DE LA CONFRÉRIE DE LA CHARITÉ UNIE AVEC CELLE DU NOK-DE-JÉSUS
Montreuil, près Paris, ii avril 1627.
Nous, Vincent de Paul, prêtre licencié en droit canon, principal du collège des Bons-Enfants, joignant la porte Saint- Victor ; en vertu du pouvoir à nous donné par Mgr rillustrissime et révérendissime Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, d'ériger et établir la confrérie de la Charité dans les lieux de son diocèse que nous jugerions être convenable, avons, au nom de Tautorité susdite, et du consentement des habitants de la paroisse de Montreuil, sur le bois de Vincennes, icelle érigée et établie, érigeons et établissons audit Montreuil ; et pour éviter la multiplicité de confréries, avons, du consentement des confrères de la confrérie du Saint-Nom-de-Jésus, uni et incorporé, unissons et incorporons ladite confrérie de la Charité à celle du Saint-Nom-de-Jésus, établie audit Montreuil, au moyen que lesdites confréries ont promis et promettent de pratiquer les saints exercices suivants, qui ont accoutumé de se pratiquer en ladite confrérie de la Charité, qui sont :
D'assister spirituellement et corporellement tous les pauvres malades de ladite paroisse de Montreuil : spirituellement, en aidant à bien mourir ceux qui tendront à la mort, et faisant faire résolution de ne jamais plus offenser Dieu à ceux qui guériront ; et corporellement, en leur administrant toutes les choses nécessaires pour leurs nourriture et médicaments, après qu'ils auront été confessés et communies;
Qu'à cet effet, lesdits confrères et sœurs serviront, chacun leur jour, selon l'ordre du pain bénit, lesdits pauvres malades; leur apprêteront à dîner et à souper, et leur apporteront à leurs mabons; donneront à chaque malade autant de pain qu'il en pourra manger, demi-chopine de vin, mesure de Paris, par repas, et cinq onces de mouton ou de veau au dîner, autant au souper en jours de chair; et en jours maigres, deux œufs et un peu de beurre le matin avec un potage, et le soir autant, et seront admis lesdits pauvres malades au soin de ladite confrérie et congédiés par M. le curé et les maîtres d'icelle.
Que pour subvenir à la dépense de la nourriture desdits malades, lesdits confrères et sœurs quêteront chacun tour à tour les dimanches et fêtes, en ladite église de Montreuil, et bailleront la quête le même jour au trésorier, qui sera Tun des maîtres de ladite confrérie du Saint-Nom-de-Jésus, en la présence de l'autre qui tiendra le contrôle desdites quêtes.
Que l'argent de ladite confrérie sera gardé dans un coifre à trois clefs, dont chacun des maîtres gardera la sienne^ afin que l'un d'eux ne puisse toucher à l'argent sans l'autre ; et que pour le courant de la dépense, le trésorier, qui sera Tun desdits maîtres, gardera quatre écus et non plus entre ses mains, et sera tenu de rendre compte en la présence des habitants de la paroisse, au jour porté par le règlement de ladite confrérie du Saint-Nom-de-Jésus. Et afin que chaque confrère sache mieux ce qu'il est obligé de faire, le présent règlement sera lu tout haut à l'église par M. le curé ou par tel autre qu'il lui plaira, tous les premiers dimanches du mois, après vêpres, un an durant, et après cela, une fois l'an, le jour de la fête de ladite confrérie, après vêpres, le tout sans obligation à péché mortel ni véniel.
Fait audit Montreuil, l'onzième jour du mois d'avril mil six cent vingt-sept, en présence des soussignés.