‹ Lettres de Piron à Jean-François Le VayerChapitre 20 sur 21 · de la première leçon · texte numérisé non relu

de la première leçon

Si volant à bride abatuë, Pégaze, en cheval éfréné, Après t'avoir dézarçonné, Te laissoit, à pied, dans la nuë; Du Glorieux, en ce malheur, Cherche le glorieux auteur.

Il saura te remettre en selle; Oui mieux du cheval-étourneau, Goiivornr^rn la bouche el l'aile, Que le Seigneur de Fort-Oiseau ?

(J'ay substitué le suivant) 20.

Vole à nous sage anacorète, Philisophe aimable et pieux !

Sous les lauriers du Glorieu>f Ensevelv dans la retraite !

A JEA^f-FRA^Ç01S LE VAYER 123

Longtems encor, à Fort-Oiseau (1) Laisseras-lu, sous le boisseau, Tes lumières vives et pures ?

Lance-nous en quelques rayons !

Et daigne égayer nos peintures, D'un trait léger de tes crayons !

« Quoy troupe immortelle et diserte !

« Ensemble on aura dans Loliis,

« Et le vaillant fds de Thétis,

« Et le sage fils de Laërte ? .

« Des deux poëmes si vantés

(( Où l'un et l'autre sont chantés,

(c Louis seul ofre la matière ?

« Et pour le célébrer, Phœbus

« N'aura pu faire un seul Homère

u Du corps de ses quarente élus ?

De l'envieux atrabilaire

Tels sont les insolens propos;

Forcez-le par d'heureux travaux,

Ou d'admirer ou de se taire.

Que le désir de partager

Du François et de l'étranger

Les éloges, qu'on vous souhaite,

Nous ramène et rattache à vous

Le membre utile qu'on regrette (2)

Et que vous tronque un Roy jaloux .

0 vous enfin les Démosthènes Les Cicérons de la cité (3), Porte-voix de l'antiquité !

(i) Terre de .M. iN-^lniirlie?; d'où il ne sojI pius. (P.)

(2) M. de Mauperluis giiind fréonièire p'iiie fort ulile à l'Acadrinie franroi^o. (P.)

(3) MM. Siillicr. Dollivet. llardioii. de .Saiiit-Cyr. ete. (P.)

Truchemens de Rome et d'Athènes !

Réunis, puissiez- v'ou s si bien Amalgamer l'or ancien Avec celui de nos Yirgiles, Que Londres, Leipsick et Berlin Retrouvent Delphes et les Sybiles Dans votre noble et docte sein.

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