultres pièces que je n'ay pas trouvées en ce recueil, mesmes aulcunes qui sont, je m'asseure, en latin, dont je ne double pas que la recherche ne soit trop pénible et importune, pour en charger M' Bigault, surtout pendant la presse de l'édition de Terlullian. C'est pourquoy j'avoys désiré de luy espargner ceste courvée, et l'endosser^ à M** Valloys ou bien à M*^ Petit, qui est d'assez bonne volonté et patia!nce pour cela. Et s'il y a encore du moyen de le faire, vous m'obligerez bien de le faire trouver bon à M' Rigault, faisant grand scrupule de consciance de le divertir pour si peu de chose de ses meilleures et plus sérieuses occupations. Et le bon homme M' Petit s'y employera volontiers, et sans que cela puisse tant porter de préjudice à ses aultres meilleures affaires. Il en pourra faire Tessay sur les premiers cahiers que je vous r'envoyay par le précédant ordinaire et cependant je verray de parcourir ces derniers cahiers que m'avez envoyez présentement, à quoy la commodité des prochaines festes me viendra possible bien à propos. Et puis je vous les pourroys bien renvoyer à mesmes fins que les premiers, si M"" Petit n'estoit party, ou si M"" Valloys se peult donner ceste peine. Quant au volume m[anu]8[crit] de M' de Thoulouse des Astronomes anciens , puis que je n'avoys pas encor escript à Rome sur ce subject, j'ay creu que vous ne seriez pas marry de voir la lettre que m'en a escripte M' l'Archevesque, où il semble avoir laissé charge de m'envoyer son m[anu]s[crit] aussy tost qu'il sera transcript, soit que ce soit à M' Rigault qu'il en aye parlé, ou à M' Aubert, possible en présence ou en contemplation de M' Rigault. Auxquels vous pourrez faire voir ma lettre s'il vous plaict, ne trouvant pas estrange qu'il y ayt eu quelque équivoque en la persone de l'un pour l'autre, car en la mesme lettre ce bon prélat en a faict une aultre , quand il me parle de luy avoir aultre foys recommandé un homme dont je ne pense nullement de m'estre jamais dispencé. Car le mal entendu qui estoit entre

* Le Dùxùmnmre de Littré ne donne aucun exemple de Temploi de eetfe locution figurée, se contentant de la déflnir ainsi : «r charger quelqu'un d'une commission désagréable."

nous estoit antérieur à la promotion du dict seigneur Archevesque à cette prelature. Bien est-il vray que je luy avois recommandé le sieur d'Âbbatia ^ qu'il pense maintenant avoir esté un aultre. Mais tout cela importera bien peu pourveu que nous ayons son m[ânu]s[crit] grec des Astronomiques, d'où qu'il vienne, et quand il ne tiendra qu'à la communication de ce que M' Aubert désire du S^ Cyrille, j'ose me promettre de le luy faire avoir soit par le dict sieur Holstenius ou par aultres, car ce sont de cez choses où ne peuvent pas escheoir les difficullez de ces pais là, et que le cardinal Barberin, et le Pape mesmes, seront bien aises de me faire envoyer, s'il le leur falloit demander. Mais je croys que M' Holstenius y satisfera volontiers de son costé et me semble qu'il m'en avoit touché quelque mot en quelqu'une de ses lettres. C'est pourquoy vous pouvez bien asseurer cez Messieurs qu'ils en peuvent faire estât sur ma parole , et que cela ne les doibt pas empescher de me confier l'original de ce ra[anu]8[crit] si lost qu'ils en auront faict achever la copie qu'ils en désirent, puis que c'est l'intention de M"" de Thoulouse. Et possible aurons nous un jour le moyen de leur donner de meilleurs tesmoignages de nostre bonne volonté, en recognoisçance de la leur. Ne pouvant pas nous dissimuler que je me tiendray beaucoup plus obligé à leur courtoisie, s'ils m'envoyent l'original, que s'ils le retiennent pour m'envoyer la coppie- sur laquelle ils peuvent cotter pour leur usaige tout ce que l'original y peut fournir de meilleur, par une collation bien exacte, si ce n'est qu'ils nous voulussent confier l'original et leur coppie, pour le faire collationner par M' Holstenius, aprez quoy on leur r'envoyeroit cet original sans regret, lequel M' l'Archevesque m'avoit offert bien longtemps y a. Je vous renvoyé les deux discours de M' de la Mothe dont j'ay retenu coppie ^, vous remerciant in-

^ Sur ce personnage voir le fascieute X de Montcha], farchevéque de Toulouse si

des Cofre$p(mdant$ de Peiresc : GuUUtume favorable aux lettres et si lettré iai^néme. i'AUaêia, CapUaul de Toulouse. LeUres ini^ ' Les discours sur les rdaliens da oar-

ditet ievilei à Peiresc de lôig à î6âS{¥ms dmal Boitivogtio et sur la balaiNe de LoUseo

et Marseille, i885, iii-8'). Il est très sou- indiqués dans la lettre CVI (voir ci-dessus,

vent question, dans ce recueil, de Charles p. 5o3 et 5o4).

finimenlde cez belles pièces, bien marry de ne rien avoir à vous envoyer en revanche. Avec le livre de M' TEvesque du Bellay S il fauldroit bien avoir celuy contre lequel il s'est si fort cabré. Nous verrons si nostre amy vouldra avoir encor un peu de patiancc pour le volume de Golzius en taille de boys, puis que ceux de taille doulce sont en chemin sans celuy là. Cependant ce frippon pourroit recognoistre sa faulte et se ranger à la raison. Je vous feray tenir les 5o livres par la première commodité d*amy. Je me doubtay que possible la pièce de M** de Nismes n auroit pas esté publiée pour Tinterest qu'y pouvoient prétendre diverses persones, et particulièrement ses amys, et ceux mesmesqui iuy avoient procuré ceste grâce; c'est pourquoy je me dispensay de vous renvoyer, puis que je voyois que vous n'en disiez mot. Vous m'excuserez, s'il vous plaict, Monsieur, s'il y a de ma faulte. M' Petit me faict de grands remerciements de la communication qu'il vous a pieu Iuy faire du petit livre de liturgies de M' de Thou en Cophte et Arabique à la marge. Je n'ay jamais sceu si voz libraires n'avoient poinct sceu desassembler ou descoller les feuillets gastez du naufrage en l'aultre petit volume, que je pensois eslre celuy que vous me disiez estre une espèce de Lexicon ou de Grammaire en forme de Lexicon et dont me parle M^de Saulmaise. S'il estoit encor entre voz mains, je vous conseilleroys de le mettre en celles de M' Petit pour voir s'il en pourroit tirer pied

' Jean-Pierre Camus, ne à Paris le 3 novembre i58s, mourut dans la même ville le 96 avril 1 653. Il n'avait pas vingt-six ans révolus lorsqu'il fut nommé (1608) ëvéque <ie Beliey. Voir les curieux articles du Diedonnaire de Moréri et du Dictionnaire de Bayle (au mot Beliey) sur ie disciple, Tami et le biographe de saint François de Sales. J'ai réuni divers renseignements sur le fécond écrivain (on lui doit plus de a 00 vo* lûmes) autour de deux de ses lettres inédites publiées daus le BuU^ du bouquiniste du i** avril 1870 (p. 179-184). Le livre dont parle P^iresç e9t intitulé : De l'ouvrage dea

moines (Rouen, i633, in-13); il fut suivi (lu : Rabat-joie du triomphe monacal (Lille, i634). En i633 fut publiée la seconde édition d'un petit recueil formé de trois docamenu: Leth^ de Monseigneur FÉmnenAsime Cardinal Duc de Richelieu à AT. rÉveêqve du Bellay sur le sujet des religieux, avec la response dudit Evesque du Bellay, ensemble la lettre des religieux, etCr (Paris, SA. Cramoisy, i633, in-8Vde &8 pages avec privilège ia tk avril). Le petit recueil avait paru pour la première fois Tannée préoédente, chez le même libraire, in*&* de 90 pages.

ou aisle. Je ne sçay si je luy pourray escrire ce coup, non plus qu'à

M' Aubery comme j eusse désiré, et à M' Rigault, car je suis fort pressé

d ailleurs par malheur pour le présent Si je ne le puis, ce sera par le

prochain Dieu aydant, et je finiray en vous baisant trez humblement

les mains tant de la part de M' Gassendy qui est icy depuis huict jours,

que de mon frère qui est à Marseille, et demeurant,

Monsieur,

Yostre trez humble et trez obéissant serviteuc,

DE Peirbsg. A Aix, ce ainay i633.

A fauite de meilleure matière je vous envoyé une relation que j'ay receiie de Rome sur la généalogie de ce prétendu Prince d'iSthiopie S à qui le Pape ne donne que simplement la parte^ ne layant encore voulu recognoistre pour vray prince ^.

La lettre du sieur Galilée meritoit bien d'estre conservée '. M' Gas-

^ Ce personnage s appelait Zaga-Ghrist.

Voir 6UP lai Tarticle du Moréri qui renvoie à la Relatkm de la Terre Sainte d'Eugène Roger et aux Imposteurs insignes de J.-B. de Rocoles. Voir encore Tallemant des Réaux, Historiette intitulée : Le roy d'Ethiopie ( p. 6 1 -63 ), et les nombreuses indications du savant commentateur (p. 63-6 A). P. Paris a oublié de citer ce passage d'une lettre de Guy Patin du 5 mai i638 : frJe pense que savez bien la mort du prince d'Ethiopie et son épitaphe [un quatrain de Desmarets]; sinon, je vous les enverrai.» P. Paris, en revanche, n^a pas manqué de mentionner les Mélanges historit^ues et philologiques , par M. Michaait, avocat au pariement de Dijon, où sont reproduites (t. I, 1764, p. 3io- 3i4) «quelques remarques anecdotiques de M. Peiresk sur la personne de Timposteur Zaga-Ghrist«. Michault ne nous dit pas d*où sont tirées les remarques de Peiresc.

* Peiresc {Remarques, p. 3 1 4) dit d'Urbain Vni : ffSa Sainteté, nonobstant tout ce que les bons Pères Récolets lui ont pu témoigner, ne l'a point encore voulu renconoître pour tel [pour empereur], ni même permettre qu'il lui baisât les pieds : il lui a simplement accordé pour son entretien sa part de la Chambre, qui consiste en fort peu de chose. ^ D'après le Moréri, rrle pape lui. donna un palais pour son logement^ et l'entretint près de deux ans. Le duc de Gréqui était alors ambassadeur à Rome, et persuada à ce prince de voir la France, et de venir à Paris, ce qu'il fit l'an i635. Après y avoir vécu trois ans, il mourut au village de Ruel proche de Paris , dans la maison de plaisance du cardinal de Richelieu , n'étant alors âg^ que de vingt-huit ans. »

' Quelle est cette lettre? J'ai consulté sur ce point le spécialiste qui pouvait le mieux m'édairer, M. A. Favaro, et le savant pro-

nruiizMi aATieiAïc»

5U LETTRES DE PEIRESG [1633]

aendy m'a dict quil en ^voit escript une lauUre aaltres foysy sur le chang^nent que les revifieurs luy.avoient feict du AUtre de son livre \ qui meriteroit bien dy estre joinote, et croid que M^'de la Motte en aye coppie, à qui j'en vouidroys bien avoir Tobi^tion; au pix aller M" iDipdati., qui retint lautoi^apheven baittera volontiers uneooppie, si on la luy faict demander.

Le gazettier n a pas manqué de continuer ses bons offices, 4ont je iuy.a.y de Tobligationet eneoresplusià voua^

ax

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

ADVOGAT EN LA COUR PB PARLEMENT, ■ÛB DBS POIGTBYINS DBRBI^B S* ilfDft'é DB8 AMT^ CHEZ M' M THOIJ,

À p>au8.

Vous recevrez celte lettre par le sieur Gaillard, advocat en nosti*e parlement, filz de Tun des meilleurs amys de nostre maison^, que je

fesseur a bien voulu me répondre avec la plus gracieuse courtoisie qu il s'agit sans aucun doute d'une lettre écrite par Galilée à Diodati, le i5 janvier i633, laquelle se trouve dans le tome Vil de Téditioa Albéri (p. i6-ao), ainsi que dsns le tome IV (p. A73 et auiv.) de XHistçire des sciences mathématiques de Libri.

* Dialogo sopra idve sistmmdel mondo , etc. rrlt est très exact, upte f^ii Tboimeur de m'écrire le futur éditeur deis QEluvres complètes du plus grand d^s njiiathématiciens de ritalie, que le tike de cet ouvrage dut être modifié d'après les ordres de Rome, Galilée Tayapt «upar^yautjiititoléi^^^ttMo e rifluno del mare, Cpla, céisuto d^ bi4ettce dp P. NijQpolè Kiccardi^ maître du #^pa*

lais, à l'inquisiteur de Flarenoe en date du ûk mai i63i.« M. Favaro craint que Vautre lettre dont Gameodi avait paHé k Peiresc ne soit ua doeument perdu. Il ne resle, affirme-t-il, aucune trace d'une lettre adressée par Gidilée à aucun de ses amis de France. poslërieuremeat à la lettre du P. Rie* cordi et antérieurement à celle du i5 jan^ vier i63S montioaBée en la note précédente. M. Fwf9P9 ajmite que la première lettre coauue de Peirese à Galilée est du â 6 janvier i(34 et que L'on n'a jamais riea retrouvé d'une eerrespondanoe eatre«e damier et Diupuy*

*,Vi>J,7i7, feh«55.

' Il ne faut.(p«s:ce«feadre oes4jaiUa»i, qui étaient des bourgeois^ a^ec les GaiHairi,

chéris infiniment et pour 1 amour de son père et pour son mérite particulier, ayant «ne inclination merveilleusemeirt ardante aux lettres, et à ce qui y peult estre de plus recommandable dans sa profession. Je vous supplie trez humblement d'agréer qu*il puisse avoir rhonneùr de vous offrir son trez humble service, et trouver quelque accez chez vous pour y voir et ouyr discourir aulcunes foys cez gâtants hommes de l'académie qui vous viennent visiter. Il faict estât de sesjourner de par delà un an , durant lequel temps il se présentera souvent des occasions de lay faire sratir des effects de vostre faveur, et je vouldroys bien qu'il en eust aussy quelques unes de vous servir, ne doubtant pas qu'il ne le fisse trez volontiers, nom plus que de l'honneur de vostre bienveillance en son endroict aussy bien que de tous les amys que je vous ay ci-devant adressez, dont je vous seray à jamais redevable, et vous rendray la revanche par toute sorte de services dont je me pourray acquitter comme.

Monsieur,

vostre trez humble et trez obéissant serviteur, 0E Punisse.

A Aix, ee 8 may t633 \

ex

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY, ÀPABiS.

Monsieur, J'ayesté bien mortifié de' voir reveilîr les quattre premiers cahiers Grecs, sans que M^ Petit les aye conférez, puis qu'il en vouloit prendre

gentfl8liomme8,quioiit étë mentionnes dans M** de Sëvigaé et par Charles Giraud, et

le tome l^ p. 387-338. Voir sur rbvocat qui se termine ainsi : er Heureux avocat au-

Gaiilard une note du fascicule XI des Cor- quei les lettres de Peiresc fit celles de

retpohianis de Peiresc {Jean Tristan, sieur M^ de Sévignë rendront témoignage jusqu'à

te Sûint'Amant, i886, p. 3o-3i), note où la fin des tempsi» ^at reproduits les éloges à lui donnés par ' Vol. 717, fol. aSS.

la peine pour l'amour de moy, car je ne voids apparance quelquonque d en surcharger M' Bigault, ne en ce temps ne en un aultre, quoy que sa courtoisie iuy puisse faire dire. Si vous vous faisiez monstrer le mémoire que j'avois dressé sur sou catalogue, vous verriez qu'un mesme autheur se trouve en divers volumes, et par conséquent qu'il y avoît bon moyen de proffiter en la collation qui s'en pouvoit faire non seulement sur celuy d'où ses cahiers estoient transcripts, mais sur lesaultres pareils qui sont en divers volumes. Gomme dans les cahiers mesmes que j'ay receus il y a des pièces transcriptes deux et troys foys, qui servent à restaurer, corriger et remplir des blancs de l'une en l'aultre, il y avoit aussy des pièces latines, ce me semble, et la cotte des volumes où elles sont. Et celles que vous m'avez envoyées de feu M' Pitbou m'y ont encores plus affriandé que je n'estois devant. Mais il fauldra prendre patiance puis que M' Petit se retire , et voir s'il y aura un jour moyen d'en endosser la courvée au sieur Valloys. A qui je vous supplie d'envoyer demander mes eclogues afin que M"" Petit les puisse voir, aultrement je voys bien qu'on le laisra partir de là sans qu'il les aye peu voir, et toutefoys je l'en avois prié par une mienne lettre, et me semble qu'il n'y debvoit pas avoir du regret, car ce peu que M"" Petit en eusse peu alléguer ne pouvoit pas faire tort ne desroger tant soit peu à l'édition qu'il en meditoit. Cependant je suis bien aise qu'il aye peu voir le livre de voz liturgies Gophtes, mais s'il eusse peu voir l'aultre volume du Lexicon, il en eusse bien mieux peu faire son proflSt. J'estime pourtant que la veue de celuy là ne Iuy aura pas esté inutile. Je feray transcrire les articles du traicté de l'Empereur avec Bourbon \ et verifiray l'aultre traicté de Trefve dont je vous parloys, qui ne pourroit pas estre celuy que M' du Puy vostre frère vous a designé, si la datte estoit sans équivoque de l'an i538, car Bourbon n'estoit pas lors en vie^, et il se prévalut du traicté en son passage en Espagne. Je feray apprester cela Dieu aydant pour le prochain ordi-

^ De l'empereur Charles-Quini avec le connëtable de Bourbon. — * Oo sait que Chark» de Bourbon fui tué devant les murs de Rome, ie 6 mai 1897, au moment où il montait à Tassaut.

naire et seray trez aise de servir M' l'abbé de Thou ou de BoiiDeval en meilleure occasion que des livres que vou» m'avez daigné addresser que j attendray impatiemment, pour leur faire passer les monts, non sans quelque regret qu'ils ne soient venus à temps pour le passage décez troys galères de M' de Crequy, lequel nous veult venir visiter enr corps demain matin à l'issue de nostre audiânce, et puis aprez avoir disné chez M' nostre Archevesque. veult encor aller coucher à Marseille. Au reste les Gazettes estoient fort bien venues durant troys ordinaires, mais à ce dernier je les attendoys plus raisonablement que devant, parce qu'on pouvoit respondre à ma lettre; je n'en ay poinct receu. Et fauldroit que le pacquet se fusse perdu par les chemins ou que quelqu'un eust aiïecté de me le retenir, si ce n'est par oubliance des commis de ce bureau des adresses. Et toutefoys l'occasion s'estoit présentée fort belle cette foys de m'en revancher, par les nouvelles du Levant que vous trouverez cy jointes, et par celles de l'entreveûe de ce cardinal Infante avec M' de Savoye dont vous aurez icy de bonnes particularitez que cez gents là ne debvroient pas recevoir de voslre maîn pour ce coup, afin de leur faire cognoistre leur tort et de les rendre* moings négligents une aultre foys. Combien que je vous dîray que ce n'est pas pour faire le renchery que je vous ay mandé combien je deviens indifférant aux nouvelles du monde, ma passion prédominante ayant tousjours esté pour les nouvelles des livres, et des anltres cnrio-sitez tant de la nature que des antiquitez. Et à ceste heure que je voys tant de mal entendu parmy ceux qui avoient tant de subject d'estre bien en ce pays icy, je ne sçay à quoy Dieu nous reserve, ne s'il sera plus expédiant que nous sçaichions rien, ne que nous soyons advertis de rien qui vaille comme il seroit à déarer que persone ne sceut rien de tout ce qui se passe icy entre nous, et quon en peusse esteindre la mémoire , mais nous sommes trop malheureux pour cela et du moings osé-je bien me promettre que vous m'excuserez si ces advis là ne vous sont poinct donnez de nostre part comme je vous en supplie trez humblement. Mon frère vint icy samedy au soir avec les consuls de Marseille, pour sallûer M*" le duc de Crequy et M' le Mareschal et s'en

retouraereat le lendemain. Il m*avoit apporté des ûouvelleâ de Tarrivée d'un navire qui avoit paru à lembouscheure du port lors de leur despart, et que Ton tenoit venir du Levant, mais puis qu'aujourd'iiuy il ne m'en a pas envoyé daultres nouvelles, il ne fault pas que ce soit celuy qui a chargé mes livres, y en ayant troys en mer de ceux. qui viennent de ce costé là. Au reste je viens de recevoir la caisse de livres partie du moys de mars, oii j'ay trouvé tout plein de belles pièces dont je feray dresser l'inventaire, et entr aultres la boitte des Republiques que j ay veûes trez volontiers, et encores plus le libvre in 4^ qui y estoit joinct dont je vous rends mille grâces, car je n en avoys rien veu en son temps non plus que des aultres de mesme datte et aultres subsequantes, venus de mesme lieu. J y ay eu le Codex Ganonum in 8^ avec le Ferrandus, dont je vous doibs un particulier remerciment et pour moy et pour celuy qui s'en vouloit servir qui est bien honneste homme. L'histoire de Montmorancy ^ est arrivée à temps pour passer à Rome par cez galere^ et m'espargner mon volume qui s'y en alloit à faulte d'aultre. Je ne pui^ pa^ à présent recognoistre les pièces du procez de Montmorancy, mais à l'ouverture du fagot j'ay bien veu que c'est chose grandement exacte et bien assortie, dont je vous ay bien de l'obligation. Tay aussy receu un aultre petit fagot venu d'un aultre costé, contenant cei relatioi^ de Veuille et cez epistres in k^ de Busbequius avec ce petit colloque en bas breton, françoys et latin que je n'avoys poinct, et dont je voul/iroys bien un aultre exemplaire pour un amy^. M' le Prieur de

* H B*agit fil de quelque exemplaire de et laiin, dmêêz^n traiêparlieê; Dictkmœrka

YHiêtoin.ginialp^ifue de la mamu de Mont- CoUocoh Galiê€''Br€iOHnee ka ktin, dhùk en

morency et de Laval, par André du Chesne ieir queitfren; Dictionnariobim et eolhgvia

(169&, in-fol.), réimprimée en 1699 (in- gallico-briUmtiiea'latnia , in tre» portée dis-

fol.). tineta, par Guillaume Qaiquer, de RosooGT,

' Je dois ii M. Henri Gaidos, le savant» augmmtez de moitié, de doute TVmft» «ion

directeur de Ja rçvue ioliUdée Mibum-t les . eneor tn^prmos^^ et du latin, corpeqttmdmU- 4m ^

excellents renseignements bibliographiques franeoie et breton, par le même. A Morlaix,

suivants : « L'ouvrage qui vous préoccupe chez George Allienne, imprimeur et libraire

est sans doute Fédition de i633 de Quim- juré à Roiien, an Palmier Couronné, et h

fer :,Dù^iomkaireeicolloquesJrançois, breton QmmpeDcorantin en sa boutique^ i633.

[1633] AUX FRÈRBS DOPKY. 519

Roumoales me mande qu'il a chargé datikres amys de tout plein d'à nitrès fagots. Sur quoy je vous doibs tant de r^emerciments que je ne sçay par où commancer, et aymeroys bien mieux vous pouvoir actuellement servir et tesmoigner par mon obéissance que je suis de tout mon cœur, Monsieur,

tostre tr^ humble et t^e2 ébeisisant serviteur, DE Pmrssg.

A Ail, ce 9iiiQy'i683.

Celte Vie de Tamberlan^ sera bien digne d'estre veûe^ comihie'atrssy

avec privilège du Roy. Cette édition de i^33 est ia seule, à ma connaissance, qui ait uw partie latine. J'ignore jusqu'à quel point cet ouvrage concorde avec le Nùfnmelator cornimmkm remm proptia nomfna gêikco idiomaté mdiemis, MuUù fum antea btemar et emetidatior, AuâUn^ Hêdriano Jumo medieor M usum êtwU&sorwn societatU leêu. En cette deiuiere édition a esté adioutée la langue bretonne, correspondante à k latine et françoîee , par TOaistre Guillaome Quiqner de RoscoflT; en faveur de Messieurs les escoiiers des collèges de Quimpereorentin et Vanne». A Morlaix, chez George Allienne, ii.DG.xxxnr; in-i8; û pages non numérotées pour le privilège; 3S5 pages plus i a pages non nnmé' roCées pour la table. La première édition des dialogues français-bretons est de 1 69& : Dic^ inmnaire et ûoUoques François et BreUm. Traduits du Françins en Breton par 6. Qoiquer de RoscoflT: Iwre nessâire [sic] tant aux François que Bretons, se frequentans et qui n'ont PinteUîgenee desdmut langttes. A Morlaix , de Kmpfinterie de Georges AtlicviDe , tf.Dc.xxvi . Avec]^rivilège<kl*k)y. ^79 pages in-i 8; plus 3^ 'pages noD nfaméi^)tées donnant un fyoàabuiairefrançois-breton; phis 71 ^àges rramé-

rotéés à part, dont voici le contenu : les eonjugaisons , quelques prières et oraisons, de la ponctuation, de ia prononciation Jhmçoiee (p. 37-55), de ia prononctation bretonne (p. 56-68), et le PriviOge. M. Loâi a reproduit quelques-uns de ces cKalogues dans sa Citrestotnathk bretonne, en cours d^impression dans les Annales de Bretagne (Rennes, t. III, n' î», p. a38 et suiv., janvier'! 888). 5» — Depuis que cette note a été imprimée, j*ai trouvé dans le Bibliophile breton (Rennes, 1888, n" IX et X, utie étude spéciale de M. Arikur de la Borderie sur les Colloques de Quiquer, de *Bùseof, étude qui Tait partie des Notices et dùàimenUi bibliograpkiques du savaoft c<yrre^pondanl de Ffnstitiil, et où orrt été réunis lés d^Hs les plus précis sur Tédîtion originale des Colh qnes et sur les édifions suivantes, notamment s jr lYditicn de 1 639- 1 633.

^ Histoire du Grand Tamerlan, traduite sur les originaux, par de Sâînct-Yon (Paris, 16^9, itt-ia); réimfiriméfert 1677. A propos de la forme Tamberlan adoptée parPeîrttc, je noierai que le ÎWbrefri donne Ites trois fbrmè8:î>«7f«^/a», Tab^hùi, Tiniur-Bée.

* Non, celte Vie hMfeU pis digne i'^tr^

rArnobe de M' Saolmaise \ et cez Indes occidentales de Laët^, mais tout cela aura son temps. J ay recouvré ce vieil exemplaire m[aQu]s[crit] Hébraïque des Tables Astronomiques du Rabin de Tarascon qui vivoit trois cents ans y a^, avec un vieil exemplaire aussy m[anu]s[crit] du petit Chronicon Hebraeorum, Seder Olam , que Genebrard a traduict*, que je veux faire conférer, car il y a quelque continuation. Ce sera de labesoigne à M'' Petit pour le traduire et conférer. Au reste si vostre coppiste Grec est en chaumage , et que M' Rigault ne trouvast pas mauvais que je fisse transcrire cette petite Vie d'Homère par Plutarque'^, qui est en la Bibliothèque n^ 107, j'en payerois bien volontiers les frais de la transcription.

Je vous envoyé une vieille pièce sur la revalescence* de Monseigneur

vue, car un estimable orientaliste, H. Audiffrel, la juge aiosi dans la Biographie umvereelie : irC'est un tissu de fables et d*anaciironismes. »

^ VAtyiobe de Saumaise ne devait paraître qu'en 1 6A5. Voir sur cette édition et mit les autres travaux de Tërudit bourguignon relatifs h Arnobe le fascicule V des Correspondants de Peiresc , p. 99 , note a . — J'ajoute que les Œuvres d' Arnobe reparurent à Leyde en i65i, in-ii% par les soins de Claude Saumaise, et avec les notes de Ganterus, de Stewechius, etc. Saumaise en préparait une nouvelle édition , mais il mourut sans avoir pu lachever. On en trouve les premières feuilles dans le tome II des Œuvres de Saint- Hippolyte, imprimé à Hambourg en 1716.

* Novus Orhis seu deseriptionis Indiœ OceidentaUs UbriXVllL Authore loanne de Laet Antuerp. Novis tahulis geographicis et variis aninumtium, plantarum fruetuumque ieonikus illustrati. (Leyde, ElEevier, i633, infol.) Voir, surTédition originale en langue hollandaise (iGaS) et sur la traduction en langue française (16&0), Les Elzevier de

M. Alph. WiUems (n" a3o, 837, 497).

' Déjà mentionné plus haut.

* Ce fut en 1579 que Gilbert Genebrard publia le Seder Olam Zuta en hébreu avec une version latine sous ce titre : Hebrœorum brève Chronicon sive Compendium de mrniii ordine et tetnporibus (Paris, in-S**). La chronique va jusqu'à Tan 1119 de J.-C. Rappelons que Genebrard naquit à Riom en i537, fut bénédictin de Cluny, professeur d'hébreu au Collège de France, archevêque d'Aix (1599-1596) et qu'il mourut à Sémur en mars 1597. ^^^ divers renseignements sur le savant prélat dans le GalUa orientaUs de Paul Colomiès (p. 87-91), dans le Mèmtm hist. et litt. sur le Collège royal de France, par Tabbé Goujet (t. I, p. 995-809), etc.

^ Tout le monde sait que la Vie d'Homkre en question a été faussement attribuée à Plutarque.

' Mot qui manque à tous ceux de nos vieux dictionnaires que j'ai pn consulter et qui vient du verbe revahseere, recouvrer la santé. Nous avons déjà trouvé en ce volume la forme reconvaheeenee.

le Gardiual où il y a bien d'assez gentiles conceptions. 11 a voit esté escript en forme de lieux propres à ayder la mémoire pour le reciter par coeur ^

Vous aurez aussy le lict de justice dont je vous remercie trez humblement. Je viens de recevoir un estât du contenu du volume de M' Cyron que j'estime bien davantage que je ne faysois. Si vous ne l'avez à cette heure (car je suis fort pressé) , vous l'aurez par le prochain , et un abrégé de la bibliothèque m[anu]s[crite] d'Urbin^.

Je vous prie de faire part des nouvelles de Villefranche à M'^ Aubery, vostre voisin *.

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

À PARIS

Monsieur, J'avois compté sans l'hoste * quand je vous promettoys par cet ordinaire des extraîcts, qu'il fauldra de nécessité remettre à un aultre, attendu que mes gents ont mieux aymé faire la desbauche que de travailler avec moy, dont je vous crie mercy. J'avois retenu les relations d'Afrique et d'iEgypte*, attendant la venue du R. P. Athanase Kircher, qui travaille aux Hiéroglyphiques^, lequel lès vouloit voir, mais je pense

' Je reg^tte de ne pouvoir rien dire de la ciineose petite pièce provençale sur le retour de là santé du cardinal de Richelieu.

* Peiresc a voulu dire: un aperçu du catalogue des manuscrits de la bibliothèque d'Uribin.

' Vol. 717, fol. aSg.

* Au sujet de cette locution proverbiale, Littrë ne cite, sous le mot héte, qu'un auteur comique postérieur à Tëpoque où écrivait Peiresc , Noël le Breton , sieur de Haûte-

roche. Le Roux de Lincy {Le livre desproverbei français, t. II, p. 170) a recueilli cette variante du vieux dicton : irQui compte sans son hoste compte deux fois. »

* Les relations de Thomas d'Arcos , déjà mentionnées.

** C'est Foccasion de citer cette remarque du Dictionnaire de Littré, sous le mot Hiéroglyphique: irOn le trouve substantivement, au lieu de hiéroglyphes, dans une lettre de Ch. de Sëvigné : crCe n*est plu» de récriture

«PUBUtl lATIOlALI.

que nous Taurons icy dans cette semaine, s'il nous tient parole ^ Et aussy lost je les vous envoyeray, et à M' Bergeron. Vous pourrez voir si vous voulez ce que j'escripts à M' du Ghesne touchant les m[anu]s[crit]s du sieur de Cyron. El ne verroys.pas moings volontiers la version que le cardinal d'Esté a voulu faire du discours .(L^M^i^l^i^u sur la vie de M' de Villeroy ^, que le texte de lautheur, que j ay tousjours tenu en mesme predicament' qjie voys dictes. Et encor un peu au dessoubs, à cause de Taffectation de favoriser les ennemys de la grandeur Françoise, pour ne dire mauvaise foy. Monsie^r le Premier Présidant nous a ce jourd'huy voulu traicter avec M"^ Gassendi, mais avec une magnificence et délicatesse nompareille. H luy tarde bien de voir les Indes Occidentales de Laetius in foi^ aultant et plus qu'à nous. On nous a faict feste d une relation des Indes des Jesuistes , dont je ne sçay pas le tiltre ne la datte de l'édition, portant description, entr' aultres choses, du Royaulme de Jésus, qui faict l'union par une terre ferme de l'Asie avec l'Amérique septentrionale, au lieu du destroit que l'on y souloit mettre. Et d'une certaine Isle du mitan de laquelle sortent quattre rivières en pais si fertile et si amené* qu'on a revocqué en doubte si ce n'estoit pas le Paradis terrestre^. Gela meriteroit bien

rr [ ane lettre de M*"* de Grignan ] , ce sont des (T fibres tantôt d'une façon, tantôt d'une rrauti^e; ce sont des hiërogtyphiques d'une ffsi grande et si belle variété. . . » Tel est le texte de la lettre 667, éd. de 1787; mais l'édition de Régnier a hiérogl^kes»yt On lit dans le Dictionnaire de Trévoux sous le mot Hiéroglyphiques : r11 est aussi substcintif , et ajors il signifie la même chose Hïihiéroghffhe.'n

* Voir sur le séjour à Aix du P, Athanase Kircher, qui habitait alors Avignon, le livre V de la Vie de Peireec par Gassendi, p. 388. Voir aussi sur ce séjour la lettre suivante.

* Savait-on que le cardinal d'Esté eût

traduit le discours de Pierre Matthieu?

' Nous avons déjà trouvé le moVprédieament dans le tome I, p. 903.

* Les rédacteurs du Dictionnaire de Trévoux disent: a Amené, vieux mot. Agrâible. Amwnus yytei ajoutent que le moi a été employé par Clément Marot. Voir dans te Dùh tiannaire de La Gurne de Sainte-Palaye la citation des vers de Marot avec renvoi à d'autres vieux auteurs.

' Le paradis terrestre a été placé en de bien nombreuses localités. Voir, à ce sujet, un article aussi curieux que savant publié par M. Alfred Maury dans la dernière édition de V Encyclopédie rmdeme (librairie Firmin-Didot).

d'estre veu. Si je puis, vous aurez par cet ordinaire, sinon ce sera Dieu aydant par le prochadri, une petite relation de l'Estat du Mogor de Tan i632-qui ne vous sera pas dezagreable en simple patoys d'un bon marchand. J'ay desja escript pour la musique du P. Mercene sur les instructions qu'il .avoit cy devant baillées à M' Gassendy, et en attends une bonne relation d'un excellant musicien joueur de luth, qui a esté esclave des Turcs lo ou lâ ans, où il est encpres, entrant dans leurs mosquées quand il veult. Je luy envoyeray coppie de cez dernières instructions, et en envoyeray aultant du costé du Levant, et en Jérusalem où sont les chrestîens de tant de différantes sectes, pour en avoir de chascune ce qui se pourra tirer, et en Alep et ailleurs. J'ay bien eu du regret de la mort du pauvre chatton de M' de Bellîevre, qui a esté suivie de la niort du pauvre muletier qui s'en estoit chargé, lequel deceda dans Lyon deux jours aprez son arrivée, en la persotie de qui j'ay perdu un fort bon homme et fort 6dele. N'attribuant la mort de ceste pauvre beste qu'à la maladie qui surprint ce pauvre bon homme à my chemin, car il Tauroît portée dans son sein plus tost qu'il né' l'eusse rendue en bon estât, mais ses valets navoient pas la mesme affection que luy. Ten ay un aultre de mesme poil , dont les rayes ne sont pas du tout si fort marquées de noir sur le blanc comme estoient celles du mort. Mais il est beaucoup plus noble et moins abastardy que l'aultre, estant né de la chatte que j'ay eue de Damas et d'un des plus beaux chats que j'aye eu du poil du vostre, mais il est encores bien jeune et tendret; je ne l'envoyeray poinct que quelqu'un ne se charge de le porter dans son seing comme il le mérite, car c'est la plus amoureuse bestiole qui fut jamais. Je ne regrette si ce n'est qu'elle sera plus petite de beaucoup que les aultrès, mais comme c'est une femelle, elle n'en vauldra peut estrc pas pix, si on n'a pas du dessein d'en tirer de la race. Pour toute revanche de voz nouvelles je ne vous sçaurois dire que le départ de M' le Duc de Crequy depuys cette nuict à deux heures qu'il se fil porter en une chalouppe sur les galères sorties dez le soir précédant, et aussy tost a faict chemin. M' le Mareschal a accordé ce jourd'huy noz deux consuls

qui s'estoient entrebattus ^ et s'en va tenir son assemblée à Manosque* mandée à demain. Madame la Mareschale se resouldra de partir possible de là pour un voyage chez elle sans revenir icy qu'aprez l'esté, à ce qu'on dict, et sur ce je demeure, Monsieur,

vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peibesg.

Ce 16 may i633.

J'oublioys de vous dire que voicy le second ordinaire que la Gazette a manqué, n'ayant receu par le dernier que celle du 39 avril qui devoit estre arrivée dez la précédante semaine , dont j'ay faict plainte à ceux de la poste croyant qu'ils eussent affecté de retarder la délivrance du pacquet recognoissable par le cachet de l'esperon. Mais ils m'ont juré qu'il n'estoit venu que sammedy dernier et que s'il a esté arresté, ce doibt avoir esté à Lyon , de sorte que le cachet que je pensoys luy servir de passeport leur sert maintenant de subject de retardement.

Je vous renvoyé la lettre de M"" Grotius qui est trez belle à voir, et vous en rends mille trez humbles actions de grâces.

Vous avez tousjours oublié de me mander si le livre du sieur Bosquet de l'Histoire de l'Eglise Gallicane in 8° se trouvoit à vendre ^ ou non, car on en a veu icy un exemplaire*.

' Les consuls Gabassol et Saint-Martin , pour voir la seconde édition fort augmentée,

mentionnés un peu pius haut. laquelle parut en Tannée qui précéda sa

* Voir, sur Manosque, 1. 1, p. 70. mort : Ecelesiœ Gattieanœ Historiarum libri

^ ' Ecelesiœ Gallicanœ Historiarum Kber I IV (Paris, Jean Gamusat, i636, in-4'). (Paris, i633, in-8°). Peiresc vécut assez * Vol. 717, fol. 9 ^a.

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

À PARIS

Monsieur, En mesme temps que nous avons receu la despesche du dernier ordinaire du i3"*®, il s'est oportunement présenté une commodité d'un gentilhomme qui m'est venu demander la responce d'une lettre qu'il m'apporta cez jours passez , de la part de M' de Thou , lequel j'ay trouvé en si bonne disposition de se charger des deux livres que vous me demandiez pour M' Godefroy (de ces voyages de Philippe d'Austriche ^ et de Charles V*) que je les luy ay faict bailler incontinant, de sorte que vous les recevrez plus tost que ma responce à vostre despesche du susdict , parce qu'il m'a surprins sans me donner le loisir que d'escrire un mot à M' de Thou, à qui j!ay faict faire l'adresse de cez livres, ayant esté contraint de quitter la plume (que j'avoys prinse pour vous escrire) sur des compléments que l'on m'est venu faire de la part de M' de l'Estrade', gouverneur de Messieurs les Ducs de Mercure et Prince de Martigues^ qui m'a envoyé certaine boitte de Rome que le Car-

' Philippe i; dit fe Beau, fils de Tempereor Maximiliea et de Marie de Bourgogne, porta d'abord le titre d'archiduc d'Autriche, devint eu i/iSa souverain des Pays-Bas, en i5o& roi de Gastille, et mourut en i5o6, à Fftge de vingt-huit ans, laissant deux fils, Gharies-Quint ^t Ferdinand.

* Par livres faut -il entendre ici inanuserits? En pareil cas les voyages du second des princes nommes seraient soit la description des voyages , faicts et victoires de l'empereur Charles, V de ce nom, etc., par le seigneur Jacques de Herbays (ms. de la bibliothèque de Madrid), soit le Journal des

voyages de Charles-Quint, de i5iâ à i55i, par Jean de Vandenesse, ce dernier journal publie par M. Gachard (Bruxdies, 187&, in-A**) , dans la Collection des voyages des souverains des Pays-Bas. Le savant éditeur ne cite, dans son Introduction, aucun ouvrage imprime qui puisse être pris pour un des livres communiqués par Peiresc à Godefroy.

' Ge personnage ne figure dans aucun des recueils du xvii* siècle que j'ai pu consulter.

* G'ëtaient les fils de Gësar de Vendôme et de Françoise de Lorraine, duchesse de Mercœur, princesse de Martigues, laquelle

dinal Barberin luy avoit baillée pour moy. Et m'a l'on dict en mesme temps que cez princes venoient d'arriver de la Sainte Balme, et qu'ils esloient aprez le desjuner, pour passer oultre incontinant, de sorte que j'ay esté constraint d'y accourir, et n'ay peu rendre mes remerciments à M' de l'Estrade sans les sallûer, dont j'ay esté merveilleusement bien édifié, car certainement il ne se peult rien voir de plus gentil que cez princes, ne de plus affable et plus honneste. Hz nous ont £stict une trez agréable description des plus curieuses. choses qu'ils ont venes en leur voyage de Naples, et particulièrement de la Gueulie du Mont Vésuve , qu'ils sont allé voir toute branslante et bruyante de canonades naturelles. Us ont surprins icy tout le monde, car on ne les attendoit qu'à ce soir, et n'ont pas voulu partir sans ailer rendre la visite à M' le Premier Présidant, qui les avoit visitez assez précipitamment. Vous prendriez plaisir sans doubte de les voir parler et agir de trez bonne grâce, et de gouverner un peu M' de l'Estrade sur les honneurs que l'on a rendus partout à cez jeunes princes et spécialement M' et Ma* dame de Savoy e, et le Cardinal Borgî&S qui, en qualité d'advoûé pour parent du feu Roy, leur a voulu rendre tout plein de compliments, et les vouloit accompagner à dix milles de Rome à leur départ, si on luy eust laissé faire. J'ay esté tout ravy de voir la relation de cette epistre de S* Clément aux Corinthiens de si ancienne escripture, ce qui me faict insister de tant plus en la bonne espérance que j'avoys conceue de voir un jour quelque fragment des Tetraples ou Hexaples. La venîàe de nostre navire & Esprit a été un peu recuUée par le retardement de sa partance; je ne seray poinct bien en repos d'esprit qu'il ne soit arrivé à. bon port, me promettant que tost ou tard nous y aurons nostre conte Dieu aydant, et que vostre bonne fortune, et l'ascendant

était fille de Philippe-Emmanuel, de Lor- ' Gaspard Borgia, fils de François doc de

raine, duc de Mercœur, et de Marie de Candie, ne en i58&, créé cardinal par

Luxembourg, cette dernière fille unique et Paul V en 1611, fut archevêque de Séville

héritière de Sébastien, vicomte de Marti- et de Tolède, vice-roi de Naples, ambassa-

gués. Ainsi s'expliquaient les noms que por^ deur de la Cour d'Espagne à Rome, et

taient les deux voyageurs. mourut à Madrid en novembre i6i5.

que vous avez sur 1^ bons livres, aydera grandement la nostre, atissy bien que l'heureuse industrie de celuy qui est pour moy sur les lieux, el que vostre puissant génie sur les lettres fortifiera tellement la foiblesse du nostre qu'il y aura de quoy surmonter les difficultez qui pourroient y escbeoir. Quand cette epistre de S* Clément se pourra recouvrer, je la payeray bien volontiers un peu plus que de son prix courant, et s-'il s'en pou voit avoir plus d'un exemplaire, j'en envoyerois Irez volontiers de là les monts. Je vous .remercie trez humblement de l'acquisition que vous m'avez faict de l'Itinerarium Benjamini et du soing que vous avez de me faire avoir les Indes Occidentales de Laetius qui ne peult pas estre si cher s'il y a tant de figures çn taille doulce, comme on dict. Il doibt partir dans sept ou huict jours de nouveaux députez de la ville ide Marseille, par lesquels j'envoyeray un peu d'argent de secours. Vous remerciant bien humblement de la transcription qu il vous a pieu me faire faire tant par Quentin que par le coppiste Grec et aultres, car le procès de Montmorancy n'est pas, ce me semble, de la main de Quentin et me doubte qu'il soit à renvoyer, dont vous m'advertirez s'il vous plaict afin que je le fasse transcrire icy avant que le vous renvoyer, estimant que c'est une assez grave pièce pour servir d'ornement à une estude. La lettre du Galilei que je pensois estre entre les mains de M' de la Motte n'eatoit pas escripte à luy mesme, ams aux sieurs Diodati et Gassendy conjointement, mais je pansois que M' de la Motte auroit esté assez curieux pour en retenir une coppie; il fauldra recourir à M' Diodati, qui doibt avoir l'original par devers soy, dont il ne fera pas difficulté, je m'asseure, de nous octroyer une coppie, y ayant des particularitez sur son libvre qui y sont notables et dignes d'estre joinctes à celles de la dernière lettre du dict Galilée que vous avez prins la peine de transcrire vous mesmes, à ce que vous m'en disiez, J'ay esté infiniment aise d'apprendre que l'entreveûe de M" Petit et Valloys ayt esté avec tant de satisfaction réciproque et que M' Petit ayt eu moyen de voir et extraire ce qui luy pouvoit servir dans mon volume des Eclogues, comme aussy de l'édition de son troisiesme volume Lectionum sacrarum

dont le tiltre sent bien son bon \ espérant que le contenu respondra tousjours mieux à Texpectation que l'on a de ce personage dont Imgenuité est si grande parmi une lecture si universelle qu on ne la sçauroit assez louer. Au reste je n'ay pas manqué de faire voz reconimandations à M*^ Gassendy, nostre bon hoste, qui vous remercie de tout son coeur de Thonneur de vostre souvenir; sa considération principalement nous a faict venir à bout de la partie que nous avions faicte pour arracher d'Avignon le R. P. Athanaze Kirchser, qui est icy depuis quattre ou cinq jours, où nous avons prins grand plaisir de le gouverner; il a de trez belles notices et de beaux secrets de la nature dont l'un , trez merveilleux, dont il nous promet de nous faire voir la preuve, est d'une horologe de liège nageant sur l'eau dans lequel il a gravé une raye ou canal remply d'une graine de plante de Solanum^ qui se trouve tousjours au soleil comme la fleur, en sorte qu'il marque justement les heures au bord du verre remply d'eau, dont il dict avoir faict voir la preuve en bonne compaignie en pleine table, en la présence de l'Ëlecteur de Mayence', et bien qu'on soit à couvert du soleil dans le logis, ou que le ciel soit couvert de nues, l'horologe ne laisse pas de monstrer tousjours les heures fort justes, aultant qu'il y en peult avoir dans l'arc que faict le soleil sur nostre orizon. Quand cela ne seroit pas si exactement juste, et qu'il ne s'y cognoistroit d'aultre difl*erance que de tourner au levant ou au midy ou au couchant successivement à peu prez, je le tiendroys tousjours pour un grand miracle de la nature, et qui mérite bien d'estre veu *. Son entreprinse des Hiéroglyphiques

' Sentir son bon se disait autrefois poui' sentir bon. Je De retrouve pas l'expression de Peiresc dans nos principaux dictionnaires.

* Plante de la famille des Solanëes. Salanum se trçuve dëjà dans Ambroise Pare. Le Dictionnaire de Cotgrave donne SoUme. La Cume de Sainte-Palaye cite, en son Gfo«saire, celte phrase de Pelletier du Mans : «ret les Solans provocant à donuir.»

' C'était Anselme Casimir, né le 3o no*

vembre i58a , successeur, le 6 aoât 1609, de Farchevêque Georges-Frédéric; il mourut à Francfort le 9 octobre 1 647. Voir Y Art de vérifier les dates, t. XV, 1819, p. i48-i5o. * On peut rapprocher la description que fait ici Peiresc, de tous les curieux dëiails donnés sur les diverses découvertes de Kircher dans l'article très ample de la Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus (t. II,col. 445-46i).

a esté interrompue pour quelques jours, mais il s'en promet tousjours beaucoup, et les eschantilions qu'il nous en a faict voir sont bien considérables. Nous sommes aprez à negotier pour le faire venir demeurer en cette ville un an si faire se peult, auquel cas nous n'oublierons rien de tout l'art des sages femmes pour tascher de le faire accoucher de cet ouvrage ^ Et vous advertirons du progrez, sur quoy je finirày demeurant^ Monsieur,

vostre Irez humble et obéissant serviteur,

DE PeiRESG.

. A Aix, ce ai may i633.

Je viens d'apprendre que le pauvre Sanson Napolon a esté tué auprez de Tabarque ^ avec quelques uns qu'il avoit amenez avec luy, et le plains bien. Le prieur de Roumoules vous remettra la relation du Mogor et M' de Lomenie vous fera voir ce que nous avons de deçà. La gazette est venue cette fois ^.

Je m'estonne que voz libraires n'ayent sceu venir à bout dé ce petit m[anu]s[crit] des Gophtes de M' de Thou pour en descoller les feuillets. Quelqu'un ma voulu dire qu'il les falloit tremper dans de l'huille ou de la graisse chauffée que je vous conseille de faire essayer, si mieux vous n aymez que je le fasse tenter à mon relieur, qui n'est pas trop mal adroict en aultres choses. Car pour la tache de l'huille ou

* On reconnaît dans cette spirituelle plaisanterie, comme dans quelques autres heu^ reuses plaisanteries de celte correspondance , ^e vif causeur dont J.-J. Bouchard a dit en ses ùmfesiiom, déjà citées : «rses discours sont libres et gays sans beaucoup de scrupule.. . 7)

* Tabarca ou Tabaraka, île de ia Méditerranée, sur la côte nord de Tunis , près de la Galle. Ce fut le 1 1 mai que Sanson Na* pollon, victime d'une odieuse trahison, fut

tué en attaquant le fort de Tabai^a. Voir sur les circx)n8tances de cette mort le dramatique récit de M. H.-D. de Grammont {La misêion de Sanson Napolhn, Alger, i88o, p. 76).

^ Dans un des numéros suivants de la Gazette, Peiresc put retrouver des détails (p. a 35), envoyés de Marseille, le a6 mai î633, sur ia mort du rr Capitaine Sanson, Gouverneur du Bastion de France ^ , devant le ff château de Tabarque «.

IMVatMBMB lATIOIIALt.

de la graisse , il ne seroit pas mal aisé par aprez de f ester ou diminQer en sorte que le livre n'en seroit pas hors d'usaige. Mais je ne sçay comme j avois prins cette équivoque de croire que vous m eussiez escript, comme il me le semble encores, que l'un de cez petits volumes Gophtes esloit une espèce de vocabulaire ou de grammaire, tt me sembloitmesmes que vous m aviez mandé que cela meritoit d'estre tenu secret, comme je n'en avoys rien dict à persone, ne mesme au dict sieur Petit, et m'estois contenté de vous en faire souvenir pour au cas que ne le trouvassiez pas hors de propos, le faire communiquer au dict sieur Petit*.

GXIII À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

À PARIS

Monsieur, J ay esté bien marry d'apprendre que M' de Saulmaise ayt eu si peu de satisfaction à son arrivée en Hollande ^, comme vous dictes par la vostre du qo"*, et si peu de subject de s'y arrester comme j'eusse désiré qu'il eusse peu faire pour un an ou deux seulement, pour avoir le loisir de voir un peu plus paisiblement les m[anu]s[crit]s plus curieux du païs , avant que revenir en France, où je le verray bien plus volontiers qu'en aultre part quelconque. Je suis trop redevable à M*^ Rigault du soing qu'il luy plaict de prendre de me faire transcrire dans la Bibliothèque cette vie d'Homère, et ce qu'il y a dans les autheurs latins en la ma* tjere de Mensuris et Ponderibus, sur laquelle j'ay receu un cahier de la part de M^ Holstenius, que je prixse bien encor que ce ne soit que

^ Vol. 717, fol. 963. resqoe récit des mésaventores de son

^ Saumaûe n'eat-il donc jamais que du voyage de Dieppe à Leydé et de son ar-

mëcontentement dé aon retour en Hol- rivée en cette dernière viile (fiiscicale V

lande? Voir, dans une lettre de ceiéradit à des Carreâpandaïas de Peirese, p. 187-

Jacques Dnpuy, du & avril i637, h pitta- i63).

[16â3] AUX FRÈRES DUPUY- 531

ce que M' Bigault m'a jà envoyé soubs le nom d'Ensebe. Car ceiuy cy vient d'un in[anu]8[crit] de 800 ans, du feu cardinal Sirlet \ qui est dans la Vaticaile, où se trouve de quoy suppléer fort commodément des lacunes et confusions qui estoient restées en la coppie de M*^ Rigault. Il m'eaeript que dans le volume de M"" de Thoulouse, parmy les opuscules d'Héron ', ce qu'il a faiet de cette n^bstiere de Ponderibus et Mensuris^ y eet fort correctement (au moings beaucoup mieux que dans mon n)[anu]s[crit] de Darmarius) et que la version latine y est\aii39y du sieur d'Auria '. Pe sorie que si celuy qui est saisy de /ee volume de M"" de Thoulouse n'est pas en estai de s'en dessaisir si tost, je vous supplie de luy faire trouver bon qu^ vostre copiste Grec m'en transcrive les chappitres de Ponderibuâ et Mensuris , avec la dicte version latine, afin qu'à ce moys de juillet Dieu aydant que nous serons soulagez du Palais, je puisse tout d'un train examiner cette matière comme il s'appartient et respondre à M' de Saulmaise plus eathegoriquement. M" Holstenius m'a envoyé son Philon Byzantins^ des vu miracles du monde, tiré du Vatican, avec là version latine qu'il en a taicte ^, où j'ay trouvé de quoy faire de bien beaux suppléments à toutes les descrip* tions que j'avoys peu voir des Pyramides d'iEgypte , qui estoient bien

^ Gafllaume Sillet, ne à StilK, monrat à Rome en i58& , âgé de soùante et onxe ans. Il fut nomme cardinal par Pie IV en i565. Sur ce bibliothécaire du Vatican , voir les savantes et récentes publications deM. EL Miintx etdeM.P.deNolhae.

' VoirrwaportanttravaildeTh.*H.Martin Sur les fnathématiciens grecs nommés Héron, dans les Mémotres des savants étrangers, publiés par TAcadémie des inscriptions.

' Joseph d*Auria est un mathématicien napolitain de la seconde moitié du xvi* siècle. Voir la liste de ses travaux, parmi lesquels on compte surtout des traductions en langue italienne, dans Tarticle Auria de la NimveUe biogn^hie générak.

^ Phi]ondeByzance,ingénieurduu'8iède avant J.-C, anteur d'une Poiiarcétijue et (peutrèlre) de Touvrage De septem orbisspectaculis dont il est question dans cette lettre.

' M. H. Omont, dans un curieux article sur Les sept merveilks iu monde au moyen âge {Bibliothique de l'École des Chartes, 1889, p. 49), rappelle que (rrhonneur d'avoir été le premier et le meilleur éditeur de Phiion de Byzance revient au célèbre bibliothécaire du Vatican, Lukas Holste, bien qu'aucune des éditions de Phiion ne porte son nom. » Le savant critique rappelle encore, d'après le Recueil de Boissonade ( lettre XXXIX , p. 7$ ) , que L. Holstenius envoya, en 1 63 s, à Peiresc le texte attribué à Phiion de Byzaooe;

aultrement enrichies lors de cet escrivain qu'elles ne sont à présent. C'est M' Bodier ^ que vous cognoissez qui ma apporté de la part du dict sieur Holstenius deux despesches de bien différante datte , des fi octobre et 7 de ce moys de may, avec tout plein de petits desseins de vieux trépieds et aultres curiositez de mon goust dont je luy suis bien redevable, mais beaucoup plus de la confiance avec quoy il me descbarge son coeur, en sorte qu'il y a grand subject d'interpi^ter un peu plus benignement tout ce qu'on nous avoit dict de luy ^ dont j'ay apprins le dettail de la bouche du dict sieur Bodier qui vous en entretiendra tout à loisir, et vous fera, je m'asseure, advoûer que s'il se laissa transporter à quelques paroles dont il eust mieux faict de s'abstenir, ce fut pour avoir esté un peu trop pressé et violante par le sieur de la Grilliere et en temps que le pauvre homme estoitbien nlceré de voir ses affaires d'Allemagne du tout désespérées. Cez esprits* ont besoing d'estre un peu choyez [comme]* vous l'avez trez bien préjugé, la nation portant naturellement un peu d'humeur difficile à ployer, et à dissimuler ses sentiments. Je vous envoyé non seulement la lettre qu'il m'avoit escripte à son retour de Pologne (où je suis un peu honteux que vous voyiez qu'il me tienne pour ceiuy que je ne suis nullement, et que je ne sçaurois estre de ma vie , pour m'avoir mesuré à une aulne dont je n'estoys pas digne) , mais aussy des extraicts de cez deux belles epistres qu'il m'a envoyées par M' Bodier, ayant retenu les originaulx pour luy pouvoir faire la responce, et faict laisser pour bons respects quelques mots en blanc, que vous pourrez, un jour^ faire remplir en l'exiraict, et suppléer tout ce qui en a esté retranché, car je vous envoyeray les dicts originaulx. Maiz il importe bien que cela ne soit pas veu hors de voz mains, et qu'il n'aille pas que par des commoditez d'amys bien confidants. Si un coup

' On a deux lettres de Peiresc à M. Bo* frère Pierre, le i5 janvier i633, que

dier, une dm 3 juin 1 63 3, Vautre du 3 sep- L. Hoktenius, qui veuait d'obtenir un ca-

tembre i635 (Minutes de Tlnguimbertine, nonicat à Cambrai, avait tenu des propos

registre VI, foi. 6â3 et 639). blessants pour la nation française.

* Nous avons vu que le chartreux Chris- ' Déchirure du papier,

tophe Dupuy avait écrit de Rome , à son

il pouvoit estre venu à bout de sa petite prétention , je pense que le public y trouveroit bien de i advantage, et qu'il n y auroit pas tant à regretter comme il sembloit, à tout ce qui s'estoit passé. Vous verrez comme il s'estoit esmeu d'une prière que je m'estois ingéré de luy faire comme son serviteur, pour le porter seulement à souffrir qu'un honnest' homme de la cour du cardinal son maistre passast pour son amy, de crainte que j'avoys des charitez qu'on se preste en ce pais là, et des calomnies où on en vient aulcunes foys. Mais il n'y a pas eu de moyen de le vaincre ne de le fleschir, dont il s'excuse de si bons termes, que cela mérite bien d*estre veu, pour y recognoistre les traicts de son humeur et de sa franchise; tant est que vous y verrez ce que nous cherchions, qu'il ne se destasche nullement de la France, et ne veult pas desadvoîîer le bon gré que ses amys pourroient prétendre de leur bonne volonté en son endroicl. Tellement qu'il ne sera pas de besoing de luy faire cognoistre la peine où nous en estions, et que vous avez beaucoup mieux recogneu que je l'eusse peu faire comment il le falloit traicter, y ayant de lapparence que si je luy en eusse escript , comme je l'eusse possible faict sans voz deffances , il se seroit peult estre esmeu plus avant que nous ne desirions. M*" Bodier partit d'icy le lendemain de la Feste Dieu pour aller à Montpelier où il ne faict estât de sesjourner que huict jours, et puis reprendre la routte de Paris. Nous ne l'avons peu gouverner qu'à la desrobée durant une aprez disnée; vous prendrez grand plaisir, je m'asseure, et toute l'Academye, à ses belles relations. Il s'en va tout chargé de bons libvres, à ce que j'ay peu comprendre, et bien curieux papiers et mémoires dignes de son humeur. Je viens de recevoir le petit itinéraire de Benjamin, dont je vous remercie trez humblement ensemble des mémoires de M' de Villeroy ^ et aultres pièces y joinctes , comme aussy de l'advis du Dictionnaire Arabique Ambrosien que j'ay envoyé quérir du coslé de Gènes où nous en debvions avoir un peu meilleur marché. Il nous viendra bien à propos pour l'usaige du R. P. Athanase Kircher, qui se va remettre à la version de son Raby

^ C'est-à-dire de roavrage de Pierre Matthieu, dëjk plasieurs fois meotioimé.

Barachias Nephi Babylonien, sur les Hiero^yphiques des obélisques d'JSgypte. M' Bodier la veu céans, et vous pourra bien descrire sa persone et quelque chose de son humeur et de son inclination et franchise un peu plus grande que l'ordinaire de ses collègues. Il s'en est retourné en Avignon , en attendant s'il y aura moyen de le £sûre revenir icy pour plus longtemps, comme Ton est aprez. Nous avons aprins par ledict sieur Bodier la mesme nouvelle que vous nous mandiez de la prison du pauvre Galilée, que nous déplorons infiniment \ estimants que si aulcun la pouvoit avoir méritée pour l'édition de ses dialogues, ce debvoient estre ceux qui les avoient chastrez à leur poste, puis qu il avoit remis le tout à leur discrétion et disposition première. Vous en verrez un jour un peu de relation. Et je finiray remettant les nouvdles à M'' de Lomenie, et demeurant.

PB PziAESG.

A Aix, ce 3o raay i633.

Nous avons icy M' du Lieu qui se plaignoit de certains maulx fort semblables à aulcuns des miens dont je luy ay bien donné de la tablateure \ et pense que s'il me croit il s'en trouvwa trez bien. La Gazette n'a pas manqué à ce coup. 11 y a un qui parie de la faire publier icy à l'arrivée de l'ordinaire.

^ Galilée, appelé à Rome par la Gon-* grëgatioD du Saint-Offiee, était arrivé dans cette ville, le lo février i633. D fiit détenu d'abord dans le palais delà Trinité-du-Mont, chez Tambassadeur du duc de Toscane. Il fut ensuite détenu dans les appartements du fiscal de Tinquisition : c'est à cette détention , qui dura une vingtaine de jours, que s'applique la pbraie de Peiresc si pleine de tristesse et de sympathie. Galilée , dès le i" mai , fut ramené au palais de l'ambassadeur Niccolini, où il jouissait d'une liberté relative

et où il était traité avec les plus grands ^rds.

* TaiUatwn est employé ioi dans le sens de notice, eomainance , sens ainsi indiqué dans .le DicUormaire de Trévoux : crNandé a dit , dans son Mascurat, donner une tablature , pour donner une notion, une connaissance de quelque chose : Tu parles si pertinent ment du métier qu'il me faut dorénavant exercer, que je ne pense pas de trouver jamais personne qui m'en puisse donner meilleure tablature que toi. MéBewrat.i>

[1633] AUX FRÈRES DOPUY. 535

Le P. Athanase Kircher m'a dict qu'il a faict imprimer un petit traicté iè Magnete en Allemagne \ que je verroys bien volontiers pour l'amour de luy s'il se trouvoit de par delà, et quand mesmes il ne se trouveroit pas à vendre je l'emprunterois de bon coeur de quelqu'un pour en avoir la veûe et le renvoyer incontinant.

De ce traicté d'Hortensius de Hollande sur l'observation de Mercure de M"" Gassendi, quand il s'en pourra avoir deux ou troys exemplaires, je vous supplie de ne les pas laisser eschapper, afin que nous en puissions faire passer quelqu'un de là les monts ^.

À MONSIEUR, MONSIBUR DU PU Y

JL PARIS.

Monsieur, A ce coup je vous annonce l'arrivée du vaisseau S^ Esprit au port de Marseille puis vendredy avec mes deux caisses qu'on dict estre fort grandes contenants une cinquantaine de volumes Grecs , m[anu]s[crit]s en velin ou parchemin, touts venus du mesme trou d'où estoit sorty le volume des Eclogues de Constantin Porphyrogenete qui m'avoit esté envoyé pour monstre ou pour eschantillon, depuis lequel temps celtiy qui m'avoit envoyé les Eclogues estoit decedé , et les livres avoient esté partagez en quattre parts dont je n'en ay peu avoir que les deux sur Tune desquelles estoit imputé celuy des dictes Eclogues. Mais si je trouve dans ce nombre quelque pièce qui m'invite à plus grande recherche, il fauldra faire effort pour avoir les aultres portions. Cez caisses ont esté mises si avant en l'office du navire qu'on a prins trois jours de terme pour descharger ce qui est par dessus, lesquels jours me sont plus longs que des années , tant j'ay d'impàtiance de voir s'il

^ MagneêmidêârtefmiffnêtiMliMtresMuth^ Voi.717,

fol. Q/16.

536 LETTRES DE PEIRESC [t63S]

y aura rien qui vaille. On m'escript qu ils sont la pluspart imperfects au comraancèment et à la fin, qui n'est pas une petite mortification, mais de cette marchandise (comme de la bonne confiture) les fragments rie laissent pas de fournir bien souvent de Talliment bien agréable. Et ce n'est pas une petite mortification encores de ne vous en pouvoir envoyer le rooUe par cet ordinaire, mais j'espère les avoir à temps pour le dresser et envoyer par le prochain Dieu aydant. Ils ont couru je ne sçay combien de Fortunes depuis avoir esté acheptez pour moy, tant des corsaires, que du feu qui se print aux pouldres, et brusla toute la chambre S^ Barbe et toutes les marchandises qui estoient en un Ueu d'où mes caisses n'avoîent esté ostées que peu d'heures auparavant et par un hazard nompareil, touts lesquels adminicules^ me font espérer qu'en ce nombre de livres y en debvroit avoir quelqu'un, dont la fortune ou la fatalité portast d'estre conservé par mérite particuher aprez tant d'années. Celuy qui m'a fait la faveur de les aller chercher fut prins par les corsaires chrestiens de Malte, voilé, despouillé et laissé tout nud en chemise en plein hiver exposé dans un boys, sans vivres et sans eau durant plus de troys jours, jusques à ce que des Turcs par compassion luy donnèrent du pain pour l'honneur de Dieu , et le moyen de faire chemin jusques en lieu de cognoisçance, où il eust enfin cez livres, tellement qu'ils ont bien cousté de la peine et de l'incommodité à ce mien charitable aniy que je regrette bien plus que l'argent tant du prix de l'achept que des fraiz de son voyage. Mais s'il y a quelque bonne pièce, nous ne laisrons pas de nous consoler. On me faict espérer une cassette de livres ez langues Orientales, qui viendront possible encor à temp» à la Bible de M"" Le Jay.

J'ay eu vostre lettre du 27"® du passé, où j'ay apprins la faveur qu'il vous a pieu me faire en me procurant la participation de ce traicté de Fra Paolo dont je vous suis bien redevable. Vous m'avez envoyé long temps y a les vies de ces Papes d'Avignon in 8** du sieur Bosquet^ et un

' Noos avons déjà trouve ce mot dans le omitifit mcccxciv ex mss. codùnlnu nnnc

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