II
taraiHfiiis hatiovau.
respondre pour le présent et me trouvant pressé d ailleurs , je finiray
demeurant,
Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur,
DE Peirbsg.
A Aix, ce 6 juin i633.
J oublioys de vous dire que l'arrivée de M*^ l'Evesque de Digne chez luy, de retour de son voyage d'Italie \ a obligé M^ Gassendi de l'aller voir, y estant invité par le bon prélat si vifvement, que je ne le sceus retenir qu'un jour. Il partit sammedy matin, avec promesse solennelle de revenir bien tost avec M"" son Evesque , bien mortifié de ne se pouvoir trouver icy à l'ouverture des caisses de mes libvres Grecs m[anu]s[crit]s dont j'avoys receu l'advis le soir avant son départ.
En son absance l'on m'a addressé une lettre du R. P. Atbanaze Kirchser pour la faire servir à M*" Midorge^, à laquelle j'ay joinct un mot de ma main, que je vous supplie de luy envoyer par quelque amy ou par quelqu'un des vostres. Et d'aultant que l'on m'a faict voir de ses ouvraiges que je n'avoys pas, je vous supplie de me faire achepter un exemplaire de tout ce qui se trouvera de luy^.
GXV À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY
1 PARIS
Monsieur, . J'eus bien de la mortification à l'arrivée de mes caisses, en ayant trouvé l'une mouillée et plusieurs livres quasi pourris dans l'estive*
' RaphaéldeBoaiogneoadeBollogne,déjà * Chaînaient d*ao navire. Le moienive,
mentionne plusieurs fois , notamment p. 1 70. qui n'est point dans le Dietwàkaire de VAu-
' Sur le mathëmatieien Claude Mydorge, iémU franç<m$, prônent, sdon Liltrë, de
voir 1. 1 , p. &78-&7g. l'espagnol eêtioa, lest Voir le nK>t eOm dans
' Vol. 717, fol. 9 48. le Dietionnatre de Trévoux,
dû navire. Et, qui pix est, ayant trouvé qu il y avoit fort peu de volumes entiers, et que le plus grand nombre estoit de ces menologes et aultres livres rituels pour l'usage des églises grecques, ce qui m'a faict juger qu'il y a bien eu des pièces changées depuis la première foys qu'on en estoit entré en marché pour moy, mais il se faut consoler en de plus grands malheurs que cela. L'imperfection des commancements et des feuilles finales n'est pas un petit retardement à la descouverte des œuvres y contenues,. qu'il fault examiner avec plus de temps et de patiance que nous n'en pouvons prendre en la conjoncture où nous sommes du dégel du Parlement. Il y a deux assez gros volumes de S^ Ghrysostome dont l'un est in Matheum, mais je n'ay ps^ encores peu vérifier si le teitte grec y seroit d'aulcune des pièces dont on n'a que la version latine. Il y en a un de S^ Grégoire de Nazianze. Je pensoys y avoir trouvé quelque chose quand j'y rencontray l'Asterius in Phocam, qui n'estoitpas au recueil de Philippus Rubenius S mais je m'advisay incontinant qu'il y en avoit un dans la Bibliothèque du Roy. Ce codex canonum Ecclesiœ Affricanee de M"" Justel^ y est et de plus ce codex canonum Ecclesiœ Orientalis dont faict mention le dict sieur Justel, Il y a une Iliade d'Homère (mais ce n'est qu'en gros papier de Damas) avec des gloses interlinéaires en rubrique, et des scholies marginales différantes de celles du Didymus' et de l'Eustathius ^, où l'on allègue souvent le Porphyre ^ en teste des articles. Je conjecturoys que
' Le recueil de Philippe Robens (frère atnë dii grand peintre, ne à Cologne en 1 676 , mort à Anvers en 1 6 1 1) est intitulé : Eleeiarum Ubri duo, in quibwt antiqui ritus, emenéuiones , eetuurœ, Anvers, 1608, petit in-fol.
' Christophe Jostel, né à Paris le 5 mars i58o , y moarut en juin 16A9. Voir sur cet énidit Tartide de la France protestante. Son Codox eaximmm Ecclesiœ africoaue est de 1616, in-8*.
^ Didyme, grammairien d'Alexandrie, contemporain d'Auguste et successeur d'Ari»-
tarque dans la direction de Técole d'Alexandrie. On lui attribue des &co&es sur Homère qui ont été publiées plusieurs fois, notamment par Schrevelius, en son édition d'Homère (i656, 3 vol. in-4') et par Fr, Ritteren un volumespécial( Cologne, i8â5).
* Eustathe de Constantinople , archevêque de Thessalonique , mort à la fin du xii* siècle , dont les Commentaires sur l'Iliade et l'Odyssée furent d'abord imprimés à Rome (iSAs^i55o, h vol. in-fol.), puis à Bâie (iSSgi56o, 7 vol. in-foL).
* On sait que Porphyre, philosophe de
ce fusse le Proclus , car encores que le commancement du texte y soit, les préfaces sont imperfectes. Je ne sçay si ce ne seroit point quelqu'un de cez troys que sont cottez en la bibliothèque du Roy. Bien est-il vray que Gesnerus en met un en la bibliothèque de l'Empereur, in fol. avec les scholies interlineaires et marginales que je liens eslre comme le mien; ce volume est assez bien conservé bore du dernier feuillet et des préfaces qui sont un peu rongées. Il y a un Orphée fort bien conservé^ et accompagné de tout plein daullres petits poèmes curieux; je pensoys y avoir trouvé quattre pièces de Proclus Lycius^ derrière l'Orphée, qui ne fussent pas du commun , puis qu'ils ne sont pas dans les volumes des poètes Grecs assemblez, mais j'ay veu dans le mesme Gesner qu'il les a trouvés imprimez sans dire dans quel lieu ne en quel temps. 11 y a une vie par ^ Georgius etc. de S' Chrysostome^ mais vous l'avez en la bibliothèque du Roy. Enfin je me doubte fort qu'il n'y ayt rien de bien exquis pour cette foys en ce qui s'est peu saulver de la pourriture. Il y a un petit opuscule de Clément Alexandrin allégué par Ëusebe et par Photius, de ce Riche qui se peult saulver ^, mais je me doubte que ce ne soit pas la pièce entière, ains des simples extraicts, car la teneur en est
Tëcole d'Alexandrie, disciple et biographe de Plotin , appartient au m' siècle après J.-C. , et que Proclus , philosophe de la même ëcole , le plus célèbre des commentateurs de Platon , appartient au v* siècle.
^ Nul n'ignore que Ion possède sous le nom d'Orphëe des poèmes et traités qui paraissent avoir été fabriqués en partie au temps de Pisistrate, en partie dans les premiers siècles de l'ère chrétienne.
* Le philosophe Proclus a été ainsi surnommé parce que, natif de Constantinople , il était par sa famille Lycieo d'origine.
' Peiresc a mis de pour par,
* On a de Georges d'Alexandrie, qui vivait dans le premier tiers du vu* siècle, une Vie de saint Ckrysostome, souvent réimprimée (parfois avec la tradnction latine de Gode-
froy Tillmann), dans les éditions des œuvres de ce saint. Plusieurs ont cru que ce biogi*aphe pouvait être identifié avec Georges, patriarche d'Alexandrie de 6i6 à 63o.
* Le traité : Quis dives salvetutf se trouve dans la plupart des éditions des œuvres de Clément d'Alexandrie, personnage canonise trop facilement par plusieurs recueils biographiques. Vopmeuk a été souvent publié à part, tantôt en grec et en latin (Utrecht, i8i6), tantôt en latin seulement (KœDigsberg, i83i). Voir le traité en français dans h Défense du Christianisme par les Pères des premiers siècles de l'Eglise, contre les philosophes, les païens et les Juifs, par Genoude, q' série (Paris, i846, in-i8, p. 949fi89).
petite. Le livre est d'assez bonne marque , je le vous feray transcrire si le desirez, ou vous envoyeray l'original. Je n'ay pas encores peu faire de plus exacte perquisition. Et ne seray plus si félon à Tadvenir pour me vanter de rien que je ne tienne. La fortune de mon perquisiteur^ luy a plus mal dict cette fois que de coustume. Il y a deux grands volumes en Majuscule, d'une bien vénérable antiquité, mais ce ne sont qu'usages d'églises; il est vray qu'il y pourroit avoir quelques bons fragments soit du nouveau testament ou d'aultres livres sacrez qu'il fauldra étudier plus à loisir. Il y a de cez rituels d'assez bonne marque, avec les notes de musique à la Grecque dont le bon P. Mercene est si en peine, mais il fauldroit quelque prebstre Grec , pour les chanter à leur mode. 11 y a diverses pièces du Metaphraste^ tout cela ne peult estre que bien commun. 11 y a entre aullres une Anthologie en Majuscule, mais ce n'est qu'une édition d'Aide ' que je n'avoys jamais veiie et que je trouve bien belle. Si j'y descouvre rien de bon, vous pouvez penser que je ne le vous cacheray pas, n'ayant rien qui ne vous soit entièrement desvoûé. L'on me donne quelque meilleure espérance d'ailleurs, mais je n'ose plus faire capital de rien qui soit si casuel et incertain. Je suis bien aise de l'édition qui se faict à Paris de cette epistre de S* Clément ad Corinthios , nous l'attendrons avec impatience. Il fauldroit avoir moyenne la mesme observance de rubrique d'Angleterre. Je suis bien encores plus aise que M*^ Petit aye emporté la liturgie Cophte, mais je suis estonné de voir que vous ne me parliez plus que d'un seul volume en cette langue, car je resve bien s'il n'est vray qu'il m'en est passé deux par les mains de ceux du coffre de M'' de Thou que je vous envoyay par la poste à l'advance, n'estimant pas qu'il m'en soit demeuré aulcun des siens entre les mains. Vous aurez oublié de l'avoir preste à quelqu'un.
* Ce mot perquisiteur n'a été re- chroniqueurbyzanlio, vivait dans le x* siècle
cueilli ni dans le Dictionnaire de Ri- après J.-G.
chelel, ni dans celui de Trëvoax. On le * La première ëdilion donnée par Aide
trouve, au xvi' siècle, dans Cotgrave et, est de i5o3 : Fhrilegium diversorutn epi-
au xvn*, dans V Anti-Menagiana de Ber- grainmatuminseptemlihrùs, grœee {y^^,
nier (lôgS). in dpdibus Aldi, in-8'). Voir Manuel du H-
' Simon Mëtaphraste, hagiographe et braire, t. I, col. 307.
J'eo ay trois volumes, mais ils sont plus gros que ceux de M'' de Thou. Je n ay pas encore des nouvelles du dict sieur Petit sur son retour chez luy, et m'imagine qu'il attendra la S^ Jean. Je luy feray tenir cependant la lettre que vous m'avez adressée de M' Grottius.
Je vous remercie trez humblement du bon accueil de M' Gailhard. Puisque M^ le Prieur de Roumouiles s'est résolu à son voyage de Guienne, je prieray le dict sieur Gailhard de se charger de mes petites commissions tant que je le pourray pour vostre soulagement et descharge, ne vous estant que trop souvent importun, et pour le rompre aux affaires de curiosité, s'il s'y peult jetter. Je plains grandement le pauvre M'^ Diodati dans le malheur de son parent et son hoste, et pourveu qu'il n'y demeure intéressé, il se fauldra consoler. Vous avez trez bien faict d'employer Moulinet aux choses jalouses dont je vous sçay fort bon gré. H me tardera de voir cette vie d'Homère par Plutarche, que vous mefaictes transcrire, puis qu'il vous plaict. Et ne sera plus de besoing de prendre l'Eusebe de Scaliger, car j'en ay receu un Dieu mercy, qui me saulvera le mien. Il me reste à vous remercier trez humblement des nouvelles à présent qu'elles sont si rares. On nous a voulu faire à croire que M' de Chateauneuf estoit decedé * et que la nouvelle venoit de la part de sa sœur 2; je n'en ay rien creu. Et demeure de tout mon cœur,
Monsieur,
vostre trez humble et trez obéissant serviteur,
DE Peiresg.
A Aix, ce i3 juio i633.
Cette aprez disnée estant moy au Palais , MM" les Députez de Marseille sont passez, et M'' l'Assesseur, frère du sieur Viaz que vous cognoissez',
^ Charles de TAubespine, marquis de abbesse deRoyauliea; 3* Marie, abbessede
CbâteauDeuf, ne mourut que ie a6 sep- Saint-Laurent de Boui^;&* Elisabeth, ma-
tembre i653. ri^ à André de Crochefilet, comte de Vau-
* Quelle sœur? Le' marquis de ChAteau- celas, chevalier des ordres du roi. neuf en eut quatre : i* Magdeleine, maiiéeà * Le frère du poète Balthazar de Vias.
Jean Olivier, baron de Leu ville; s*GabrieUe,
est venu prendre chez moy de mon homme une couppie de peaux de ce sagrin * verd de Perse que je vous avois promises pour remplacement de celle que vous aviez despartie pour lamour de nous à M*" le Cardinal de Lyon , à qui j en ay envoyé encores une couppie qu'il m'a faict demander, pour garantir les vostres, m'en estant resté encor une couppie céans, à vostre service et de voz amys, ayant esté bien raarry de ne m estre trouvé au logis à son passage , car je le vouloys charger de quelques pistoles qui marcheront par le premier amy, Dieu aydant; il n'a pas mesmes prins une lettre que j'avois escripte pour luy à mon dict seigneur le Cardinal de Lyon. M*^ le Prieur de Roumoules m'a envoyé un dessein du seau de Hugues Capet qui est bien aultre besoigne que celuy que M' de Bié vous avoit baillé. Je n'y trouve rien qui ne soit fort compatible à l'antiquité du siècle et en suis demeuré grandement bien satisfaict. J'en attends l'empreinte qui me fera parler encores phis affirmativement.
J'envoye à M"" Bodier une despesche qu'il m'avoit demandée pour un de ses amys. S'il n'estoit encores arrivé à Paris, je vous supplie de la luy faire garder pour la luy rendre à son arrivée, croyant bien qu'il ne tardera pas à vous aller voir. 11 n'y a pas eu de moyen de vous envoyer la chatte de M' de Bellievre par toutes cez commoditez, il en fauldra attendre quelque aultre plus opportune. Je vous prie de faire garder à M' l'Assesseur de Marseille la lettre pour Monseigneur le Cardinal de Lyon.
J'ay prins la hardiesse d'escrire un mot à M' de Bellievre, maistre des requestes^ en qualité de serviteur de M' le Président son père et de M"" de Thou , son bon parent et cher amy, pour luy offrir mon service et satisfaire au désir d'un amy qui m'a communiqué depuis peu un bien joly m[anu]s[crit] des poètes Provençaulx anciens, et pour luy recom-
* Nous avons dëjà tronrë la forme «d^'fi h tour eonseitler au Pariement de Paris,
pour chagrin» maître des requêtes, conseilier d'État, am-
' Pompoae de Bellievre, deuxième du bassadeur en Italie, en Angleterre et en
nom, ffls du président à mortier Nicolas Hollande, premier président du Parlement;
de BeHièvre et de Claude BriUart. H fut tour il mourut le 1 3 mars 1 607.
mander une affaire de Tuniversité de Thoulouse. Je vous supplie de m'ayder à luy faire excuser ma témérité, et d'y empioyer si besoing est i 'intervention de M*^ de Thou qui sera vraysemblablemeut à la suitte de la Cour à qui je n eusse pas manqué d'ea escrire sans la presse du partement de nostre ordinaire.
Ce 1 4'"*' juin, allant au Palais, où Ton a prins jour pour l'affaire de M°*« de Bouteville K ■
k MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY,
À PARIS
Monsieur, J'ay esté infiniment aise de voir par voz dernières du lo™** que vous soyez demeuré satisfaict des lettres du pauvre M' Holstenius, et ne manqueray pas de vous envoyer le Philo Byzantins par le prochain ordinaire s'il ne pouvoit aller par celuy cy, m'advoûant trez obligé à M' Rigault du souvenir qu'il luy plaict avoir de cette petite vie d'Homère. Je n'ay point receu de libvre de la part du cavalier del Pozzo^, peult estre à faulte de commodité opportune; il fauldra voir si les galères de M"" de Crequy à leur retour pourroient faire l'oflSce. J'ay plus de dix ans y a une coppie d'un petit traicté qui porte le tiltre que vous dictes, mais il me fut donné pour estre de la façon du feu cardinal Bellarmin par une persone bien confidante à luy '. Je le chercheray à
^ G*ëtait la veuve de François de Mont- du cardinal Bellarmin : Quod Ckristw non
morency, comte de Luxe, seigneur de Bou- Juerit rex iemporalù,* dont il est question
teviile, le décapité du ai juin iGsy : Éli* dans une lettre du P. Jean de Lorini à Pei-
sabeth-Angëlique de Vienne , morte le 6 août resc , écrite d*Avignon le 1 4 juillet 1 6a6 , et
1 696, ftgée de quatre-vingt-neuf ans. — publiée dans le fascicule VIII des Correspon-
Vol. 717, fol. aSo. dants de Peiresc, à la suite des Lettres ine-
' Voir, sur le cavalier del Pozzo, t. I, dites du cardinal Bicki, p. a6i? J'ai rappelé,
p. 801. dans une note de ladite page, que Gassendi
' S'agit-il là du «rtraité de la propre main a mentionné (p. 3o3-3oA ) Tautographe de
ce mois de juillet Dieu aydant que nous serons hors du parlement, pour le vous envoyer, et me resouls de ranger mes livres et mes papiers puis que j'y auray la main, ce qui me pourra fournir occasion de vous communiquer quelque aultre chose de vostre goust et de celuy de M' de Lomenie Dieu aydant. Vous aurez cependant à faulte d'aultre chose une lettre du bon roy Françoys incontinant aprez sa prinseS laquelle vous avez sans doubte eue de meilleure main. Gela m'a faict souvenir d'un volume couvert de vellours verd , que j'ay aultre foys veu entre les mains de M' Pasquier Valegrand, voisin de feu Monseigneur le garde des sceaux du Vair, contenant des pouHets^ et poésies de* ce bon prince dont le style n'estoit pas trop diflFerant de celluy de cette lettre ^. Je ne seray pas marry que M"" de Saulmaise face quelque séjour à Leyden pour y jouyr des m[anu]s[crit]s qui y sont, attendant si l'on pourroit prendre l'envie de le r'appeller avec quelques honnorables appoinctements. J'ay bien du regret de n'avoir sceu le passage de M' de Nançay* qiie je seroys allé chercher beaucoup plus volontiers que
Beliarinin donne par Lorini, après son retour de Rome, à Peiresc, et j'ai cru devoir appeler sur ie précieux manuscrit disparu l'attention de tous les bons chercheurs de France et d'Italie.
^ On possède deux lettres écrites de Pizzighitone par François P' aussitôt après la bataille de Pavie (a4 février i5a5) : Tune adressée à Louise de Savoie , duchesse d' Angouléme, sa mère, régente en France, l'antre h l'empereur Charles-Quint Le meilleur lexte de ces deux lettres se trouve dans la Captivité du roi François I'^, par Aimé GhampDllion-Figeac (iSAy, in-4', p. lag- 180).
* Voir, sur ce synonyme de billet galant, une note des Lettres de Jean Chapelain, t. I , p. A&6.
^ Aimé GhampoUion-Figeac a publié, dans le volume qui vient d'être cité, les poé-
sies de François P' d'après deux manuscrits de la Bibliothèque nationale ainsi cotés : n"* 7688-9 et n** i5 du fonds de Cangé. P. Paris a tiré grand parti des poésies du Phre des lettres dans ses Études sur François f^, roi de France, sur sa vie privée et son figne (Paris, L. Techener, i885, a vol. in-8').
" Est-ce Henry de la Chastre, comte de Nançay, maréchal des camps et armées du Roi, capitaine du château de Gien, ou son fils Edme, marquis de la Cbastre, comte de Nançay, maître de la garde-robe du Roi, colonel général des Suisses, l'auteur des Mémoires dont nous attendons encoi^e une édition complète? Les La Chastre devaient être fort liés avec les Dupuy, k cause de l'alliance de la sœur de Henry, comte de Nançay, Gasparde, avec l'historien J.-Auguste de Thou.
5i6 LETTRES DE PEIRESC [1633]
tout le reste de la trouppe« J eBcriray à M** Tabbé de Thou par la première commodité soubs voslre adveu pour luy offrir mon foible service, et possible me dispenser d'employer son intercession pour quelque matière de gents de lettres que je lui. eusse volontiers endossé si je m en fusse ad visé. Je plains grandeoiient la perte de M' Le Grands à laquelle je pense que prennent grande part touts ses amys et serviteurs et par consequant toute rAcadémie; je vouldrois y avoir peu coatribuer de mon sang pour Thonneur que je luy porte et pour les obligations que je luy ay.
Ces trois volumes d'Amsterdam et de Zélande seront bien du bault goust de M** Gassendi, à qui j'en ay donné Tadvis incontinaat, bien marry de ne l'avoir peu gouverner icy un peu plus à souhaiet; mais l'arrivée de M' l'Evesque de Digne, qui le reclamoit d'une estrange façon, luy fournit le prétexte de retourner chez luy beaucoup plus tost qu'il ne m'avoit promis. Il est vray qu'on le destournoit fort icy de ses estudes ordinaires, et je crains bien qu'on ne le destourne gùieres moings là hault, quelque mine qu'il tienne, et que malaisément pourra t'il faire de travail bien assidu s'il ne retourne à Paris. A quoy il fauldra travailler pour l'interest que le public a de luy tirer des mains son Ëpicure plus tost que plus tard. Si ce n'est qu'il peusse aller faire le voyage du Levant, auquel cas je pense qu'il fauldroit Ty exhorter pour les advantages qu il en pourroit tirer mieux que tout aultre que je cognoisse. M' son Ëvesque a obtenu un brief du Pape fort honorable qui le rend quasi un petit légat en son église *, que nous avons vérifié au Parlement sans préjudice des libertez et privilèges de l'Eglise Gallicane, edicts du Roy, arrêts et règlements de la cour. Je vous en feray faire un extraict pour le vous envoyer ou à M' du Puy vostre frei'e, qui y trouvera bien de la matière à discourir. Au reste à ce coup j'ay commancé à recevoir la Gazette par aultre main que de coustume, car je la soulois avoir de
^ Noos avQDfi déjà trouvé dans cette c#r- Gallia CAriitiana ( I. III, col. 1 1 35) , ou loa respoadance diverses mentions de ce per- trouve seulement qu'en i633 Urbain VUl
nomma assistant au trône pontifical Raphaël Ce bref n'a pas été mentionne dans le de Bologne.
la main du Maistre du bureau de ia poste, qui m'envoya dez samedy toutes voz lettres et aultres de mes amys, mais je n eus le pacquet de la Gazette que le dimanche à midy de la main d'un petit garçon que m'envoya un nommé Roux soubs l'enveloppe duquel il m'avoit esté envoyé, lequel se dict commis de M' Renaudot, avec le port taxé à huict sols qui est l'indemnité stipulée aultres foys, tant pour le port que pour la façon de l'enveloppe. J'y trouvay non seulement la Gazette du XI"*®, mais aussy celle qu'on avoit refaicte du 4'*** où c'est que certainement je trouvay bien estrange les paroles entrelassées de nouveau en la dernière page, dont le monde fut grandement scandalisé de par deçà où nous n'avions rien ouy d'approchant à une telle aigreur. On sçauroit bien volontiers la qualité de celuy qui estoit le porteur de cez drogues et rogatons. Nous n'avons rien si ce n'est qu'on attendoit dez hier à Marseille le retour des galères qui avoient touché à Ligourne dez le lundy 13°"^ de ce moys, mais le vent du Nort qui se mit sus les arresta quelque part sur les chemins; elles apportent, ce dict on, grande quantité de figures de marbre pour Monseigneur l'Em. Cardinal de Richelieu que luy a acheptées dans Rome le M** Frangipani ^
Il me reste de vous remercier comme je faicts trez humblement du seing que vous prenez de parler à M' Aubert pour la transcription de
^ C'ëtaitle marquis Pompeo Frangipani , réri, de Bayle, etc. On ne trouve dans le
qui fut marëchal des camps et armées du Recueil Avenel aucune indication relative à
roi Louis XIII et qui moarut en juin i638, Taehat de statues pour le compte de Riche-
comme nous l'apprend Bassompierre en ce lieufaitparlemarquis Frangipani, lequel est
passage de ses Mémoires (t. IV, p. 987): simplementnommë en un seul passage (t. V,
(rMais la mort du seigneur Pompeo Frangi- p. 610 , lettre du aS octobre 1 636 au mare-
pMiy, qay arriva au dit mois, me fut sen- chai d'Estrées, ambassadeur à Rome : crLe
sible jusques h tel point que je souhaitay sieur de Frangipane a eserit souvent k M* le
mille fois la mienne, estant un des plus cardinal de la Valette, etc. 9). Les statues
cfaers, anciens et véritables amis que j'eusse achetées en 1 633 sont-^lles les mêmes que
jamais eu. » Pompeo est souvent mentionne celles dont il est question dans une lettre , du
dans les Historietteg de Tallemant des Réaux 5 février 1639, de Chavigny à d'Estrées :
(t. I, II, Ilf , IV, V, VII). Son frère cadet <tM^ le Cardinal a 5o ou 60 statues dans
Mario y figure une fois (t. VII, p. 533). Rome qu'il souhaiteroit de faire venir pour
Voir sur les deux frères et sur leur famille, Richelieu 9)? {Recueil Avenel, t VI, p. 6,
si ancienne à Rome , les DieUonnairei de Mo- n. s ).
cez petites feuilles que je désire et de me faire avoir tout ce quisepeult avoir de nouveau et de plus digne. M' Petit m'a envoyé son livre, je vous supplie de m'en faire envoyer une coupple d'exemplaires et de me tenir tousjours, Monsieur, pour
vostre trez humble et trez obéissant serviteur, DE Peiresc.
A Aix, ce 90 jaio i633.
J'envoyay par le dernier ordinaire de Rome l'un des petits exemplaires du livre adressé à Dom du Puy par M' l'abbé de Thou soubs d'aultres enveloppes d'amys, dans le pacquet du cardinal Barberin. J'ay encores l'aultre, que je pense envoyer par un honneste homme dont j'attends impatiemment le passage , et vouldroys bien que les aultres livres qu'avez receus du Prieur de Roumoules à mesmes fins fussent arrivez à temps.
Le procez de M°^ de Bouteville est fort advancé et sera jugé avant la (in de ce moys. Si à son retour quelqu'un de son train se peult charger de la chatte de M' de Bellievre, je tascheray de la luy faire bailler avec une aultre pour luy tenir compagnie, et pour servir d'indemnité à la personne qui s'en vouldra charger.
Les vers sur les armes de la couleuvre de Milan sont de la façon du sieur Gaffarel ^
Nous avons veu icy ez mains d'un amy des vers du sieur Bourdelot, bien que sans nom, que l'on eslimoit^. On me vient d'envoyer prester
* Voilà QD reoseignemenl k recommander à ceux qui voudronicompléter la bibliographie de Jacques Gaffarel, laquelle forme un si ample et si curieux chapitre d'histoire littéraire.
* Le sieur Bourieht était Pierre Michon, dit Vabbé Bourdeht, neveu du philologue Jean Bourdelot. Voir sur les vers du docteur Bourdelol une note du fascicule XVI des Correspondants de Peiresc : François Luillier (Paris, Techener, 1889). J'ajouterai à cette
note , d'après le Parnasse mêàkdfrançms du D' Achille Ghereau (Paris, 187&, in-ia, p. 8a), que le poète de i633 était encore poète plus de Ao ans plus tard, car il oom^ posa en 1678 , dix ans avant sa mort, une pièce de vers français sur la prise de lÀsûr bourg (in-&% s. 1. n. d. de 7 pages). Moins indulgent que Peiresc pour les vers esùmaMes de Bourdelot, le D' Ghereau déclare que la composition du septuagénaire est iiif/fe.
Tiû traicté d'Allemaigne et un commancement de relation du traicté de Trêve de Hollande que je n ay pas veu à demy, tant s'en fault que j'aye peu juger qu'ils valussent la peine d'estre transcripts. Je m'asseure que vous aurez eu tout cela , long temps y a; à tout hazard acte de ma bonne volonté ^
À MONSIEUR, MONSIEUR DU PU Y
À PARIS
Monsieur, La presse du Palais est trop grande maintenant que nous n'avons plus que deux jours pour vous pouvoir entretenir à souhaict, dont je vous supplie trez humblement de me vouloir tenir pour excusé. Nous aurons dez hors mais un peu plus de relasche Dieu aydant. J'ay receu vostre despesche du 17°* avec le livre du sieur Bosquet dont je vous remercie de tout mon cœur, ensemble des aultres pièces que vous y aviez joinct, et des curiositez dont il vous plaict nous faire si bonne part, mais particulièrement du soing que vous avez daigné prendre de faire instance à M' Aubert, pour cet opuscule que je pensois tirer du m[anu]s[crit] de M' de Thoulouse, m'estonnant qu'il ne s'y soit rien trouvé d'Héron, ce qui me fait craindre que M'^Holstenius n'aye veu quelque aultre volume où cette pièce fust entrelassée. Je luy en escriray par le prochain ordinaire s'il plaict à Dieu, et luy feray instance pour ce qu'il a de S**^ Cyrille, ne doubtant nullement qu'il ne me l'envoyé incontinant, car il me l'avoit offert longtemps y a. Cependant je vous supplie d'asseurjBr M' Aubert qu'en cela et en toute aultre chose, je le serviray de toute ma puissance bien que petite et ne tiendra pas à moy que je ne luy fasse paroistre la vénération que je porte à sa vertu. J'ay esté en*
' Vol. 717, îoh s5a. Voir i TAppeadice (n** IX) une lettre de Jacques Dupuy à Peiresc, du s & juin i633.
cores plus estoniié d'entendre que la Vie d'Homère de Plutarqaese soit trouvée imprimée en ce volume que vous dictes d'Henry Ëstieone, lequel je n'avoYS point veu ^ ; c'est pourquoy, s'il s'en rencoatroit à vendre un exemplaire , je le feroys volontiers prendre pour cela. Je suis rervenu si tard du Palais que je crains bien de ne pouvoir satisfaire pour ce coup à la recherche du Philon Byzantin, auquel cas vous ferez mes excuses, je m'asseure, attendant le prochain ordinaire. Je regrette bien le peu de courage de voz libraires, pour l'édition de cette epistre de S* Clément, qui meritoit bien d'estre faicte bien tost et bien exactement. Nous demeurerons en grande impatience en attendant d'eu avoir un exemplaire pour luy faire passer les monts. Je me conjouys avec vous et avec M' Diodati tant de son retour d'Angleterre que de la glorieuse issue de l'affaire de M"" Galilée, et que Dieu luy ayt faict la grâce de se purger d'une telle calomnie et de trouver la bonne justice qu'il meritoit. Ses œuvres en auront tant plus de crédit cy aprez. La nouvelle de la permission donnée à Monsieur le président de Mesmes pour son retour m'a esté des plus agréables que je pouvois attendre. Il me tardera d'entendre son arrivée à Paris. Vous aurez deux lettres de M' de la Fayette. Je suis bien honteux de l'excez d'honnesteté de M' de Thou et de M*^ de la Hoguelte aussy bien que de celle de M' du Puy vostre frère en faveur de M' le Prieur de Roumoules et de mes intérêts, dont je leur demeureray éternellement re^ devable. La boitte pour M' l'abbé de Bonneval est arrivée fort bien conditionnée, je l'envoyé par l'ordinaire de Rome qui partira le premier. J'ay receu de ce costé, par le retour des galères de M' de Crequy, la plante du vray PAPYRVS que le cardinal Barberin m'a envoyé^, laquelle jay trouvé un peu différante de tous les portraicts que j'en avois
* Ce fut en 1573 que parut, par les soins papyrus dans les lettres de Peirese à Saude Henri Estienne, la Vie d'Homère, avec make qui figureront dans un des volumes traduction latine du savant éditeur, et avec suivants. En attendant, on peut lire les déaccompagnement de divers morceaux rela- tails donnés par Gassendi (p. 3^9-3^5) sur tifs au grand poète. le papyrus que Peirese cultiva dans ses jar-
^ On trouvera beaucoup de choses sur le diiis de Belgentier.
veus imprimez, d'aultant qu'ils avoient esté portraicts sur des plantes desseichées, et non sur des vivantes, qui ont tousjours de radvantage sur les mortes. Je n'ay pas receu de lettre du dict seigneur Cardinal et me dict on qu un religieux qui s'en estoit chargé a prins terre à Gènes, lequel ne tardera meshuy guieres d'arriver. J'ay receu par mesme moyen une caisse de vases de bronze antiques de différantes sortes, que je n'ay eneores peu e)(aminer à ma mode ; il fauldra laisser clore le Parlement pour y vacquer, et si j'y trouve rien de curieux et remarquable, comme il y a de Tapparance, je vous en tiendray adverty et M' de Saulmaise. On me faict espérer un Marcellus m[anu]s[crit] * que j'attends avec une impatience plus grande que je ne fis jamais aultre curiosité. Avec cez vases j'ay receu tout plein d'aultres bizzearries fort extravagantes et entr'aullres des fragments de certaines placques de bromie antiques de différantes proportions, mais qui monstrent estre de la dépendance de quelques ornements que l'on croit avoir peu servir à des harnoys d'un éléphant. Mais l'antiquité les a fort gastez et desfigures, il y aura^ la peine. d'en tirer rien de bien réglé. J'ay eu dans la mesme caisse des desseins de vieux marbres de bas reliefs, en matière de trépieds, où il y aura bien à discourir quelque jour. On me vient d'apporter de la part de M' Godefroy de Genève^ un sien discours ad L[egem] Quisquis Cod. ad L[egem] Juliam Majestatis^, dont j'ay prins plaisir de voir Tepistre liminaire en courant, où ce personnage promet de belles et bonnes choses. C'est une pièce du temps qui ne sera pas des moings nécessaires à voir en consequance des choses passées et advenir. Il a esté fort incommodé d'un pied à son retour d'un voyage en Piémont, mais il se porte mieux. Au reste j'ay recouvré une lunette de Venize de
^ Marcellus Empiricus, déjà mentionne ici mentionné, lequel fut sans doute publie
plus haut. séparément : Orationea politicw très. Ulpia-
^ Jacques Godefroy, frère puîné de Théo- nus, seu de Majestate Princ^ kgibus «o-
dore. luta. Julianus, seu de arcanis Jtdiani Im-
' Le P. Niceron {Mémoires pour servir à peratoris artibus ad ReKgionem Chrislianam
Vhistoiredes hommes illustres, t. XVII, p. 7a , profligandam. Achaica, seu de cousis interi-
n'* 9) indique un recueil formé de trois dis- tus Reipublieœ AcKœorum. (Genève, i63&,
cours parmi lesquels se trouve le discours in-A**).
longue veûe, d'environ cinq pieds de long et davantage, dans laquelle Venus nous a monstre de merveilleusement grandes cornes cez jours icy et Saturne sa figure oblongue et irreguliere comme un macarron que nous n'avions jamais veû cy devant qu imparfaictement en noz aultres lunettes, au prix de celle icy. Je ne vous pensois escrire qu'un mot, mais lappetit vient en mangeant, et insensiblement on s'embarque. Je viens de voir sur le dos de vostre lettre le regret où vous estes de vostre boitte; j'useray de toutes les précautions à moy possibles' pour la faire aller seurement soubs l'enveloppe du cardinal Barberiu. J'ay aultres foyseu des empreintes du seau du roy Robert qui n'estoit pas pareil à celuy du roy Hugues Cappet son père, car il estoit en ovalle à augive, mais s'il est bien net il vauldroit encores la peine de le mouler, principalement s'il estoit de figure ronde, et par consequant différante de ceux que j'ay veu. Excusez moy de tant d'importuns discours et me tenez tousjours, Monsieur, pour
vostre trez humble i^t trez obéissant serviteur,
DE Peiresg.
A Aix, ce 33 juin i633.
Vous aurez la coppie d'une lettre de M' de Sabran^ sur le passage de M' le Mareschal de Toiras par Gènes, qui mérite d'estre gardée; mais à cause de celuy à qui elle a esté escritte, je vous prie de ne la pas laisser courir^.
' L^ambasBadeur de la Cour de France auprès de la République de GAnes. — ' Vol. 717, fol. 354.
AUX FHÈRES DUPUY.
GXVIII À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY
A PARIS
Monsieur, Je pense que vous vous souviendrez d'avoir autresfois veu chez vous feu M' Merindol, premier professeur du Roy en médecine dans nostre université de médecine ^ durant le temps qu'il se tint auprez de feu M^ le garde des sceaux du Vair, qui l'aymoit uniquement et le prisoit au dessus tout ce que nous avions en ce pays de sa profession^, et je luy estois particulièrement attaché d'une estroite amitié que j'ay deùb continuer à M' son filz ', tant plus volontiers depuis qu'il s'est allié à ' une mienne parente, fille d'un mien couzin que j'ay tousjours chery fort tendrement depuis ma première jeunesse. Il a voulu aller voir Paris, et par occasion présenter au Roy les œuvres qu'il a fait imprimer icy de feu son père *, pour lequel sujet seul je ne luy eusse pas conseillé de faire le voyage, sachant comme cez compliments sont
^ Antoine Mérindol naquît à Aix , le ao octobre 1570; il étudia successivement au collège de sa viJle natale, au collège d'Avignon, à la faculté de médecine de Paris , à la faculté de médecine de Padoue; il obtint en 1606 une chairie à la faculté. d*Aix, fut nommé médecin ordinaire de Louis XIII en 1616 et mourut à Aix le 26 décembre 1634. Voir sur Antoine Merindol une curieuse brochure intitulée : Deux médecins et un epagyrîq^ie à A%x, en Van 1600, par le docteur Chavemac (Aix, 1875, in-8% p. 33.39).
" En tAte de VAn tnedicad'A. Merindol, ouvrage dont il va être question un peu plus loin, on. trouve, parmi d'innombrables pièces de vers latines et françaises consacrées à son éloge, un sonnet d un de ses pal'ents, Michel Merindol, où ce dernier rap-
pelle combien du Vair appréciait le savant médecin :
Ihi Vair, qui cognoissoit son prix et sa Taleor, L*a despeint mille fois d'ane telle couleur. Que les marques en sont i chascun éternelles.
^ Le jQls d'Antoine s'appelait Jean. Ce fat un habile jurisconsulte.
^ AnUmii Merindoli cmsiliarii medici et in A quensi Aeademia primariiprofessoris regii Ars medica, in duos partes secta (Aix, Jean Roize, i633, in-fol.). L'ouvrage est dédié à Louis Xlf I ; Ludovico XIII Gallorum Navarrœorumque régi Christianissimo algue in-victissimo longam iriumphalium annorum seriem, et perpetuam felicitatem Joannes Merindoius Aquensis /. V. D., etc. A la seconde page de TÉpltre dédicatoire brille un remarquable éloge de Peiresc. Antoine, dans
iVPBIMIKIK MATIoailt.
bhâ LETTRES DE PEIBESC [t633]
receus en cour, et la peyne que les pins beanx esprits du Royaume ont de faire agréer la présentation des pièces qui sont les plus au goust des courtizans mesmes, comme il y a pareu à celles des s" Godeau et Ghap* pelain depuis peu^ Mais il desîreit en toute &çon voir un peu de l'air de la Cour et de Paris, ce qu il ne Eedloit pas refuser à ce jeune homme qui est bien né, et d'une fort recommandable modestie, et fort rare en ce temps. Je vous supplie d'agréer qu'il vous £ace offre de son humble service et qu'il luy soit loyâibLe d'entrer quelque fois à L'Académie quand il sera là. Je recevray comme à may les faveurs etpirotestations qu'il recevra de vous, et vous serviray en revanche.
comme vostce trea humble et. trez obéissant serviteur,
DE Pbimsg.
AAix, ce & juillet 1 633'.
À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY
A PARIS
Monsieur, Vostre dèspesche est venue comme de coustume accompagnée des gentilesses et singularités les plus curieuses dui temps, dant je voue re»mercie trei humblement, ensemble des compliments de condoléance que vous me faictes sur le sobject de mes pauvres balles de m[anu]s[crit]s Grecs, de si bonne grâce que cela vault quasi mieux que les meilleurs livres qui y eussent peu venir du lieu où le recimi s'en est
son testament, du 6 décembre i6q^i, avait en.i633 ( Paris «in-A'*) et reparut, la mAme
recommande expressément à son fils de pu- année, dans on reeœil intitalé : Nimodks
\A\evYArsmedica, Mmes des nmr$ Godeam^i Chtg^lam, Ha-
* Il s'agit là des Œuvres Chrestiennes de bert, etc. (Robert Bertaalt,.inr8'')* Godeau (Paris, i633, in-8*) et de rOdeà * Bibliothèfoa de Carpeatraa, registre
Monseigneur le Cardinal de Richelieu, par des Minutes des lettres aux frères. Dopay,
Chapelain, (jui parut pour la première fois fol. 3a6 v*.
[1653] iLKX FRÈBES DUPUÏ, 555
faict. le ne rais «pas tout àiûot JiorB d'espérance de quelque chose de mieux. Et cez joBrs<cy depuis la dorture de nostre pariement ont esté employés eu une convensation bien agréable avec un ma^ohand de Marseille qui a esté vingt ans au Gayre, de qui j'ay bien appris ^de plus belles curiofiîtez que de toutes les relations que j en avois veâes aoit imprimées ou m[anu]s[crite]s : eutr' avltres il m'a asseuré tenir de la bouebe de Memet-Bacha , de SuacfaemS son amy particulier, Bagosoys de nation, trez vaillant homme et trez robuste, et quasi un demy géant, mais grandement curieux et honaeste, que pendant l'ineendie du Mohi Vésuve prez de Naples, il s'^embrasa une aultre gueuUe de feux soubsterrains sur les bornes de Tempire du prebstre Jean ^ et du païs de Suachem sur la mer Rouge, d'où Ton voyoit les flammes et la fumée, dont les païs circonvoisins furent touts désolez à plus de troys lieues à 1 entonr, et le feu y duroit encores avec violance environ le moys de mars de l'an i63â que ce fiassa se retira au Gayre. Or le mesme hyver, y eult un tremblement de terre jusques au Gayre mesme, et peu de temps devant, aprez une furieuse iempeste à la Mecque dans les ruines de la grande mosquée qui en fut abbattûe, la terre s'entr ouvrit et en sortit quelque peu de temps un vent si puant et si infeot, si chauld et si mallin que plusieurs en furent malades, et aulcuns en perdirent la vie, et si cela eust duré, le lieu en eust esté inhabitable, mais cela se recombla bien tost et cessa d'incommoder le peuple qui imputoit le tout an chastiment des faultes de leurs chefs. Il y a des bains et aultres eaux chauldes non seulement à Médina Nebits ^ et au Tor*, entre le Mont de Sinaï et la Meque, mais en d'aultres endroits, qui sont indices manifestes des exhalaisons que les feux soubsterrains
' Suakem ou Souakim, ville de Nubie ' C'est-à-dire Medmet-^l-Nabi (la viHe
avec port sur le golfe Arabique, à 3io ki- du prophète), autrefois Yatreb et vulgai-
lomètres de Djeddah. rement ifidme; à /ioo kilomètres de la
* Cest-à-direTAbyssinie. VoirLa%6ikfe Mecque.
du prêstre Jean, par Gustave Bronet (Bor- * H-Toc;) ville d'Arai»e (Hedjaz), sur le
deanx, 1877, ^^^'*' Extrait des Actes de golfe de Sues, près du Djebel-Tor, fandeQ
l" Académie des sciences , belles-^hUres et arts Sim. de Bordeaux),
poulsent à la surface de la terre, de sorte qu'il n*y auroit pas grande merveille quand il s'y ouvriroit des gueuUes de feu semblables à celles du Mont iEthna et du Vésuve; mais que cela ayt paru en mesme temps, c'eust esté grande merveille, s'il s'y trouvoit du rapport des temps à peu prez , car il fauldroit conclurre que la source de ce feu vinsse de bien profond et de bien prez du centre de la terre. Ce marchand doibt partir dans huîct jours pour retourner en iËgypte et m'a promis des relations fort punctuelles des jours précis et de touts cez accidents bien et deûement attestées en bonne forme probante. Il est tenu pour homme fort franc et veridique, lequel ne vouldroit pas mentir à son essiant. Il a grand créance parmy cez peuples, et parmy ceux mesmes qui ont l'intendance tant des Gopbtes que des Grecs et aultres sectes, et se promet quelques livres curieux. Vous pouvez penser comme je l'ay gouverné et comme je le chargeray pour recouvrer un peu de la réputation diminuée de ma pauvre négociation de livres anciens. Il sçait fort bien le Morisque du païs, ce qui ne nuira pas au dessein, et si nous y pouvons profBter de rien qui vaille, la meilleure part en sera pour vous et pour les aultres suppôts de l'Académie. J'ay bien de l'obligation à M'' Deodati du soing qu'il prend de nous faire part de la lettre du sieur Gdilei que nous attendons en bonne dévotion. Je m'estonne que personne de mes amys de Rome ne m'en escrive rien; il est vray que mes lettres ne sont que huict ou dix jours plus fraisches que les vostres. Je m'estonne du peu de courage de voz libraires de Paris et particulièrement de cette grosse compagnie qui imprime les gros volumes des Pères Grecs, de n'avoir osé entreprendre un ouvrage de si peu de fraiz que cette epistre de S* Clément, ce qui me faict ressouvenir du Théophile de M' Fabrot, que le sieur Cramoisy promettoit de faire mettre soubs la presse à la S* Jean, dont je vous supplie de le faire souvenir. Vous m'aviez mandé, ce me semble^ ^ue l'Œcumenius^ avoit esté réimprimé à
^ ŒcumeniasestuDëcrivain ecclësiaslique TÉvaDgile, que d'autres attribuent à Euthy-
byzanliu, qui vivait probablement aux' siècle mi us Zigabène. On avait publie, au milieu
et sur lequel on ne sait presque rien. On lui du ivi' siècle, une traduction latine d'un
a' attribué des Commentaires en grec sur des principaux commentaires qui ont é\A mis
Paris ^; il fauidra vous en prouvoir d'un, pour les fragments qui y sont joincts du Clément Alexandrin et de l'Arethas^, ce dict on. Nous sommes aprez de vérifier si nous aurions rien du S* Jean Damascene dont le texte Grec ne fusse pas imprimé, mais je vous assure que depuis le premier jour de l'arrivée de mes caisses et le lendemain , je ri'ay sceu desrober une journée pour y employer. Cez deux livres de Dausquius ne pourront estre que trez bons à acquérir^, et celuy des Isles flotantes* sera encores bon à passer les monts, s'il s'en peult avoir un exemplaire double. M' Gassend attend bien impatiemment le dernier des troys que vous m'avez envoyez en dernier lieu, où il doibt trouver aulcunes de ses observations. Un de mes amys de TouUon, que j'attend de jour à aultre , vous portera quelques pistoles de ma part, pour prouvoir à lout le passé et advenir Dieu aydant. Le bruict d'une ville à abysmez (sic) à commancé à Digne quelques jours devant le temps de l'ecclypse dernière , auquel jour onl'assignoit, sur ce que aûlcuns virent porter hors la ville des instruments de mathématiques avec quoy M' Gassend la vouloit observer en un lieu plus eslevé que la ville. Un moys aprez il s'en sema une semblable en Avignon pour le 8 may, jour du changement de lunaison, qui fit non seulement sortir afforce gents de la ville au jour
sous ie nom d'Œcumenius : CommetUaria in * Claude Dausque, né à Saint-Omer en
saeroëoneta quatuor Chrisû Evangelia . . . i566, entra dans la compagnie de Jésus eu
auetore quidem («t plurimi sentiunt) Œcur- i585, la quitta en i6io, devint chanoine .
mémo, interprète vero Joanno Heniemo (Lou- de la cathédrale de Tournai et mourut en
vain, i5&3, in-fol.). i6i^.
' Peiresc veut parier de la réimpression ^ Claudii Dausquii Sanctotnarii Can. Tor.
de i63o-i63i en 3 volumes in^ot. qui eon- Terra etAqua,s€u terrœ fluitantes (Tournai,
tiennent les commentaires sur les Actes des i633, in-i*"). Ce traité sur les îles flottantes
Apôtres, les Épttres de Saint- Paul, etc. a reparu (avec un titre rafraîchi) en 1677
Voirsur cette réimpression, soignée par Fed. à Paris, chex Léonard, in-4". Voir, h ce
Morel,leMoriiic/rfti/tftrfltrc(t. IV,col. 161). mjei, h Jmmal des Savants (t^'j'], p. 181-
• Aréthas ou Arétas, théologien grec, ar- i85), L autre ouvrage de Dausque, que Pei-
chevèque de Césarée en Çappadoce , a laissé resc indiquait comme «r trez bon à acquérir» ,
un commentaire de l'Apocalypse imprimé devait être YAntiqui Novique Lati orthogra-
pour la première fois en 1 533 , à la suite du pkica, publié à Tournai en 1 633 et qui a
texte grec des commentaires d'QBcumenius en Thonneur d'être inséré dans le Thésaurus
(Vérone, chez les frères de Sabio,'in-fo].). Antiquitatum Romanarum, deGrœvius.
aBsigaé, mais de Gavailloû, Garpentras et anitres viUes 'v^ûsines. Les femmes envoyoient quérir lears enfants et les tirer du GoQege^'Avignon pour les mettre en seureté. Enfin on croyoit que ce fost un criminel nommé Avignon qui deubt estre condamné au feu et afux flammes, et envoya t'on froidement en cette ville sçavoir si dans les prisons y avoit aulcun prisonnier qui eust nom A<vignon, tant on avoit d envie de trouver quelque vérification à tort ou à travers pour sauver cette prétendue prophétie transférée au jour de sektice. Quant à oeHe du Roy de Suéde, elle me fut envoyée d'Avignon à Boysgency, d'où Je vous envoyay incontinant le mesme billet, ce me semble, que j en avoys receu de la part d un gentilhomme ^ mal curieux que qiwnd je luy fis demander d'où il l'a voit tiré il ne peut jamais s'en remettre en mémoire. Mais je luy renvoyeray vostre billet aprez toutefoys.en avoir rayé mon nom et les qualitez que vous y aviez laissé mettre qui m'ont bien faict rougir, et qui m'obligent à vous supplier comme je faict trez humblement de l'espargner un peu à l'advenir, la garantie de telles pièces estant fort subjecte à meilleure caultion que je ne sçauroys fournir et vous dire le vray; je me doubte que ceui à qui est le livre n'ayent eu appréhension que je voulusse voir l'original , car si c est un ancien m[anu]s[crit] il y pourroit avoir des choses du temps de lors de meilleur crédit et usage que des simples prophéties et c'estoit pour cdUi que j'avois faict grande instance pour sçavoir le contenu du liirre^ or cez Messieurs là sont fort desfîants et d'aussy difficile communication que convention, mesurant tous les aultres à leur aulne; ils craignent aussy que leurs supérieurs ne leur ostent d'authorité les livres qui leur pouvoient agréer comme cela et c'est ce qui les leur faisoit îascher parfoys. Je tascheray d'y employer encore quelques aultres amys pour caver le plus profond que faire se pourra, pour l'amour de vous, et pour voir s'il s'y rencontreroit quelcpie chose de mieux. J'avoys eu moy mesmes aultres foys deux exemplaires m[anu]8[crit]s en velin des prophéties de Joachim^ et aultres appendices, où il y avoit je ne sçay quoy de bien
^ Joachim, surnommé le Prophète, na- Terre Sainte, prit, à son retour, Thabit de quit vers 1 1 3o à Gelico (Calabre) , visita ia Citeaux, h Sambaccina, devint abbé de Go-
[teaS] AUÏ FRÈRES DUPUY. 589
approchant à rarticfe du Roy de Suéde, si je ne me trompe, mais je ne les ay peu trouver maintenant. Je m'en vay résolument la semaine prochaine vacquer à ranger mes livres, et de suitte mes papiers si je puys, ayant opté de servir le moys d'aoust pour avoir celuy de juillet plus libre durant noz vacations. Mon frère est à Boysgency mieux que moy et je demeure , Mansèeor,
vostre tDtt humble et trez obetssafiît serviteur, DE Peiusg.
A Aix, ce & juillet 1 633.
M' le Prieur de Roumouies est party tout comblé de voz bienfaicts et faveurs journalières dont il ne se petilt assez louer, et dont les an-» dennes obligations que nous vous avons sont de beaucoup au^entées , comme aussy de la eontinuation de vostre bon accueil au jeune Gail* hard, de quoy je vous remercie de toute mon afiieetion*
L'ode du sieur Pellant est bien gentile ^ et mérite Uen des particuliers remerciements que je vous en faicts trez humbles et affectueux et de la nomination de son autheur que j'ay ouy nommer et priser grandement, ce qui me faict priser davantage son oeuvre de beaucoup plus q«e si son autheur m'eust esté incogneu.
MadaoEie de Bouteville pwtit hier et voulut porter une lettre à M' de Thou par laquelle je luy manday qu'eUe s'estoit voulu charger du petit chat , mais les bardes ne sont pas encores parties et je ne sçay quel ordre il y aura, car s'il n y a de l'apparance de quelque seings je le reserveray à meiUeure occasion ^.
rauo en 1173, fioade la coogr^ation de {iS6j). CL Ripertmre dès êomeeski$tm%fim
FloomceTe» 1 1-90 et meunit en lïis, le du moyen âge, par le chanoine lAyeee Che-
3o mars, k San Martino (Gosenaa). Les valier (3* fasdcale, 1880, col. lagA). prophâies qai loi ont tftë attriiraées ne sont ^ Ce poète lyrique^ apprécie avec tant
probablement pas de^ lui. Voir enr le bien- d'indulgence par Peiresc, n*a pas trouvé la
heureux Joadiîm un article de M. Ernest postérité ansaî favorable, car anjourd'kut
Renan dans la Retmê des Deux-Momk» de nul ne le connaît. 1866 et un ouvn^ de M« Xavier Rausselot ' Vol. 717, fol. 266.
Monsieur, Je receus hier ce ballot qui avoit esté si longtemps en chemin, où je trouvay le discours de Fra Fulgentio, les livres du sieur Bosquet, et vostre pacquet à Dom du Puy que j'envoyeray par la première commoddité. Et peu auparavant avoys je receu par l'ordinaire vostre despesche du i** de ce moys, avec ces belles pièces des sieurs Ghappelain et Godeau et cette admirable lettre de M' Grottius dont je vous remercie trez humblement, ne sçaichant plus comment vous tesmoigner ma redevance aprez tant de bienfaicts. Nous avons prins grande part en vostre affliction par la perte de Madame la comtesse Feuillée du Bellay \ que nous avons grandement regrettée pour lamour de M' de Thou et de tous les siens. Je me suis dispensé de luy en escrire un mot comme son serviteur. J'ay trouvé ce portraict de Cujas fort beau^, et vous en ay bien de lobligation ensemble au sieur Bernier qui en a pnns la peine. Je le feray tenir au sieur cavalier del Pozzo qui en sera bien content, je m'asseure, et y en joindray deux autres faicts icy, qui ne sont pas de si bonne main à mon grand regret. Je feray instance pour le livre de Schoppius*, mais je ne l'espère pas facilement que par le re-
^ Tallemant des Rëaux (Historiette Mor rigny-Malenoe , t. VII, p. a 87) mentionne la famille de la Feuillée du Bellay. P. Paris (en une note marginale de cette même page) nous fait connaître deux personnages de celte même isimille, Guy du Bellay, sieur de la Courbe, roi dTvetot après la mort de son cousin, et Charles, marquis du BeUay. Guy du Bellay et Lëonor du Bellay, femme de Jacques de Malnoë, sieur deMarigny, eurent pour père Charles du Bellay, sieur de la Feuillée et du Bois-Thibaut.
* Ce devait être le portrait désigne en ces termes, sous le n* I , dans le tome IV du Recueil Lelong-Fontette : trâgë de soixantesept ans, Royer, à Bourges, in-d*.^
' Un des nombreux pamphlets que Gaspard Schopp publia contre les J^oites et très probablement un des deux que voici : Mysteria Patrum Jesuitarum (t 633 , in- 1 a ) ; Anatomia Societatis Jesu (Lyon ,1 633 , in-ii*). Les libelles de Tannée précédente {Actioper' duellionis in Jesuitas, in-&*, et Flagellum hsuitieum, in-6') sont rédigés en langue al-
tour de quelqu'un de ceux de la suitle de M' le duc de Crequy, car pour sa personne 1 on commence à doubler qu'il se pourroit bien trouver engagé de là les Monts à quelque digne employ s'il est vray que la sonnette soit attachée en Italie S comme plusieurs le veulent croire, sur un bruict qui n'est pas encores bien constant, d'une grosse escarmouche au pont d'Astheure^ entre les Espagnols et quelques régiments François qui ne s'y attendoient pas, ce dict on. Nous sommes touts icy aliarmez de la soudaine resolution qu'a faicte M"" le Premier Présidant d'aller passer quelques moys chez luy et à la Cour, parce que craignons que le peu de subject de contentement et de correspondance de nostre nation un peu trop rude, et le mauvais traictement qu'on luy a faict à la Cour depuis qu'il est icy (car il n'a esté payé de ses gaiges nom plus que nous, bien qu'on n'eust rien à dire à luy de tout ce qu'on nous vouloit imposer), joinct encores la mésintelligence qu'il y a eu entre M' le Mareschal et luy, qui ne semble pas avoir esté finie parle bon bout^, nous craignons, dis-je, que toutes cez considérations n'empeschent son retour de par deçà. Et si sa pieté et charité incomparable ne l'emportent à venir exercer sa modération parmy noz humeurs trop bouillantes, je ne voys pas qui! aye d'occasion de désirer de revenir en un si chetif païs que le nostre, et parmy des humeurs si mal sortables à la doulceur de la sienne. Il receut une despesche de M' Servîen par le dernier ordinaire sur le subject de la permission que le Roy luy a voit octroyée de faire ce voyage, et l'ayant dict à ceux qui se trouvèrent lors chez luy, toute la ville en fut incontinant toute en deuil, et en lamentations, qui sont plus grandes et plus générales que l'on ne croyroit. Au reste le sieur de Piensin que j'attendoys pour le charger de quelques pistoles à vous rendre, ne m'ayant pas trouvé au logis, fut si pressé de passer oultre que je ne le vis poinct non sans
lemande, et échappaient, par conséquent, k * Serait-ce Asti, en Piémont, à 33 kilo-
Peiresc comme aux Dapay. mètres d'Alexandrie, sm* le Bonrbo?
^ Cest-à-dire que les opérations sont corn- ' L'expression ^n^ par h bon bmU n'a
mencées. Je ne retrouve pas cette locution pas été recueillie dans le Dictionnaire de
dans nos prindpanx dictionnaires. Littré.