CONSEILLER DU BOY EN SA COUR DE PARLEMENT, À AIX
Monsieur^, l'ai deux de vas lettres depuis huict jours du a et 17 du passé. La 1*" je l'ai receu par les mains deM*" le chevalier del Pozzo à qui vous Taviez recommandée caldamente ^ estant toute sur l'affaire du procès du s' Pierre, de lacpielle vous devez estre à présent plainement informé par celles de M' de Bonneval ^ à mon avis a usé de toute diligence pour en descouvnr le secvet, ayant suivi .peur cela les avis et les adresses que vous avez pris la peine de nous dmaner avec un soin et une affection nompareille, si bien que je ae reprendrai poîat ici ce qu'il ma asseuré vous avoir mandé. par (Jusieurs fois, et puisque ceul une affaire & laquelle il ne &ut plus penser, je crois n'avoir plus rien à dîne en cela, sinon à w»us reneixier notn autant que je àm^ mais autant ;qu'il m'est passible^ de l'affection qu'il vous a pieu nous tesmoigner en cette occasion qui a esté tellu
' Bibliotbè<{ue Ué^um. GoUeciioo Peiresc, v^l. 1, f«l. S£a. — * Cbaiidemeot, Tivemeni.
que elle ne se pouvoit faire. paroistre davahti^ enviem des personnes à qai vous aorîeK de trei grandes obligations, de sorte que estant très certain que jamais aucun de nous n'a esté si heureux que de vous pouvoir rendre le moindre service du monde, il faut advoner que il n'y a parole qui puisse exprimer les ressentiments que nous en aivons non plus que le désir qu'il se présente un jour occasion pour nous pouvoir revancher.' J'escris à mon jeune frère ^ en quds termes vous escrivez tle lui à M' le cardinal Barberin et en quetie opinion votis favez mis en l'esprit de son Eminence, affin que de- son costé il essaye de faire plus que moi qui ne vous puis dire autre chose sinon moriar ingratus.
Je n'ai point ou! dire qu'on aye imprimé deuif Yegktres des cérémonies de Rome du temps de BurcbardS nom plus que oelles dé Paris de'Grassis^. Je vous dirai pourtant que j'ai eu en mon pouvoir le Diarium' Pontificaie fame*^ centii VIII de Burchard et celui de Jules II et de Léon X de Paris de Graasis qui m'ont esté prestes pour ies faire vendre. J*en ai . * . * volumes par devers moi assez bien escrits în-4" gros . . . doits. Le quatriesme, qui est la 9(* partie de Jules II , ne m'a esté mis entre les mains ... je pourrois avoir povr dix escus la pièce, qui est un assez bon prix eu égard à ce que je paye aujourd'hui, car chaque volume ne se peut paa copier pour ao. J'ai encore deux volumes de pareille grosseur de Onuphrius Panvinius * lesquels seront à vendre à la mesme condition et sont aussi fort bien escrits, et celui qui s'en veut défaire, qui est personne de lettres, m'a assuré que ik ne sont imprimer, ce qu/e je peus vérifier aisément par qui peut avoir toutes les œuvres de . . . escrivain comme . . . que vous les ayez tous. Le premier de ces deux volumes d'Onuphrius contient De prestantia Basilicœ Sancti Pétri libri seplem cou un trattato in fine délia forma eh' era la confessione di S. Pietro anticamente
' Jacques Dupuy, On sût qiie Christophe était l*atAë de \ê fiimilie.
^ Voir, SOT le I<nmnd de Jean Burchard « t. [, p. /i6o<
3 Paris de Grassis» comme écrivent les uns, de Grassi, c^aune écviveoi les autres, était un itère da saivani^sanoniste le cardinal Achille» Il naquit. Â Bologne y. coo^e son frère, et mourut à Rome le lo juin iSaS. Il fiit le successeur de J. Burchard dans la chaire de premier maître des cérémonies de la Chapelle papale et devint évéque de Pesaro» en i5i&. U a laissé un journal de tout ce qui s*eet passé k la cour de Rome de-
puis .i5o/i jusqu^à la mort de Léon X. De considérables extraits en ont été donnés par Oderic Rainaldi dans ses AjMuiUi eceUnoêtiquei et par F. de B^uigny dans le tome II des. iVoitcet dei tnanuteriu de la BibUothèquê du Roi. Voir le Dictiomunre de Moréri, le DictUnmairê de Bayle, la Biographie umveneUe (article de Weiss), la Nouvelle biogri^pkie gMrah (article d'Ernest Grégoire), etc.
* Ce vide et les vides suivant» sont causés par des déchirures du papier.
^ Sur 0. Panvinio voir le tome 1, p. aià^ a 19.
fatto dal SigDore Michel Lango. Le II tome contieat lib. IIII Onuphrii Panvinii : De Basiliea, haptistwit) et Patriarchio Lateranensi Ritualés vetuati, vulgo ceremoniaies appellatt, ex antîquio patribw et bibiîotheca Vatieana, labore et industria Onuphrii Panviniî , tom. I ^ . . Microiogus Onuphrio interprète vocum ecclesiasticarum. Geremoniale Gincii cardinalis aote CGGG annos . . • erutis ex bibiîotheca Vaticana ab Onuphrio. Onuphrii iibronun decem De varia creatione Pontificii Romani epitome. J ait fait voir tous ces susdits livres k M' Débonnaire qui pourra vous en escrire, et si vous les desirez vous nous en ferez savoir s'il vous piaist vostre volonté. M' Débonnaire croit avoir veu quelque commencenkent de ce livre des animaux des Indes fait par un médecin Flamen habitué en cette ville appelé Faber^, qui est mort depuis peu d'années '. Je ne faiiliray de parier k M' Holstenius pour les deux livres de S^ GyriUe d'Alexandrie et vous en rendrai response. Je suis bien aise que les livres de M^ Naudé soient arrivés seurement. L'on m*a dit que la bible Arabique ûe feroit entièrement. Neantmoins j'en fois difficulté, sachant les longueurs dont on a de coustume d'entretenir les hommes en ce pays^. Cet ouvrage est une entreprise de la con-
* Cet ouvrage et le» suivants ne sont pas mentionnés dans les recueils biograplnqaes et bibliographiques. Niceron, qui énumèrc 97 publications de Panvinî(t. XVI, p. 33 1-3 39), ajoute que cet énidit «a fuît encore un grand nombre d^ouvrages qui sont restes en manuscrits j». Parmi les ouvrages inédits du très fécond écrivain, on cite son grand traité De cmremtmiii euria romanœ, en 1 1 volumes in-foL, qui se conserve en la bibliothèque royale de Manich. Sait-on dans quelle collection d* Allemagne ou d'Italie on garde les manuscrits indiqués par le P. Ch. Dupuy?
* Jean Faber, anatomiste et botaniste, naquit vers 1670 à Bamberg, fut reçu docteur en médecine i Rome, occnpa avec distinction la chaire de médecine 1 TAcadémie romaine, commenta les îUiutrium imaginée de Fulvto Orsini ( Anvers , 1606), attaqua violemment Joseph Scaliger (De narAo et epithjfmo advernu Job, Scaligêrum digputfltio, Rome, 1607, in-&*); il fut Tami de César Gésalpin, du jésuite Clavius, de Fabio Columna, do Galilée, etc. Voici comment Wejss(ftV)gTap*M mmêneUê) parle du livre mentionné par le P. Ghr. Dupuy : trEn fondant FAcadémie dos Uncn, le prince Cési s'était particulièrement
proposé de favoriser la publication de Touvrage oompooé par Reccbi sur Tbistoire naturelle du Mexique, d'après les . manuscrits laissés par Fr. Hemandès, médecin du roi d'Espagne Philippe IL Aucun des lincêi ne remplit plus pfomplement que Faber les intentions de l'illustre fondateur. Son travail sur la zoologie du Mexique fut imprimé à Rome, en lOaS, in-fol., aoos ce titre : De amiualUmi indiciê aipui Mêxicmm, mds la publication en fnt retardée jusqu'en i65i, où parut la première édition de l'ouvrage de Recchi ou plutôt d'Hemandès. Les additions de Faber ne se rattachent, pour la plupart, qu'indirectement a l'ouvrage qu'il était chargé d'édaircir et de commenter; mais elles n'en sont pis moins très intéressantes, n
* Ce qui montre combien est fausse la conjecture ainsi rapportée par Weiss : «On croit qu^ mourut à Rome vsra tBào, dana un âge très avancé.» La NùuvUê biographie gMrak dit qn*il mourut vers le milieu du xvii* siècle. On saura désormais que Faber était d^è mort sept ans avant 16/10.
• L'événement ne justifia que trop les craintes du P. G. Dupuy au siqet de la lenteur que l'on
grégation de la Propagande où il fault délibérer sur la moindre difficulté et proposer à la congrégation : aussi n'en a-t-on veu sortir que de petits livres de trois ou U feuilles, et puis chacun sait de cpielle estime/ Je n'ai point encor apris quel jugement on faisoit icy de l'epistre de S^ Clément. Le lieu d*où elle sort la rend fort douteuse ^ . . . et au bout du conte je ne sçay s'il y a icy aucun de ceux à qui il appartient d'en juger qui soit capable d'en bien parler, ce qui est déplorable. Ce seroit une belle chose que l'édition grecque de cette bible à laquelle est attachée cette epistre . . . l'entreprise. Excusez si je vous ennuyé par cette misérable lettre que je finirai par la prière €[ue je vous fais de me tenir tousjours pour
vostre très humble et très obéissant serviteur,
Fr. Ch. DuPuY.
Rome, ce 17 décembre i633\
mettait à imprimer la Btble arabiqui, car Tédition projetée ne fut achevée qae trente-huit ans pins tard : BibUa arabica (Rome, typii Congrêgat, dé propag.fde, 1671, 3 vol. in-fol.).
* G*est-à-dire, si je comprends bien le texte
incomplet, suspecte à cause de son ori^ne anglaise, Rome se méfiant de ce qui venait d*un pays hérétique.
* Bibliothèque nationale, fonds finançais, vol. 95^6, fol. 97.