‹ Lettres de PeirescChapitre 4 sur 48 · IHPKUIC&IK RATI091LI · texte numérisé non relu

IHPKUIC&IK RATI091LI

roys» aussy bien qu6 de» plus anliquefl, et posâbie y aurait il quelque chose de plus curieux que le commun. Mm si ce livre est tenu si cW rement à cette heure qu'il ne se communique poinct, coomie autres fbys, il fiauldrà prendre patience, et à tout le moings s'il est loisible d'avoir coppie du chappitre concernant les monnoyes d*or du Roy Philippe le Bei, ce nous sera encorea beaucoup de faveur, et d'apprendre en quel temps finit le dict registre. On me presse desja tant que je suis constraint de clorre pour ne laisser eschapper lloccasion de la staffette, demeurant, Monsieur,

vostre trez humble et trez obligé serviteur, M Pbuibsg.

A Aix, ce 7 avril 1699.

Je vous recommande les lettres cy jointes, et de faire clorre celle qui est à lâche volant S avant que l'envoyer au sieur Guiltard ^ pour la faire tenir, et m'excusez si je vous faicts voir mes badineries si confidamment, à faulte de meilleur entretien.

On a desterré un nouveau marbre' avec une inscription qu'on soubstient estre antiqiie, bien qu'en termes bien extravagants ou extraordinaires, à sçavoir * :

BORISTENES ALANVS CAESAREVS VEREDVS

PER AEQVOR ET PALVDES ET TVMVLOS ETRVSCOS VOLARE QVI SOLEBAT PANNONICOS IN APROS NEC VLLVS INSEQVENTEM DEN^ •

' Le Diitùmnmn de Littrë ne doBiie pas ^ Ce marbre av4t été trouvé sar te teni^

celte expresfitoD et iodiqae seulemeDt l'ex* toire d-Apt, el Pmew l'avait bit transporter

pression cocA^t voi^. La même observatioD dans sa maison. Voir Gassendi, tiv. lU,

s'applique anx Dietiotmmre» de Rich^et et p. 33i. de Trëv<mx. ^ Gassendi a reproduit (Mi.) cette in-

' GuiitwdétaituBavocatau conseil durai, scripkion snr la^puUe ou » tant disserté. Peî»

qui habitait Paris, et auquel Peiresc adressa rese en a souvent reposé da!» sa corii«»-

pfaisieurs lettres, du a 3 octobre i6a6 au pondance. 8 avril 1637 (registre III des minutes). * Vok 717, foL 3o.

xin

iU)VOGAT EN LA COUR DE PARLEMENT DE PARIS, À PARIS.

Monsieur, La dernière staffette de Lyon du premier de ce moy.s ma apporté vostre despesche seulement du âo mars, de ce que j y attendois celle du mardy suyvant a 7""'^, ce qui monstre que lordinaire de Paris du mardy n arrive plus à Lyon le sammedy au soir comme il souloit, ou que M' de Fetan faict partir la staffette le dimanche farop matin, avant que les lettres soient distribuées, ce qui faict perdre huict jours de bonne grâce aux nouvelles que vous prenez la peine d« nous escrire. Et si cela debvoit aller ainsin, il vauldroit mieux que vous escri vissiez le vendredy, pour avoir dix jours francs entre Paris et Lyon au lieu de 1 II qui s'y consument à cet autre conte. Il fault que je luy en escrive un mot. Il vouldroit que noz ordinaires fussent restablis et trouve estrange que nous ne puissions nous y resouldre, mais si la présence du Roy ne le faict, ils courent fortune d'estre bien reculez, tant pour les grandes fouUes qu a souffert le païs à cez passages d'armées, que pour Tordre quon remettra à la garde de la santé aussy tost que les trouppes auront achevé de repasser. Car on ne peult approuver que les villes voisines de Lyon se soient si tost bazardées d'y restablir le commerce. J'ay receu par cette voye de l'ordinaire le libvret de Drebels*

' Voir sur Cornélius Drebbel et sur k liviet dont parle ici Peiresc (Petit traité de la nature des éUments)^ le tome I, p. &86. Complétons les renseignements doimés là ( note 1) en disant cpe Drebbel naquit k Alkmaaren iSyaetmourutàLondreseniSSA; que dans le rostre VU de la coUeetion Peiresc, à Carpentras, figure une lettre de

Girard Pieterson Schagen à Adrien Tfaonison, écrite d'Alkmaar en décembre 1607, contenant la vie et Yâoge de C. Drebbel, ingénieur du roi d'Angleterre. Ajoutons encore que Tqu trouve une mention de Drûbbel dans Gassendi (iiv. III, p. 1691), où le nom du physicien est imprimé DrdfMus.

Voir enfin sur Drebbel une lettre de Rufa^ia

et celuy de la langue samaritaine dont je vous remercie trez humblement. II y avoit d autres livrets que j'ay veu aussy volontiers. Mais celuy de la semaine précédante de ce jésuite de Rheims a esté trouvé bien gentil, il fauldrà bien sçavoir son nom, et en avoir quelque autre exemplaire*; avec iceluy il vint un petit éloge du Roy, qui monstroit avoir esté broché, et lequel avoit esté depressé pour l'envoyer, mais il y manquoit les dernières feuilles.

Je n'ay pas trouvé en ce discours de la langue samaritaine ce que j'attendois, au moings pour ce qui est de lautheur, car il y a faict mettre des Alphabets, qui vallent mieux que son discours. C'est pourquoy, ne s'en pouvant pas avoir d'autre exemplaire, nous prendrons plus facilement patience.

Je vous remercie des bonnes nouvelles qu'il vous a pieu me donner du sieur Gassendi d'Aix la Ghappelle ^ et du soing que M' du Puy vostre frère veult prendre d'intercéder envers M"^ de Lomenie pour le sieur de Nostradame*, comme aussy de celuy que vous daignez prendre d'employer Quentin pour l'amour de moy, principalement en cez registres de monnoyes, en quoy je vous aurois bien de l'obligation et par conséquant à Mess" Autin et Rigault.

Pour M** le présidant de Lusson, je me doubtois bien que malaisément pouvoit il estre sans avoir aultant de ce registre entre deux aiz. En quoy il m'obbligerà grandement de m'en octroyer la communication. Et pour les itinéraires du sieur Le Blanc*, qu'il ne s'en mette pas

à Peiresc, écrite de Londres le 9 août 16^9 {Reeueild'Émile Gachet, p. â 3 3). Rubens parie avec qaelque iroDie de cefamosissimoJUosofo.

* Le P. Pierre Le Moyne mentionné dans la note 3 de la page 6^.

* Bougerel {Vie de Pierre Gassendi) n'a pas mentionne, dans son récit des voyages de son héros en 1699, ce séjonr à Aix-la- Chapelle.

^ César de Nostredame. Il s'agissait d'ob* tenir pour le poète-historien le brevet de

gentilhomme ordinaire de la chambre du Rôi et pent-étre aussi quelque autre faveur. Voir le fascicule II des Correspondants de Peiresc, passim.

* Le voyageur Vincent Le Blanc, appelé quelquefois Blanc, naquit à Marseille en 1 55& et mourut à une époque qui n'a pas été précisée(vers 16&0). J'ai rappelé dans le tome I (Appendice, p. 772, note 5), que Le Blanc confia, d'après les conseils de Peiresc , à Pierre Bergeron le soin de mettre au net ses ma-

en peine, car enfin je me suis saisy de tout ce que le pauvre homme en avoit par devers luy par escript, et qui plus est on luy avoit desrobbé un grand volume in fol^ que j'ay soubstraict le plus deitrement du monde d*entre les mains de celuy qui le luy debtenoit plus de vingt ans y a, et le nyoit^ Je ne plains que la [mesjllange^ que le pauvre homme y a faicte, de ce qu'il s'estoit laissé persuader à Indiens^ contre la globosité^ de la terre, s'il est loisible d'ainsi n parler, en quoy il se rend grandement importun et ridicule, mais il fauldra retrancher tout cela, comme M' Bergeron avoit desjà faict. Si le commerce n'eust esté fermé pendant la maladie de Lyon, j'aurois envoyé long temps y a le volume au dîct sieur Bergeron, avec un autre aussy gros et quelques autres papiers de l'autheur. J'espère que ce sera bien tost que je vous en envoyeray une cassette où tout cela sera avec d'autres choses qui me pèsent bien long temps y a.

Je vous envoyay par la dernière staffette une lettre de M' de Thoulouse' pour vous faire voir son desgoust de son arrest, et m'eschappa de

vous ser^ la responce que je luy avois faicte à la chaulde^ sur

ce subject, laquelle je vouldrois bien maintenant avoir retenue, et si par hazard vous ne l'aviez encor envoyée, vous me ferez plaisir de me la renvoyer. Je n'ay pas veu son factum, et n'ay pas creu le debvoir demander à M' le Prévost Marchier, pour bonnes considéra-^ tions. Quelque jour nous le verrons Dieu aydant. Ce qui me le faisoit

nuscrito. Le recueil parut en 16&9 sous ce titre : Le Blanc (Vincent), Les vayagesfameux qu'il afmts depuis Vaage de douze ans jus^ qu'à soixante aux quatre parties du monde; rédigez fidelhment sur ses mémoires et registres par P. Bergeron (Paris, in- 4*).

* Gonnaissait-on l'intervention si adroite et si heureuse de Peiresc ?

' La première partie du mot est coupée. Le mot mélange était autrefois des deux genres : Amyot et Ambroise Paré ont dit la meslange.

^ Nouvelle petite coupure dans le manuscrit. J'avais cru pouvoir lire aux Indiens, mais on ne lit que à [In]diens,

^ Le mot globasité n'est ni dans le Dictionnaire de Littrë, ni dans les Dictionnaires de Richelet et de Trévoux.

* Charies de Montchal.

* Mot coupé. Probablement /otre passer, ^ Nous avons déjà trouvé (t. I,p. 687)

Texpression sur la chaude, qui est la même que celle-ci*

plus désirer, estoit que je m'estois imaginé que le Père Sirmond y pourroit bien avoir contribué quelque chose de aon chef.

J'escriray à Venise pour le livre de Pietro délia Valle \ cependant je vous envoyeray le mien si tost que je lauray retiré des mains d un amy, qui la voulu parcourir. J'ay eu des lettres du sieur Doni, mais il ne parle nullement de ses inscriptions» et me parle d'une chose bien mal possible à moy, de faire agir en sa faveur les puissances supresmes. Je pense que c'estoit pour cda qu'il me r envoyoit lesteuf ^ sur ce subject, nous verrons ce qui s'y pourra faire.

Voila pour respondre à la vostre dernière. Les nouvelles de ce pays consistent seulement au retour des trouppes qui s'en reviennent du costé de Nice par diverses routtes à travers la province, ayant esté ainsin ordonné de la part du Roy, avec mandement exprès de ne les pas faire embarquer pour considérations particulières, qu'on n'a pas exprimées. Il est desja passé par cette ville quelques cornettes de cavallerie qui ont gaigné le devant pour s'en aller au rendez vous à Ta* rascon.

On attend aujourd'huy en cette ville M' le Mareschal d'Estrée, et à Marseille M' de Guise que l'on tient avoir couché la nuit passée à la S^ Baulme, et avoir esté hier à midy à S^ Maximin pour voir le miracle annuel de la S^ AmpouUe. Madame la duchesse de Grequy s'y trouva à mesme dessein accompagnée de M"^ la marquise de Canillac, sa sœur.

Le Roy debvoit, ce dict on, faire la feste' à Ambrun*, pour passer par cette province au temps qu'il avoit cy devant ordonné, et se rendre vers le Languedoc, où l'on asseure que M' de Rohan a faict des courses jusques au S* Esprit, pensant surprendre un convoy de

' Sur Pierre délia Valle, le grand voya- ' La ftle de PAopes, qui, ceUe année4à,

genr, et but ses ouvrages, voir le tome I, tombait au i5 avril,

p. 5^5. * Embrun (Hautes-Aipea). La nouvelle

* Sous rezpresôoQ figurée, empruntée ji'était pas exacte, car Louis XIII ne partît

aux joueurs de paume, renvoyer Péterf, de Scue pour aller en Languedoc que le

littré ne cite que La Fontaine. a 8 avril.

bestail qui s'en venoit d'Auvergne en ce païs icy pour la provision des boucheries, mais il n eust pas d'assez bons advis. On attend le conseil à Beaueaire aprez Pasques, et sur ce je Bnis demeurant, Monsieur,

vostre trez humble et trez obligé serviteur,

DE Peirbsc.

A Aix, ce ià avril 16^9.

Puis que mon pacquet ne se trouvoit pas gros à ce coup cy, j'y ay adjousté le second libvre du Théophile de M' FabrotS attendant de vous envoyer les autres petit à petit par les commodités suyvantes. Je vous recommande la lettre de M' de Vris, et vous prie de faire ouvrir le pacquet de livres qu'il vous a donné, car il y debvoit avoir deux exemplaires du livre de la Généalogie de Linden, l'un que M. Gevartius m' envoyé, et l'autre que j'avois faict achepter, auquel cas si M' de Thou n'en a poinct en sa bibliothèque je vous supplie d'en retenir un pour son assortiment. Que s'il n'y en avoit qu'un dans le dict pacquet, je vous prie d'en faire advertir le dict sieur de Vris, afin qu'il moyenne de faire recouvrer l'exemplaire, car je suis en quelque soubçon, qu'un Flamand nommé Cossiers qui s'estoit chargé de l'un et de l'autre n'y ayt faict quelque fripponnerie, pour gaspiller les 8 escus que l'on m'a faict payer de l'un de&dicts exemplaires. Je vous remercie trez humblement de la lettre de M' Gevartius où j'ay apprins avec desplaisir le decez du pauvre P. André Scfaottus^.

L'exeez de vostre desbonnaireté me faict excéder en importunité; nous n'avons pas depardeça des ouvriers qui travaillent si proprement qu'à Paris, et noz marchands n'y pouvant pas encores trafiquer, nous ne les pouvons plus charger des commissions que nous leur soullions donner. Si les dames de chez vous ont un jour la commodité allant à

* U s'agit le dn nannaerit prépare par t. lil, eo). 6&9) n'indique pat le jour da

Annibal Fabrot, le TUopkik n^ayant para décès an dode beHëniste et se contenle de

qu'en i638. dire qn'ii mocnrat en lôf^ç. Le Dictùmnmn

. ' La BAlhtkèque di9 éfrivâins de ia Corn- de JUorén (1759) nons avait appris qae

pogme ie Jim» (dernière éditioD, in-folio , Schot moiunt le aS janvier 1 ^39.

la rue Âubery le boucher, de faire commander à quelque lingiere des rabats pareils à peu prez à ceiuy qui sera joinct à ce pacquetS elles me feront grande faveur; le mal est que je ne sçaurois espérer de les servir en revanche de cette peine, comme je debvrois. Je vous envoyai dernièrement des lettres pour la dame de Lignage où il y aura de quoy fournir à cette despance. Excusez moi, je vous supplie, de cet importun employ, et me commandez tant plus librement^.

À MONSIEUR, MONSIEUR DU PUY

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