‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 15 sur 267 · A MADEMOISELLE LE GRAS · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE LE GRAS

Il la prie de ne pas se mettre en peine du sentiment ou du dissentiment de son fils pour la communauté, mais de le livrer au vouloir et non-vouloir de Notre-Seigneur.

Joigny, 18 janvier 1628.

Mademoiselle,

Je ne sais comme je m'étais imaginé ces jours passés que vous étiez malade, si bien que je vous regardais toujours

1. M. François du Coudray, Pun des trois premiers compagnons de saint Vincent. — Les deux autres étaient M. Portail et M. Jean de la Salle.

2. Martin Bécan, jésuite, né en i55o dans le Brabant, confesseur de Pempereur d^Autriche Ferdinand II, était Tauteur d'une somme de théologie in-folio dont on fit un abrégé appelé le Petit Bécan,

en cet état; or béni soit Dieu de ce que votre lettre m'a assuré du contraire. Que vous dirai-je maintenant de votre fils, sinon que, comme il ne fallait pas se beaucoup assurer sur le sentiment qu'il avait de la communauté', qu'aussi il ne faut pas se mettre en peine pour le dissentiment qu'il en a maintenant; laissez-le donc et le livrez entièrement au vouloir et non-vouloir de Notre-Seigneur : il n'appartient qu'à lui à diriger ces petites et tendres âmes; il y a aussi plus d'intérêt que vous, parce qu'il lui appartient plus qu'à vous. Lorsque j'aurai le bonheur de vous voir ou plus de loisir qu'à présent de vous écrire, je vous dirai la pensée que j'eus un jour et que je dis à M"' de Chantai sur ce sujet, dont elle fut consolée, et délivrée par la miséricorde de Dieu de quelque peine semblable à celle que vous pouvez avoir.

A notre première vue donc; et si votre autre peine vous peine, écrivez-le-moi, je vous ferai réponse.

Disposez-vous cependant de faire une charité à deux pauvres filles que nous avons jugé expédient qu'elles sortent d'ici et lesquelles nous vous adresserons d'ici à huit jours, et vous prions de les adresser à quelque honnête recommanderesse qui leur trouve condition, si vous ne connaissez quelque honnête dame qui en ait besoin.

Nous aurons encore ici de l'emploi pour environ six semaines, et après cela je serai tout à vous et à M"'Dufay^,

laquelle je salue de toute l'étendue de mon cœur et prie bien Dieu qu'il vous trouve en bonne disposition, qui suis, en l'amour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, etc.

1. M. Michel Legras, fils d'Antoine Le Gras et de Louise de Marillac, naquit le 19 octobre 161 3. Il eut d'abord la pensée d'entrer dans la Congrégation de la Mission, puis dans le clergé séculier. Après plusieurs hésitations qui préoccupaient beaucoup sa mère {W^^ Le Gras y fait souvent allusion dans sa correspondance), il étudia le droit et devint avocat au Parlement. n épousa, le 12 janvier iG5o, M^^^ Gabriel le Le Clerc.

2. M<i« Dufay, dame de charité très zélée, et dont on retrouve souvent le nom dans les lettres du saint.

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