A CONDOM
II le presse de se rendre à la Rose ou à Agen. — Il énumère les raisons qui le doivent attacher à sa vocation, et les dangers qu'il trouvera dans le monde.
5 septembre 1649.
Mon cher frère.
J'ai reçu votre lettre avec consolation d'un côté, pour ce que c'était votre lettre, et d'un autre avec affliction, pour le sujet qu'il y a de craindre que vous succombiez aux attraits qui vous invitent à quitter votre vocation. Vous voyant dans ce danger, j'ai obligation de vous prêter la main pour vous en tirer, comme je fais par mes prières et par mes lettres. Je vous ai déjà écrit deux fois (et voici la troisième) à ce que vous retourniez à la Rose ou à Agen. J'ai prié monseigneur de Condom ' de l'avoir agréable, et il y a consenti après que son maître d'hôtel serait de retour. Or je sais qu'il est maintenant chez lui; et vous, mon frère, vous n'êtes pas chez vous. A quoi tient-il ? Vous souvenez-vous point des lumières que Dieu vous a données tant de fois dans vos oraisons, qui vous ont fait résoudre devant sa divine Majesté et témoigner