‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 105 sur 267 · PRÉSIDENT DU PARLEMENT DE RENNES · texte numérisé non relu

PRÉSIDENT DU PARLEMENT DE RENNES

Il lai demande l'élargissement d*un de ses prêtres, injustement mis en prison pour

l'affaire de Saint-Méen.

8 septembre i()46.

Monseigneur,

Je suis le supérieur indigne de la Congrégation de la Mission, qui me donne la confiance de vous écrire la présente, prosterné à vos pieds et à ceux de nosseigneurs de votre parlement, pour vous supplier, par les entrailles de Notre-Seigneur, de protéger l'innocence d'un des plus hommes de bien qui soient au monde, et qui travaille au salut du peuple avec autant de bénédiction de Dieu : c'est M. de Beaumont ^, l'un des prêtres de notre Compagnie, que les réformés de Saint- Benoît ont fait mettre dans vos prisons, où il a les fers aux pieds, pour avoir été trouvé dans Saint-Malo ^.

Après cela. Monseigneur, ces bons pères ont-ils eu raison

1. L'ordre des Frères de la Merci fut fondé à Barcelone, le 19 août i223, par Pierre Nolasque. Il avait pour but, comme celui des Mathurins, le rachat des captifs.

2. Pierre de Beaumont, né le 24 février 161 7, à Sens, fut reçu à Paris le i3 février 1641.

3. Dans le fragment qui nous manque et qui est représenté par des points, saint Vincent traitait la question de droit et répondait aux objections, comme nous rapprend une note authentique dont nous avons eu connaissance.

de procéder avec tant de chaleur contre leur prélat et les ouvriers qu'il a placés dans sa vigne, et de les emprisonner et mettre les fers aux pieds î Je ne vous dis pas ceci, Monseigneur, par plainte que je fasse contre eux. 11 n'y a homme au monde qui les honore ni qui les affectionne autant que je tâche de faire, par la grâce de Dieu, comme ils vous le pourront dire eux-mêmes.

Que si Ton trouve à redire à ce que M. de Beaumont est rentré dans Saint-Méen contre les arrêts, assurez- vous. Monseigneur, qu'ilen a usé dans la simplicité d'un pauvre prêtre de la Mission', qui ne sait ce que sont les procès, et qui pensait bien faire en suivant Tordre de ^son évêque et du roi. Vous pouvez croire. Monseigneur, que si la chose eût dépendu de nous, qui ne sommes point en cause, nous l'aurions rappelé au premier exploit.

Tout cela étant ainsi. Monseigneur, j'ai recours à votre bonté, puisque vous êtes le principal agent de la justice souveraine en votre parlement, pour lui demander très humblement sa protection pour ledit sieur de Beaumont et pour notre Compagnie ; et en outre du mérite que vous en aurez devant Dieu, vous acquerrez sur nous tous une perpétuelle obligation qui nous fera chercher les occasions de vous rendre nos très humbles services, desquels. Monseigneur, je vous supplie, avec toute l'humilité et l'affection que je le puis, d'agréer les offices que je vous en fais, et à votre famille. Je

commencerai les prières que je me propose de faire toute ma vie pour vous, Monseigneur, et pour la sanctification de votre chère âme.

-^ i8i — 96. — AU CARDINAL N...,

A ROME

Il lui adresse un ouvrage dont l'auteur ne voulait pas ctre connu.

4 octobre 1646.

Monseigneur,

Le sujet de la présente est pour faire un renouvellement de mon obéissance à Votre Éminence, et pour la supplier très humblement d'agréer que je lui adresse quelques écrits touchant les deux chefs de saint Pierre et de saint Paul, lesquels ont été faits par un des plus savants théologiens que nous ayons, et des plus hommes de bien, et qui ne veut pas être nommé. Il a fait ces écrits dans le doute s'il les ferait imprimer, et ayant appris, par la Ga:{ette de Rome^ que l'on y examine le livre de l'auteur desdits deux chefs que deux docteurs de Sorbonne, qui sont à présent à Rome, soutiennent être la doctrine de leur faculté, et que d'ailleurs la même faculté (ayant été informée qu'on lui attribuait cette opinion) s'est assemblée et a député vers monseigneur le nonce pour désavouer ces docteurs, l'assurer du contraire et le supplier de faire en sorte que la prochaine gazette fasse mention qu'on lui attribue à faux cette doctrine. C'est ce qui a mu ce bon et vertueux personnage à m'apporter aujourd'hui ces écrits, à dessein que je les envoie à Rome pour servir de mémoire à ceux que Sa Sainteté a députés pour examiner ledit livre. Ils trouveront dans cet ouvrage tous les auteurs allégués pour la prétendue égalité de saint Paul avec saint Pierre, réfutés par les mêmes auteurs dont ils allèguent les passages tous les uns après les autres. Or, à qui puis- je mieux adresser cet ouvrage qu'à Votre Éminence, Monseigneur, pour en faire faire l'usage que ce bon docteur souhaite, puisque Votre Éminence est le prince et protecteur des choses de notre sainte religion, et que vous m'avez fait l'honneur de me man-

der que je m'adresse à Votre Émînence en toutes les affaires qui regarderont le service de Dieu ? Cela fait espérer, Monseigneur, qu'elle ne Taura pas désagréable, «ni que je m'arroge toujours la qualité qu'elle me souffre, de son très humble et très obéissant serviteur.

Ce bon docteur sera consolé, s'il plaît à Votre Éminence me faire l'honneur de me faire écrire la réception et le succès de ses mémoires.

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